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Eglise Syro-Orthodoxe-Francophone

Sainte Scholastique, qui êtes-vous ?

10 Février 2015 , Rédigé par Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne Publié dans #Vie des Saints

Sainte Scholastique, qui êtes-vous ?
Moniale, sœur de saint Benoît 
(480-543)

 

S

cholastique était la sœur de saint Benoît, patriarche des moines d'Occident.

Jeune  encore, elle fit, au foyer paternel, de grands progrès dans la vertu. Loin d'imiter les illusions des filles du siècle, elle méprisa la  beauté, les richesses, l'alliance des plus grands princes pour s'allier à  Jésus-Christ. Suivre Benoît dans la solitude était son unique  aspiration. Elle se consacra à Dieu dès sa plus tendre jeunesse, et elle  se rapprocha de son frère, quand il se fut établi au Mont-Cassin, afin  de profiter de ses leçons et de ses exemples.

 

Benoît  ne consentait à voir sa sœur qu'une fois par an, avant le carême, et alors la sainte sortait de son cloître, et le frère, de son côté, allait  au-devant de la sœur ; ils se rejoignaient sur le flanc de la montagne, et on voit encore le petit sanctuaire érigé, croit-on, sur les ruines de la chaumière où saint Benoît et sainte Scholastique eurent leur  suprême entretien resté si célèbre.


« Elle fut plus puissante parce qu’elle aima davantage. » Nous ne savons presque rien sur la vie de sainte Scholastique, mais là est l’essentiel. Selon la tradition, elle menait une vie toute vouée à Dieu, comme son frère Saint Benoît. Une fois par an, elle avait l’habitude de venir le rencontrer avec quelques-uns de ses frères près de son monastère, et ils passaient une journée ensemble « à louer Dieu et à parler de choses saintes ».

 

Le  9 février 543, Scholastique était allée visiter son frère, comme de  coutume. La journée se passa dans de grandes conversations, et la nuit  arriva sans qu'ils s'en aperçussent.

« Il est trop tard pour vous retirer, dit la sainte à son frère ; parlons jusqu'à l'aurore des joies de la vie céleste.

 - “Que dites-vous là, ma sœur ? reprit Benoît ; je ne puis passer la nuit hors de mon couvent” ».

 

Scholastique, affligée de ce refus, se pencha sur la table, et, la tête entre ses mains, pria Dieu en versant d'abondantes larmes. Sa prière fut si  promptement exaucée, que le tonnerre grondait déjà quand elle releva la  tête, et que la pluie tombait par torrents, bien que le ciel fût  auparavant serein et sans nuage :

-« Qu'avez-vous fait, ma sœur ? dit l'homme de Dieu. 
Je vous ai supplié, dit Scholastique, et vous n'avez pas voulu m'écouter ; j'ai invoqué Notre-Seigneur, et voilà qu'il m'exauce.” »

 

Dans  l'impossibilité de sortir, Benoît resta par force ; les deux saints  veillèrent toute la nuit, s'entretenant du bonheur des élus. Le  lendemain, la vierge retourna à son couvent et Benoît à son monastère ;  mais le troisième jour, l'homme de Dieu, dans sa cellule, élevant les  yeux en haut, vit l'âme de sa sœur s'envoler dans les airs sous la forme  d'une colombe.

 

Benoît voulut faire déposer le corps de sa sœur dans le tombeau qu'il avait préparé pour lui, afin que leurs corps fussent unis dans la mort comme  leurs âmes l'avaient été dans la vie.

Et Grégoire le Grand termine le récit de cet épisode de la vie de saint Benoît et de sainte Scholastique en disant : « Ce n’est pas étonnant qu’une femme en cette occasion ait été plus forte que lui, l’homme de Dieu : elle voulait voir plus longtemps son frère. Selon la parole de Jean, ‘Dieu est amour’, et par un jugement tout à fait juste, elle fut plus puissante parce qu’elle aima davantage. »

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