Certains m’appellent la nature . D’autres m’appellent « mère nature. »...
Certains m’appellent la nature .
D’autres m’appellent « mère nature. »

Je suis ici depuis 4,5 milliards d’années, depuis 22 500 fois plus longtemps que vous. Je n’ai pas vraiment besoin des gens; mais les gens ont besoin de moi. Oui, votre futur dépend de moi.
Quand je suis prospère, vous êtes prospères. Quand je vacille, vous vacillez.
Ou pire.
J’ai nourri des espèces bien plus grandes que la vôtre ; et j’ai affamé des espèces bien plus grandes que vous. Mes océans, mon sol, mes courants bouillonnants, mes forêts, ils peuvent tous vous accueillir – ou vous laissez tomber.
La manière dont vous choisissez de vivre chaque jour, que ce soit en me respectant ou en me méprisant, cela n’a finalement pas beaucoup d’importance pour moi.
D’une manière, ou d’une autre, vos actions détermineront votre destin, non le mien.
Je suis la nature ; je serai toujours là. Je suis conçue, pour évoluer.
L’êtes-vous ?
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Les trois avènements du Christ (Pierre de Blois)
Par Pierre de Blois (v. 1130-1211), archidiacre en Angleterre . Dans Sermon 3 pour l'Avent (trad. Guéranger, Année liturgique, 1948, t. 1, p. 12)
Il y a trois avènements du Seigneur, le premier dans la chair, le second dans l'âme, le troisième par le jugement.
Le premier a eu lieu au milieu de la nuit, suivant ces paroles de l'Évangile : « Au milieu de la nuit un cri s'est fait entendre : voici l'Époux ! » (Mt 25,6)
Et ce premier avènement est déjà passé, car le Christ a été vu sur la terre et a conversé avec les hommes (Ba 3,38).
Nous sommes maintenant dans le second avènement, pourvu toutefois que nous soyons tels qu'il puisse venir ainsi à nous, car il a dit que si nous l'aimons, il viendra à nous et fera sa demeure en nous (Jn 14,23).
Ce second avènement est donc pour nous une chose mêlée d'incertitude, car qui d'autre que l'Esprit de Dieu connaît ceux qui sont à Dieu ? (1Co 2,11)
Ceux que le désir des choses célestes transporte hors d'eux-mêmes savent bien quand il vient ; cependant, ils « ne savent pas d'où il vient ni où il va » (Jn 3,8).
Quant au troisième avènement, il est très certain qu'il aura lieu, très incertain quand il aura lieu, puisque rien n'est plus certain que la mort et rien de plus incertain que le jour de la mort.
« Au moment où l'on parlera de paix et de sécurité, c'est alors que la mort apparaîtra soudain, comme les douleurs de l'enfantement chez la femme enceinte, et personne ne pourra fuir » (cf 1Th 5,3).
Le premier avènement a été donc humble et caché, le second est mystérieux et plein d'amour, le troisième sera éclatant et terrible.
Dans son premier avènement, le Christ a été jugé par les hommes avec injustice ; dans le second, il nous rend justice par sa grâce ; dans le dernier, il jugera toutes choses avec équité — Agneau dans le premier avènement, Lion dans le dernier, Ami plein de tendresse dans le second.
"Le royaume de Dieu est proche » (St Bernard)
Par Saint Bernard (1091-1153), abbé cistercien et docteur de l'Église latine. Sermons sur le Cantique des cantiques, n° 74

« En lui nous vivons, en lui nous avons le mouvement et l'être » (Ac 17,28).
Heureux celui qui vit par lui, qui est mû par lui, et en qui il est la vie.
Vous me demanderez, puisque les traces de sa venue ne peuvent pas être découvertes, comment j'ai pu savoir qu'il était présent ?
C'est qu'il est vivant et efficace (He 4,12) ; à peine était-il en moi qu'il a réveillé mon âme endormie.
Il a vivifié, attendri et excité mon cœur qui était assoupi et dur comme une pierre (Ez 36,26).
Il a commencé à arracher et à sarcler, à construire et à planter, à arroser ma sécheresse, à éclairer mes ténèbres, à ouvrir ce qui était fermé, à enflammer ma froideur, et aussi à « redresser les sentiers tortueux et aplanir les endroits rugueux » de mon âme (Is 40,4), de sorte qu'elle puisse « bénir le Seigneur et que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom » (Ps 102,1).
Le Verbe Époux est venu en moi plus d'une fois, mais sans donner signe de son irruption.
C'est au mouvement de mon cœur que j'ai perçu qu'il était là.
J'ai reconnu sa force et sa puissance parce que mes mauvais penchants et mes passions s'apaisaient.
La mise en discussion ou en accusation de mes sentiments obscurs m'a conduit à admirer la profondeur de sa sagesse.
J'ai expérimenté sa douceur et sa bonté au léger progrès de ma vie. Et voyant « se renouveler l'homme intérieur » (2Co 4,16), mon esprit au plus profond de moi-même, j'ai découvert un peu de sa beauté.
En saisissant du regard enfin tout cela ensemble, j'ai tremblé devant l'immensité de sa grandeur.
Science, Culture, Foi et ...Morale...(Aletia.Jim Schroeder)
Les valeurs prônées par l'Église peuvent parfois nous paraître dures,
et même injustes, selon notre éthos contemporain du « vivre et laisser
vivre ». Et l'on peut comprendre que beaucoup pensent aujourd'hui que
l'Église est en décalage par rapport au monde moderne, que ses
enseignements ne sont plus pertinents. Mais la science moderne
– que beaucoup pensent être l'antithèse ou même l'ennemie de l'enseignement catholique –
confirme en réalité la vérité, la valeur et la pertinence de ce que l'Église
enseigne depuis 2 000 ans !
Bien sûr, beaucoup préfèreront éviter d'aborder des sujets tels que l'avidité,
la luxure, l'orgueil, le contrôle des naissances et la gourmandise.
Soulever des questions de morale peut gêner, voire paraître « moralisateur ».
Mais si nous nous soucions vraiment du bien-être de nos familles et de nos
amis, maintenant et dans l'éternité, ainsi que de l'avenir de la société,
quelques conversations honnêtes, au bon moment, sont tout sauf inutiles.
Et nous pouvons les enrichir en faisant usage de certaines découvertes de
la science que les gens accepteront sans doute aujourd'hui plus facilement
comme vérité que les enseignements de Notre Seigneur et de l'Église qu'Il
a fondée.
Voici dix exemples qui l'illustrent bien. N'hésitez pas à en faire
usage !
1. L'Église enseigne que l'orgueil est la racine de tous les vices.
De récentes études en psychologie montrent que la montée du narcissisme
et d'une certaine forme de pensée irrationnelle, en particulier parmi les
jeunes,donne naissance à une « communauté » incohérente, désenchantée,
en pleine confusion. Les traits de caractère narcissiques (égocentrisme, estime
de soi excessive, manque d'empathie, agressivité…) sont préjudiciables pour
autrui, pour la société, et in fine, pour les narcissiques eux-mêmes.
2. L'Église enseigne que la gourmandise et la paresse sapent les valeurs de
nourriture et de repos, créant des conditions malsaines qui menacent l'esprit,
le corps et l'âme. Selon le Journal of the American Medical Association,
près de 70 % des Américains sont en surpoids ou obèses, et l'obésité est
une menace importante pour la santé mentale et physique et dépassera
bientôt le tabagisme comme la principale cause de décès. Et en France ?
3. L'Église enseigne que la luxure conduit à traiter le corps humain comme
une marchandise, plutôt que comme une facette de personne humaine
dans son ensemble – un tout inséparable, composé du corps, de l'esprit et
de l'âme - qui est le chef-d'œuvre de la création de Dieu et qui vivra
éternellement. Actuellement, les bénéfices tirés de la pornographie, rien
qu'aux États-Unis, dépassent le total des revenus de grands groupes de
presse comme CBS, ABC et NBC (Kimmel, 2008).
4. L'Église enseigne qu'un mariage valide est pour la vie et indissoluble.
La science nous dit que grandir dans une famille unie, avec les parents
biologiques mariés l'un avec l'autre, est ce qu'il y a de plus bénéfique
pour les enfants, alors que d'autres arrangements familiaux conduisent à
des degrés variables dedommages sociaux, psychologiques, émotionnels
et scolaires.
5. L'Église enseigne que le contrôle artificiel des naissances viole la loi
naturelle. L'organisation mondiale de la santé (OMS) classe lescontraceptifs
oraux dans les substances cancérogènes appartenant au groupe 1
(autrement dit connus pour causer le cancer chez l'homme), comme l'amiante,
le radon, et le plutonium. Sauf que les contraceptifs sont beaucoup plus
répandus…
6. L'Église enseigne que la peur est un obstacle à l'amour et, surtout,
que nous devons avoir confiance en la providence de Dieu et ne pas avoir
peur. Des études récentes montrent que l'anxiété est le trouble psychologique
n°1 chez les jeunes et les adultes. À un degré maladif, l'anxiété peut finir par
nuire gravement la santé.
7. L'Église enseigne que les actes homosexuels ne sont pas une expression
saine de la sexualité humaine. Selon une étude de l'International Journal of
Epidemiology, le risque de transmission du VIH par le biais de relations
sexuelles anales est 18 fois plus élevéque le risque associé aux relations
sexuelles vaginales.
8. L'Église enseigne que toute vie humaine est précieuse, depuis la conception
jusqu'à la mort naturelle, et que chaque personne mérite notre amour et notre
assistance. Les associations psychiatriques et psychologiques américaines
condamnent avec force toute discrimination envers les personnes handicapées
dont l'assistance médicale, le bonheur et les moyens d'existence sont souvent
menacés par d'autres (mais, curieusement, ils soutiennent le « droit » d'avorter
des personnes ayant un handicap).
9. L'Église enseigne que les relations sexuelles avant le mariage portent atteinte
à l'union amoureuse et au bien-être de chaque individu et du couple en tant
que tel. Selon l'Académie américaine de pédiatrie, les adolescents
sexuellement actifs sont plus enclins à la dépression et au suicide, à utiliser des
substances illicites,
outre le fait qu'ils encourent un risque important de contracter une ou plusieurs
maladies sexuellement transmissibles, dont certaines incurables.
10. L'Église enseigne que l'amour du gain crée une société dans laquelle
certains sont exploités par d'autres, alors que ceux qui sont exploités luttent
pour subvenir à leurs besoins de base. Selon le U.S. Census Bureau, l'écart
continue à se creuser entre riches et pauvres aux États-Unis. Plus largement,
c'est également le cas à l'échelle du monde : l'écart entre le produit intérieur brut
des 20 pays les plus riches et des 20 pays les plus pauvres a plus que doublé
entre 1960 et 1995.
Source ALETIA (Traduit de l'édition anglophone d'Aleteia par
Élisabeth de Lavigne.Jim Schroeder est pédopsychiatre au sein
du St. Mary’s Center for Children, à Evansville, dans l'Indiana (États-Unis).
Il y demeure avec sa femme Amy et ses six enfants.
Retrouvez sur Internet ses chroniques mensuelles "Just Thinking" (www.stmarys.org/articles)
pensées pour informer, éduquer et motiver les parents et
accompagnateurs.)
Prier sans relâche (St Aphraate)
Aphraate (?-v. 345), moine et évêque syriaque près de Mossoul . Dans : Les Exposés, n°4 ; SC 349 (trad. SC p. 316)
Mon ami, lorsqu'on fait le bon plaisir de Dieu, c'est de la prière, et c'est ce qui me paraît beau…
Par-dessus tout, sois assidu à la prière sans t'en lasser, comme il est écrit, car notre Seigneur a dit :
« Priez sans vous lasser. »
Sois assidu aux veilles, éloigne de toi somnolence et lourdeur, sois en éveil jour et nuit sans te décourager.
Je vais te montrer les modes de la prière ; il y a en effet la demande, l'action de grâce et la louange (Ph 4,6) :
*la demande, quand on demande miséricorde pour ses péchés ;
*l'action de grâce, quand tu rends grâce à ton Père qui est au ciel ; et
*la louange, quand tu le loues pour ses œuvres
Quand tu es en danger: présente la demande ;
quand tu es pourvu de biens: rends grâce à celui qui donne ; et
quand tu es d'humeur joyeuse: présente la louange.
Toutes tes prières, tu dois les porter devant Dieu selon les circonstances.
Vois ce que David lui-même disait à tout moment :
-« Je me suis levé pour rendre grâce à tes jugements, ô Juste » (Ps 118,62).
Dans un autre psaume, il dit encore :
-« Louez le Seigneur depuis les cieux, louez-le dans les hauteurs » (148,1).
Il dit enfin :
-« Je bénirai le Seigneur à tout moment, à tout moment ses louanges en ma bouche » (33,2).
Car tu ne dois pas prier d'une seule manière, mais selon les circonstances.
Et moi, mon ami, j'ai la ferme conviction que tout ce que les hommes demandent avec assiduité, Dieu le leur donne.
Mais celui qui offre avec hypocrisie n'est pas agréé, selon ce qu'il est écrit : Celui qui offre la prière, qu'il tourne et retourne son offrande, pour voir s'il ne s'y trouve pas quelque défaut, et qu'ensuite il l'offre, autrement son offrande restera à terre (cf Mt 5,23-24; Mc 11,25).
Et qu'est-ce que l'offrande, sinon la prière ?…
De toutes les offrandes en effet, la prière pure est la meilleure.
Seigneur,Vous avez les paroles de la vie éternelle (Padre Pio)
Par le Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin . Ep 3, 980 ; GF, 196s (trad. Une Pensée , Médiaspaul, p. 26-27)
Sois patient et persévère dans la pratique de la méditation.
Au début, contente-toi de n'avancer qu'à tout petits pas.
Plus tard, tu auras des jambes qui ne demanderont qu'à courir, ou mieux, des ailes pour voler.
Contente-toi d'obéir.
Ce n'est jamais facile, mais c'est Dieu que nous avons choisi comme notre part.
Accepte de n'être encore qu'une petite abeille dans le nid ; bien vite elle deviendra une de ces grandes ouvrières habiles à la fabrication du miel.
Reste toujours humble devant Dieu et devant les hommes, dans l'amour.
Alors le Seigneur te parlera en vérité et t'enrichira de ses dons.
Il arrive que les abeilles traversent de grandes distances dans les prés avant de parvenir aux fleurs qu'elles ont choisies ; ensuite, fatiguées mais satisfaites et chargées de pollen, elles rentrent à la ruche pour y accomplir la transformation silencieuse, mais féconde, du nectar des fleurs en nectar de vie.
Fais de même : après avoir écouté la Parole, médite-la attentivement, examine ses divers éléments, cherche sa signification profonde.
Alors elle te deviendra claire et lumineuse ; elle aura le pouvoir de transformer tes inclinations naturelles en une pure élévation de l'esprit ; et ton cœur sera toujours plus étroitement uni au cœur du Christ.
« Le jour où le Fils de l'homme se révélera »(Bx John Henry Newman)
Par le Bx John Henry Newman (1801-1890), prêtre, fondateur de communauté religieuse, théologien . 12 sermons sur le Christ (Paris 1943), p. 39
« Le jour où le Fils
de l'homme se révèlera »

Notre Seigneur et Christ a élevé avec lui la nature humaine, comme lui-même s'est élevé de l'humble crèche jusqu'à la droite du Tout-Puissant ; il a élevé, dis-je, la nature humaine, car l'Homme nous a rachetés, l'Homme a été exalté par-dessus toute créature comme faisant un avec le Créateur, l'Homme jugera l'homme au dernier jour.
Si privilégiée est cette terre que notre juge ne sera point un étranger, mais celui qui, étant notre semblable, soutiendra nos intérêts et sympathisera pleinement avec toutes nos imperfections.
Lui qui nous aima jusqu'à mourir pour nous est miséricordieusement désigné pour assigner mesure et valeur finales à son propre ouvrage.
Lui qui a appris par sa propre faiblesse à prendre la défense du faible, lui qui voulait récolter tout le fruit de sa Passion, il séparera le froment de la paille en sorte qu'il ne tombera pas un grain à terre.
Lui qui nous a fait participer à sa propre nature spirituelle, lui de qui nous avons tiré le sang vital de nos âmes, lui, notre frère, décidera de ses frères.
En ce second avènement, puisse-t-il dans sa miséricorde et sa tendre pitié se souvenir de nous, lui, notre seul espoir, lui, notre seul salut !
Les tentations ne doivent pas t'effrayer (Padre Pio)
Les tentations ne doivent pas t'effrayer,
par elles Dieu veut éprouver et fortifier ton âme, et il te donne en même temps la force de les vaincre.
Jusqu'ici ta vie a été celle d'un enfant ; désormais le Seigneur veut te traiter en adulte.
Or les épreuves de l'adulte sont bien supérieures à celles de l'enfant, et cela explique pourquoi tu es, au début, toute troublée.
Mais la vie de ton âme retrouvera vite son calme, cela ne tardera pas.
Aie encore un peu de patience, et tout ira pour le mieux
Laisse donc tomber ces vaines appréhensions.
Souviens-toi que ce n'est pas la suggestion du Malin qui fait la faute, mais plutôt le consentement donné à ces suggestions.
Seule une volonté libre est capable de bien et de mal.
Mais lorsque la volonté gémit sous l'épreuve infligée par le Tentateur, et quand elle ne veut pas ce qu'il lui propose, non seulement ce n'est pas une faute, mais c'est de la vertu.
Garde-toi de tomber dans l'agitation en luttant contre tes tentations, car cela ne ferait que les fortifier.
Il faut les traiter par le mépris et ne pas t'en occuper.
Tourne ta pensée vers Jésus crucifié, son corps déposé entre tes bras et dis :
« Voilà mon espérance, la source de ma joie ! Je m'attache à toi de tout mon être, et je ne te lâcherai pas avant que tu m'aies mise en sécurité ».
[Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin
Ep 3, 626 et 570 ; CE 34 (trad. Une pensée, Mediaspaul 1991, p. 40)]
TU ES NE POUR LE BONHEUR (9/16)
TU ES NE POUR LE BONHEUR (9/16)
RELATIVITÉ ET COMPENSATION DE NOS ÉTATS D'ÂME
Chapitre I. — LA RELATIVITÉ INTÉRIEURE
L'humanité, à force d'être projetée vers le monde, ignore aujourd'hui les lois les plus élémentaires qui régissent les âmes. La psychologie moderne, nous l'avons déjà noté, ignore Psyché.
Rappelons d'abord quelques lois qui concernent la liaison des faits corporels aux faits de conscience.
La sensation ne suit pas l'excitation. Si celle-ci ne varie pas, la sensation diminue, puis elle disparaît.
La sensation n'exprime donc pas fidèlement le monde extérieur. Elle a tendance à s'en libérer. Si l'adaptation du système nerveux à l'excitation et celle de l'âme au fait de conscience se sont accomplies, ni l'un ni l'autre n'ont plus besoin d'intervenir. D'où le phénomène que l'on appelle l'habitude. Et qui explique les désillusions d'origine sensible.
La cause corporelle de l'habitude réside dans la structure même du système nerveux qui, en peu de temps, ne suit pas l'excitation. (Les expériences de M. E. Gley sur le comportement des nerfs moteurs excités par un courant électrique, nous apprennent que les nerfs subissent une secousse musculaire à l'ouverture et à la fermeture du courant. Pendant qu'il continue, s'il est constant, le muscle reste en repos comme s'il n'y avait pas de courant ; l'état neutre peut se maintenir pendant que le nerf est parcouru par un courant électrique très fort. En outre, l'importance de la réaction dépend de l'état d'hyper ou d'hypotension du système nerveux : des excitations égales peuvent donner des réactions inégales, suivant l'excitabilité de ce système : ce n'est pas la valeur absolue de l'intensité du courant qui détermine la réaction. Cela pour le système nerveux. Nous observerons plus loin les réactions de l'âme.
La cause psychologique réside dans le fait que l'attention se réveille dans la mesure où elle se trouve en face d'un fait nouveau ; puis elle relâche son lien avec le monde extérieur, le détend et le coupe même : le désir assouvi détruit son objet.
Conclusion : il ne faut pas trop se presser à satisfaire ses désirs...
Ce n'est pas la valeur absolue de l'intensité d'une excitation qui détermine le fait de conscience. L'indifférence ou un plaisir plus ou moins intense peuvent répondre à la même excitation.
Le docteur Dumas constate que des hommes qui éprouvent la même sensation, peuvent avoir des réactions fort différentes. Les variations du pouls, de la température, de la respiration, des glandes, des nerfs vaso moteurs, changent selon la mentalité et les images qui dominent dans l'esprit. Or, ce sont, précisément, ces faits corporels, diminués ou intensifiés par l'âme qui se traduisent en états affectifs. Le monde extérieur est donc relatif au milieu intérieur qu'il rencontre. Les mêmes sensations peuvent donner la joie ou la peine selon l'état psychique de l'individu ; on verra, par conséquent, le même effort devenir dans le « hard labour », souffrance intolérable autant que lié à l'idée d'effort imposé, et joie réconfortante pour les skieurs qui montent cent fois par jour une colline.La même blessure qui peut faire souffrir atrocement un piéton écrasé par une voiture est à peine ressentie par le soldat dans le feu de la bataille. Et les fakirs qui se tailladent et ne ressentent aucune douleur ? Et les martyrs qui, au milieu de leurs tortures, éprouvent un « état de ravissement »? Et ces Saints bégayant de joie avec leur bouche dévorée par la lèpre ! Par contre, nous connaissons les névroses, accompagnées de manifestations douloureuses, de ceux quicherchent, uniquement et frénétiquement, les agréments ; de ceux qui croient que l'on ne peut trouver la joie qu'en courant après elle ; nous connaissons, enfin, la ruine morale et physique de ces gens désœuvrés et... tellement enviés !
Le monde extérieur compte donc peu en ce qui concerne le bien-être de l'âme. Car elle connaît le secret d'une alchimie intérieure qui peut changer tout métal en or, ou, inversement, l'or en vils métaux. Cette alchimie intérieure prouve le pouvoir de l'esprit sur la chair ; pouvoir qui, nous le verrons plus loin, est exalté au maximum par une doctrine, la doctrine surnaturelle des Béatitudes. Mais n'anticipons pas, et constatons ici le rôle minime que joue l'apport des sens par rapport à l'âme, c'est-à-dire l'autonomie congénitale et naturelle de l'âme à l'égard du monde.
On voit déjà, par ces quelques faits, l'égarement de notre civilisation : assurer l'équilibre de l'âme, uniquement par le bien-être corporel.
***
Les états d'âme, en plus de leur aspect qualitatif, possèdent une force variable de laquelle dépend l'équilibre humain. Nous donnerons au plaisir le plus intense le chiffre 90, à la douleur — 90 ; le zéro signifiant l'état neutre ; et nous montrerons le caractère relatif de cette force qui ne dépend nullement des facteurs extérieurs.
(I). Si l'intensité d'un plaisir est de quatre, il faut qu'elle croisse rapidement pour obtenir le plaisir cinq. Entre quatre et cinq, la conscience, non seulement n'enregistre aucune augmentation, mais tend à devenir neutre, se rapproche du palier zéro. Ce zéro affectif se place à n'importe quelle hauteur. Au niveau du plus riche comme au niveau du plus pauvre des hommes. Tout plafond convoité, une fois atteint, devient un plancher banal. Nous ne pensons que par hasard aux faits matériels permanents de notre vie. Bons ou mauvais, ils deviennent la page blanche que nous colorons. Par conséquent, si, comme on dit, « l'usage seulement fait la possession », au point de vue affectif,c'est bien pire : on en « use » seulement au moment de l'acquisition et de la perte. Entre ces moments elle devient, à peu près, chose morte. On ne la possède plus comme on ne « possède » la santé qu'au moment de son amélioration ou de sa dégradation. On peut alléguer que les choses habituelles jouent un grand rôle dans l'équilibre humain.
Bien sûr, un rôle aussi grand que la santé. Mais l'homme a besoin d'un équilibre positif qui s'appelle le bonheur, tandis que celui-là est négatif. Il s'agit d'analyser l'illusion du progrès matériel, sur laquelle se fonde notre civilisation, le mirage de l'hédonisme. Car s'il est vrai que « la nature a donné un droit égal à la jouissance de tous les biens» (Babeuf), il est faux de croire que cette « jouissance » dépend en premier lieu de ces « biens ».
On a oublié que la jouissance est relative : « Si l'ouvrier de Moscou avait le standard de vie de l'ouvrier parisien d'avant la guerre de 1914, il se sentirait comblé outre mesure ; pourtant l'ouvrier parisien avait l'impression d'être un pauvre exploité ; et s'il avait cette impression, bien qu'il vécût mieux que certains seigneurs féodaux, c'est parce qu'une minorité avait de beaux équipages » (Kronstadt) (Relativité des notions richesse et pauvreté : au moyen âge, quelques privilégiés s'offraient le luxe de s'éclairer aux bougies ; ce qui passerait aujourd'hui pour une effroyable « misère »... Remarquez que le monde moderne a la nostalgie de cette « misère » ; d'où le succès croissant du camping.)
Le fait qu'il aura dans l'avenir son aspirateur, sa télévision, son vide-ordure, son scooter, ne changera rien à son équilibre intérieur (« Les pauvres auront cessé d'être pauvres ; le frigidaire, la télévision et la 4 CV pour chaque foyer, voilà l'idéal », écrivait dernièrement un prêtre progressiste. Mais est-il assuré qu'une fois ce stade atteint, d'autres mécaniques ne seront pas considérées comme indispensables au bonheur ? Que certaines conditions matérielles soient nécessaires pour sauvegarder la vie des corps, cela est certain. Mais que le bonheur humain ne soit pas en fonction de ces conditions, cela est encore plus certain ! En créant chaque jour de nouveaux besoins, la Technique place l'homme dans l'instabilité permanente. En les satisfaisant par la vente à crédit, elle engendre l'inquiétude des traites à payer, et donc, un déséquilibre moral.). Les marxistes le savent bien, alors que nos chrétiens progressistes ignorent cette vérité. Ce dont il s'agit en premier lieu, c'est de changer l'état d'âme de l'individu, le rendre capable de muer la peine en joie.
La supériorité de la propagande communiste sur l'apostolat actuel tient à ce qu'elle donne peu d'importance à la pauvreté ; elle lui demande même des sacrifices au nom d'un idéal, alors que les catholiques ne pensent qu'à toujours améliorer les conditions matérielles ! N'a-t-on pas vu des prêtres-ouvriers défiler avec les « travailleurs » pour exiger des augmentations de salaires ?
Le communisme qui mobilise le sentiment religieux en demandant au monde ouvrier, le renoncement, l'oubli de soi et « le travail héroïque », se trouve en face d'un Occident qui promet aux ouvriers de jouir des biens de ce monde : d'une part, on exploite les plus hauts élans de la nature humaine — et ils réussissent ! — de l'autre, les instincts les plus bas — et ils échouent !
Et c'est pourquoi l'Occident est constamment refoulé par l'Orient : il n'a plus à offrir aucun élan, aucun idéal...
Rien n'est plus éloigné de la mentalité marxiste qu'une entreprise philanthropique : la misère ne l'intéresse pas. Elle sait bien que l'homme a moins besoin de pain que de foi. Et cette foi — mauvaise ! — soulève le monde actuel.
Le peuple français est un des peuples les plus riches, et il compte un quart d'électeurs communistes... Les milliards de l'aide Marchall n'ont pas détourné du communisme un seul Européen, un seul Asiatique, un seul Africain... Mais on continue à croire qu'il suffit d'élever le niveau de vie des individus pour les détourner du communisme. O aveuglement inouï ! On continue à croire que le communisme est un phénomène économique, — et non religieux !
A la foi communiste, il faut opposer une autre foi encore plus forte, encore plus exaltante, qui puisse changer toute peine en joie ! Et seule l'Église peut aujourd'hui la donner.
***
(II). Si nous répétons l'excitation qui correspond au plaisir trois, le plaisir obtenu n'est pas aussi fort que le premier. Mais on associe le plaisir avec l'objet et l'on est déçu de trouver l'objet et non pas le plaisir ; car, pour retrouver le même plaisir, il faut augmenter la « dose » et pour l'accroître, il faut l'augmenter plus encore. Ce qui, selon les circonstances et l'objet, devient difficile ou même impossible. D'où le névropathe moderne qui suit le seul « principe de plaisir » : la ligne du moindre effort.
Si nous avons un plaisir trois, l'objet qui nous donne quatre est un objet de plaisir. Si nous sommes au degré dix, il est un objet de douleur. Pour un individu, par ex., qui avait un château, le fait de se réduire à vivre dans un appartement de trois pièces est un fait désagréable ; pour un couple de jeunes mariés qui cherche depuis longtemps un pareil appartement, le fait de le trouver est exultant ! (Je vais vous raconter, cher lecteur, une vieille histoire juive : Un juif vient un jour voir son Rabbin : « Je suis malheureux, nous vivons, ma femme Rebecca, moi et nos six enfants, en une chambre ; ils font un bruit infernal, ils crient, ils hurlent, je ne peux pas dormir ni me recueillir. » — « Tu as, je crois, trois porcs, dit le Rabbin, emmène-les dans la chambre, vis avec eux pendant une semaine et reviens me voir. » Le juif revient : « Je suis encore plus malheureux, le bruit est le même et il s'est ajouté la puanteur. » — « Bon, dit le Rabbin, tu as aussi trois chèvres, emmène-les aussi dans la chambre et reviens me voir dans une semaine. » — Le juif revient : « C'est affreux, je vais me tuer ! » — « C'est parfait, dit le Rabbin, mets-les dehors, tes bêtes, et reviens me voir. » — Le juif revient : « Ah, Rabbin, je n'ai jamais été plus heureux avec mes enfants ! »)
Or, l'homme moderne croit à un rapport constant entre certains états d'âme et certains objets (une auto objet de plaisir etc...). (Une auto peut être plaisir mais aussi, souffrance, ennui, mort, crime, indifférence ou même absence, selon les circonstances et l'état d'âme du possesseur.)
Il attache à chaque objet un état affectif, comme s'il était la cause, et l'état affectif l'effet. En réalité, il n'y a pas de relation de cause à effet entre ces deux termes. Un état affectif ne dépend que d'un autre état affectif : celui qui le précède. LA CONSCIENCE NE PERÇOIT QUE DES DIFFERENCES ET NON DES ETATS: LEUR RAPPORT EST INTERIEUR. L'intensité de ce rapport ne dépend nullement du monde extérieur : il n'est pas la cause, mais l'occasion. Il n'a aucune valeur en lui-même, mais celle que l'âme lui donne.
La joie est comme une oasis dans le désert : que vaut-elle l'oasis, s'il n'y a pas le désert ? Que vaut une flaque d'eau dans l'Île-de-France ? Il faut souffrir de soif dans le désert pour connaître le bonheur ineffable de boire un peu d'eau...
Voilà ce que notre civilisation ignore totalement : il nous faut des zones désertiques, des privations, des efforts pour éprouver la joie de vivre.
En chassant la peine et l'effort on a cru échapper au danger d'éprouver la lassitude et la tristesse. Or, sur notre globe, plus on monte vers le Nord — aux U.S.A., en Angleterre, en Suède, en Norvège — où les peuples se prélassent dans le confort et plus le mal de vivre augmente.
L'abusive mécanique a aplani les difficultés : un bouton, et hop ! La lumière ; un bouton, et hop ! La chaleur ; un bouton, et hop ! La musique... Aucun motif de s'arrêter : on appuiera bientôt sur un bouton pour se moucher, se laver, se gratter...
Et pourquoi avoir des bras et des jambes ? C'est ridicule !
Supprimer les abus de la Technique pour retrouver la joie de vivre ? Ah ça, jamais ! Que deviendraient-ils les grands Trusts, les intérêts de la Haute Finance vagabonde ?...
« L'argent fait le bonheur »... Non ! Le bonheur ne dépend ni de la fortune ni de la gloire, mais des dispositions du cœur.
Il est vain de concevoir le plaisir sans peine, la paix sans lutte et la joie sans la croix.
Une jeunesse qui ne sait se priver est bien près de se perdre. (Un prêtre, que je ne veux point nommer, a écrit ces lignes : « Il faudrait offrir aux jeunes gens autre chose qu'une vie de renoncement et d'austérités ; ces conceptions sont aujourd'hui périmées. » — Eh bien, si le renoncement et l'austérité sont périmés, nous allons vers un monde désemparé, désespéré ! Car le plaisir est l'ennemi du bonheur...
Le monde moderne, en voulant épargner l'effort, a rencontré l'ennui, l'accablement et, enfin, l'angoisse...
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Weber, constate qu'il faut ajouter 33 % de l'excitation initiale pour obtenir une sensation plus forte. Ainsi, si l'on éprouve un plaisir dix il faut que le plaisir augmente de trois pour provoquer un changement. Pour un plaisir quatre-vingt-dix, l'augmentation trois qui fut dans le cas précédent un plaisir, n'apporte rien. Le degré trente est nécessaire pour provoquer une augmentation sensible. Autrement dit, le même objet qui, pour le « déshérité du sort » est une vraie source de plaisir, devient une chose décolorée pour « l'élu de la fortune ». C'est lui le pauvre : il s'est à jamais appauvri des choses qu'il possède, elles constituent son palier, le point de départ de ses plaisirs. Or la vie est faite en moyenne de plaisirs simples, « plaisirs humbles » : humbles pour l'« élu », bien vivaces pour le « déshérité »... (La tristesse et la joie. Alcan, p.345 : ainsi que les travaux de Feckner, Gley et Weber.)
Nous voyons que, de toutes manières, le niveau des plaisirs n'est pas fixe : il se déplace selon l'état d'âme de l'individu. Pour les faits physiques (une saveur forte enlève le goût des nuances délicates) comme pour les faits psychiques (qui a connu le bonheur ne peut se contenter de plaisirs médiocres),ce niveau varie indéfiniment. Cela prouve qu'il existe une loi de relativité intérieure : nos états d'âme se déterminent réciproquement et non par rapport aux conditions externes, ces « points d'appui » qu'on veut, à l'heure présente, consolider ! Les jugements qui attribuent des valeurs fixes aux situations sont à réviser.
A SUIVRE
[Extrait de : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR Œuvre de Paul Scortesco (1960)]
Le Royaume de Dieu est proche (St Grégoire le Grand)
Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l'Église . Homélies sur les évangiles, n° 1 (trad. Le Barroux rev.)

« Voyez le figuier et tous les arbres : lorsqu'ils font paraître leurs fruits, vous savez que l'été est proche.
Ainsi pour vous : quand vous verrez arriver cela, sachez que le Royaume de Dieu est proche. »
C'est comme si notre Rédempteur disait clairement :
-« Si on connaît la proximité de l'été par les fruits des arbres, on peut de même reconnaître par la ruine du monde que le Royaume de Dieu est proche. »
Ces paroles nous montrent bien que le fruit du monde, c'est sa ruine ; il ne grandit que pour tomber ; il ne bourgeonne que pour faire périr par des calamités tout ce qui aura bourgeonné en lui.
C'est avec raison que le Royaume de Dieu est comparé à l'été, car alors les nuages de notre tristesse passeront, et les jours de la vie brilleront de la clarté du Soleil éternel…
« Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. »
Rien, dans la nature des choses matérielles, n'est plus durable que le ciel et la terre, et rien ici-bas ne passe plus vite qu'un mot prononcé…
Le Seigneur déclare donc :
-« Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. »
C'est comme s'il disait clairement :
« Tout ce qui est durable autour de vous n'est pas durable devant l'éternité ; et tout ce qui chez moi semble passer est en fait fixe et ne passe pas, car ma parole qui passe exprime des pensées qui demeurent sans pouvoir changer »…
Ainsi, mes frères, n'aimez pas ce monde, qui ne pourra pas subsister longtemps, comme vous le voyez.
Fixez dans votre esprit ce commandement que l'apôtre Jean nous donne pour nous mettre en garde :
-« N'ayez pas l'amour du monde, ni de ce qui est dans le monde ; car si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est pas en lui » (1Jn 2,15).
