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Eglise Syro-Orthodoxe-Francophone

SAINT THEUDERE ET SAINT CHEF en DAUPHINE (Les Carnets d’Egérie)

16 Septembre 2014 , Rédigé par Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne

SAINT THEUDERE ET SAINT CHEF en DAUPHINE 

Nous allons parler de saint Theudère le Bienheureux né à Arcisse  aux alentours de l’an de grâce 500, que l’Eglise fête le 29 octobre.

« Saint-Chef Vue Generale » par Groumfy69 — Travail personnel. Sous licence Public domain via Wikimedia Commons St Chef Abbatiale Clocher CC BY-SA 3.0 GO69 — Travail personnel Saint chef en Dauphiné, Isère, 38890, France - Google maps

Theudère semble être la déformation de Théodore et cela indique  qu’il appartenait à une « gens » chrétienne.  Riche fils de famille, il a grandi sur les terres de la villa Acissia (qui a donné le nom au village actuel, Arcisse, 38890, Isère) qu’il quitta dans sa vingtième année, animé par sa vocation de servir Dieu, après avoir distribué sa fortune aux pauvres.  Saint Césaire d’Arles le fit diacre et l’envoya parfaire ses dons à Lérins.

Vers la trentaine,  Theudère revint à Acissia mettre à la disposition de la population locale ses formidables talents spirituels.  Son activité créatrice sera intense. Guidé par une voix céleste, c’est dans le cadre sauvage et hostile du Val Rupian, à une demi -heure de marche du domicile familial qu’il a crée un monastère dédié à la Mère de Dieu. De même,  à Vasselin (38890, Isère, France), à 1.9 km de notre ciergerie, Saint Theudère fonda un autre monastère sous le vocable de Saint Eusèbe.

Il ne reste malheureusement rien du monastère si ce n’est une fontaine miraculeuse, déplacée de dix mètres lors de la reconstruction de son église dans le deuxième moitié du 19ème siècle. On raconte en effet que lors de l’édification de l’église de Vasselin, un glissement de terrain menaçant le chantier,  Saint Theudère  se mit en prière et la coulée de terre épargna le lieu. A la place jaillit une source dont l’eau guérissait les maladies oculaires. Les pèlerins en route vers Compostelle faisaient un détour pour s’y laver les yeux.  De nombreux autres édifices religieux doivent leur existence à l’activité du saint.

Saint Theudère finit ses jours à Vienne, appelé par son évêque Philippe à en être le « reclus ».  Une tradition pieuse voulait en effet que la ville entretienne une personne d’une piété reconnue en échange de la consolation des âmes et de ses prières pour le salut des habitants de la cité. A sa mort, en octobre 575, en dépit de son vœu de reposer au Val Rupian  au sein du monastère, les viennois tentèrent de garder sa sainte dépouille. Mais le saint ne se laissa pas faire. Alors qu’on s’apprêtait à soulever son cercueil, celui-ci devint si lourd qu’on ne put le  déplacer. A la troisième tentative, l’évêque qui présidait aux funérailles, annonça que saint Theudère serait inhumé chez lui selon sa volonté. Le poids du cercueil se fit alors de plume et la procession se mit en route. Elle atteignit son but en  trois jours  pendant lesquels les miracles se multiplièrent. Deux d’entre eux nous touchent plus particulièrement car ils ont trait au vin et aux cierges,  nos deux produits phares

Les moniales de Vienne avaient fourni aux participants du cortège des outres de vin afin qu’ils puissent se désaltérer pendant la journée. Le soir venu, après une journée de marche, ces outres étaient vides. Le lendemain matin on les retrouva pleines à la grande joie des moines du Val Rupian arrivés au campement pour accompagner leur père fondateur vers sa dernière demeure.  Mais la cérémonie ne put commencer qu’à la nuit tombante et le nombre de cierges était nettement insuffisant. Là encore, la volonté divine se manifesta et la cire se multiplia si bien entre les mains de ceux qui distribuaient  les bougies que l’on put en allumer en quantité et achever la cérémonie  comme en plein jour….

 

Du premier monastère qu’a fondé Saint Theudère ne demeure aujourd’hui qu’un village, Saint Chef en Dauphiné(38990, Isère, France) et l’abbatiale connue mondialement pour les trois ensembles de fresques romanes du XIIème siècle qui la décorent. 

St Chef Abbatiale Chapelle des Anges Voûte - CC BY-SA 3.0 GO69 — Travail personnel Mur sud : les 12 prophètes autour du roi David et les 12 apôtres autour de Saint Pierre Anges du champs Sud de la Chapelle des Anges

Le Village doit surement son nom aux reliques vénérées à l’abbaye. Rappelons que « chef » désigne la  tête. Outre le chef de Saint Theudère, on devait y conserver celui de Saint Thibaud, évêque de Vienne (952-1000) ancien élève des moines  et celui de Saint Léger, lui aussi évêque de Vienne et comme le précédent à l’origine de la reconstruction de l’abbaye complètement ravagée par des incursions barbares de la fin du IXème siècle.  Ces trois reliques ont disparu. Lors de travaux en 1840-1850, l’architecte a dégagé derrière la première chapelle nord les restes d’une autre chapelle avec un autel sur lequel reposaient « trois têtes bien conservées et garnies intérieurement de coton ». Il a emmuré ces têtes dans le mur et aurait laissé des indications sur la cachette à ses héritiers que ceux-ci n’ont pas révélées. A l’heure actuelle, on peut y vénérer des reliques de Saint Clément, martyr du 1er siècle et  apportées à l’abbaye qu’en 1715.

Quant à l’abbatiale, elle est un magnifique lieu de visite qui mérite le détour. En attendant de le faire, nous ne pouvons que vous recommander de visiter le site complet  de Mme S. Charlet qui lui est consacré.

 


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