Il est venu comme un enfant fragile et dépendant,s’abandonnant comme seuls les bébés savent le faire quand ils laissent reposer avec une absolue confiance leur tête au creux de nos bras. Il s’est confié à l’humanité pour que les hommes et les femmes le recueillent et le bercent, et creusent en eux un espace pour l’accueillir.
Il est venu comme un enfant qu’on attend, parce que les femmes ne « font » pas des enfants, mais elles les attendent, et parce que la joie de Dieu se reçoit comme un don et non comme un dû.
Il est venu comme une naissance pour nous faire naître à nous-mêmes et aux autres, naître à l’amour et à l’espérance, naître à tous les possibles, avec la perspective de grandir et de croître, de progresser dans la foi et dans l’amour, comme une enfant porte en lui toutes les promesses.
Il est venu dans la nuit, nuit de la solitude, de l’exclusion et de la pauvreté, nuit des hommes et des femmes jetés sur les routes par un décret inhumain ; nuit de l’angoisse pour que nous sachions qu’une étoile peut toujours se lever dans nos obscurités.
Il est venu sans effet et sans gloire, humble parmi les humbles pour que jamais nous ne confondions le règne des Césars et le Royaume de Dieu ; Il s’est fait petit comme nous pour que nous découvrions que nous sommes précieux aux yeux du Père, qui que nous soyons aux yeux du monde.
Il est venu avec ses anges pour l’annoncer et non des savants et des maîtres en théologie, afin que jamais les hommes ne se croient détenteurs d’un savoir sur lui ; afin que les ignorants comme les sages, les bergers comme le mages puissent lui rendre gloire.
Il est venu comme une énigme, révélation non contraignante et gage de notre liberté, signe toujours à déchiffrer qui suscite sans fin notre étonnement et ne nous laisse pas nous reposer sur nos certitudes.
Il est venu au risque de la mécompréhension et du mépris, devant un Dieu qui ne régente pas tout dans le monde. Puis, Il a livré sa Parole au risque de nos mots pauvres et usés, de nos peurs et de nos maladresses, de nos élans trop souvent retenus, de notre amour souvent frileux parce que c’est par nous qu’Il veut se faire connaître dans le monde.
Il est venu dans le monde, Lui qui aurait pu rester dans le Temple ou dans les Cieux, et c’est dans le monde désormais que se joue notre foi, non pas seulement dans notre petite chapelle personnelle, dans une communication seul à seul avec Dieu, ni derrière les murs de nos églises, de nos temples ou de nos monastères, dans des lieux clos, à l’abri, au sein desquels nous nous sentons protégés et bien ensemble, mais sur la terre des hommes, au milieu de os frères et de nos sœurs.
Dieu est venu et les bergers l’ont adoré ; Il est venu et nous voulons chanter Noël de tout notre cœur, car si l’Incarnation porte déjà en elle la Croix, Dieu donné et Dieu livré, elle contient également une joie immense.
Puis les bergers se sont remis en route sur les chemins du quotidien et c’est sur ces chemins que nous voulons, à notre tour, nous mettre en route pour proclamer cette BONNE NOUVELLE.
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« Considérons la vie de la Sainte Famille dans la pauvre étable de Bethléem.
Jésus est là, pauvre, silencieux, solitaire ; il prie, il pleure, il souffre, il aime.
Il se soumet à tous les besoins d'un petit enfant, à toutes les humiliations de cet état d'enfant qu'il a choisi parce qu'il l'a bien voulu.
Marie est là pour le servir, l'adorer, l'aimer. Oh ! comme elle le regarde, comme elle le porte, comme elle lui donne son lait, et son cœur, et tout !
Joseph s'unit à Marie pour adorer Jésus, mais comme Marie est tout à Jésus, il semble que Joseph avait le soin de pourvoir aux besoins de la Sainte Famille.
Mais dans cette famille, comme tout est bien ordonné, bien concordant, bien paisible ! L'unique règle est de servir Jésus ; l'unique bien c'est Jésus, l'unique amour c'est Jésus. Et Jésus suffit à tout.
Ah ! que la Sainte Famille soit bien le modèle de la nôtre ! »
Père Emmanuel André o.s.b. (1826-1903), Méditations pour tous les jours de l'année liturgique, Éditions Sainte-Madeleine, 2004.
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Dimanche dernier, nous solennisions l'Epiphanie Théophanie parce que la Fête elle-même célébrée le 6 Janvier n'est pas chômée.
Nous nous trouvons trente ans après la Nativité, quand Jésus Christ commence sa mission, son activité prophétique et publique : celle qui le prépare à sa Pâque, à son Ascension glorieuse, au Siège à la droite du Père, d’où Il enverra l’Esprit saint sur ceux qui croiront en lui et, par eux, sur le monde entier. Baptisé dans l’eau, Il prépare le baptême de l’Esprit pour tous ses disciples.
De même que la Nativité – Noël – est, non pas la fête de l’Incarnation (dont la fête est le 25 mars, jours de l’Annonciation), mais sa manifestation, la révélation du Dieu Homme aux anges, aux bergers et aux mages venus d’Orient ; de même, le Baptême du Christ au Jourdain est, non l’affiliation du Christ au Père céleste ou son adoption par lui, ou encore sa divinisation (diverses formes d’hérésies dérivées du nestorianisme et de l’adoptianisme), mais la révélation que Jésus Christ est le Fils sur lequel, de toute éternité, descend l’Esprit du Père. Le Baptême, comme la Nativité, est donc une « théophanie », manifestation par laquelle Dieu révèle aux hommes ce qui est.
Jésus Christ agit en Maître, révélant aux hommes qu’ils peuvent, quant à eux, devenir ce qu’Il est de toute éternité, c’est-à-dire « fils de Dieu », en étant engendrés d’en haut comme le dit le Prologue de saint Jean. Mais cette affiliation charismatique sera la conséquence du baptême pour la purification. Le Christ Dieu sans péché demande au Baptiste le baptême, comme s’Il était pécheur, pour nous montrer la voie de ce qui est la réponse par excellence à la question de la souffrance et de la mort : le repentir. De même, Il va, Lui qui est l’Innocent par excellence, monter sur la Croix comme le dernier des pécheurs, pour montrer la voie : la réponse à la violence, à la méchanceté et à l’ignorance est dans le don de soi. La Christ a donné le sacrifice de soi par amour pour autrui (c’est-à-dire la mort volontaire) comme alternative à la mort qui règne dans le monde.
Le baptême de Jésus Christ, c' est l’immersion du Créateur dans la créature. Il s’immerge dans la chair en se faisant homme ; Il s’immergera dans la terre en étant enseveli ; aujourd’hui, Il s’immerge dans l’eau, qui relie le cosmos à sa genèse. De plus, l’eau porte la mémoire de l’humanité. En s’immergeant en elle, le Créateur purifie la mémoire, non seulement d’Israël, où coule ce beau fleuve, mais encore de l’humanité entière. C’est pourquoi, il est dit que « le Jourdain remonta en arrière » : quand le Verbe créateur entre en lui, comme lorsqu’Il pénétra l’humanité de la Vierge, Il rejoint le premier Adam, l’humanité première qu’Il créa à son image. Et, cette eau purifiée par le Christ, actualisée sacramentellement dans la célébration de l’Église, ira dans les maisons, dans les villes, dans les champs et jusqu’à la mer, répandre de proche en proche la grande sanctification de Celui qui s’y plonge « Aujourd’hui ».(Adapté d'un article de "Sagesse Orthodoxe")
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Par Saint Cyrille d'Alexandrie
(380-444), évêque et docteur de l'Église
Commentaire sur l'évangile de Jean 5,2 (trad. Pusey I, 691-693)
Si l'on dit que le Christ a reçu le Saint Esprit, c'est en tant qu'il s'est fait homme et en tant qu'il convenait à l'homme de le recevoir. Sans doute, il est le Fils de Dieu le Père et engendré de sa substance, et cela avant l'Incarnation et même avant tous les siècles. Malgré cela, il n'éprouve aucune tristesse à entendre le Père lui dire, maintenant qu'il s'est fait homme : « Tu es mon Fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré ».
Celui qui était Dieu, engendré par lui avant les siècles, le Père dit qu'il est engendré aujourd'hui ; cela signifie qu'il nous accueille en lui comme des fils adoptifs, car toute l'humanité était contenue dans le Christ en tant qu'il était homme. En ce sens on dit que le Père, alors que son Fils possédait déjà son Esprit, le lui donne de nouveau, de telle sorte que nous recevions le don de l'Esprit en lui. Le Christ n'a pas reçu l'Esprit Saint pour lui-même, mais plutôt pour nous, qui étions en lui. Car c'est par lui que nous parviennent tous les biens.
















