« C’est le Mois de Marie, c’est le mois le plus beau » PRIÈRES
« C’est le Mois de Marie, c’est le mois le plus beau »
PRIÈRE
O Vierge, il se fait tard,
Tout s’endort sur la terre :
C’est l’heure du repos.
Ne m’abandonne pas !
Mets ta main sur mes yeux,
Comme une bonne Mère,
Ferme-les doucement
Aux choses d’ici-bas.
De soucis, de chagrin
Mon âme est fatiguée ;
Le travail qui m’attend
Est là tout près de moi ;
Mets ta main sur mon front,
Arrête ma pensée :
Doux sera mon repos,
S’il est béni de toi.
Pour que demain, plus fort,
Ton humble enfant s’éveille,
Et reprenne gaiement
Le poids du jour,
Mets ta main sur mon coeur :
Que lui seul toujours veille,
Et redise à son Dieu
Un éternel amour.
Prière de Saint Éphrem le Syrien à la Très Sainte Mère de Dieu
Très sainte Dame, Mère de Dieu, seule très pure d'âme et de corps, seule au-delà de toute pureté, de toute chasteté, de toute virginité; seule demeure de toute la grâce de l'Esprit-Saint; par là surpassant incomparablement même les puissances spirituelles, en pureté, en sainteté d'âme et de corps, jetez les yeux sur moi, coupable, impur, souillé dans mon âme et dans mon corps des tares de ma vie passionnée et voluptueuse; purifiez mon esprit de ses passions; sanctifiez, redressez mes pensées errantes et aveugles; réglez et dirigez mes sens; délivrez-moi de la détestable et infâme tyrannie des inclinations et passions impures; abolissez en moi l'empire du péché, donnez la sagesse et le discernement à mon esprit enténébré, misérable, pour la correction de mes fautes et de mes chutes, afin que, délivré des ténèbres du péché, je sois trouvé digne de vous glorifier, de vous chanter librement, seule vraie Mère de la vraie lumière, le Christ notre Dieu; car seul avec lui et par lui, vous êtes bénie et glorifiée par toute créature invisible et visible, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Saint Ephrem, né vers 306 à Nisibe près de Mossoul, en Mésopotamie(aujourd'hui Irak), se retire à Edesse, en 306, devant l'invasion de sa patrie par les Perses. Alors, durant dix ans, jusqu'à sa mort, survenue en 373, vivant solitaire ou avec les disciples sur une montagne proche d'Edesse, dans une pénitence et une contemplation héroïque, ils écrit en syriaque des milliers de vers. (Sozomène lui en attribue trois millions!) Il est le premier chantre de Marie, et demeure un des plus grands.
Le plus remarquable chez lui semble être le sens très intime qu'il a de l'action de la Sainte Vierge en nos vies. Par là il est populaire, et il est moderne, et c'est l'expérience qui en lui prie et chante. Les grands docteurs n'auront pas avant longtemps ce recours humble, douloureux, tendre et confiant à Marie.
PRIERE A MARIE par Saint Grégoire de NAREK :
« A présent (...) c'est toi que je supplie, Sainte Mère de Dieu.
Ange issu des hommes, Chérubin revêtu d'une chair visible, Reine du ciel,
limpide comme l'air, pure comme la lumière, immaculée telle une fidèle image de l'Etoile du matin au plus haut point de son essor.
Ô plus sacrée que la Demeure impénétrable du Saint des Saints, Lieu de l'heureuse Promesse, vivant Eden, Arbre de la Vie immortelle, gardé de tous côtés par l'épée flamboyante.
Toi qui a été fortifiée et protégée par le Père Très-haut, préparée et consacrée par l'Esprit qui s'est reposé sur toi, embellie par le Fils qui a habité en toi et qui t'a rendue son Tabernacle:
le Fils unique du Père est devenu ton Premier-né, ton fils par la naissance et ton Seigneur par la création. En ta pureté sans souillure et sans tache, tu es bonne; en ta sainteté immaculée, tu es une avocate tutélaire.
Reçois de moi cette prière de supplication, présente-la, offre-la à Dieu (...), entrelace et unis en elle mes soupirs amers de pécheur avec tes demandes bienheureuses au parfum d'encens, ô plante de vie du Fruit de bénédiction,
afin que par toi toujours secouru et comblé de tes bienfaits, ayant trouvé refuge et lumière auprès de ta sainte Maternité, je vive pour le Christ ton Fils et Seigneur.
II- Assiste-moi par les ailes de tes prières, ô toi que l'on proclame Mère des vivants,
afin que à ma sortie de cette vallée terrestre, je puisse sans tourment marcher vers ta demeure de vie qui nous a été préparée, afin que soit rendue légère la fin de cette vie alourdie par mon iniquité.
Change pour moi en fête d'allégresse mon jour d'angoisse, guérisseuse des blessures d'Ève!
Sois mon avocate, demande, supplie: car comme je crois à ta pureté indicible, voici que je crois aussi au bon accueil qui est fait à ta parole.
De tes larmes, aide-moi, moi qui suis dans le péril, ô Toi, bénie entre les femmes,
Fléchis le genoux pour obtenir ma réconciliation, ô Toi, Mère de Dieu,
Aie souci de moi qui suis malheureux, ô Tabernacle du Très-haut, Tends-moi la main dans ma chute, ô Temple céleste.
Glorifie ton Fils en toi: qu'il daigne opérer divinement en moi le miracle du pardon et de la miséricorde, Servante et Mère de Dieu: que ton honneur soit exalté par moi, et que mon salut soit manifesté par toi!
III- (Il en sera ainsi) si tu réussis à me retrouver, ô Mère du Seigneur; si tu as pitié de moi, ô Sainte;
si dans ma perdition tu me recouvres, ô Immaculée; si dans ma frayeur tu m'accueilles, ô Bienheureuse;
si, dans la honte où je suis, tu me fais approcher, ô Toute-Gracieuse; si, coupé que je suis de tout espoir, pour moi tu intercèdes, Vierge toujours sainte;
si de l'exil tu me fais entrer dans la Famille, ô toi que Dieu a exaltée; si à mon égard tu montres ta compassion, Toi qui romps les liens de la malédiction;
si dans mon agitation tu me tranquillises, ô Repos; si le trouble de mes émotions, tu le changes en paix, ô Pacificatrice;
si de mon égarement tu me donnes le moyen de revenir, ô Louée; si pour ma défense, tu entres en lice, toi qui fais reculer la mort;
si mes amertumes, tu les adoucis, ô Suavité; si tu abolis la distance qui me sépare de Dieu, ô Réconciliation;
si mes impuretés, tu les enlèves, ô toi qui foules aux pieds la corruption; si, livré que je suis à la mort, tu me délivres, ô Vivante Lumière;
si la voix de mes sanglots, d'un seul coup tu l'arrêtes, ô Allégresse; si, alors que je suis terrassé, tu me redonnes de la vigueur, ô Remède de vie;
si dans ma ruine tu jettes un regard sur moi, ô Pleine de l'Esprit; si avec miséricorde tu viens à ma rencontre, toi qui en legs nous fut donnée.
Ô toi, qui n'es bénie que par les lèvres immaculées des bouches bienheureuses, voici qu'une seule goutte de ton lait virginal, tombée en pluie sur mon âme, me redonne force et vie, ô toi, Mère du Très-haut Seigneur Jésus, Créateur du ciel et de la terre entière, que d'une manière indicible tu as enfanté avec toute son humanité et toute sa divinité,
Lui qui est glorifié avec le Père et l'Esprit-Saint en son Essence et en notre nature qu'il s'est unie d'une manière inscrutable, Lui qui est tout et en toutes choses, Un de la Trinité.
A lui gloire dans les siècles des siècles!
Amen.»
Sources chrétiennes n.78, 428---432.
