Il nous arrive très souvent dans nos conversations d’évoquer le temps avec des expressions comme celles-ci : « Je n’ai pas temps, comme le temps passe, ah ! C’était le bon temps, le temps c’est de l’argent etc... » Mais nous arrive-t-il quelquefois de réfléchir sérieusement sur le temps, de nous demander ce qu’il représente pour nous, à la lumière de la révélation chrétienne ?
Livre de l'Apocalypse 21,2-5.
En ces jours-là, je vis la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu, toute prête, comme une fiancée parée pour son époux.
Et j'entendis une voix forte qui disait : " Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes : il habitera avec eux, et ils seront son peuple ; et lui-même il sera le Dieu avec eux, il sera leur Dieu.
Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. "
Et Celui qui était assis sur le trône, dit :"Voici que je fais toutes choses nouvelles. " Et il ajouta : " Ecris, car ces paroles sont sûres et véritables. "
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 19,1-10.
En ce temps-là, Jésus, entré dans Jéricho, traversait la ville.
Et voici qu'un homme appelé du nom de Zachée, qui était un publicain-chef et qui était riche,
cherchait à voir Jésus, qui il était ; et il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était petit de taille.
Courant en avant, il monta sur un sycomore pour le voir, car il devait passer par là.
Quand il arriva à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : " Zachée, hâte-toi de descendre, car aujourd'hui il faut que je demeure dans ta maison. "
Il se hâta de descendre et le reçut avec joie.
Ce que voyant, ils murmuraient tous, disant : " Il est entré pour loger chez un pécheur. "
Or Zachée, s'étant arrêté, dit au Seigneur : " Voici, Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens ; et si j'ai fait du tort à quelqu'un, je rends le quadruple. "
Jésus lui dit : " Le salut est arrivé aujourd'hui pour cette maison, parce que lui aussi est fils d'Abraham.
Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. "
Il se peut, frères et sœurs, qu’en certaines circonstances (un anniversaire par exemple) nous soyons gagnés par la mélancolie à la pensée du temps qui passe et qui ne revient pas. Nous pouvons aussi, ressentir une grande tristesse devant le vide et la médiocre qualité de l’existence que nous menons : sans grand intérêt, sans grande portée, sans grands résultats.
Par Mor Philoxène de Mabboug
(?-v. 523),
évêque en Syrie
Homélie 4, 79-80 (trad. SC 44, p. 97 rev. ; cf Delhougne, p. 456)
Zachée découvre le seul bien véritable
Notre Seigneur a appelé Zachée du sycomore sur lequel il était monté, et aussitôt Zachée s'est empressé de descendre et l'a reçu dans sa maison.
C'était parce que, avant même d'être appelé, il espérait le voir et devenir son disciple.
C'est une chose admirable qu'il ait cru en lui sans que Notre Seigneur lui ait parlé et sans l'avoir vu avec les yeux du corps, mais simplement sur la parole des autres.
La foi qui était en lui avait été gardée dans sa vie et sa santé naturelles.
Et cette foi a été manifestée quand il a cru en Notre Seigneur au moment même où il a appris son arrivée.
La simplicité de sa foi est apparue lorsqu'il a promis de donner la moitié de ses biens aux pauvres et de rendre au quadruple ce qu'il avait pris d'une manière malhonnête.
En effet, si l'esprit de Zachée n'avait pas été rempli à ce moment-là de la simplicité qui convient à la foi, il n'aurait pas fait cette promesse à Jésus et il n'aurait pas dépensé et distribué en peu de temps ce qu'il avait amassé pendant tant d'années de travail.
La simplicité a répandu de tous côtés ce que la ruse avait amassé, la pureté de l'âme a dispersé ce que la tromperie avait acquis et la foi a renoncé à ce que l'injustice avait obtenu et possédé et elle a proclamé que cela ne lui appartenait pas.
Car Dieu est le seul bien de la foi, et elle refuse de posséder d'autres biens avec lui.
Tous les biens sont de peu d'importance pour elle, en dehors de ce seul bien durable qui est Dieu.
Nous avons reçu en nous la foi pour trouver Dieu et ne posséder que lui, et pour voir que tout ce qui est en dehors de lui ne sert à rien.
Lorsque vous vous approchez des Saints Mystères Eucharistiques, quelle doit-être votre attitude ?
Lorsque vous vous approchez des saints Mystères,
faites-le avec simplicité de coeur, en ayant foi
que vous allez recevoir le Seigneur en vous-même,
et avec
la révérence qui convient en ce cas.
L'état d'esprit que vous devriez ensuite avoir,
laissez cela
au Seigneur Lui-même.
Beaucoup s'attendent à recevoir ceci ou cela par
la sainte
Communion et alors,
ne voyant pas ce qu'ils voulaient,
ils sont troublés, et parfois même leur foi
dans la puissance du Mystère est ébranlée.
La faute n'est pas au Mystère,
mais dans les attentes superficielles.
Ne vous promettez rien.
Laissez tout au Seigneur,
ne Lui demandant que la miséricorde
- pour vous renforcer en tout bien qui Lui soit
acceptable.
Le fruit de la Communion a très souvent un
goût
de douce paix au coeur.
Parfois, il apporte l'illumination à la pensée
et l'inspiration pour la dévotion au Seigneur.
Parfois presque rien n'est perceptible,
mais par la suite, on peut remarquer une
plus grande force dans ses activités,
et la constance dans l'accomplissement de
ce qui a été promis.
(Saint Théophane le Reclus )
Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, et qui ne Vous aiment pas.
Il se peut, frères et sœurs, qu’en certaines circonstances (un anniversaire par exemple) nous soyons gagnés par la mélancolie à la pensée du temps qui passe et qui ne revient pas. Nous pouvons aussi, ressentir une grande tristesse devant le vide et la médiocre qualité de l’existence que nous menons : sans grand intérêt, sans grande portée, sans grands résultats.
SAINT THÉODORE, QUI ÊTES-VOUS ? ...
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Soldat, martyr
(† 304)
Saint Théodore, jeune soldat romain, est un des plus célèbres martyrs de l'Orient.
Il naquit en Syrie, à la fin du IIIe siècle.
Théodore faisait partie d'une légion romaine qui avait établi son quartier d'hiver dans la ville d'Amasia, où les édits persécuteurs étaient exécutés sévèrement.
Le jeune soldat, plein de l'amour de Jésus-Christ, dédaigna, malgré le péril, de cacher sa foi, et, au contraire, il se fit une gloire de la professer publiquement ; aussi fut-il présenté comme chrétien au tribun de sa légion.
Celui-ci lui demanda comment il osait professer une religion proscrite sous peine de mort :
« Je ne connais point vos idoles, répondit-il ; j'adore Jésus-Christ, Fils unique de mon Dieu.
Je vous abandonne mon corps ; vous pouvez le déchirer, le mettre en pièces, le livrer aux flammes.
Si mes discours vous offensent, coupez-moi la langue. »
Le tribun et les juges, devant sa jeunesse, se contentèrent de le menacer et le laissèrent en liberté.
Théodore ne songea qu'à gagner des âmes à Jésus-Christ, à fortifier les autres confesseurs de la foi ; il poussa même le courage jusqu'à mettre le feu au temple de la déesse Cybèle.
Ce fut en vain qu'on essaya de lui faire exprimer quelques regrets à ce sujet : il brava toutes les menaces, comme il se rit de toutes les promesses.
Il fut alors fouetté très cruellement et enfermé dans un cachot, sans nourriture, pour y mourir de faim.
La nuit, le Sauveur vint le visiter, lui promit de le nourrir d'un aliment invisible et le fortifia pour le dernier combat.
Cette visite donna à Théodore tant de joie, qu'il se mit à chanter les louanges de Dieu, et des anges vêtus de blanc vinrent unir leurs voix à la sienne.
Les geôliers et les gardes, le juge lui-même, furent témoins du miracle sans se convertir.
On lui promit que, s'il feignait seulement la moindre soumission, on le mettrait en liberté.
Ayant répondu à ces nouvelles sollicitations avec une fermeté invincible, Théodore est alors déchiré avec des crochets de fer, on lui brûle les côtes avec des torches ardentes, puis on le condamne à être brûlé vif.
Le vaillant soldat, placé sur le bûcher, se munit du signe de la Croix, et bientôt sa belle âme s'envola au Ciel où il intercède pour nous qui sommes tentés, en Occident, par une société sécularisée et sommes exposés en Orient,au Témoignage Suprême du Martyr.
Que dans l'un ou l'autre cas, son intercession nous obtienne la lumière et la force dans l'Esprit Saint pour témoigner jusqu'au bout du Christ Prince de la Paix et de Son Evangile d'Amour , de Vérité et de Paix ...
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Saint Théodore le Stratilate et saint Théodore Tiron
Fêtes les 8 et 17 février
Translation des reliques de saint Théodore le Stratilate fête au 8 juin
Parmi les quelques 47 saints orthodoxes répondant au prénom de Théodore, — en quelque sorte prédestiné pour un chrétien … - Théodore Tiron appelé aussi Théodore le Conscrit soldat romain décapité en 303 à Euchaïta dans le Pont (17 février en Orient et 9 novembre en Occident)
et – Théodore le Stratilate, son presque contemporain (IVe siècle).
Ils sont couramment associés byzantine dans la dévotion traditionnelle. Ils sont appelés en Grèce "les saints Théodores". C'est ainsi que de nombreuses icônes les représentent ensemble.
Théodore le Stratilate (en grec stratilatis = "chef de guerre"), celui dont la fête est célébrée le 8 février, originaire d'Amasée. Située dans la province du Pont, cette ville est également la patrie du géographe Strabon.
Général dans l'armée de l'empereur Licinius et gouverneur de la ville d'Héraclée. Un jour qu'il accueillait l'empereur, celui-ci, admirant le bon ordre de la cité, lui proposa une fête avec l'offrande d'un sacrifice aux dieux païens. Théodore refusa, fut arrêté et torturé sur le chevalet par des coups de nerf de bœuf et des débris de céramique qui lui arrachaient la peau. Des enfants s'amusèrent à lui crever les yeux. Puis n'étant revêtu que du signe de la croix qu'il traça sur lui, il inclina la tête et reçut d'un coup de glaive la couronne de la gloire.
Ils sont l'un comme l'autre au nombre des quelques 25 saints et saintes ayant été, par le passé, qualifiés de "mégalomartyrs".
La piété populaire ancienne attachait un grand prix à ces saints "militaires" témoins de la Foi. Ainsi d'ailleurs, on les assimilera ici ou là, au personnage de saint Georges terrassant le dragon, voire de l'archange saint Michel.
De nombreuses icônes représentent même un Théodore le Stratilate terrassant le Dragon : cette contamination n'est pas le fruit du hasard en des temps où les peuples ne demandent pas seulement au Seigneur la guérison des maladies physiques et morales, mais aussi de les protéger contre les "Barbares qui veulent la guerre". Tous les peuples orthodoxes ont manifesté leur dévotion pour ces deux saints et leur ont dédicacé des églises, que l'on retrouve en Roumanie, en Bulgarie, etc.
À rappeler cependant que l'orthodoxie n'a jamais conçu l'idée qu'on puisse être à la fois moine et soldat. Les mégalomartyrs sont par définition des laïcs (à la différence des hiéromartyrs). Et, de plus, s'ils sont comme les deux Théodores, – ou comme l'était aussi saint Dimitri de Thessalonique, – des soldats de métier, ce n'est pas en faisant la guerre mais en témoignant héroïquement et pacifiquement de leur foi, en subissant le martyre, qu'ils ont plu à Dieu et acquis la sainteté.
Les dérivations de la piété populaire ne doivent donc pas nous tromper. La véritable tradition orthodoxe ne saurait (par exemple)justifier qu'on associe le plus grand des saints starets à une quelconque réalité militaire.
Et les "Croisades", telles que l'occident les a menées au moyen-âge et théorisées à l'époque scholastique, aggravant la rupture historique et politique (sac de Constantinople, occupation du monde byzantin au XIIIe siècle) --- apparaissent de la sorte comme contraires à l'orthodoxie.
Soutien aux chrétiens de Terre Sainte
Pèlerinage à Nazareth
12-20 MARS 2016
« RETRAITE AVEC MARIE »
Inscrivez-vous à la retraite/pèlerinage en Terre Sainte du 12 au 20 mars 2016 organisée par l'association Marie de Nazareth. Vous y vivrez les 20 mystères du rosaire aussi proches des lieux où historiquement ils se sont déroulés, avec le soutien des 20 icônes de la chapelle de l'adoration du centre Marial de Nazareth. : Informations et bulletin d'inscription
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ST NECTAIRE D'EGINE, QUI-ÊTES-VOUS ?UN SAINT MARTYR DES CALOMNIES...
Le 9 novembre, les Orthodoxes Bysantins font mémoire de St NECTAIRE, Evêque de la Pentapole, Thaumaturge et fondateur du Monastère de la SainteTrinité à Egine1
Notre Saint Père Nectaire naquit le ler octobre 1846, en Sélybrie (Thrace), d'une couple de pauvres mais pieux chrétiens: Dimos et Marie Képhala. Nommé Anastase au Saint Baptême, il montra dès son enfance une grande piété et un goût profond pour l'étude. Comme sa mère lui apprenait le Psaume 50, il aimait à répéter le verset: «Jenseignerai Tes voies aux pécheurs ... »
(Ps 50:15).
Après avoir reçu l'enseignement élémentaire dans sa patrie, il fut envoyé par ses parents à Constantinople pour poursuivre son éducation, tout en travaillant comme employé dans un magasin.
Le jeune garçon restait alors insensible aux troubles de la vie mondaine et se préoccupait seulement d'édifier en lui, nuit et jour, l'homme intérieur à l'image du Christ, par la prière et la méditation des écrits des Saints Pères.
A l'âge de vingt ans, il quitta Constantinople pour devenir instituteur dans l'île de Chios. Il y encourageait avec zèle la jeunesse et les villageois à la piété et aux oeuvres de la vertu, non seulement par ses paroles mais surtout par l'exemple même de sa vie d'ascèse et de prière.
Désirant depuis longtemps embrasser la vie semblable aux Anges, il devint moine sous le nom de Lazare, le 7 novembre 1876, dans le célèbre monastère de Néa-Moni.
Ne cherchant que les choses d'en-haut, modèle de douceur et d'obéissance, il se fit aimer de tous les frères de la communauté et devint Diacre un an plus tard. Grâce à la générosité d'un pieux habitant de l'île, puis à la protection du Patriarche d'Alexandrie, Sophrone, il put complèter ses études à Athènes et obtenir le diplôme de la faculté de Théologie.
En 1885, il gagna Alexandrie, où il fut bientôt ordonné Prêtre, puis consacré Métropolite de la Pentapole (ancien diocèse correspondant à la Libye supérieure).
Prédicateur et secrétaire patriarcal, il fut affecté au Caire, comme représentant du Patriarche, dans l'église de Saint-Nicolas.
Malgré ces honneurs, Nectaire ne perdait rien de son humilité et savait communiquer à son troupeau spirituel le zèle pour les vertus évangéliques. L'amour et l'admiration que lui portait le peuple tournèrent pourtant à son désavantage.
A l'instigation du diable, certains membres du Patriarcat, jaloux de ses succès, le calomnièrent, en disant qu'il cherchait à s'attirer les faveurs du peuple dans le but de s'emparer du trône patriarcal d'Alexandrie. 
Comme le Saint ne cherchait pas à se justifier, mais mettait sa confiance dans la promesse du Christ qui a dit:
«Bienheureux serez- vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera et qu'on vous calomniera de toute manière à cause de moi.. » (Mat. 5:11)
; il fut chassé de son siège et s'embarqua pour Athènes, où il se retrouva seul, ignoré, méprisé et manquant même du pain quotidien, car il ne savait rien garder pour lui-même et distribuait aux pauvres ses maigres ressources.
Abandonnant son projet initial de se retirer au Mont-Athos, le doux et humble imitateur de notre Seigneur Jésus-Christ, préféra sacrifier son amour de la retraite au salut de son prochain.
Il resta quelques années comme prédicateur (l891-1894), puis fut nommé directeur de l'école ecclésiastique Rizarios, destinée à la formation des futurs Prêtres. Sa profonde connaissance de l'Ecriture, des Saints Pères et mêmes des sciences profanes, et son autorité pleine de douceur dans la direction des hommes lui permirent de donner rapidement à cette institution une haute qualité intellectuelle et morale.
Le Saint Hiérarque se chargeait de la direction et des leçons de Pastorale, mais il ne cessait pas pourtant de vivre le programme d'ascèse, de méditation et de prière d'un moine, en y ajoutant les hautes fonctions de prédication et de célébration régulière des Saints Mystères, au sein de l'école mais aussi dans la région d'Athènes.
Nectaire gardait pourtant au fond de son coeur un amour brûlant pour la quiétude et la paix de la vie dans les monastères, aussi profita-t-il du désir exprimé par un certain nombre de ses filles spirituelles pour se retirer des troubles de la vie mondaine et fonder un monastère féminin dans l'île d'Egine (entre 1904 et 1907).
Malgré d'innombrables soucis et difficultés, le Saint veillait à y instaurer un type de vie cénobitique dans la fidélité scrupuleuse à l'esprit des Saints Pères.
Il dépensait sans compter ses forces corporelles et spirituelles pour l'installation des bâtiments, pour la célébration des Offices et pour la direction spirituelle de chacune de ses disciples.
On le voyait souvent travailler au jardin, vêtu d'une misérable soutane, ou, lorsqu'il disparaissait pour de longues heures, on devinait qu'il s'était alors enfermé dans sa cellule pour élever son intelligence vers Dieu, en la fixant dans son coeur pour y goûter la douceur du Saint Nom de Jésus.
Bien qu'il ait fui tout contact avec le monde et qu'il réglât strictement les visites dans le monastère, la réputation de ses vertus et des grâces que Dieu lui avait données se répandit dans la région, et les fidèles venaient vers lui, attirés comme le métal par l'aimant.
Il guérit de nombreux laïcs et des moniales de maladies qui les affligeaient, fit venir la pluie sur l'île qui souffrait de la sécheresse.
Il soulageait, consolait, encourageait...
Il était tout pour tous: pouvant tout dans le Christ qui habitait en lui par la Grâce du Saint-Esprit.
Il était familier des Saints et de la Mère de Dieu, et ceux-ci lui apparaissaient fréquemment pendant la Sainte Liturgie ou dans sa cellule.
Malgré les difficultés de la période qui suivit la première guerre mondiale, il interdisit strictement à ses moniales de mettre quoique ce soit en réserve pour leur nourriture, mais ordonna de distribuer leurs surplus aux pauvres, en se confiant au jour le jour à la miséricorde de Dieu.
En plus de toutes ces tâches, Nectaire trouvait le temps de rédiger un grand nombre d'ouvrages de théologie, de morale, d'histoire de l'Eglise pour la confirmation de l'Eglise de Grèce dans la Sainte Tradition des Pères, alors souvent ignorée du fait des influences occidentales.
Vivant donc comme un Ange dans le corps et faisant briller autour de lui les rayons de la lumière incréée de la grâce, le bienheureux eut encore à souffrir calomnies et injustes accusations sur son monastère, de la part de membres de la hiérarchie.
Il supporta ces dernières épreuves avec la patience du Christ: sans murmure ni révolte.
C'est alors qu'il fut atteint d'une douloureuse maladie pendant plus d'un an-et-demi.
Il rendait grâce à Dieu de l'éprouver ainsi et s'efforça de garder son mal secret jusqu'aux tout derniers temps qui précédèrent sa mort.
Après un dernier pélerinage auprès d'une Icône de la Mère de Dieu, située non loin du monastère, il annonça à ses disciples son prochain départ pour le ciel, et fut transféré dans un hôpital d'Athènes, où, après cinquante jours de souffrances, qu'il supporta avec une patience qui édifiait tous ceux qui l'approchaient, il remit en paix son âme à Dieu (le 8 novembre 1920).
Les fidèles d'Egine, ses disciples et tous les Chrétiens qui l'avaient approchés pleurèrent la perte du doux et compatissant disciple du Christ, qui, toute sa vie, avait supporté calomnies, persécutions et injustes accusations en prenant pour modèle la Divine Passion de son Maître.
Mais Dieu lui a rendu gloire et, dès son repos, les Miracles ont abondé et abondent quotidiennement jusqu'à aujourd'hui pour ceux qui approchent avec foi de ses Reliques ou qui se confient à sa puissante intercession.
Le corps du Saint resta miraculeusement incorrompu pendant plus de vingt ans, en dégageant un parfum céleste et délicat.
En 1953, lorsqu'il fut finalement dissous selon les lois de la nature, on procéda à la translation de ses Reliques2 et l'on put constater alors que le même parfum s'en dégageait puissamment.
Il n'a pas cessé depuis de réjouir les fidèles qui s'approchent de ces précieux restes, en leur donnant l'assurance que Saint Nectaire a trouvé accès auprès de Dieu, dans la demeure des Saints.
Son culte a été officiellement reconnu en 1961 et le récit de ses miracles ne cesse d'être écrit chaque jour.
Son tombeau, à Egine, est devenu un des pélerinages les plus fréquentés de Grèce.
1. Saint Nectaire, saint de notre siècle, est le saint le plus populaire de l'Eglise de Grèce. C'est pourquoi, on place, en général, sa commémoration comme office principal de ce jour.
2. Commémorée le 3 septembre.
Par Saint Hilaire
(v. 315-367),
évêque de Poitiers et docteur de l'Église
Traité sur le psaume 64, PL 9, 416s (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 361)
« Le Temple dont il parlait, c'était son Corps »
Le Seigneur dit :
« C'est ici mon repos à tout jamais »
et il « choisit Sion pour le lieu de sa demeure »
(Ps 131,14).
Mais Sion et son temple sont détruits.
Où se tiendra le trône éternel de Dieu ?
Où sera son repos à tout jamais ? Où sera son temple pour qu'il y habite ?
L'apôtre Paul nous répond :
« Le temple de Dieu, c'est vous ; en vous habite l'Esprit de Dieu »
(1Co 3,16).
Voilà la maison et le temple de Dieu ; ils sont remplis de sa doctrine et de sa puissance.
Ils sont le séjour de la sainteté du cœur de Dieu.
Mais cette demeure, c'est Dieu qui l'édifie.
Construite de main d'homme, elle ne durerait pas, ni même si elle était fondée sur les doctrines humaines.
Nos vains labeurs et nos inquiétudes ne suffisent pas à la protéger.
Le Seigneur s'y prend bien autrement ; il ne l'a pas fondée sur la terre ni sur les sables mouvants, mais elle repose sur les prophètes et les apôtres
(Ep 2,20) ;
elle se construit sans cesse de pierres vivantes
(1P 2,5).
Elle se développera jusqu'aux ultimes dimensions du corps du Christ.
Sans cesse son édification se poursuit ; autour d'elle montent de nombreuses maisons qui se rassembleront dans une grande et bienheureuse cité
(Ps 121,3).