Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Eglise Syro-Orthodoxe-Francophone

Saint Sévère d'Antioche, qui êtes-vous ? (Vie de St Sévère par Zacharie) Part I

8 Février 2015 , Rédigé par Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne Publié dans #Pères de l'Eglise

Saint Sévère d'Antioche, qui êtes-vous ?

[moine et patriarche (✝ 538)]

St-Severe-d-Antioche.jpg

Saint Sévère d'Antioche, est né à Sozopolis en Pisidie vers 465, et mort à Xoïs en Égypte le 8 février 538, il fut patriarche d'Antioche du 18 novembre 512 au 29 septembre 5181.

Restaurateur de l'Orthodoxie, il nous a laissé de belles homélies.

"C’est pour nous que le Christ fut baptisé.

En effet, il remplit notre baptême de lumière, de vie et de sainteté.

Il s’est constitué la route pour la venue de l’Esprit Saint en nous.

L’Esprit est venu vers Lui comme sur les prémices de notre race, afin de passer aussi sur ceux qui sont de la même race, quand ils sont rendus parfaits par le baptême".

(St Sévère d’Antioche - Homélie 84)

+++

VIE DE SAINT SÉVÈRE

PAR

ZACHARIE LE SCHOLASTIQUE

 

Voici  la biographie de saint Mar Sévère, patriarche d’Antioche, qui a été écrite par Zacharie le Scholastique, lequel étudia avec Sévère [la grammaire et la rhétorique] à Alexandrie et le droit à Béryte. 

— D’où nous viens-tu aujourd’hui, ô ami et camarade.

— Du Portique (στοά) royal, mon cher. Je suis venu auprès de toi pour être renseigné sur les questions que je veux te poser. Mon esprit vient en effet d’être bouleversé par un libelle, qui semble avoir pour auteur un chrétien (Χριστιανός), mais qui, en réalité, vise plutôt à bafouer le christianisme

— Et comment cela? dis-moi. Et de quelle manière en es-tu arrivé à lire ce libelle?

— J’examinais les livres des libraires établis dans le Portique (στοά) royal — tu connais en effet ma passion pour les livres — lorsque l’un de ceux qui sont assis là et qui vendent des livres, me donna le libelle en question pour le lire. Dans ce libelle, on diffame, on calomnie, on outrage, on bafoue un philosophe (φιλόσοφος). Tu l’as connu au début de sa carrière; il s’est distingué depuis dans l’épiscopat et s’est fait remarquer jusqu’à ce jour par sa conduite et sa science des divines Écritures. J’entends parler de Sévère, dont la réputation est grande auprès de ceux qui savent apprécier le bien sans aucun parti pris. Et voilà pourquoi j’ai le cœur cruellement affligé.

— Mais, mon ami, si tu as une si bonne opinion de Sévère, pourquoi te préoccuper de son diffamateur et de son calomniateur, quel qu’il soit? Il semble, en effet, d’après ce que tu dis, qu’il n’est chrétien (Χριστιανός) que pour la forme et par hypocrisie, qu’en réalité il se donne plutôt (μᾶλλον) pour tâche de glorifier les païens, et n’aspire qu’à les combler de louanges, outrageant de la sorte des personnes qui sont estimées pour leur vertu et à qui il a été donné de servir Dieu depuis tant d’années déjà par cette belle philosophie (φιλοσοφία) qu’elles nous ont fait voir.

— Ce n’est pas parce que le doute m’a envahi, ou que j’ajoute foi à des récits dictés par la méchanceté, que je suis venu auprès de toi. Non, mais mon cœur, comme je l’ai dit, est affligé. J’ai peur que des lecteurs à l’esprit simple ne se fassent par hasard une opinion désavantageuse de ce patriarche. Aussi, si tu as le souci de la vérité — et tu l’as, raconte-moi la vie de Sévère depuis sa jeunesse, pour la gloire de Dieu tout-puissant et de notre Sauveur Jésus-Christ, en qui reposent ceux qui se sont voués au sacerdoce et à la philosophie, j’entends la vraie philosophie. Tu m’apprendras de quelle ville il est, de quel peuple, de quelle famille, si toutefois tu connais ces détails. Tu me diras surtout quelle a été sa conduite, et ce qu’ont été, depuis sa jeunesse, ses opinions au sujet de Dieu. Car le diffamateur l’a incriminé non seulement à propos de sa vie et de sa conduite, mais encore parce que, au début de sa carrière, il aurait adoré les démons malfaisants et les idoles. Il a dit en effet : « On l’a aussi surpris offrant des sacrifices païens, en Phénicie, à l’époque où il étudiait les belles-lettres et les lois (νόμοι). »

— Mais, si quelqu’un diffame la vie d’autrui, en recueillant des propos futiles et mensongers, nous ne devons pas nous en préoccuper, à moins que ce qu’on dit ne renferme une part de vérité. Car les mauvais démons et leurs amis calomnient facilement la conduite de ceux qui ont vécu dans la vertu. Il ne faut pas nous étonner si les serviteurs du Christ, Dieu de l’univers, sont traités de Satans par Satan, puisque, quand la cause efficiente et créatrice de toute chose fut venue parmi nous, il poussa les Juifs à blasphémer et à dire : C’est par Belzébuth, prince des démons, qu’il chasse le démon. Cependant, puisque tu m’as dit que tu crains que ce libelle nuise à quelques esprits simples, je vais, par respect pour la vérité et par amour pour toi, raconter la vie de Sévère avec lequel j’ai été, dès sa première jeunesse, àAlexandrie et en Phénicie, entendant les mêmes maîtres que lui, et partageant les mêmes occupations. Ceux qui étudiaient avec nous et qui sont encore en vie — leur nombre est assez considérable — pourront attester la véracité de mon récit.

L’illustre Sévère est Pisidien d’origine, sa ville natale est Sozopolis. C’est en effet cette ville qui lui échut comme séjour après la première, dont nous avons tous été bannis à la suite de la transgression d’Adam, et que le divin Apôtre nous invite à rechercher de nouveau. Carnous n’avons point ici, dit-il, de ville permanente, mais nous cherchons celle où nous devons habiter un jour, celle dont Dieu est l’architecte et le fondateur. Il fut élevé par des parents distingués, comme l’ont dit ceux qui les connaissaient. Ils descendaient de ce Sévère, qui fut évêque de la ville de Sozopolis à l’époque où le premier concile (σύνοδος) d’Éphèse fut réuni contre l’impie Nestorios. Après la mort de son père, qui faisait partie du sénat (βουλή) de la ville, sa mère devenue veuve l’envoya avec ses deux frères, qui étaient plus âgés que lui, àAlexandrie, pour étudier la grammaire (γραμματική) et la rhétorique (ῥητορική) tant grecques que latines (ῥωμαῖος).

La coutume étant établie dans son pays, comme on le rapporte, de ne pas s’approcher du saint baptême, à moins de nécessité (ἀνάγκη) urgente, avant l’âge mûr, il se fit que Sévère et ses frères n’étaient encore que catéchumènes quand ils vinrent à Alexandrie, pour la cause indiquée. A cette époque, moi aussi je séjournais dans cette ville pour le même motif. Les trois frères se rendirent d’abord auprès du sophiste Jean, surnommé le Σημειογράφος (?), ensuite auprès de Sopater, qui était réputé dans l’art de la rhétorique, comme tout le monde lui en rendait un grand témoignage. Il se trouva que je fréquentais également les cours de ce maitre, à cette époque, ainsi que Ménas (Μηνᾶς), de pieuse mémoire, dont l’orthodoxie, l’humilité de vie, la grande chasteté, l’amour de son semblable et la commisération envers les pauvres étaient universellement attestés. Il était en effet de ceux qui fréquentent avec assiduité la sainte Eglise, ceux que les Alexandrins, suivant la coutume du pays, ont l’habitude d’appeler Φιλόπονοι.

Au cours de nos études, pendant notre séjour à Alexandrie, nous admirions la finesse d’esprit du merveilleux Sévère, ainsi que son amour de la science. Nous étions étonnés de voir comment dans un court espace de temps, il avait appris à s’exprimer avec élégance, en s’appliquant avec assiduité à l’étude des préceptes des anciens rhéteurs (ῥήτορες), et en s’efforçant d’imiter leur style brillant et travaillé (?). Son esprit ne s’occupait que de cela, et nullement de ce qui séduit d’ordinaire la jeunesse. Il se consacrait tout entier à l’étude, s’éloignant dans son zèle pour elle de tout spectacle blâmable.

Affligés qu’une telle intelligence n’eût pas encore reçu le divin baptême, nous conseillâmes à Sévère d’opposer aux discours du sophiste (σοφιστής) Libanios, qu’il admirait à l’égal des anciens rhéteurs, ceux de Basile et de Grégoire, ces illustres évêques (ἐπίσκοποι) , et de les comparer ensemble. Nous lui donnions ce conseil, afin qu’il parvînt, par la voie de la rhétorique qui lui était chère, à la doctrine et à la philosophie de ceux-ci. Lorsque Sévère eut appris à connaître ces écrits, il fut entièrement conquis par eux. On l’entendit aussitôt faire l’éloge des lettres adressées par Basile à Libanios et de celles que Libanios écrivit en réponse, dans lesquelles il avouait avoir été vaincu par Basile et accordait la victoire aux lettres de celui-ci. Il résulta de là que Sévère se plongea à partir de ce moment dans la lecture des ouvrages de l’illustre Basile et les méditations, et que Ménas, mon ami, qui faisait l’admiration de tout le monde par sa ferveur, déclara dans une prophétie que l’événement a confirmée (Ménas aimait, en effet, à faire le bien) : « Celui-là (Sévère) brillera parmi les évêques (ἐπίσκοποι) comme saint Jean, à qui fut confié le gouvernail de la sainte Église de Constantinople ». Dieu, qui seul connaît l’avenir, révélait donc ces choses sur Sévère, quand il était encore jeune homme, en se servant ici encore de l’intermédiaire d’une âme pieuse.

Peu après se produisirent les événements relatifs à Paralios et à Horapollon le grammairien (γραμματικός) , desquels il ressort que celui qui a été calomnié contrairement aux lois divines, est innocent des calomnies de son infâme insulteur. Voici quelle a été l’origine de ces événements. Paralios était d’Aphrodisias, qui est la métropole de la Carie. Il avait trois frères, dont deux étaient adonnés à l’idolâtrie, et se conciliaient les démons pervers par des invocations, des sacrifices, des incantations et par les artifices des magiciens, et le troisième, Athanase, cet homme de Dieu, avait embrassé la vie monastique à Alexandrie, dans de couvent) appelé Ἔνατον, en même temps que l’illustre Étienne. Après ses premières études, pendant lesquelles il avait étudié le jus civile en Phénicie, Athanase s’était rendu àAlexandrie pour une certaine affaire. Là il rencontra Étienne, dont je viens de parler, qui depuis son enfance était animé d’une ardente piété, et qui exerçait alors les fonctions de sophiste (σοφιστής), c’est-à-dire de professeur, et il jugea bon de rejeter avec lui les vaines espérances du barreau. Comme sur un signe de Dieu, chacun d’eux reçut le joug de la vraie philosophie de la main du grand Salomon, à cette époque le supérieur de ceux qui cultivaient la philosophie dans le couvent en question. C’était un homme à l’esprit sain, qui se distinguait par les vertus de la vie monastique.

Paralios, après avoir été élevé en païen dans son pays par ses deux autres frères, partit pour Alexandrie dans le désir d’apprendre la grammaire (γραμαμτική) : ses frères lui avaient fortement recommandé avant son départ de ne jamais adresser une seule parole à Athanase,dont il a été fait mention. Il vint donc auprès du grammairien (γραμαμτικός) Horapollon.Celui-ci connaissait d’une façon remarquable son art et son enseignement était digne d’éloge; mais il était de religion païenne, et plein d’admiration pour les dénions et la magie. Dans le commerce d’Horapollon, le paganisme de Paralios s’accentua davantage : il s’attachait, en effet, à offrir avec son maître des sacrifices aux idoles. A la longue, Paralios, vaincu par la nature, brûla du désir de voir enfin son frère Athanase. Il se rendit donc au monastère deSalomon, et fut captivé par le saint couple que formaient Étienne et Athanase. Ceux-ci eurent facilement raison, avec l’aide de l’esprit de Dieu, des nombreuses objections et questions païennes qu’ils s’entendaient faire par Paralios.

Étienne était en effet très savant et bien au courant à la fois des doctrines divines et de la science encyclopédique. Après avoir lu de nombreux traités des docteurs de l’Église, qui combattent les païens, il avait reçu de Dieu la grâce de triompher entièrement de ceux-ci, en discutant avec eux; et son zèle pour la religion le rendait semblable au grand Élie. Il réfuta donc les objections sophistiques que les païens font aux chrétiens, puis il rétorqua contre Paralios les turpitudes des païens, les mystères infâmes de leurs dieux, les oracles mensongers du polythéisme °, les réponses obscures et embarrassées de ces dieux, leur ignorance de l’avenir, ainsi que d’autres tromperies de ces mêmes démons. Il persuada à Paralios de soumettre des doutes de ce genre à HorapollonHéraïskos, Asklépiodotos, Ammonios,Isidore, et aux autres philosophes qui étaient auprès d’eux; ensuite de peser dans une juste balance ce qui aurait été dit des deux côtés. Pendant de nombreux jours, Paralios eut des conversations sur ce sujet avec les païens, et il trouva leurs réponses faibles et sans fondement. Il se produisit ensuite un fait qui est digue d’être rappelé et mis par écrit.

Asklépiodotos d’Alexandrie, qui s’occupait d’enchantements, exerçait la magie, faisait des invocations démoniaques, et qui avait conquis par là l’admiration des païens pour sa philosophie, avait déterminé son homonyme (= Asklépiodotos),[1] qui en ce temps-là se glorifiait des honneurs et des dignités dont le comblait le roi et tenait le premier rang dans le sénat (βουλή) d’Aphrodisias à lui donner sa fille en mariage. Il habita longtemps avec sa femme en Carie, et désira avoir des enfants. Mais son désir ne s’accomplit pas, Dieu lui infligeant comme châtiment, parce qu’il s’occupait des pratiques mauvaises de la magie, la privation d’enfants et la stérilité de sa femme. Comme son beau-père était affligé que sa fille n’eût pas d’enfants, notre philosophe imagina un oracle (ou plutôt il fut trompé par le démon figuré par Isis), d’après lequel la déesse lui promettait des enfants, s’il allait avec sa femme dans le temple que cette déesse avait jadis à Ménouthis (Μένουθις), village éloignéd’Alexandrie de quatorze milles, et voisin de la [localité] appelée Canope. Il persuada donc à son beau-père de lui permettre d’emmener sa femme et d’aller avec elle en ce lieu. Après lui avoir promis de revenir auprès de lui avec sa femme et l’enfant qu’elle aurait eu,Asklépiodotos partit pour Alexandrie, ayant trompé son homonyme (= Asklépiodotos).

Il séjourna un certain temps à Ménouthis et offrit un nombre considérable de sacrifices aux démons. Mais cela ne lui servit de rien. La stérilité de sa femme persista également là. Ayant cru voir en songe Isis couchée auprès de lui, il s’entendit déclarer par ceux qui interprétaient là-bas les songes et qui servaient le démon figuré par Isis, qu’il devait s’unir à l’idole de cette déesse, puis avoir commerce avec sa femme; qu’ainsi lui naîtrait un enfant. Notre philosophe ajouta foi à une tromperie aussi grossière, comme le prêtre qui l’avait conseillé depuis le commencement le reconnut à la fin, et s’unit à la pierre qui représentaitIsis, et, après la pierre, il s’unit à sa femme.

Celle-ci resta stérile malgré cela. A la fin, le prêtre lui conseilla d’aller, mais rien qu’avec sa femme, au village d’Astu (Ἄστυ), d’y demeurer un certain temps, puis de prendre pour son enfant celui qui était né à la prêtresse, une compatriote à lui, peu de temps auparavant. Car les dieux et les destins, disait-il en extravagant, voulaient qu’il fît cela. Asklépiodotos suivit également ce conseil, alla avec sa femme, sans que personne les accompagnât, auprès de la mère de cet enfant. Il lui donna une certaine somme d’argent et prit son enfant. Puis il revint à Alexandrie, en se vantant qu’une femme stérile avait enfanté après tout ce temps. Il s’ensuivit que tous ceux qui étaient livrés à la folie des païens, se glorifièrent grandement de cette fable comme d’une chose vraie, et louèrent Isis ainsi que Ménouthis, le village de la déesse, où quelqu’un a, accomplissant ainsi une bonne action, enfoui sous le sable le temple d’Isis, au point qu’on n’en voit même plus la trace.

Paralios croyant que cette histoire mensongère était vraie, la fit connaître à son frère et à ceux qui étaient avec lui, comme une chose remarquable. Il disait que cette démonstration par les faits possédait une plus grande force que n’importe quel argument de la raison, et il s’en glorifiait comme d’un miracle païen et évident. Le divin Étienne ayant entendu l’histoire de cette ineptie dit à Paralios: « Si une femme stérile, mon cher, a enfanté, elle a aussi du lait et il faut que les païens s’assurent de la chose, par l’intermédiaire d’une dame honorable apure et d’une famille connue à Alexandrie. Elle verra le lait établissant ce prodige et ce miracle, et ainsi la fille d’un haut personnage de la Carie et la femme d’un philosophe n’aura pas l’air d’avoir été outragée (?). » Ce langage parut raisonnable, et Paralios transmit la proposition (πρότασις)des moines aux philosophes païens. Mais ceux-ci craignant qu’on ne leur reprochât cette histoire fabuleuse, dirent à Paralios : « Tu oses (demander) l’impossible Tu penses (?) persuader (?) des personnes qui restent attachées d’une façon inébranlable à la vérité, et qui ne songent pas à des choses ce genre. » Mais comme il semblait …………….envoyé ……………..de sorte qu’(il résulta) pour Paralios qu’il s’éloigna des doctrines des païens.

Il se produisit encore cet autre fait que voici : étant à Ménouthis, Paralios vit Isis, c’est-à-dire le démon qui représente cette déesse, qui lui disait en songe : « Prends garde à un tel, c’est un magicien ». Or, il se fit que celui dont il était question, était également venu pour apprendre la grammaire, qu’il étudiait chez le (même) maître et que le démon lui révéla (la même chose) au sujet de Paralios, lorsqu’il se rendit à Ménouthis. L’un et l’autre ayant fait connaître cette vision à ses camarades dans l’école (σχολή) d’Horapollon, et ayant appris ce que son condisciple avait raconté sur son compte, était persuadé qu’il disait la vérité et que son condisciple mentait.

Aussi Paralios se souvint-il de l’enseignement du grand Étienne; il se rappela qu’Etienne ainsi qu’Athanase lui avaient tenu de longs discours sur la perversité des démons malfaisants, lui disant qu’ils avaient l’habitude d’exciter les hommes les uns contre les autres, parce qu’ils se plaisent toujours aux guerres et aux combats, et qu’ils sont les ennemis de la paix.

Paralios voulut cependant savoir ce qu’il en était réellement de ces choses. Il réfléchissait en effet à ce qui était dans l’habitude du démon et de l’erreur, et à ce qui se pratiquait en ces lieux. Il tenait jusque-là que son compagnon mentait. Il revint donc àMénouthis. Il offrit au démon les sacrifices habituels et le supplia de lui faire savoir par un oracle si c’était lui qui était magicien ou son ennemi, et si réellement un tel oracle avait été rendu également à son sujet. Le démon, ne tolérant pas que l’on reprochât aux oracles en question d’être entachés de contradiction et de méchanceté, ne daigna pas lui répondre.Paralios supplia alors le démon pendant de nombreux jours de ne pas le laisser sans réponse, parce que, disait-il, il ne chercherait pas à lui refuser, à lui ainsi qu’aux autres dieux, la soumission et les honneurs, s’il recevait à ce sujet entière satisfaction Le démon persévéra dans son silence et ne lui fit vas voir l’illusion (φαντασία) habituelle de son épiphanie. Après avoir, attendu bien longtemps et offert de nombreux sacrifices, Paralios s’irrita, et n’eut plus de doutes sur la mauvaise doctrine des démons. Il loua le grand Étienne qui lui avait réellement dit la vérité, et il pria, comme il lui avait conseillé de le faire : « Créateur de toutes choses » [etc.], en ajoutant ces paroles du grand Étienne: « Révèle-moi ta vérité et ne permets plus que je sois séduit par ce démon qui aime le combat, qui arme les hommes les uns contre les autres et qui les excite aux querelles, ni par les autres démons pervers qui lui ressemblent. » On lui avait en effet conseillé d’adresser une prière au créateur de toutes choses, parce qu’on voulait l’éloigner aussitôt de l’invocation des dieux des païens et des démons, deKronos, dis-je, de Zens, d’Isis, et de noms de ce genre, et l’habituer petit à petit à la vérité des doctrines; qu’on voulait qu’il ne reconnût pas d’autre créateur de toutes choses que Notre-Seigneur Jésus-Christ, par lequel le Père a fait le monde, les principautés (ἀρχαί), les puissances et les dominations, comme il est écrit : Toutes choses ont été faites par lui, dit le Théologien,[2] et rien n’a été fait sans lui. Après cette prière, Paralios retourna à Alexandrie.Il proférait de nombreuses paroles contre les dieux des païens et disait avec David : 

Tous les dieux des nations sont des démons, mais le Seigneur est le créateur des cieux.

...

 

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article