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Eglise Syro-Orthodoxe-Francophone

Vendredi 28 Mars 2015. Eléments de méditation.

27 Mars 2015 , Rédigé par Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne Publié dans #Famille

Vendredi 28 Mars 2015. Eléments de méditation.
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Livre de Jérémie 17,13-18.

En ces jours-là, Jérémie parla ainsi : Seigneur, que tous ceux qui vous abandonnent, soient confondus. Ceux qui se détourneront de vous seront inscrits sur la terre, car ils ont abandonné la source d'eau vive.
Guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri ; sauve-moi, et je serai sauvé, car tu es ma louange.
Voici qu'ils me disent : "Où est la parole du Seigneur ? Qu'elle s'accomplisse donc !"
Et moi je n'ai pas refusé d'être pasteur à ta suite ; je n'ai pas désiré le jour du malheur, tu le sais ; ce qui est sorti de mes lèvres était présent devant ta face.
Ne sois pas pour moi une cause d'effroi ; tu es mon refuge au jour du malheur.
Que mes persécuteurs soient consternés et que je ne sois pas confondu moi-même ; qu'ils tremblent, eux, et que moi je ne tremble pas ; amène sur eux le jour du malheur, et brise les d'une double brèche.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 11,47-54.

En ce temps-là, les pontifes et les pharisiens assemblèrent le sanhédrin contre Jésus, et dirent : "Que ferons-nous ? Car cet homme fait beaucoup de miracles.
Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront détruire notre ville et notre nation."
L'un d'eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit :
"Vous n'y entendez rien ; vous ne réfléchissez pas qu'il est de votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, et que toute la nation ne périsse pas."
Il ne dit pas cela de lui-même ; mais étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation,
et non seulement pour la nation, mais aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu qui sont dispersés.
Depuis ce jour, ils délibérèrent sur les moyens de le faire mourir.
C'est pourquoi Jésus ne se montrait plus en public parmi les Juifs ; mais il se retira dans la contrée voisine du désert, dans une ville nommée Ephrem, et il y séjourna avec ses disciples.







Par Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
Sermon 28 sur le Cantique des cantiques (trad. Solms, Christs romans, Zodiaque 1963, p. 147 rev.)

« Il vaut mieux qu'un seul homme meure pour le peuple »


Afin de blanchir la multitude, un seul s'est laissé noircir, car « il est bon, dit l’Écriture, qu'un seul homme meure pour le peuple ». Il est bon qu'un seul prenne « la ressemblance de la chair de péché » (Rm 8,3), et que toute la race ne soit pas condamnée pour le péché. La splendeur de l'essence divine se voile donc en la forme d'esclave, pour sauver la vie de l'esclave. L'éclat de la vie éternelle s'assombrit dans la chair pour purifier la chair. Pour éclairer les fils des hommes, le plus beau des enfants des hommes (Ps 44,3) doit s'obscurcir dans sa Passion, accepter la honte de la croix. Exsangue dans la mort, qu'il perde toute beauté, tout honneur, pour s'acquérir, belle et glorieuse, son Épouse sans tache ni ride, l'Église (Ep 5,27).

Mais sous cette tente noire (Ct 1,5), je reconnais le roi. Je le reconnais et je l'embrasse. Je vois sa gloire qui est à l'intérieur ; je devine l'éclat de sa divinité, la beauté de sa force, la splendeur de sa grâce, la pureté de son innocence. La couleur misérable de l'infirmité humaine le couvre ; son visage est comme caché, défait, à l'heure où pour nous ressembler il est éprouvé comme nous, mais n'a pas péché.

Je reconnais aussi la forme de notre nature souillée, je reconnais cette tunique de peau, le vêtement de nos premiers parents (Gn 3,21). Mon Dieu s'en est revêtu, prenant la forme de l'esclave, devenu semblable aux hommes (Ph 2,7) et habillé comme eux. Sous cette peau de chevreau, signe du péché, dont se couvrit Jacob (Gn 27,16), je reconnais la main qui n'a pas péché, la nuque jamais courbée sous l'emprise du mal. Je sais, Seigneur, que par nature vous êtes doux, humble de cœur, abordable, paisible, souriant, vous qui avez été « oint de l'huile de joie plus que tes compagnons » (Mt 11,29;Ps 44,8). D'où vous viennent donc cette rude ressemblance d'Esaü, cette affreuse apparence du péché ? Ah, c'est la mienne ! Je reconnais mon bien, et sous mon visage je vois mon Dieu, mon Sauveur.

Vendredi 28 Mars 2015. Eléments de méditation.

Porter la Croix

L’enjeu du Carême est de progresser dans la ressemblance de Dieu en augmentant notre capacité à aimer comme Il aime. Nous avons l’honneur de porter la croix sur notre corps ; elle nous fut remise au baptême ; portons-la toujours ; ne pas la porter serait une négation de notre identité de disciples de Jésus Christ. « Que chacun prenne sa croix et me suive », dit le Maître. Mais portons-la également à l’intérieur ! Comment ? – en crucifiant tout ce qui nous empêche d’aimer – définition du péché… Toutes les formes que prennent l’égoïsme, l’égocentrisme, l’amour de soi, constituent une contradiction avec l’image de Dieu en nous, faite pour aimer autrui plus que nous-mêmes. Les diverses pratiques du temps de Carême, tels des bistouris, opèrent la chirurgie de notre amour propre, de notre amour du plaisir et du confort, de notre amour d’avoir raison – notre incapacité à aimer comme Dieu aime. Nous connaîtrons la paix de notre âme et la joie du Christ, en ce monde et dans l’autre, en nous sacrifiant librement et par amour (non par devoir…) pour une ou plusieurs personnes. Comment ? – en offrant de notre temps, du meilleur de nous-mêmes, de notre affection, de ce que nous possédons : en nous donnant nous-mêmes, comme le font toutes les personnes qui s’aiment.

L’offrande

La Croix est le signe de l’oblation. Par elle, une personne offre à une autre personne, par amour pour elle, ce qui lui est le plus cher. Par amour pour la volonté divine, Abraham se montra prêt à offrir celui qui lui était le plus cher, son propre fils. Dieu Lui-même a tellement aimé les hommes qu’Il a sacrifié pour eux son propre fils (Jn. 3, 16). Quelquefois, ce à quoi nous tenons est simplement une passion, une habitude, même bonne, un attachement. Mais, quand un être cher entre dans son repos, l’Église nous apprend à nous désapproprier de celui qui nous est si cher pour l’offrir à Dieu, simplement en glorifiant sa volonté : « Béni est le chemin que tu parcours aujourd’hui ! » (office des funérailles).

L’exorcisme

La Croix illumine le Carême parce que, par elle, les démons, et Satan en personne, sont vaincus. Le seul signe de la Croix sur nous-mêmes, sur autrui, sur le monde, exorcise. Les démons tremblent devant la Croix : elle est pour eux la porte de l’enfer ; elle est, pour les justes, la porte du Paradis – victoire sur l’archange de l’orgueil, et gloire des humbles et des doux.

Source : « Sagesse Orthodoxe »

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Vendredi 28 Mars 2015. Eléments de méditation.

• De « Big Brother » à notre Père •

La parole de Dieu

Le Seigneur Dieu scrute le juste
et voit les reins et le cœur.

Livre de Jérémie, chapitre 20, verset 12a

La méditation

Jonas reçoit de Dieu une mission qu’il n’a aucune envie de réaliser : il lui est demandé d’aller vers l’est, à Ninive pour inviter ses habitants à la conversion. Il fuit alors vers l’ouest, là où il peut, pour mettre de la distance entre lui et la voix de Dieu. Mais partout où il va, Dieu l’a devancé. Cette histoire de Jonas ne vous rappelle-t-elle pas celle contée par George Orwell dans son roman « 1984 » paru en 1948 ? Dieu serait-il comme le « Big Brother » ? Quel que soit l’endroit où vous vous trouvez, quelle que soit l’activité que vous exercez, le Grand Frère vous regarde et vous surveille.
Mais le Seigneur Dieu n’est pas comme « Big Brother ». S’il s’intéresse à Jonas, c’est pour qu’il comprenne que « le Seigneur Dieu scrute le juste et voit les reins et le cœur »* non pour condamner le juste mais pour l’accompagner sur les chemins de la justice et de l’amour véritable. Après avoir passé trois jours et trois nuits dans les entrailles d’un poisson géant, Jonas va enfin obéir à la demande divine et appeler les Ninivites à la conversion. À Jonas, Dieu se révéla comme un père qui respecte infiniment son fils et veut pour lui le meilleur. Et si nous laissions l’Esprit Saint convertir notre cœur pour passer de l’image de « Big Brother », souvent ancrée dans notre imaginaire, au visage du Père de tout amour ?

*Livre de Jérémie, chapitre 20, verset 12a

Pour aller plus loin avec la Parole

« Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais ! Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées. Que je marche ou me repose, tu le vois, tous mes chemins te sont familiers. Avant qu’un mot ne parvienne à mes lèvres, déjà, Seigneur, tu le sais. Tu me devances et me poursuis, tu m’enserres, tu as mis la main sur moi. Savoir prodigieux qui me dépasse, hauteur que je ne puis atteindre ! Où donc aller, loin de ton souffle ? Où m’enfuir, loin de ta face ? Je gravis les cieux : tu es là ; je descends chez les morts : te voici. Je prends les ailes de l’aurore et me pose au-delà des mers : même là, ta main me conduit, ta main droite me saisit. J’avais dit : “Les ténèbres m’écrasent !”, mais la nuit devient lumière autour de moi. Même la ténèbre pour toi n’est pas ténèbre, et la nuit comme le jour est lumière ! C’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis : * étonnantes sont tes œuvres toute mon âme le sait. »

Psaume 138, versets 1 à 14

Source : « Carême dans la Ville »

LE PERE MARIE-EUGENE ET MARIE :

Parmi les contemplatifs, il en est qui, comme saint Jean, ont reçu la Vierge Marie en partage. Le Père Marie-Eugène est de ceux-là.

Son amour pour la Vierge s’épanouit dans son milieu familial. Au contact de sa mère, il fait l’expérience de l’amour maternel, un amour fort, exigeant et très doux. Il apprend ainsi à se laisser aimer par Marie, à se laisser façonner par elle et devenir l’apôtre qu’elle s’est choisi pour contribuer à prolonger son action maternelle dans le monde d’aujourd’hui.

Au soir de son sacerdoce, dans l’allocution qu’il prononce au nom des nouveaux ordonnés, il se tourne vers Elle : « Et vous, ô Marie, je vous dois tout puisque c’est vous qui m’avez conduit et fait ce que je suis. Je vous donnerai donc tout, spécialement mon cœur avec la joie dont il est rempli. Vous êtes ma Mère et, prêtre, je veux plus que jamais rester votre enfant ».

Au Carmel, il fait sien l’idéal de son Ordre : contempler Dieu, le Christ Jésus et sa Mère. Il médite souvent sur le mystère de Marie, et en reçoit, dans l’accomplissement de sa vocation carmélitaine, une profonde connaissance expérimentale.

Vendredi 28 Mars 2015. Eléments de méditation.


Les Sept Douleurs de la Sainte Vierge

Notre-Dame des Douleurs nous rappelle le martyre inouï qu'endura la Vierge Marie par son adhésion entière à l'œuvre rédemptrice de son Fils pour le salut du genre humain. L'Église honore en ce jour ses incomparables douleurs, spécialement celles qu'elle ressentit au pied de la croix au moment de la consommation du mystère de notre Rédemption.

Après s'être concentrée sur le déchirement de l'âme de Marie au jour de la Passion de son Fils, jour où ses souffrances atteignirent leur maximum d'intensité, la piété des fidèles s'est étendue à d'autres douleurs que la divine Mère éprouva à différentes occasions de sa très sainte vie. Pour illustrer les douleurs de la Vierge-Mère, les peintres représentent son cœur percé de sept glaives, symbole des sept principales douleurs de la Mère de Dieu, qui la couronnèrent Reine des martyrs. Voici la liste de ces sept douleurs dont le souvenir est cher aux enfants de Marie:

  1. La prophétie du saint vieillard Siméon.
  2. La fuite en Egypte.
  3. La disparition de Jésus au Temple pendant trois jours.
  4. La rencontre de Jésus portant sa croix et montant au Calvaire.
  5. Marie debout au pied de la croix.
  6. La descente de Jésus de la croix et la remise à sa Mère.
  7. L'ensevelissement de Jésus dans le sépulcre.

La très Sainte Vierge s'est plu à manifester au monde combien la dévotion à ses douleurs infinies lui était agréable et nous était salutaire. À plusieurs reprises, elle est venue stimuler la foi et la piété des fidèles en apparaissant tout inondée de larmes, dans différents pays. Citons par exemple l'apparition de Notre-Dame de La Salette, en France, en 1846, la manifestation des larmes de la Vierge de Quito, en Équateur, celle de Notre-Dame des Sept-Douleurs de Campocavallo, à Osimo, en Italie, et en 1956, la touchante intervention de la Vierge de Syracuse, dans le port de Sicile, sur la côte est de l'Italie.

Contemplons dans les bras de Marie, l'Homme-Dieu crucifié pour nos iniquités et compatissons aux douleurs excessives de notre Mère du ciel. Joignons nos larmes aux siennes et détestons nos péchés qui, ayant provoqué la mort de son divin Fils, ont également été la cause de son intime martyre. Prions-la de nous obtenir du Sauveur les grâces nécessaires pour profiter de ses exemples et imiter ses vertus lorsqu'il lui plaira de nous faire part de ses humiliations, de ses douleurs et de sa croix.

Stabat Mater (Séquence Occidentale)

Stabat Mater dolorosa

iuxta crucem lacrimósa,

dum pendébat Fílius.

Cuius ánimam geméntem,

contristátam et doléntem

pertransívit gládius.

O quam tristis et afflícta

fuit illa benedícta,

mater Unigéniti!

Quæ mærébat et dolébat,

pia Mater, dum vidébat

Nati poenas íncliti.

Quis est homo qui non fleret,

Matrem Christi si vidéret

tanto supplício?

Quis non posset contristári,

piam Matrem contemplári

doléntem cum Fílio?

Pro peccátis suæ gentis

vidit lesum in torméntis,

et flagéllis súbditum.

Vidit suum dulcem Natum

moriéndo desolátum,

dum emísit spíritum.

Eia, Mater, fons amóris

me sentíre vim dolóris

fac, ut tecum lúgeam.

Fac ut árdeat cor meum

in amándo Christum Deum,

ut sibi compláceam.

Sancta Mater, istud agas,

Crucifíxi fige plagas

cordi meo válide.

Tui Nati vulneráti,

tam dignáti pro me pati,

poenas mecum divide.

Fac me tecum pie flere,

Crucifíxo condolére,

donec ego víxero.

Iuxta crucem tecum stare,

ac me tibi sociáre

in planctu desídero.

Virgo vírginum præclára,

mihi iam non sis amára,

fac me tecum plángere.

Fac ut portem Christi mortem,

passiónis fac me sortem,

et plagas recólere.

Fac me plagis vulnerári,

cruce hac inebriári,

et cruóre Filii.

Flammis urar succénsus,

per te, Virgo, sim defénsus

in die iudícii.

Fac me cruce custodíri,

morte Christi præmuníri,

confovéri grátia.

Quando corpus moriétur,

fac ut ánimæ donétur

Paradísi glória.

Debout, la mère des douleurs

Près de la croix était en pleurs

Quand son Fils pendait au bois.

Alors, son âme gémissante

Toute triste et toute dolente

Un glaive la transperça.

Qu'elle était triste, anéantie,

La femme entre toutes bénie,

La Mère du Fils unique!

Dans le chagrin qui la poignait,

Cette tendre Mère pleurait

Son Fils mourant sous ses yeux.

Quel homme sans verser de pleurs

Verrait la Mère du Christ

Endurer si grand supplice?

Qui pourrait, sans être affligé

Contempler en cette souffrance

La Mère auprès de son Fils ?

Pour toutes les fautes humaines,

Elle vit Jésus dans la peine

Et sous les fouets meurtri.

Elle vit l'Enfant bien-aimé

Mourir tout seul, abandonné,

Et soudain rendre l'esprit.

Ô Mère, source de tendresse,

Fais-moi sentir grande tristesse

Pour que je pleure avec toi.

Fais que mon âme soit de feu

Dans l'amour du Seigneur mon Dieu :

Que je lui plaise avec toi.

Mère sainte, daigne imprimer

Les plaies du Crucifié

En mon cœur très fortement.

Ton enfant n'était que blessures,

Lui qui daigna souffrir pour moi ;

Donne-moi d'avoir part à ses tourments.

Pleurer en toute vérité

Comme toi près du crucifié

Au long de mon existence.

Je désire auprès de la croix

Me tenir, debout avec toi,

Dans ta plainte et ta souffrance.

Vierge des vierges, toute pure,

Ne sois pas envers moi trop dure,

Fais que je souffre avec toi.

Du Christ fais-moi porter la mort,

Revivre le douloureux sort

Et les plaies, au fond de moi.

Fais que ses propres plaies me blessent,

Que la croix me donne l'ivresse

Du sang versé par ton Fils.

Pour que j'échappe aux vives flammes,

prends ma défense, Vierge Marie,

À l'heure de la justice.

Ô Christ, à l'heure de partir,

Puisse ta Mère me conduire

À la palme de la victoire.

À l'heure où mon corps va mourir,

À mon âme fais obtenir

La gloire du paradis.

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Vendredi 28 Mars 2015. Eléments de méditation.

LA PAROLE DE DIEU

Savez-vous ce que c'est qu'une personne qui n'est pas nourrie de cette parole sainte ou en abuse ?

Elle est semblable à un malade sans médecin, à un voyageur égaré et sans guide, à un pauvre sans ressource ; disons mieux, mes frères, qu'il est tout à fait impossible d'aimer Dieu et de lui plaire sans être nourri de cette parole divine.

Qu'est ce qui peut nous porter à nous attacher à lui, sinon parce que nous le connaissons ?

Et qui nous le fait connaître avec toutes ses perfections, ses beautés et son amour pour nous, sinon la parole de Dieu, qui nous apprend tout ce qu'il a fait pour nous et les biens qu'il nous prépare dans l'autre vie, si nous cherchons à lui plaire ?

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d'Ars
Sermons (Éds Ste Jeanne d'Arc 1982, t. 1, p. 265)

Vendredi 28 Mars 2015. Eléments de méditation.

LA JOIE VENUE D’EN HAUT

« Màrtisori »

En Roumanie, on se souhaite, le 1er mars, un joyeux printemps, avec de petits objets en fil rouge et en fil blanc, porte-bonheur ou talismans, appelés « màrtisori » : joyeux mars ! Hier, 21 mars, premier jour de printemps : les jours sont moins courts, les couleurs font, avec le vert, leur première apparition dans les bois et dans les champs. On vend dans le métro et dans les rues des jonquilles ou des narcisses …

La mort du monde

Pourtant, la joie printanière a une amertume : la terre est souillée tous les jours par le meurtre et la violence – bonheur impossible, impensable joie. De fratricides conflits signalent l’instrumentalisation de la religion au profit du pouvoir et des projets nationaux. Sinistre 4ème printemps de la guerre en Syrie – 15 mars 2011… Or, derrière les génocides d’un hémisphère ou de l’autre, il y a le grand meurtre : « Nous savons que, dans ce monde où le Christ mourut, ‘la vie naturelle’ a atteint son terme […] De ce monde, le Christ fut rejeté. Il était l’expression parfaite de la vie telle que Dieu l’avait voulue. […] Son cœur battait la pulsation du monde et le monde l’a tué. Mais, par ce meurtre, le monde est mort. Il a perdu sa dernière chance de devenir le Paradis pour lequel Dieu l’avait créé » (Père Alexandre Schmemann, Pour la vie du monde, Paris, 1969, p. 24). Quelle que soit la beauté du monde et de ces premières journées où chantent les merles, c’est une beauté désenchantée. Si, vus à l’écran, les enfants décapités et le suppliant tiré à bout portant nous coupent l’appétit, nous découvrons, en ce temps de Carême, la profondeur du jeûne.

La mort de Dieu

À plus forte raison, le rejet du Christ, l’auto condamnation du monde sur le Calvaire, l’expulsion de Dieu, de son Incarnation, la mort de Dieu, dont parle Nietzsche, et que, comme il l’écrit, « nous avons tué », nous font oublier de boire, de manger et de jouir. Le Carême, au sein d’une nature en fête, et d’un monde qui propose le bonheur, n’est pas le ramadan des chrétiens – il est le grand deuil : derrière les hommes que l’on tue et les femmes humiliées, c’est Dieu que l’on assassine et que l’on viole, le Christ toujours supplicié en ceux qu’on supplicie. « Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas connu », dit saint Jean (1, 10). Le rejet continue, médiatisé par nos écrans. « Le Christ est en agonie jusqu’à la fin du monde », écrit Pascal. Derrière l’homicide, le déicide. Supprimez Dieu, vous supprimez l’Homme. Le rejet du Dieu Homme fut définitif ; « Il a été crucifié pour de bon » (ibid.) et la Croix est dressée pour toujours sur le monde amer. Nous la vénérons en sachant que l’Histoire est un immense Vendredi saint.

La joie pascale

« Pourtant, dès sa naissance, le christianisme a été la proclamation […] de la seule joie possible sur terre » (ibid.). Dans la création désenchantée où les pierres se fendent de douleur, le chrétien triomphe par une joie nouvelle, celle d’en haut, qui ne doit rien à ce monde. « Voici : je vous annonce une grande joie », dit l’ange (Luc 2, 10). L’Église de Dieu invite à la joie pascale : « Entre dans la joie de ton Maitre » (Matthieu 25, 21). Cette joie n’est pas scandaleuse ; elle ne maquille pas l’horreur de ce monde ; elle ne nie pas la torture et le meurtre, ni l’éradication de certains peuples : la résurrection ne nie pas la mort !

Le triomphe de l’amour

Le printemps charismatique du matin de Pâques, la beauté des myrrhophores en femmes transfigurées, la lumière incorporelle et radieuse jaillie du tombeau vide, l’arbre printanier de la Croix de vie, ne mentent pas, ne rassurent pas, n’assurent aucune compromission avec le déicide. Mais, la liturgie est « eucharistique », louange pour un si grand amour, montré par le Christ exécuté, et pour le banquet pascal de son pardon et de sa sagesse. Car, enfin : supplicié, outragé, rejeté et saigné sur la Croix, Il triomphe comme amour ; rien n’empêchera Dieu d’être ce qu’Il est : amour, vérité, vie, bienveillance pour tous y compris pour ceux qui le rejettent. (Radio Notre-Dame, 22 mars 2015)

Source : « Sagesse Orthodoxe »

Vendredi 28 Mars 2015. Eléments de méditation.
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