CATECHESE BAPTISMALE:
LE SYMBOLISME DE L'EAU chez Tertullien :
Extraits du Traité du baptême
[...] Examinons plus au long s'il est ridicule ou impossible que l'homme soit régénéré de l'eau. Pour être moins surpris que cette matière ait pu être élevée à une si haute dignité, il est bon de considérer cet élément jusque dans son origine.
Elle est noble, cette origine, elle et illustre dès le commencement du monde ; car l'eau est un de ces éléments, lequel avant que l'univers eût reçu toute sa perfection demeurait comme caché dans la puissance de Dieu. Au commencement, dit l'Ecriture sainte, Dieu créa le ciel et la terre.
La terre était invisible et sans ornements ; les ténèbres étaient sur l'abîme et l'Esprit de Dieu était porté sur les eaux. [Gn 1, 1]
Voilà d'abord, ô hommes, de quoi révérer la substance de l'eau par l'ancienneté de son usage et de quoi respecter ensuite sa dignité ; elle était le siège de l'Esprit divin et plus privilégiée alors que les autres éléments.
Tout n'était qu'un chaos affreux ; les étoiles ne rendaient point encore de lumière ; tout était informe, la mer était lugubre, la terre sans ornement, les cieux sans beauté.
L'eau, la seule eau, toujours matière parfaite, toujours excellente, toujours pure, servait de trône à l'esprit de Dieu.
Ajoutez que, quand Dieu fit ensuite l'arrangement des différentes parties de l'univers, il le fit par le moyen des eaux ; car, pour suspendre au milieu du monde le firmament, il sépara les eaux d'avec les eaux.
Pour suspendre la terre, il fit une semblable séparation.
le monde étant enfin arrangé dans toutes ses parties par la disposition de ses divers éléments, comme il devait être habité, ce fut aux eaux, en premier lieu, qu'il commanda de produire des âmes vivantes.
C'est donc l'eau qui, la première, produisit ce qui a vie, afin qu'on ne soit pas surpris que dans le baptême, l'eau puisse donner la vie éternelle à notre âme. Dans la formation même de l'homme, Dieu employa l'eau pour achever ce sublime ouvrage.
La terre est, à la vérité, la matière dont l'homme fut fait ; mais cette terre n'eût pas été assez disposée pour cet ouvrage si elle n'avait été humide et détrempée.
Ce limon, en effet, demeurait imprégné dans une juste mesure de l'eau qui depuis quatre jours, avait été isolée en son lieu.
S'il était nécessaire de descendre dans un plus long détail des principales prérogatives de l'eau, que ne pourrais-je pas dire de sa vertu et de sa fécondité ?
Quels bienfaits, quelle fertilité, quels secours le monde n'en reçoit-il pas ?
Mais je craindrais qu'on ne m'accusât de faire plutôt un panégyrique de l'eau que d'expliquer la matière du baptême.
Cependant, par là, je montrerais plus sensiblement que si Dieu fait servir l'eau à tant de choses et à tant d'ouvrages, il n'est pas hors de vraisemblance qu'il l'ait employée aussi dans les sacrements : si elle gouverne la vie de la terre, elle la procure aussi pour le ciel.
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CATECHESE SUR LA CONFESSION:
OBJECTION À LA CONFESSION : JE SUIS TELLEMENT PÉCHEUR. DIEU PEUT-IL ME PARDONNER ?
Divine puissance –

« Cette objection exprime une attitude d’orgueil. L’homme attribue plus de poids à ses actes qu’à la miséricorde de Dieu. Elle révèle un manque de foi et d’espérance en son infinie bonté. Mais si un homme se repent sincèrement, tout péché peut lui être pardonné. ‘La puissance du repentir est fondée sur le pouvoir de Dieu. Le Médecin est tout-puissant et la médication donnée par lui est toute-puissante’ (saint Ignace Briantchaninov).
Thérapeutique
« Saint Jean Chrysostome, évaluant les résultats miraculeux d’un repentir sincère, dit : ‘Le repentir est une médication qui détruit le péché. C’est un don céleste, une force merveilleuse qui, par la grâce de Dieu, surmonte la puissance et la rigueur de la loi. Il ne rejette pas le fornicateur, ne renvoie pas l’adultère, ne dédaigne pas l’ivrogne, n’anathématise pas l’idolâtre, ne néglige pas le fauteur de scandale, ne persécute pas celui qui abuse, pas même l’homme hautain. Il régénère chacun parce qu’il est un fourneau purifiant le péché. La blessure et la médication, ce sont le péché et le repentir’.
L’innocence
« Ne dis pas : J’ai beaucoup péché, comment puis-je être sauvé ? Tu ne le peux pas ; Dieu seul le peut, et Il peut le faire de telle façon que tous tes péchés soient détruits. Écoute attentivement ces paroles : Notre Dieu détruit tes péchés d’une manière telle qu’il n’y ait ni un endroit, ni une trace qui subsistent, et Il restaure alors ta santé, Il te présente la justice qui te libère de la peine de mort. Il te donne la justice ; et celui qui a péché, Il le rend égal à celui qui n’a pas péché parce qu’Il détruit le péché comme s’il n’avait jamais existé (cf. Is.1, 18).
L’amour sans limite
« Mais, diras-tu : Est-ce possible pour celui qui se repent d’être sauvé ? – C’est parfaitement possible. – Mais, j’ai passé toute ma vie dans le péché ; si je me repens, serai-je sauvé ? – Bien sûr ! – Comment le savons-nous ? – Par l’amour que Dieu a pour l’homme. Est-ce que Je me fie à votre repentir pour détruire vos péchés si lourds ?, nous rapporte l’Écriture (Os.13, 14). En effet, Dieu connaît les limites du repentir de l’homme et cela ne l’empêche pas de remettre les péchés. Si tu devais te fier uniquement à ton repentir, alors, en effet, tu devrais trembler ; mais la miséricorde de Dieu s’unit au repentir. Et la miséricorde divine n’a pas de limites, les mots ne peuvent exprimer sa bonté. Notre malice a une fin, mais la médication est sans limite. La mer, si grande soit-elle, a une fin ; mais l’amour de Dieu pour l’homme est infini’ ».
(extrait de The Forgotten Medicine : The Mystery of Repentance, St. Xenia Skete Press. Wilwood CA, 1994)(Source:"Sagesse Orthodoxe")