Activités de l'Eglise Syro-Orthodoxe-Francophone Mar Thoma en France avec ses Paroisses et ses horaires de Messes, ses permanences catéchétiques, les permanences d'un prêtre exorciste, les Aumôneries (Africaines, Antillaises, des "Chrétiens de St Thomas"...)
TU ES NE POUR LE BONHEUR (8/16)

CHAPITRE II RÈGNE DE LA RAISON (Deuxième partie)
On ne se méfie jamais assez de ces intellectuels qui ressemblent aux pierres d'un moulin qui tourne à vide, ne moulant plus les graines du réel, ayant perdu tout contact avec le réel : le naturel et le surnaturel !
La « Réaction » contre laquelle démocrates et communistes fulminent, c'est la défense de la nature humaine et divine. Atteinte dans son ordre. Et qui se soulève. Le véritable ennemi des deux régimes est à l'intérieur de l'homme. Plus ou moins tard il prendra sa revanche.
On n'est présent au réel qu'en le surnaturalisant, qu'en le ramenant à sa source, au Réel des réels.
Intellectuels modernes : vessies flottant au gré des vents... Règne des songe-creux, des rhéteurs et des technocrates, qui désole et accable le monde où nous vivons.
La raison, charnière entre le naturel et le surnaturel, s'adore elle-même. Or, il ne suffit pas que la raison s'accorde avec elle-même : elle peut être d'une logique impeccable. Parfaitement en accord avec elle-même. Mais parfaitement en désaccord avec le réel ! Onanisme intellectuel qui, depuis J.-J. Rousseau, sème les malheurs sur les nations.
La raison est devenue opaque à la vie et à l'esprit : plus de pont entre le Verbe et la chair, entre le ciel et la terre !
Cette rupture déchira la robe sans couture du moyen âge, décomposant son unité en deux parts antagonistes. Comme un bateau ivre, le monde moderne va à la dérive, cognant tantôt à droite, tantôt à gauche, sous la tempête. II est en train de sombrer et coule à pic en lançant des signaux de détresse... (Que l'on ne m'accuse pas de « passéisme » ou d'avoir, comme disent nos progressistes, une « mentalité nostalgique » : les vérités que j'affirme n'appartiennent pas au passé, ce sont des vérités hors du temps, des vérités éternelles dont dépend le bonheur humain.)
Nos raisonneurs athées, en effaçant de leur visage les traces de Dieu, ont effacé leurs propres visages. Non seulement ils ont défiguré l'homme, mais ils l'ont profané. Non seulement ils ont rendu Dieu étranger à l'homme, ils rendent l'homme étranger à lui-même. Et les hommes étrangers entre eux.
La déchéance de l'intelligence a atteint un tel point que penser selon le réel et le bon sens est considéré comme une extravagance !
L'intellectuel sait tout et ne comprend rien. L'homme de cœur ne sait rien et comprend tout.
L'homme n'est grand que dans la mesure où il avoue sa misère. Et il n'est petit que dans la mesure où il prend sa misère pour un sommet.
Le rationalisme moderne est comme un brouillard qui obscurcit le ciel et fait écran à la lumière du Soleil.
La soumission au Soleil de la grâce est raisonnable, car l'homme ne peut se prendre raisonnablement pour le plafond de l'univers.
La foi est une adhésion de la raison à une réalité qui la dépasse sous l'influx de la grâce et la motion de la volonté. Si nous sommes convaincus de l'insuffisance congénitale de la raison, nous nous ouvrons à l'inspiration de l'Esprit-Saint ; sinon, nous lui résistons, — c'est le malheur contemporain !
Certes, les vérités de la foi sont un scandale pour la chair et le sang. Elles ne peuvent pas être de plein pied avec la raison humaine... Heureusement ! Si elles l'étaient, c'est qu'elles seraient de l'homme et non de Dieu. Et elles nous sauvent parce que, loin de s'abaisser jusqu'à nous, elles nous tirent à elles en réclamant notre conversion.
Si la grâce construit sur la nature, elle n’à plus sur quoi se fonder quand on ruine la nature.
Société naturelle et religieuse : l'une ne va pas sans l'autre. Si elle n'est pas religieuse, elle ne peut pas être naturelle, elle finit pas anéantir toutes les structures voulues par Dieu.
Le prolétariat reflète la cruauté, la lâcheté d'une civilisation anti-chrétienne qui se transforme sans référence aux lois de la nature et de la grâce, d'un monde qui se dégrade en se transformant.
Il ne faut pas perdre de vue le but « surnaturel » de l'entreprise rationaliste : elle veut éliminer le Christ et son Église ; pour y parvenir on les attaque au plan de la nature ; on dénature les institutions : familles, communes, provinces, métiers... Quand cette œuvre satanique est accomplie, ce n'est plus qu'un jeu d'enfant de s'en prendre aux âmes.
Point d'autre choix pour la raison : elle est un moule creux fait pour recevoir Dieu ; s'il ne le remplit pas, Satan s'y engouffre...
Point de neutralité pour elle. Et c'est pourquoi le laïcisme est l'ennemi farouche de l'Église, — même s'il sait qu'il travaille ainsi pour le malheur du plus grand nombre...
***
La déesse Raison est quantitative, elle ne verra jamais la qualité ; et c'est pourquoi elle défend le suffrage universel, cette loi quantitative qui a l'éminent avantage d'organiser périodiquement la guerre civile. Mais le suffrage ne sera vraiment universel que lorsque les marmots éliront leurs mères, les élèves leurs professeurs et les soldats leurs généraux...
Alors je croirai à son universalité... au règne parfait du régime de la « tête en bas » où ceux qui gouvernent sont à la merci des gouvernés !
Quand la République fera-t-elle voter les Français pour savoir s'ils veulent rester français ?Car, enfin, pourquoi s'accrochent-ils impudemment à l'hexagone ? Quand finiront-ils par se sacrifier définitivement aux hauts intérêts de la Finance vagabonde et du marxisme ? Eh bien, c'est simple : on les fera voter, et revoter, jusqu'à ce que l'on obtienne une majorité qui désire s'y sacrifier.
La meilleure arme des arabes et des nègres contre la France ? La culture laïco égalitaire acquise en France : l'orthodoxie socialiste, fille aînée de l'église marxiste !
La déesse Raison ayant rejeté l'autorité de Dieu en déclarant qu'elle ne connaît que celle du peuple, a frappé à mort l'être même de la France ; si la fascination qu'elle exerce sur les catholiques ne cesse pas, les Français seront submergés par une cascade de malheurs et leur pays sera perdu...
« Ou les institutions redeviendront chrétiennes ou le monde ne se relèvera pas » (paroles de Léon XIII, répétées par saint Pie X, Pie XI et Pie XII). La Cinquième Apostasie : « Le suffrage universel est la source de tout pouvoir »... La France ne se relèvera donc pas.
Aimer - connaître - sentir. Détruisons le terme suprême et nous voilà oscillant entre les deux derniers : de l'ivresse d'être des dieux à la brute sanguinaire. Tel est le sort du monde moderne : il oscille entre l'orgueil de l'esprit et l'avidité de la chair.
Tout est lié et semble dériver d'une savante orchestration : de la philosophie à la littérature, de celle-ci aux arts plastiques. Tout est fait pour renforcer le désarroi et la consternation parmi les hommes.
A mesure que le monde se hâte vers sa fin, Satan perfectionne et organise savamment son immense contre Église sous ses deux aspects.
La lutte apocalyptique est devenue manifeste entre l'Église et le Dragon à deux têtes.
« La franc-maçonnerie et le communisme poursuivent parallèlement le même but ; c'est pourquoi il faut s'efforcer à accorder leur action sans qu'apparaisse publiquement leur alliance. » (Déclaration de la FM. en septembre 1958 à Santiago du Chili).
La franc-maçonnerie réalisa au cours des deux derniers siècles le plan exposé par Voltaire dans la loge des « Illuminés » : « Pour conduire les âmes à la sujétion les Illuminâti doivent mentir comme le démon lui-même, pas timidement et pour un temps, mais hardiment et toujours... nous devons leur faire d'extravagantes promesses et nous servir de mots enjôleurs : liberté, égalité, etc...,le contraire de ce que nous promettons peut être fait ensuite... Cela n'a pas d'importance ». Cette belle tradition de l'imposture est maintenue et exaltée par le marxisme.
D'une époque à l'autre l'intolérance a changé d'objet ; hier, elle défendait la Vérité ; aujourd'hui, le Mensonge ; en Orient, par la balle dans la nuque, le camp de travail forcé et les prisons ; en Occident on y emploie en moyenne, des procédés plus perfides : l'étouffement de toute manifestation (6 février 1934, 10 mai 1958, etc...), de toute publication (Il ne faut pas croire que ce livre, qui va à contre-courant, tirera à un million d'exemplaires, comme les livres de Françoise Sagan ! La publicité n'est, aujourd'hui, que pour égarer les foules ; et pour cette littérature de malheureux névrosés qui prêchent l'écœurement, la chiennerie, la veulerie...) qui ne vont pas dans le sens du Mensonge ; et aussi la calomnie, le poison (Le général Mangin, Maginot, etc.) et les attentats préfabriqués...
Le Mensonge est aujourd'hui une vocation, un art, une carrière. Au mensonge individuel est venu s'ajouter au sommet des nations le DOGME du mensonge, le plus dangereux, le plus capable de corrompre les mœurs d'un pays, de pourrir les âmes et de tuer une civilisation.
Résultats appréciables pour un monde dont la tête a étouffé le cœur...
Un monde de désordre, de crime et de folie où la vérité ne peut plus s'exprimer, voilà notre civilisation maçonnico communiste !
Que le sang se répande, que des millions de cadavres empestent la terre, que les univers concentrationnaires se propagent, pourvu que TERREUR règne sur la terre !
C'est normal : le bonheur ne peut naître de l'infidélité au vrai, de la compromission avec l'erreur. La paix — du dehors et du dedans — est le fruit de la Vérité qui est le Christ vivant en son Église :
Lui seul peut nous la donner, et non le monde ! « Mais cette paix, ce bonheur, tandis que nous accomplissons le voyage de cette terre d'exil, demeurent imparfaits. Ce n'est pas une paix tout à fait tranquille, tout à fait sereine ; c'est une paix active et non pas oisive et inerte ; c'est surtout une paix qui doit combattre toutes les erreurs, même masquées et fallacieuses» (Jean XXIII; Ad Pétri Cathe-dram).
Je vais me permettre d'ébaucher ici une nouvelle définition du bonheur et du malheur, en rapport avec ce chapitre.
Le monde de l'Erreur va de pair avec le monde du Malheur.
Si être heureux c'est pouvoir être soi-même complètement, jamais nous ne serons heureux comme le poisson dans l'eau que si nos âmes baignent dans l'océan du Réel. Or, aujourd'hui, nous étouffons, rejetés sur les rochers de l'Utopie.
Il n'y a de Bonheur que dans et par la plénitude de la Vérité.
Cette condition nécessaire est cependant insuffisante : il y faut aussi l'Amour.
Mais qu'est-elle une vérité sans amour ? Cela fera le sujet de la dernière partie de ce livre.
A SUIVRE
[Extrait de : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR Œuvre de Paul Scortesco (1960)]