SEMAINE APRES PÂQUE.
LETTRE DU METROPOLITE MOR PHILIPOSE POUR PÂQUES:
Biens chers amis, Aloho m'barekh
Christ est ressuscité Alléluia !
Il est vraiment ressuscité, ainsi qu’Il l’avait promis,
Alléluia, Alléluia, Alléluia !
Le Christ Soleil de Justice Se lève pour écarter les ténèbres et répandre Sa Lumière, Il a vaincu la mort et le pouvoir de Satan.
« Jésus, notre Seigneur, le Christ, nous est apparu du sein de son Père. Il est venu et nous a tirés des ténèbres et nous a illuminés de Sa joyeuse Lumière.
Le jour s’est levé pour les hommes ; la puissance des ténèbres est chassée.
De sa Lumière s’est levée pour nous une Lumière qui a éclairé nos yeux obscurcis. Il a fait lever Sa gloire sur le monde et a éclairé les plus profonds abîmes.
La mort est anéantie, les ténèbres ont pris fin, les portes de l’enfer sont en pièces.
Il a illuminé toutes les créatures, ténèbres depuis les temps anciens.
Il a réalisé le salut et nous a donné la vie ; ensuite il viendra dans la gloire et il éclairera les yeux de tous ceux qui l’auront attendu.
Notre Roi vient dans Sa grande gloire : allumons nos lampes, sortons à Sa rencontre (Mt 25,6) ; réjouissons-nous en Lui comme Il s’est réjoui en nous et nous réjouit par sa glorieuse Lumière.
Mes frères, levez-vous, préparez-vous pour rendre grâce à notre Roi et Sauveur qui viendra dans Sa gloire et nous réjouira de Sa joyeuse lumière dans le Royaume. Amen. »
(St Ephrem)
« Maintenant le diable se tient vers l’occident, grinçant des dents, s’arrachant les cheveux, se tordant les bras, se mordant les lèvres, hurlant, comme un fou, sa solitude, ne pouvant croire à votre libération*.
Le Christ vous met face-à-face avec le diable pour que, après l’avoir renié et soufflé sur lui, vous puissiez entamer le combat contre lui.
Le diable se tient vers l’occident parce que là commencent les ténèbres.
Renoncez à lui et soufflez. Ensuite tournez-vous vers l’orient et joignez-vous au Christ. »
(Sacramentaire de Constantinople)
Hier, jour de Pâques, l’un de nos Catéchumène : Jonathan était baptisé avant la Messe de 10h30, Il recevait le Sacrement du Baptème et de la Chrismation et , après que leur mariage est été confirmé (Ils avaient été précédemment imprudemment acceptés au mariage dans une autre Eglise Apostolique alors que Jonathan n'était ni baptisé, ni chrismé) , il recevait avec son épouse la Communion lors de cette Messe, exprimant leur unanimité désormais parfaite en Dieu et la fidélité à la Tradition Apostolique telle que véhiculée par nos Eglises Orthodoxes Orientales.
Ils renoncaient à Satan se tournant vers l’Ouest, symbole des ténèbres et proclameront leur adhésion au Christ en se tournant vers l’Est symbole du Christ Soleil Levant qui vient nous visiter …
Veuillez prier pour lui, veuillez accompagner ce jeune couple de votre amour fraternel.
En cette période difficile nombreux sont ceux qui seraient tentés de succomber à une tentation de peur et de repli communautaire.
Je sais, c’est facile à dire, mais tout de même :
-Confiance, le Christ est vainqueur !
« La Croix du Christ est devenue véritablement une source de biens infinis : elle nous a libérés de l’erreur, elle a dispersé nos ténèbres, elle nous a réconciliés avec Dieu.
Cette Croix est la destruction de l’inimitié, la source de la paix, l’écrin de notre trésor. »
(saint Jean Chrysostome).
Vivant et mourant, Jésus n’a pensé qu’à notre salut.
Demandons-Lui d’imprimer en notre âme les marques de Son amour, de la vie nouvelle et éternelle.
Ne cédons pas à cette peur qui tend à nous faire perdre la paix et nous dresser les uns contre les autres…
Confiance en Celui qui est notre Rocher !
Prions, souffrons et sachons nous taire, dans le silence contemplatif nous obtiendrons tout ce dont nous avons besoin…
Fils et filles de l’Eglise, comportons nous en enfants de lumière pour rendre témoignage à Celui qui vient réconcilier tous les êtres et tout récapituler en Lui, le Christ Roi des Martyrs, le Christ Prince de la Paix.
« La ligne qui sépare le bien du mal ne passe pas entre les États, ni entre les partis politiques. Mais elle travers le cœur de chaque être humain."
( Alexandre Soljénitsine)
Réjouissons-nous aujourd’hui et soyons dans l’allégresse, fortifions-nous dans la foi
« Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat » !
Que la Mère de Miséricorde, la Vierge sage et fidèle, que les Saints de France et de notre Tradition Syriaque Orthodoxe du Kerala :
-Koorilose, Grégorios,etc…, nous accompagnent de leur fraternelle intercession eux qui, en l’attente de la Résurrection finale reposent dans le Christ Ressuscité, Lui notre Chef !
Votre fidèlement dans la prière à vos intentions et le zèle pastoral, implorant pour moi-même, mes confrères et l’ensemble de la Métropolie (Archidiocèse) vos prières fraternelles et aimantes.
Bonnes et Saintes Fêtes de Pâques à tous et chacun, qu'Il règne en nos vies pour pacifier le monde !
Aloho m'barekh(Dieu vous bénisse) !
+Métropolite Mor Philipose-Mariam

*Vous comprenez bien qu’il ne s’agit que d’analogies pour exprimer sa détresse face à sa défaite. En effet, pur esprit, un ange, déchu ou non, ne saurait avoir ni dents, ni cheveux, etc…

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Lundi de Pâque d' "Hevorae"
Soirée
o Saint-Luc 24, 13-35 :
- 13 Le même jour, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem,
- 14 et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.
- 15 Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.
- 16 Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
- 17 Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
- 18 L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. »
- 19 Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple :
- 20 comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
- 21 Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
- 22 À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
- 23 elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant.
- 24 Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
- 25 Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !
- 26 Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
- 27 Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.
- 28 Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin.
- 29 Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
- 30 Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.
- 31 Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.
- 32 Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »
- 33 À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :
- 34 « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
- 35 À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.
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Matin
( ܗܳܫܳܐ ܕ݁ܶܝܢ ܡܫܺܝܚܳܐ ܩܳܡ ܡܶܢ ܒ݁ܶܝܬ݂ ܡܺܝܬ݂ܶܐ . ܘܰܗܘܳܐ ܪܺܫܺܝܬ݂ܳܐ ܕ݁ܕ݂ܰܡܟ݁ܶܐ .
(Peshitta 1 Corinthians 15:20))
o Saint Matthieu 28: 11-20 :
- 11 Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé.
- 12 Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme
- 13 en disant : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.”
- 14 Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. »
- 15 Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui.
- 16 Les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
- 17 Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
- 18 Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
- 19 Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
- 20 apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »
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Avant de Saint Qurbana
o Genèse 41: 41-46 :
- 41 Pharaon dit à Joseph : « Vois ! Je t’établis sur tout le pays d’Égypte. »
- 42 Il ôta l’anneau de son doigt et le passa au doigt de Joseph ; il le revêtit d’habits de lin fin et lui mit autour du cou le collier d’or.
- 43 Il le fit monter sur son deuxième char et on criait devant lui : « À genoux ! » Et ainsi il l’établit sur tout le pays d’Égypte.
- 44 Pharaon dit encore à Joseph : « Je suis Pharaon. Mais sans ta permission, personne ne lèvera le petit doigt dans tout le pays d’Égypte. »
- 45 Pharaon appela Joseph Safnath-Panéah et lui donna pour femme Asnath, fille de Poti-Phéra, prêtre de One. Alors Joseph partit inspecter le pays d’Égypte.
- 46 Joseph avait trente ans quand il se tint en présence de Pharaon, le roi d’Égypte. Il prit congé de lui et parcourut tout le pays d’Égypte.
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o Jérémie 1: 4-12 :
- 04 Soyez donc sur vos gardes : ne devenez pas, vous aussi, pareils aux étrangers ; ne vous laissez pas envahir par la crainte envers ces dieux,
- 05 lorsque vous verrez la foule se prosterner devant et derrière eux. Dites-vous plutôt en pensée : « C’est devant toi, ô Maître, qu’il faut se prosterner. »
- 06 Car mon ange est avec vous, lui qui demandera compte de vos âmes.
- 07 La langue de ces dieux est poncée par un artisan, elle est recouverte d’or et d’argent, mais ils ne sont que mensonge, ils ne peuvent parler.
- 08 Comme pour une jeune fille qui aime à se parer, ces gens prennent de l’or
- 09 dont ils fabriquent des couronnes pour les têtes de leurs dieux. Il arrive même parfois que les prêtres dérobent à leurs dieux de l’or et de l’argent pour leurs propres dépenses,
- 10 et qu’ils en donnent aussi aux prostituées sacrées. Ces dieux d’argent, d’or et de bois, on les pare de vêtements comme des hommes,
- 11 eux qui ne peuvent se défendre ni de la rouille, ni des mites. Ils sont revêtus d’un habit de pourpre,
- 12 mais on leur essuie le visage, à cause de la poussière du temple qui s’accumule sur eux.
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o Isaïe 40: 9-15 :
- 09 Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! »
- 10 Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance ; son bras lui soumet tout. Voici le fruit de son travail avec lui, et devant lui, son ouvrage.
- 11 Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il mène les brebis qui allaitent.
- 12 Qui a jaugé les eaux des mers dans le creux de sa main, et, de ses doigts, mesuré les cieux, évalué en boisseaux la poussière de la terre, pesé les montagnes au crochet et les collines sur la balance ?
- 13 Qui mesuré l’esprit du Seigneur ? Qui l’a conseillé pour l’instruire ?
- 14 De qui a-t-il pris conseil pour discerner, pour apprendre les chemins du jugement, pour acquérir le savoir et s’instruire des voies de l’intelligence ?
- 15 Voici les nations : elles sont pour lui comme une goutte au bord d’un seau, un grain de sable sur le plateau de la balance ! Voici les îles, comme une poussière qu’il soulève !
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· Saint Qurbana
o I Pierre 5: 1 à 8 :
- 01 Quant aux anciens en fonction parmi vous, je les exhorte, moi qui suis ancien comme eux et témoin des souffrances du Christ, communiant à la gloire qui va se révéler :
- 02 soyez les pasteurs du troupeau de Dieu qui se trouve chez vous ; veillez sur lui, non par contrainte mais de plein gré, selon Dieu ; non par cupidité mais par dévouement ;
- 03 non pas en commandant en maîtres à ceux qui vous sont confiés, mais en devenant les modèles du troupeau.
- 04 Et, quand se manifestera le Chef des pasteurs, vous recevrez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas.
- 05 De même, vous les jeunes gens, soyez soumis aux anciens. Et vous tous, les uns envers les autres, prenez l’humilité comme tenue de service. En effet, Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce.
- 06 Abaissez-vous donc sous la main puissante de Dieu, pour qu’il vous élève en temps voulu.
- 07 Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, puisqu’il prend soin de vous.
- 08 Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer.
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o Romains 6 12-23 :
- 12 Il ne faut pas que le péché règne dans votre corps mortel et vous fasse obéir à ses désirs.
- 13 Ne présentez pas au péché les membres de votre corps comme des armes au service de l’injustice ; au contraire, présentez-vous à Dieu comme des vivants revenus d’entre les morts, présentez à Dieu vos membres comme des armes au service de la justice.
- 14 Car le péché n’aura plus de pouvoir sur vous : en effet, vous n’êtes plus sujets de la Loi, vous êtes sujets de la grâce de Dieu.
- 15 Alors ? Puisque nous ne sommes pas soumis à la Loi mais à la grâce, allons-nous commettre le péché ? Pas du tout.
- 16 Ne le savez-vous pas ? Celui à qui vous vous présentez comme esclaves pour lui obéir, c’est de celui-là, à qui vous obéissez, que vous êtes esclaves : soit du péché, qui mène à la mort, soit de l’obéissance à Dieu, qui mène à la justice.
- 17 Mais rendons grâce à Dieu : vous qui étiez esclaves du péché, vous avez maintenant obéi de tout votre cœur au modèle présenté par l’enseignement qui vous a été transmis.
- 18 Libérés du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice.
- 19 J’emploie un langage humain, adapté à votre faiblesse. Vous aviez mis les membres de votre corps au service de l’impureté et du désordre, ce qui mène au désordre ; de la même manière, mettez-les à présent au service de la justice, ce qui mène à la sainteté.
- 20 Quand vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres par rapport aux exigences de la justice.
- 21 Qu’avez-vous récolté alors, à commettre des actes dont vous avez honte maintenant ? En effet, ces actes-là aboutissent à la mort.
- 22 Mais maintenant que vous avez été libérés du péché et que vous êtes devenus les esclaves de Dieu, vous récoltez ce qui mène à la sainteté, et cela aboutit à la vie éternelle.
- 23 Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur.
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o St. Jean 2 18-25 :
- 18 Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? »
- 19 Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »
- 20 Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
- 21 Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.
- 22 Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
- 23 Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait.
- 24 Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous
- 25 et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme.
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Par St Augustin
(354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon 235 ; PL 38, 1117
« Reste avec nous »
Frères, quand est-ce que le Seigneur s'est fait reconnaître ?
A la fraction du pain.
Nous en sommes donc assurés nous-mêmes : quand nous rompons le pain, nous reconnaissons le Seigneur.
S'il n'a voulu être reconnu qu'à cet instant, c'est pour nous, nous qui ne devions pas le voir dans la chair, et qui pourtant devions manger sa chair.
Toi donc qui crois en lui, qui que tu sois, toi qui ne portes pas en vain le nom de chrétien, toi qui n'entres pas au hasard dans l'église, toi qui écoutes la parole de Dieu dans la crainte et l'espérance, la fraction du pain sera pour toi une consolation.
L'absence du Seigneur n'est pas une vraie absence.
Aie foi, et il est avec toi, quoique tu ne le voies pas.
Quand le Seigneur les a abordés, les disciples n'avaient pas la foi.
Ils ne croyaient pas en sa résurrection ; ils n'espéraient même pas qu'il puisse ressusciter.
Ils avaient perdu la foi ; ils avaient perdu l'espérance.
C'étaient des morts qui marchaient avec un vivant ; ils marchaient, morts, avec la vie.
La vie marchait avec eux, mais en leur cœur, la vie n'était pas encore renouvelée.
Et toi, désires-tu la vie ?
Imite les disciples, et tu reconnaîtras le Seigneur.
Ils ont offert l'hospitalité ; le Seigneur semblait résolu à poursuivre sa route, mais ils l'ont retenu...
Toi aussi, retiens l'étranger si tu veux reconnaître ton Sauveur...
Apprends où chercher le Seigneur, où le posséder, où le reconnaître : en partageant le pain avec lui.

La Foi que m'ont enseignée les Saints Pères, que j'ai enseignée en tous temps, sans l'adapter pour plaire au temps, je ne cesserai jamais d'enseigner cette Foi, je suis né avec elle, et je vivrai par elle.
(Saint Grégoire le Théologien)
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« Même dans les heures sombres, garde toujours
*ta volonté de joie,
*ta volonté d'optimisme,
non l'optimisme satisfait qui croit que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais
*l'optimisme surnaturel et viril.
Aie confiance dans la vie ; combats tout ce qui mène à être sceptique, désabusé, fatigué de l'existence.
Les événements extérieurs sont heureux ou malheureux selon la qualité de l'âme sur laquelle ils font impression.
Pour toi, il faut que tout contribue à ton bien.
Il faut que tu saches sourire à la lutte, à l'adversité comme à la prospérité.
Aime à te baigner dans ce qu'il y a de beau et de bon dans la vie ; fuis tout ce qui est malsain, démoralisant ; aime le travail, sois généreux et bon ; et tu ne manqueras pas d'envisager de plus en plus la vie avec confiance, sérénité et joie.
Que la conscience de ta condition de ressuscité éveille et ranime en toi l'amour et la valeur de la vie, l'enthousiasme pour tout ce qu'il y a de grand et de noble ! »
(Dom Idesbald Van Houtryve, o.s.b. (1886-1964), La Vie dans la Paix Tome II (Livre dixième chap.4), Abbaye du Mont César, Louvain, 1944.)
La joie de la Résurrection est la première tradition chrétienne1.

Tradition à la fois spirituelle et théologique, elle est enracinée dans l’Église. Notre joie venant de la Résurrection devrait être exactement semblable à la joie qui inonda le cœur de Pierre et de Jean, celui des disciples sur la route d’Emmaüs, et celui des Onze assemblés dans la chambre haute.
1. Ce fut une joie profondément ressentie, humainement parlant, une joie bouleversante, qui envahit le cœur et la sensibilité des disciples.
2. Une joie assurée par la présence tangible et visible du Christ; une joie qui ne demande point de preuve logique, théologique ou intellectuelle.
3. Une joie qui a illuminé le passé et surmonté tous les événements de la Passion du Christ. Une joie qui a éclairé tous les enseignements que le Christ avait donnés au cours des trois années précédentes. Cette joie est l’essentiel de la Bonne Nouvelle évangélique. Toute chose doit être considérée dorénavant, à la lumière de la Résurrection.
4. Une joie ressentie dans toute sa dimension éternelle, une joie qui surpasse le temps, la mort et toute la création présente, avec tout ce qu’elle comporte d’imperfections, de fautes et de faiblesses. Une joie qui transfigure l’échec actuel, et en fait le moyen, la porte et le chemin par lesquels nous tendons vers la perfection chrétienne future. Nous vivons alors cette perfection en espérance, dès le moment présent (dans « l’espérance vivante » de 1 Pi 1,3).
La Résurrection est la réalité de l’avenir anticipé aujourd’hui. L’Église tient à exprimer cette dimension éternelle déjà présente, en faisant de chaque dimanche une célébration de la Résurrection du Seigneur. Chaque jour de la semaine devient alors une préparation au dimanche. C’est un défi jeté au temps et une tentative sérieuse pour le rénover ou pour le transfigurer par l’Esprit.
5. La joie de la Résurrection doit être inséparable de la nouvelle création que nous vivons actuellement, grâce à notre union au Christ, dans le mystère de son corps et de son sang. La joie de la Résurrection grandit alors en nous, dans la mesure où nous sommes nourris, jour après jour, par le Pain Vivant descendu du ciel, Pain qui réjouit l’esprit et le cœur de l’homme, et qui oriente son espérance vers le ciel.
6. La joie de la Résurrection doit être la puissante énergie qui stimule chaque jour nos efforts et ravive sans cesse notre vigilance, pour sauvegarder dans une pureté irréprochable, le trésor qui nous est confié jusqu’à la venue du Seigneur. La Résurrection représente pour nous la victoire certaine de la vie sur la mort, de la lumière sur les ténèbres, de la vérité sur le mensonge, de la pureté sur la souillure, de la justice sur l’oppression, du repos sur la fatigue, de la joie sur la tristesse et de la paix sur l’angoisse.
7. La joie de la Résurrection doit être la vive consolation qui nous réconforte, en toute certitude, de toute perte subie actuellement, quelque grande qu’elle soit, morale ou physique, serait-ce même la mort. Le Christ est ressuscité pour nous donner la preuve certaine que tous les malheurs, toutes les machinations du démon et des hommes corrompus en ce monde, sont anéantis par un verdict céleste irréversible, proclamé par la cour suprême, qui siège au ciel, afin de « rendre la tribulation à ceux qui nous l’infligent » (2 Th 1,6), selon la justice de Dieu qui ne peut faillir.
La Résurrection est une puissance mystérieuse, grâce à laquelle tout mal dirigé contre nous et toute perte qui nous atteint sont transformés en récompense céleste. Nous en recevons dès maintenant l’avant-goût mystique, sous forme de consolation et de joie : « De même, en effet, que les souffrances du Christ abondent pour nous, de même, par le Christ abonde aussi notre consolation » (2 Cor 1,5).
Cette transformation se poursuit toujours. Saint Paul l’affirme fréquemment :
« Ainsi la mort est à l’œuvre en nous, mais la vie en vous » (2 Cor 4,12).
« Pour moi, bien volontiers, je dépenserai et me dépenserai moi-même tout entier pour vous » (2 Cor 12,15).
« Nous prions Dieu que vous ne fassiez aucun mal ; nous ne désirons pas donner nos preuves, mais vous voir faire le bien et que l’épreuve paraisse tourner contre nous » (2 Cor 13,7).
« Car nous sommes dans la joie, chaque fois que nous sommes faibles et que vous êtes forts » (2 Cor 13,9).
« Sommes-nous en difficulté ? C’est pour votre consolation et votre salut ! Sommes nous consolés ? C’est pour votre consolation ! » (2 Cor 1,6)
« Or toutes ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai considérées comme une perte, à cause du Christ. Mais oui, je considère que tout est perte en regard de ce bien suprême qu’est la connaissance de Jésus Christ mon Seigneur. ? cause de lui, j’ai tout perdu et je considère cela comme ordures afin de gagner le Christ » (Ph 3,7-8).

Atelier Le Roseau - Michèle Koné ©
8. La Résurrection nous donne la réponse à toute question que pose le silence de Dieu, à l’époque actuelle : Pourquoi ne montre-t-il pas sa justice et sa miséricorde et ne tire-t-il pas vengeance du mensonge, de l’injustice, du blasphème proféré contre lui ou contre ses enfants fidèles et croyants ?
La réponse est celle ci : la récompense est proche, fidèle, parfaite, pleine de la sagesse de Dieu. Elle se modèle sur la Résurrection du Christ, lui qui est mort dans la faiblesse, l’ignominie, la honte, lui qui a tout perdu, mais qui est ressuscité pour nous appeler « par sa propre gloire et sa force agissante, (...) à devenir participants de sa nature divine », comme le dit l’Apôtre Pierre dans sa deuxième Épître. (cf. 1 Pi 1,4).
Il est ressuscité des morts, non seulement en sa propre personne, mais en ressuscitant avec lui chacun de ceux qui sont morts comme lui et qui meurent comme lui, injustement persécutés pour l’amour de la vérité, battus et humiliés, pour avoir observé les commandements. La compensation de l’injustice de cette vie nous est assurée par la Résurrection du Seigneur. Nous devons la recevoir maintenant comme une réalité vivante et actuelle. Nous pouvons la goûter déjà, par la foi en la Résurrection du Christ. Nous attendons sa pleine manifestation, dans la patience et l’espérance vivante dans le Christ. Pour le moment, il suffit qu’il intercède pour nous, ou plutôt qu’il juge déjà en notre faveur, sans tarder : « Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous, comment, avec son Fils, ne nous donnerait-il pas tout ? Qui accusera les élus de Dieu ? Dieu justifie ! Qui est celui qui juge et condamne ? Jésus Christ qui est mort, bien plus, qui est ressuscité, qui est à la droite de Dieu et qui intercède pour nous » (Ro 8,32-34).
Aussi S. Paul nous dit-il avec assurance :
« Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps ; je le répète, réjouissez-vous. Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais en toute occasion, par la prière et la supplication, accompagnées d’actions de grâces, faites connaître vos demandes à Dieu » (Ph 4,4-6).
« Vous êtes notre orgueil parmi les Églises de Dieu, à cause de votre persévérance et de votre foi dans toutes les persécutions et les épreuves que vous supportez. Elles sont les signes du juste jugement de Dieu : leur but est de vous rendre dignes du Royaume de Dieu pour lequel vous souffrez.. Il est juste, en effet, que Dieu rende détresse pour détresse à vos oppresseurs et que Dieu vous donne, à vous, les opprimés, le repos avec nous lors de la révélation du Seigneur Jésus, qui viendra du ciel avec les anges de sa puissance » (2 Th 1,4-7).
9. Imminence de la Résurrection
La Résurrection du Christ n’a pas tardé. Juste trois jours après la crucifixion, Dieu intervint pour mettre fin à l’injustice et donner la preuve que son jugement était rapide, sa condamnation immédiate et sa riposte fulgurante à toute action injuste et malfaisante. S’il nous semble parfois qu’il tarde à intervenir, ce retard n’existe, en fait, que dans notre manière d’évaluer le temps, d’après notre logique. L’intervention divine à notre égard a lieu en vertu de la Résurrection. Celle-ci est déjà accomplie et reste toujours actuelle : « C’est maintenant le jugement de ce monde » (Jn 12,31).
L’acceptation de la condamnation, de l’humiliation ou de l’injustice se fonde sur la confiance dans le jugement suprêmement équitable de Dieu :
« J’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient, mes joues, à ceux qui m’arrachaient la barbe ; je n’ai pas caché mon visage face aux outrages et aux crachats. C’est que le Seigneur me vient en aide : dès lors je ne cède pas aux outrages, dès lors j’ai rendu mon visage dur comme un silex, j’ai su que je n’éprouverais pas de honte. Il est proche, celui qui me justifie. Qui veut me quereller ? Comparaissons ensemble. Qui sera mon adversaire en jugement ? Qu’il s’avance vers moi. Oui, le Seigneur Dieu me vient en aide : qui donc me convaincrait de culpabilité ? » (Is 50,6-9).
Toute intervention divine aujourd’hui, tout jugement miséricordieux, toute rémission et toute abolition de l’injustice se fondent sur le jugement rendu en faveur du Christ et sur l’intervention divine à son endroit : « Avant la venue de la foi (au Christ), nous étions enfermés sous la garde de la loi, en vue de la foi qui devait être révélée » (Ga 3,23).
Sans le Christ, nous étions tous « enfermés dans la désobéissance » (cf. Ro 11,32) : « Ils sont tous dévoyés, ensemble pervertis, pas un qui fasse le bien, pas un seul » (Ro 3,12). Mais dans le Christ, nous avons reçu un pardon gratuit, une justification plénière et générale, car il a accompli en lui-même toute la justice divine et a enduré toute la peine méritée par les pécheurs. Aussi il est devenu notre justice (cf. 1 Co 1,30), et le jugement rendu en sa faveur nous est fermement assuré.
Nous devrions alors constamment méditer ces paroles de S. Paul déjà citées, afin de nous convaincre que les jugements de Dieu en faveur de ses élus se réalisent dès maintenant, d’une manière vivante, effective, et instantanée. Il ne leur manque que d’être manifestés au temps opportun :
« Lui, qui n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous, comment, avec son Fils ne nous donnerait-il pas tout ? Qui accusera les élus de Dieu (maintenant ou à l’avenir) ? C’est Dieu qui justifie. Qui est celui qui juge et condamne (pas au futur mais au présent) ? Jésus Christ qui est mort, bien plus, qui est ressuscité (c’est-à-dire qui a subi une sentence injuste et qui l’a annulée par sa Résurrection), lui qui est à la droite de Dieu et qui intercède pour nous. Qui nous séparera de l’amour du Christ ? » (Ro 8,32-35).
Aussi nous n’attendons pas que Dieu nous fasse justice, comme si quelque chose devait encore arriver. Nous avons plutôt l’assurance qu’il est toujours avec nous, toujours présent :
« Il est proche celui qui me justifie » (Is 50,8).
10. Résurrection et vivante espérance
L’espérance est devenue une part vivante de notre foi et de notre conduite; le verset-clé pour nous est :
« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance, par la Résurrection de Jésus Christ d’entre les morts » (1 Pi 1,3).
Grâce à la Résurrection, notre foi chrétienne ne porte pas sur de vagues réalités futures, mais sur des réalités du monde à venir déjà vues et touchées, bien que, selon leur véritable nature, elles soient totalement suprasensibles. La miséricorde de Dieu a été si abondante dans le Christ, que les choses qui semblaient impossibles et illusoires pour la logique humaine, sont devenues, grâce à la foi, des réalités que nous vivons dans l’Esprit, et que nous sentons et touchons par la foi. Ces réalités sont perçues par les enfants et ressenties par les simples. Ainsi notre foi chrétienne, ou notre foi dans le Christ, est-elle devenue « la garantie des biens que l’on espère », les sachant déjà actuels par la foi, et « la certitude des réalités à venir » (cf. He 11,1), les sachant déjà commencées mystiquement, bien qu’elles demeurent invisibles aux yeux du monde :
« C’est lui, l’Esprit de vérité, celui que le monde est incapable d’accueillir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas » (Jn 14,17).
« L’homme, laissé à sa seule nature, n’accepte pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu. C’est une folie pour lui, il ne peut le connaître car c’est spirituellement qu’on en juge » (1 Cor 2,14).
La Résurrection est alors la base de la foi chrétienne ; elle est également sa puissance qui agit en nous, sa joie présente en nous, et sa paix qui nous inonde au delà de toute compréhension.
« En effet, il est écrit (à propos d’Abraham): “J’ai fait de toi le père d’un grand nombre de peuples”. Il est notre père devant celui en qui il a cru, le Dieu qui fait vivre les morts et appelle à l’existence ce qui n’existe pas. Espérant contre toute espérance, il crut et devint ainsi le père d’un grand nombre de peuples, selon la parole : « Telle sera ta descendance ». Il ne faiblit pas dans la foi en considérant son corps – il était presque centenaire – et le sein maternel de Sara, l’un et l’autre atteints par la mort. Devant la promesse divine, il ne succomba pas au doute, mais il fut fortifié par la foi et rendit gloire à Dieu, pleinement convaincu que, ce qu’il a promis, Dieu a aussi la puissance de l’accomplir. Voilà pourquoi cela lui fut compté comme justice. Or, ce n’est pas pour lui seul qu’il est écrit “cela lui fut compté”, mais pour nous aussi, nous à qui la foi sera comptée puisque nous croyons en celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification » (Ro 4,17-25).
« Ainsi donc, justifiés par la foi, nous sommes en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ ; par lui, nous avons accès, par la foi, à cette grâce en laquelle nous sommes établis et nous mettons notre orgueil dans l’espérance de la gloire de Dieu. (…) Si en effet, quand nous étions ennemis de Dieu, nous avons été réconciliés avec lui par la mort de son Fils, à plus forte raison, réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie » (Ro 5,1,2-10).
La Résurrection du Christ devient par la foi notre propre résurrection :
« Avec lui, il nous a ressuscités et fait asseoir dans les cieux, en Jésus Christ » (Ep 2,6).
Nous croyons également que :
« Lorsque le Christ, notre vie, paraîtra, alors vous aussi, vous paraîtrez, avec lui, dans la gloire » (Col 3,4).
C’est dire que sa Résurrection, sa manifestation devant le Père et sa glorification sont, par la foi vivante, devenues notre propre résurrection, notre manifestation devant le Père et notre glorification, avec toute leur efficacité et leur puissance.
Au baptême, nous participons au mystère de la mort du Christ, et immédiatement après, à celui de sa Résurrection:
« Nous tous, baptisés en Jésus Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. Par le baptême, en sa mort, nous avons donc été ensevelis avec lui, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions nous aussi une vie nouvelle. Car si nous avons été totalement unis, assimilés à sa mort, nous le serons aussi à sa Résurrection » (Ro 6,3-5).
Notre participation à la Résurrection est conditionnée par deux forces : la première réside dans le Christ lui-même qui ressuscita d’entre les morts pour nous conférer sa propre justice2 et la gloire qu’il a acquise par son obéissance jusqu’à la mort. La deuxième force est celle de notre foi : il nous est demandé seulement de croire que Dieu a ressuscité le Christ, tout comme Abraham crut en Dieu lorsqu’il lui offrit son fils Isaac. Toutefois Abraham « espérait contre toute espérance » (Ro 4,18), que Dieu était capable de relever son fils d’entre les morts (cf. He 11,19), tandis que dans notre cas, l’espérance est déjà réalisée.
11. Résurrection et Esprit de vie
Grâce à la venue de l’Esprit Saint, la Résurrection est devenue la source d’où jaillit, à partir de la mort, la vie éternelle. La vie du Christ est dorénavant, la source débordante de l’Esprit de vie, qui nous a délivrés du pouvoir de la mort :
« Car la loi de l’Esprit de vie en Jésus Christ, m’a affranchi de la loi du péché et de la mort » (Ro 8,2).
« Si en effet, quand nous étions ennemis de Dieu, nous avons été réconciliés avec lui par la mort de son Fils, à plus forte raison, réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie » (Ro 5,10).
12. Résurrection et nouvelle création
La Résurrection du Christ est le modèle actuel et visible de la nouvelle création. Le Christ est ressuscité avec un corps spirituel, nouveau, doué de capacités supérieures. Il l’a créé en lui-même, en vue de nous le communiquer, à la place du corps de l’ancienne création, usé sans remède par le péché, et condamné à mourir et à sombrer dans l’oubli.
C’est la puissance de la résurrection du Christ qui a fait naître en nous, grâce à l’Esprit Saint, une nouvelle création, immortelle, affranchie du péché.
La nouvelle création s’est manifestée dans le Christ, capable de manger et de boire. Toutefois, douée d’un corps spirituel, elle ne tient pas sa vie de la nourriture ni de la boisson. Elle peut être sentie, touchée et vue ; elle peut parler, entendre et se mouvoir, sans être toutefois limitée ni asservie à la nature matérielle de la terre. La puissance de cette nouvelle création réside déjà en nous. Dès maintenant elle agit par l’Esprit Saint, se nourrissant de la Parole de Dieu, croissant en grâce et recherchant les choses d’en haut. Toute sa joie et son réconfort se trouvent dans l’attente du Seigneur. Elle espère sa venue alors qu’il descendra des cieux (cf. 1 Th 1,10), car lors de sa manifestation, elle sera manifestée avec lui (cf. Col 3,4), lorsqu’il « transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire, avec cette force qu’il a de pouvoir même se soumettre tout l’Univers » (Ph 3,21).
« Et de même que nous avons revêtu l’image du terrestre, il nous faut revêtir aussi l’image du céleste » (1 Co 15,49).
La Résurrection du Christ est donc pour nous une source de vie nouvelle, de conduite nouvelle, d’un esprit renouvelé, de nouveaux sentiments, d’un nouvel amour et de nouvelles joies :
« Aussi, si quelqu’un est dans le Christ, il est une nouvelle créature : le monde ancien est passé, voici que tout est nouveau » (2 Co 5,17).
« Afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions, nous aussi, une vie nouvelle » (Ro 6,4).
13. Résurrection et unité
Nous participons tous à une seule Résurrection que nous recevons dès maintenant par la communion à un seul corps et un seul sang (cf. 1 Co 10,17). Vivre déjà en esprit la Résurrection, avec sa vive espérance, est la seule chose qui puisse effacer les divisions introduites parmi nous par la chair, la raison, les différences de tempérament et d’humeurs, la maladie, le milieu et l’éducation. Toutes ces divisions sont l’œuvre du monde présent, mais la véritable unité est le fruit de notre union au Christ unique. La nouvelle création que nous tenons de lui n’a qu’une forme, un Esprit, un amour.
14. Résurrection et amour unifiant
L’unité dans laquelle le Christ nous rassemble par son corps brisé et par son sang versé, est d’abord une communion à une même souffrance, puis une communion à un même amour. Or, c’est l’amour qui nous fait grandir et progresser sans fin : plus nous nous aimons les uns les autres, plus nous devenons capables d’aimer, et plus notre unité progresse, et avec elle notre perception du mystère d’unité qui existe entre le Père et le Fils. La résurrection nous transmet alors un don nouveau, celui de la responsabilité de rassembler dans l’unité ceux qui sont dispersés : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » (Jn 12,32).
Plus une personne vit dans la Résurrection du Christ, plus elle s’élève dans l’Esprit et ressent la nécessité d’attirer les autres en les servant, dans l’amour, le sacrifice, le don de soi par amour pour eux, car le bonheur de ceux qui sont ressuscités avec le Seigneur réside dans le fait d’attirer tous les hommes à lui.
Notes: