Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 15:46

Par Saint Bernard (1091-1153), abbé cistercien et docteur de l'Église d'Occident. Sermons sur le Cantique des Cantiques n°37, 2-5 (trad. Seuil 1953, p. 436 rev.) 

26.St.Georges

« En ce temps déjà, le centuple »


« Semez dans la justice,dit le Seigneur, et récoltez l'espérance de la vie. »

Il ne te renvoie pas au dernier jour, où tout vous sera donné réellement et non plus en espérance ; il parle du présent.

Certes, notre joie sera grande, notre allégresse infinie, lorsque commencera la vraie vie.

Mais déjà l'espérance d'une si grande joie ne peut pas être sans joie.

« Réjouissez-vous dans l'espérance », dit l'apôtre Paul (Rm 12,12).

Et David ne dit pas qu'il sera dans la joie, mais qu'il y a été le jour où il a espéré entrer dans la maison du Seigneur (Ps 121,1).

Il ne possédait pas encore la vie, mais déjà il avait moissonné l'espérance de la vie.

Et il faisait l'expérience de la vérité de l'Écriture qui dit que non seulement la récompense mais « l'espérance des justes est pleine de joie » (Pr 10,28).

Cette joie est produite dans l'âme de celui qui a semé pour la justice, par la conviction qu'il a que ses péchés sont pardonnés. 

Quiconque parmi vous, après les commencements amers de la conversion, a le bonheur de se voir soulagé par l'espérance des biens qu'il attend a récolté dès maintenant le fruit de ses larmes.

Il a vu Dieu et l'a entendu dire : « Donnez-lui les fruits de ses œuvres » (Pr 31,31).

Comment celui qui a « goûté et vu combien le Seigneur est doux » (Ps 33,9) n'aurait-il pas vu Dieu ?

Le Seigneur Jésus paraît bien doux à celui qui reçoit de lui non seulement la rémission de ses fautes, mais encore le don de sainteté et, mieux encore, la promesse de la vie éternelle.

Heureux celui qui a déjà fait une aussi belle moisson. Le prophète dit vrai : « Ceux qui sèment dans les larmes récolteront dans la joie » (Ps 125,5).

Aucun profit ni honneur terrestre ne nous paraîtra au-dessus de notre espérance et de cette joie d'espérer, désormais profondément enracinée dans nos cœurs :

-« L'espérance ne trompe pas, car l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5,5). 

Partager cet article
Repost0
12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 13:37

TU ES NE POUR LE BONHEUR (16/16)

 

[Extrait de l'oeuvre de Paul Scortesco (1960)]

84cierge

LES  BÉATITUDES

(Suite 3ème  partie et fin.)

« C'est faire injure au Père Céleste que de vivre dans la tristesse »

Il existe encore sur la terre quelques oasis, où les Béatitudes ont laissé leurs traces  en particulier, des lieux où des saints  ont vécues.

Je pense surtout à saint François et au lieu qu'il a sanctifié de sa pré­sence, Assise.

 

Vous retrouverez le bonheur de saint François dans l'allure du brave homme marchant à la tête de son âne attelé à une vieille charrette, pour l'aider à gravir la pente ; dans l'attitude de cette vieille au visage parcheminé qui sourit aux anges en ravaudant des bardes, accroupie sur le seuil de sa porte ; dans les yeux du paysan assistant à la messe quotidienne, debout, le chapelet à la main ou humblement agenouillé sur la dalle : quelle paix heureuse dans son recueillement !

 

Vous trouverez le bon­heur de saint François à toutes les fenêtres, exul­tant sur les terrasses sous forme de fleurs : géra­niums, lierres, rosiers, pétunias, oeillets, bégonias !

Tout cela soigné amoureusement :

-tout ce qui chante la beauté, tout ce qui s'élève vers le ciel d'un peu de terre ou qui retombe en grappe pour bénir la terre !

Ruissellement joyeux de couleurs dans les étalages des mar­chands de céramiques — faites de leurs mains !

 

Si, sortant par la Porta Nuova, vous visitez Saint Damien que François rebâtit de ses mains et où il composa le Cantique des Créatures, vous découvrirez la profondeur du bonheur francis­cain :

-« Béni sois-tu, Seigneur, avec toutes tes créatures ! » 

De toutes choses, de toutes parts monte éternellement à Assise le cantique du Poverello.

 

Ici vraiment est arrivé le règne de Dieu.

Ce lieu est saint. 

Le chrétien goûte à Assise la délectation de l'authentique bonheur et décou­vre le secret de la joie parfaite que détient toujours saint François entre ses mains trans­percées !

 

Voilà ce que notre civilisation a ruiné à jamais !

 

Voyons ! Nous sommes en plein Progrès ! Que diable, restons objectifs, ne nous laissons pas abuser par ces évocations du passé !

 

Bon. D'accord... Mais je n'évoque pas le passé ! 

Cette vision est du présent ; ce n'est pas non plus une spéculation métaphysique dans les nuées ou des « histoires de bonne femme »...

 

Allez-y voir ! Allez voir aussi les visages illuminés de joie des malades, au passage du Saint-Sacrement, à Lour­des !

Allez voir le miracle de la cité de saint Cottolengo à Turin : des estropiés, des mourants, des paralysés, des impotents, vivant heureux ! Les Béatitudes incarnées !

 

Les hommes et les femmes sanctifiés !

Et pourquoi ? Parce que « le premier pain qui se donne ici est le pain de la foi » !

Et c'est pourquoi, sans le moindre soutien, dans la « Maison de la Divine Providence » de Turin, l'autre pain, le pain du corps, n'y manque jamais.

Saint Cottolengo ne se lassait pas de répéter :

-« Ciboires vides, sacs pleins ; ciboires pleins, sacs vides ! »

C'est-à-dire : communiez d'abord et le reste vous sera donné de surcroît ; ne communiez pas et tout ira de travers !

Or, que font-ils, les chrétiens actuels ? 

Ils courent d'abord à leurs affaires ; et s'ils ont un peu de temps, ils vont le Dimanche à la messe ; s'ils ne l'ont pas, eh bien tant pis !

 Ils préfèrent s'abreuver aux mêmes sources que leurs ennemis les athées, ces sources qui ne les désaltéreront jamais... 

Ils recherchent les paradis terrestres, qui seront toujours mena­cés ! 

Peut-on s'étonner que dans ce monde qui a oublié les Béatitudes, dans ce monde de faux chrétiens, tout aille de travers ?

 

 ***

 

L'amour de Dieu bannit la crainte. C'est le sentiment primordial qui nous empêche d'être heureux.

Crainte du lendemain, crainte des hom­mes, des maladies, de la mort... 

Crainte qui nous désarme en face des vicissitudes de la vie.

Crainte qui nous met le feu aux fesses pour cou­rir, comme des enragés, des possédés ! 

Ah ! C'est qu'il faut avant tout nous assurer une vie douce, de belles vacances, un beau confort ! Si nous en manquions ? C'est affreux ! Nous en serions superlativement, infiniment, malheureux !

 

Voilà à quoi se soumet la volonté des humains !

Ils ont oublié que le seul objectif capable de satisfaire leur volonté, ce rayon divin en eux, c'est Dieu même. 

Pour que la volonté puisse se déployer en sa plénitude, elle doit poursuivre un but infini : la volonté est faite pour l'Infini.

Tout ce qui est en deçà la dégonfle, la déçoit

(La violence des méthodes soviétiques montre bien de quelle puissance infinie la volonté dispose pour résis­ter ; les procédés occidentaux, plus doux mais plus cons­tants, ont eu besoin de trois siècles pour l'annihiler ! Il fallait d'abord que la volonté ne revienne plus à sa Source pour se vivifier. D'où, l'hébétude de l'Occident.)

 

La volonté d'expansion dans l'espace ne résout rien : les fusées élancées à travers le cosmos ma­tériel démontreront que ce cosmos est encore trop petit pour l'homme en qui Dieu a mis l'ap­pétit de l'infini.

 

Il n'y a pas de contorsions à faire pour s'adap­ter au réel, il suffit de s'adapter à Dieu et à notre essence, qui vient de Dieu ; il suffit de revêtir le Christ pour le vivre devant les hommes ; cela suffit pour être heureux.

 

C'est la plus merveilleuse charité que d'aider quelqu'un à mieux réaliser son visage divin.

Il nous faut prendre conscience de cette initiale splendeur de chaque humain et essayer de la ranimer.

 

Pour tordue et faussée qu'elle soit, l'homme est toujours à l'image de Dieu ; et elle se fait d'autant plus exigeante qu'elle est faussée et tor­due : elle s'exprime d'autant plus par le « vague à l'âme », le « cafard », les « idées noires »...

 

La soif de sainteté qui peut torturer l'être humain, le torturer en vérité, est immense ; il ressent péniblement, sans savoir que c'est cela, le divorce entre son existence et, en lui, l'image de son Seigneur

Et, ne le sachant pas, il sème, comme à plaisir, la tristesse.

Il est capable d'être cruel tranquillement, sans avoir conscience que cette cruauté vient de sa volonté égarée.

 

La volonté attend qu'on exige tout d'elle ; elle n'a de paix que dans la poursuite d'une fin unique qui réclame un effort total. 

Alors l'intel­ligence se met à son service et accomplit un tra­vail qui l'occupe, à son tour, tout entière.

Et cette unification et simplicité de la volonté et de l'intelligence — qui ne sont plus tiraillées à hue et à dia — c'est là aussi un des traits du bonheur 

(Cette unification et simplicité de l'âme que l'on atteint par le haut, on peut les atteindre aussi par le bas, par l'invasion de la chair : le spasme sexuel, les alcools et toutes les drogues que l'on emploie aujourd'hui).

 

Il faut une passion pour guérir des passions : il faut une grande passion de Dieu pour ne plus être harcelé par les terrestres passions... 

Et c'est bien cette passion de Dieu qui nous fait vivre, tout naturellement, les Béatitudes : quelle souf­france peut nous résister lorsque nous sommes fortifiés par la puissance de Sa Gloire ?

 

Comment trouver cette Puissance ?

Il ne faut pas chercher Dieu comme un «Autre»mais comme soi-même, pour mieux devenir soi-même : 

-« Dieu de Vie et d'Amour plus présent en nous que nous-mêmes » ! 

(On apprend à être heureux. Il existe des écoles du bonheur. L'une des meilleures : celle des Pères de Chabeuil, d'où l'on sort, à la suite des « Exercices spirituels » de saint Ignace de Loyola, complètement transformé, revi­goré et prêt à accueillir avec le sourire tout ce que la vie peut vous offrir. Certes ces Exercices ne visent pas directement le bonheur, mais la vérité, et ils atteignent le bonheur par surcroît).

 

DIEU EST JOIE : 

-« Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous... ne vous inquiétez de rien » (Saint  Paul  (Philip. IV, 4-7); voilà la vérité oubliée depuis que le jansénisme et le purita­nisme ont endeuillé le monde.

Et par nos catho­liques compassés : ils en sont contaminés !

Car s'ils vivaient la doctrine du Bonheur, ils seraient toujours gais : 

-« C'est faire injure au Père Céleste que de vivre dans la tristesse » ; voilà encore des paroles admirables de ce saint Cottolengo qui fut, d'ailleurs comme tous les saints, toujours gai.

Et les paroles du Père de Foucauld :

-« Je jouis à l'infini d'être pauvre ». 

Jouissance « infinie » que l'on ne peut éprouver qu'en vivant les Béatitudes.   

 

Illuminer la Souffrance par la Joie, la Croix par la Résurrection ! 

Retourner le monde par l'Hostie, faire de la terre une Hostie !

Voilà l'immense élan radieux qui emporte les « Bien­heureux » !

 

***

 

Notre civilisation a fait de son mieux, depuis la Révolution, pour chasser la Doctrine du Bonheur hors du monde.

On se croyait enfin débarrassé. Pas du tout ! Les peuples la cher­chent dans la nuit...

 

Quelque chose bouge dans les profondeurs de l'âme du monde ; un jour ou l'autre, elle écla­tera en plein jour.

Comment ?

Dieu seul le sait ; on ne peut encore le deviner...

 

La doctrine du Bonheur renaît, après une lon­gue éclipse, en Angleterre, en Hollande, en Alle­magne, en Suisse ; elle naît en d'autres pays qui ne furent jamais catholiques : aux États-unis, au Japon, au Sud Vietnam, aux Îles Philippines, en Birmanie et dans les pays qui gémissent sous le joug soviétique...

 

Une vague de fond soulève les peuples qui ont besoin d'être heureux, et qui sentent, plus ou moins consciemment, qu'ils ne le sont et ne le seront jamais sans la doctrine des Béatitudes, sans ce miracle divin qui transfigure la vie en changeant toute souffrance en joie...

 

Que faire ?

C'est à désespérer !

Comment ?

Ces peuples ne se sont-ils pas habitués au Malheur ?

  Depuis que l'Europe est déchristia­nisée et divisée, on les a pourtant si bien entraî­nés... Eh bien, on les empêchera à tout prix de revenir à la doctrine du Bonheur...

 

Il y a un bon moyen : Satan, l'Incarnation du Malheur, ne s'attaquera plus aux âmes, en par­ticulier, il jouera à fond son influence sur les grands ensembles ; il régnera par la politique presque sur tout l'univers !

Son action sera écla­tante d'insolence en Orient ; et de perfidie, en Occident.

 

 ***

La tempête fait rage, les ténèbres sataniques s'épaississent ; gardons les yeux fixés sur le rayon de soleil qui les traverse et qui bientôt les chassera.  

 

Quand le surnaturel surgira encore dans le monde, et en particulier au sein de la Fille aînée de l'Église dont l'histoire fut ensemencée d'in­terventions divines, alors tous les calculs satani­ques seront balayés...

 

Il en fut ainsi, il en sera de même, — peut-être demain…

 

En notre époque qui marche vers sa fin reten­tit l'appel mystérieux d'une Vie Nouvelle ; si dans le monde actuel tout est corrompu, déna­turé, souilléil reste néanmoins des âmes illumi­nées par un bonheur qui n'est pas de ce monde ; elles finiront par embraser le monde de leur flamme de joie, fille de la Joie éternelle du Christ !

 

 

FIN

Partager cet article
Repost0
12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 00:45

Par  (v. 335-395), moine et évêque . Homélie 6 sur les Béatitudes ; PG 44, 1269 (trad. bréviaire 12e sam. rev.) 

7044_341658122655884_2267338988155159375_n.jpg

« Dieu, crée pour moi un cœur pur » (Ps 51,12)


Si, par un effort de vie parfaite, tu nettoies les scories de ton cœur, la beauté divine brillera de nouveau en toi.

C'est ce qui arrive avec un morceau de métal, lorsque la meule le débarrasse de sa rouille.

Auparavant il était noirci, et maintenant il brille et rayonne au soleil.

De même l'homme intérieur, ce que le Seigneur appelle « le cœur », lorsqu'on aura enlevé les taches de rouille qui altéraient et détérioraient sa beauté, retrouvera la ressemblance de son modèle (Gn 1,27), et il sera bon. Car ce qui devient semblable à la Bonté est nécessairement bon... 


Et ainsi celui qui a le cœur pur devient heureux (Mt 5,8) parce que, en redécouvrant sa pureté, il découvre, à travers cette image, son origine.

Ceux qui voient le soleil dans un miroir, même s'ils ne fixent pas le ciel, voient le soleil dans la lumière du miroir aussi bien que s'ils regardaient directement le disque solaire.

De même vous, qui êtes trop faibles pour saisir la lumière, si vous vous tournez vers la grâce de l'image placée en vous dès le commencement, vous trouvez en vous-mêmes ce que vous recherchez. 


En effet, la pureté, la paix de l'âme, l'éloignement de tout mal, voilà la divinité.

Si tu possèdes tout cela, tu possèdes certainement Dieu.

Si ton cœur est dégagé de toute inconduite, libre de toute passion, pur de toute souillure, tu es heureux, car ton regard est clair.

 

Partager cet article
Repost0
12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 00:39

Bienheureux Guerric d'Igny 

 (v. 1080-1157), abbé cistercien . 1er Sermon pour l’Assomption, 1-4 ; SC 202 (trad. cf SC p. 415) 

 (
N-D-DE-LOURDES-3.jpg

Marie, Mère des vivants


« Venez vous que j'ai choisie, en vous j'établirai mon trône » (liturgie latine).

« Heureux ceux que vous avez choisis, Seigneur, ils habiteront en vos parvis » (Ps 65,5) ; bien plus, vous habiterez en eux, vous règnerez en eux et vous placerez en eux le trône de votre royauté.

Et, bien sûr, Marie est bienheureuse entre tous les bienheureux, elle qui a été choisie avant et plus que tous les autres saints.

Le Seigneur l'a choisie pour demeure, en disant :

-« Voici pour toujours le lieu de mon repos ; c'est ici que j'habiterai, car je l'ai voulu » (Ps 131,14).

Pendant neuf mois il a habité en elle ; pendant de nombreuses années il a habité avec elle et lui était soumis.

Maintenant, habitant en elle et avec elle pour toujours, d'une façon qui dépasse notre compréhension, il la rassasie de la gloire que voient les bienheureux.

Il lui donne extérieurement la gloire en son corps ; intérieurement, il imprime en elle la gloire du Verbe. 

Cette unique Vierge Mère, qui se glorifie d'avoir mis au monde le Fils unique du Père, étreint avec amour ce même Fils unique dans tous ses membres (Ep 5,30), et ne rougit pas d'être appelée la Mère de tous ceux en qui elle voit le Christ déjà formé ou en formation.

La première Ève a été appelée « mère de tous les vivants » (Gn 3,20), mais en réalité elle a été la mère de ceux qui meurent.

Et parce que cette première Ève n'a pas pu réaliser fidèlement ce que signifie son nom, c'est Marie qui a réalisé ce mystère.

Comme l'Église dont elle est le symbole, elle est la Mère de tous ceux qui renaissent à la vie.

Oui, elle est la Mère de la Vie qui fait vivre tous les hommes (Jn 11,25; 5,25s).

En mettant la Vie au monde, elle a fait naître d'une certaine manière à une vie nouvelle tous ceux qui devaient trouver leur vie dans cette Vie. 

C'est pourquoi cette Mère bienheureuse du Christ, se sachant Mère des chrétiens par ce mystère, se montre aussi leur Mère par sa sollicitude et sa tendre affection.

Et maintenant nous « habitons à l'abri » de la Mère « du Très-Haut », nous « demeurons sous sa protection, à l'ombre de ses ailes » (Ps 90,1; 16,8).

Plus tard, nous partagerons sa gloire et nous serons réchauffés sur son cœur, puisque le Roi de gloire a mis en elle son trône.


Partager cet article
Repost0
10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 00:43

Par Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque . CC Sermon 53, sur le Ps 117 ; PL 57,361 (trad. coll. Icthus, vol. 10, p. 256) 

« Le Verbe était la lumière véritable qui éclaire tout homme en venant dans le monde » (Jn 1,9)

1901476 4906021384398 4696542814883213725 n

Ce jour que fit le Seigneur (Ps 117,24) pénètre tout, contient tout, embrasse à la fois ciel, terre et enfer !

La lumière qu'est le Christ n'est pas arrêtée par des murs, ni brisée par les éléments, ni assombrie par les ténèbres.

La lumière du Christ, dis-je, est un jour sans nuit, un jour sans fin ; partout, elle resplendit, partout elle rayonne, partout elle demeure.

Le Christ est le jour, dit l'apôtre Paul :

-« La nuit est avancée, le jour approche » (Rm 13,12).

La nuit est avancée, dit-il, elle précède le jour.

Entendez là que, dès que paraît la lumière du Christ, les ténèbres du diable se dispersent et la nuit du péché ne la suit pas ; la splendeur éternelle chasse les ombres d'hier, et arrête le progrès sournois du mal. 

L'Écriture atteste que le jour du Christ illumine le ciel, la terre, l'enfer.

Il brille sur la terre :

-« Il était, dit Jean, la véritable lumière qui éclaire tout homme venant au monde » (Jn 1,9).

Il luit dans les enfers.

« Sur le peuple qui habitait le pays de l'ombre de la mort, dit le prophète, la lumière resplendit » (Is 9,1).

Et dans les cieux, ce jour demeure, comme le dit David :

-« Sa postérité demeurera en tous les siècles, son trône subsistera aussi longtemps que le jour du ciel » (Ps 89,37). 

Partager cet article
Repost0
3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 18:48

Par Saint Grégoire le Grand (v. 540-590-604), pape et docteur de l'Église . Homélies sur l'Évangile, n°19 (trad. Le Barroux) 

 

« Allez, vous aussi, à ma vigne »


Le Seigneur ne cesse en aucun temps d'envoyer des ouvriers pour cultiver sa vigne :

*par les patriarches, puis

*par les docteurs de la Loi et les prophètes, enfin

*par les apôtres, il travaillait, en quelque sorte, à cultiver sa vigne par l'entremise de ses ouvriers.

Tous ceux qui, à une foi droite, ont joint les bonnes œuvres ont été les ouvriers de cette vigne. 

Les ouvriers du point du jour, de la troisième, de la sixième et de la neuvième heure désignent donc l'ancien peuple hébreu, qui, s'appliquant depuis le commencement du monde, à rendre un culte à Dieu avec une foi droite, n'a pas cessé, pour ainsi dire, de travailler à la culture de la vigne.

Mais à la onzième heure, les païens sont appelés, et c'est à eux que s'adressent ces paroles :

-« Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ? »

  Car tout au long de ce si grand laps de temps traversé par le monde, les païens avaient négligé de travailler en vue de la vie éternelle, et ils étaient là, en quelque sorte, toute la journée, sans rien faire.

Mais remarquez, mes frères, ce qu'ils répondent à la question qui leur est posée :

-« Parce que personne ne nous a embauchés ».

En effet, aucun patriarche ni aucun prophète n'était venu à eux.

Et que veut dire : « Personne ne nous a embauchés pour travailler » sinon : « Personne ne nous a prêché les chemins de la vie » ? 

Mais nous, songez que nous avons reçu la foi au sortir du sein de notre mère et entendu les paroles de vie dès notre berceau.

Que dirons-nous donc pour notre excuse, si nous nous abstenons des bonnes œuvres ?

Partager cet article
Repost0
3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 09:19

POURSUIVRE LA MISSION 

St-Patrick.jpg

Je n'ai pas commencé ce travail de moi-même, mais c'est le Christ Seigneur qui m'a ordonné de venir passer auprès des Irlandais païens le reste de mes jours , si le Seigneur le veut et s'il me préserve de toute voie mauvaise...

Mais je n'ai pas confiance en moi-même « tant que je demeure dans ce corps de mort » (2 épître de St P 1,13 ;Rm 7,24)...

Je n'ai pas mené une vie parfaite comme d'autres fidèles, mais je le confesse à mon Seigneur et je ne rougis pas en sa présence.

Car je ne mens pas : depuis que je l'ai connu dans ma jeunesse, l'amour de Dieu a grandi en moi, ainsi que sa crainte, et jusqu'à présent, par la grâce du Seigneur, « j'ai gardé la foi » (2Tm 4,7).            


Que rie donc et que m'insulte qui voudra ; moi, je ne me tairai pas et je ne cacherai pas « les signes et les merveilles » (Dn 6,27) que le Seigneur m'a montrés, bien des années avant qu'ils ne soient accomplis, lui qui connaît toutes choses.

C'est pourquoi je devrais rendre sans cesse grâces à Dieu, qui a si souvent pardonné ma sottise et ma négligence, et aussi de ce qu'il ne se soit pas une seule fois irrité contre moi, qui ai été donné comme évêque.

Le Seigneur « a eu pitié » de moi « en faveur de milliers et de milliers d'hommes » (Ex 20,6), parce qu'il voyait que j'étais disponible...

 

En effet nombreux étaient ceux qui s'opposaient à cette mission ; ils parlaient même entre eux derrière mon dos et disaient :

-« Pourquoi celui-là se jette-t-il dans une entreprise périlleuse chez des étrangers qui ne connaissent pas Dieu ? »

Ce n'est pas par malice qu'ils s'exprimaient ainsi ; moi-même, je l'atteste : c'est à cause de ma rusticité qu'ils ne pouvaient pas comprendre pourquoi j'ai été nommé évêque.

Et moi, je n'ai pas été prompt à reconnaître la grâce qui était en moi. Maintenant tout cela est devenu clair pour moi.            

Maintenant donc j'expose simplement à mes frères et à mes compagnons de service qui m'ont cru, pourquoi « j'ai prêché et continue de prêcher » (2Co 13,2), en vue de fortifier et de confirmer votre foi. Puissiez-vous ambitionner, vous aussi, des buts plus élevés et accomplir des œuvres plus excellentes.

Ce sera ma gloire, car « un fils sage est la gloire de son père » (Pr 10,1).

 

(Saint Patrick)

Partager cet article
Repost0
1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 18:45
Par Saint Grégoire le Grand (v. 540-590-604), pape et docteur de 

l'Église . Homélies sur l'Évangile, n°19 (trad. Le Barroux) 

 

« Pourquoi êtes-vous restés là toute la journée sans rien faire ? »

Sainte Rencontre
Sainte Rencontre -Collection Ourmedia

 





Nous pouvons répartir ces diverses heures du jour entre les âges de la vie de chaque homme.

Le petit jour, c'est l'enfance de notre intelligence.

La troisième heure peut s'entendre de l'adolescence, car le soleil y prend alors déjà, pour ainsi dire, de la hauteur, en ce que les ardeurs de la jeunesse commencent à s'y échauffer.

La sixième heure, c'est l'âge de la maturité : le soleil y établit comme son point d'équilibre, puisque l'homme est alors dans la plénitude de sa force.

La neuvième heure désigne la vieillesse, où le soleil descend en quelque sorte du haut du ciel, parce que les ardeurs de l'âge mûr s'y refroidissent.

Enfin, la onzième heure est cet âge qu'on nomme extrême vieillesse.

Puisque les uns sont conduits à une vie honnête dès l'enfance, d'autres durant l'adolescence, d'autres à l'âge mûr, d'autres dans la vieillesse, d'autres enfin dans l'âge très avancé, c'est comme s'ils étaient appelés à la vigne aux différentes heures du jour. 

Examinez donc votre façon de vivre, frères, et voyez si vous avez commencé à agir comme les ouvriers de Dieu.

Réfléchissez bien, et considérez si vous travaillez à la vigne du Seigneur. Celui qui a négligé de vivre pour Dieu jusqu'en son dernier âge est comme l'ouvrier resté sans rien faire jusqu'à la onzième heure.

« Pourquoi êtes-vous là toute la journée sans rien faire ? »

C'est comme si l'on disait clairement : « Si vous n'avez pas voulu vivre pour Dieu durant votre jeunesse et votre âge mûr, repentez-vous du moins en votre dernier âge. Venez quand même sur les chemins de la vie ». 

N'est-ce pas à la onzième heure que le larron est venu ? (Lc 23,39s)

Ce n'est pas par son âge avancé, mais par son supplice qu'il s'est trouvé arrivé au soir de sa vie.

Il a confessé Dieu sur la croix, et il a rendu son dernier souffle presque au moment où le Seigneur rendait sa sentence.

Et le Maître du domaine, admettant le larron avant Pierre dans le repos du paradis, a bien distribué le salaire en commençant par le dernier. 

 

Partager cet article
Repost0
31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 16:33

Saint Boniface (675-764), moine, missionnaire de la Germanie, martyr . 

 Lettre à Cuthbert ; PL 89, 765 (trad. bréviaire 05/06) 

Saint Boniface l’apôtre des Germains

« Pourquoi avoir peur ? »


      L'Église, qui navigue comme un grand vaisseau sur la mer de ce monde, qui en cette vie est battue par les flots d'épreuves de toute sorte, l'Église ne doit pas être abandonnée, mais gouvernée.

Nous en avons l'exemple chez les premiers pères : Clément, Corneille et beaucoup d'autres à Rome, Cyprien à Carthage, Athanase à Alexandrie, qui, sous les empereurs païens, gouvernaient le navire du Christ, ou plutôt son épouse très chère, l'Église, en enseignant, en défendant la vérité, en peinant et en souffrant jusqu'à répandre leur sang. 


      En considérant ces hommes et ceux qui leur ressemblent, je suis plein d'effroi, « crainte et tremblement me pénètrent et je suis comme enveloppé par les ténèbres de mes péchés » (Ps 54,6).

Je voudrais bien abandonner entièrement le gouvernail de l'Église qui m'a été confié, si je pouvais trouver une approbation dans les exemples des Pères ou dans la Sainte Écriture. 


      Aussi, puisqu'il en est ainsi et que la vérité peut bien être harcelée mais non pas se laisser vaincre..., que notre âme accablée se réfugie auprès de celui qui dit par la bouche de Salomon : « Mets ta confiance dans le Seigneur de tout ton cœur et ne t'appuie pas sur ta propre sagesse. Dans toutes tes démarches, pense à lui, et il dirigera tes pas » (Pr 3,5-6)...

Restons fermes dans la justice et préparons nos âmes à l'épreuve, pour attendre que le Seigneur nous soutienne, et disons-lui :

-« D'âge en âge, Seigneur, tu es resté notre refuge » (Ps 89,1).

Mettons en lui notre confiance, car c'est lui qui nous a confié notre charge.

Ce que nous ne pouvons pas porter par nous-mêmes, portons-le par lui qui est tout-puissant et qui dit :

-« Mon joug est facile et mon fardeau léger » (Mt 11,30).


Partager cet article
Repost0
30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 22:19

Lumière incréée de la Divinité

19.Transfiguration

vision_lumiere.jpg

Lorsque, par un don accordé d'En-haut, je fus jugé digne de voir la Lumière incréée de la Divinité, je reconnus avec joie dans le ciel d'azur de notre « planète bleue » un symbole du rayonnement de la gloire divine.

Ce rayonnement est partout présent ; il remplit tous les abîmes de l'univers. Pourtant, il demeure à tout jamais insaisissable, inaccessible pour la créature. Le bleu est la couleur de l'au-delà, de la transcendance. 

[...]

Lorsqu'elle se manifeste avec puissance, cette Lumière apporte l'humble amour, bannit tout doute et toute crainte, laisse loin derrière elle toutes les relations humaines établies, toute la pyramide des conditions sociales et des rangs hiérarchiques.

L'homme cesse alors, pour ainsi dire, d'être « quelqu'un » ; il ne se trouve pas sur la route de ses frères, ne brigue aucune place pour lui-même en ce monde.

Cette Lumière est en elle-même la vie incorruptible que traverse la paix de l'amour.

Elle fait connaître à notre esprit un autre Etre, qui échappe à toute description ; notre intellect s'immobilise, car il se trouve au-dessus de la pensée discursive par son entrée dans une nouvelle forme de vie.

[...]

Cette Lumière, inhérente au Père des lumières (voir Je 1, 17), nous régénère et même nous crée à nouveau. L'orientation de notre attention change radicalement : auparavant, elle était attirée vers la terre et les choses temporelles ; sous l'influence de la grâce, elle se fixe à l'intérieur et, de là, monte dans la sphère spirituelle de «l'invisible et de l'éternel» (voir2 Co4, 18).

Ce qui autrefois nous semblait important et même fondamental devient insignifiant pour notre esprit : richesse, pouvoir, gloire de ce monde et autres réalités de ce genre perdent tout leur attrait. Même la science, qui ne nous donne pas la connaissance la plus essentielle -celle de Dieu -, ainsi que les spéculations philosophiques, privées qu'elles sont de la vie authentique, n'apparaissent plus que comme des valeurs passagères.

Lorsque la Lumière - inviolable par nature et innommable - nous enveloppe et pénètre dans notre âme, nous sortons en quelque sorte du temps.

Cette Lumière, qui procède du Père, est lumière de l'amour et de la connaissance. Un amour et une connaissance particuliers qui, en fusionnant, deviennent un ; en fait, ils sont un dans l'éternité. L'amour unit dans l'Être même, avec l'Être même.

Voici que, demeurant en cet Être, nous le connaissons par notre union avec Lui - mais quant à formuler cela en paroles, il faut y renoncer.

L'amour nous attire si fort que notre esprit n'arrête son attention sur rien de ce qui nous arrive, bien qu'il vive au sein même de cette réalité.

Il n'y a aucun retour sur soi-même ; notre esprit est tout entier tendu dans un élan pour saisir l'Insaisissable, étreindre Celui que rien ne peut contenir, comprendre l'Inconce­vable - être seulement en Lui, et ne plus rien voir d'autre."

 

Père Sophrony 

La veille de Pâques, en 1924, juste après la communion, l’archimandrite Sophrony put contempler la Lumière incréée de Dieu : « Je la perçus comme une touche de l’éternité divine sur mon esprit. Douce, remplie de paix et d’amour, elle demeura avec moi pendant trois jours. Elle dissipa les ténèbres du néant qui se dressaient devant moi. Je ressuscitai et, en moi et avec moi, le monde entier était ressuscité. Le seul véritable esclavage est celui du péché. La seule véritable liberté, c’est la résurrection en Dieu ». Dans son ouvrage «Voir Dieu tel qu’il est», l’archimandrite Sophrony revient sur cette expérience.

Les Editions du Cerf - Coll. Le Sel de la Terre - 2004

 

Partager cet article
Repost0

Recherche

Articles Récents

Liens