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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 09:23
LU DANS « LA VIE » . Article de PASCAL MAGUESYAN.

LU DANS « LA VIE » . Article de PASCAL MAGUESYAN.

Le pape François a proclamé docteur de l’Église le mystique du Xe siècle. Mille ans après sa mort, son œuvre reste au cœur de la littérature nationale.

C’est une bourgade agricole typique de cette Turquie orientale, à 2 km au sud du lac de Van. Ce village kurde et musulman se nomme Yemişlik. Autrefois, c’était Narek. C’était un village arménien. C’est là que vécut saint Grégoire, célèbre moine et prêtre arménien du Xe siècle, fantastique poète mystique, dont l’œuvre théologique, littéraire et spirituelle a traversé les siècles et les frontières.

Grégoire de Narek (fêté le deuxième samedi d’octobre dans l’Église apostolique arménienne, le 27 février dans l’Église catholique) est à présent le 36e docteur de l’Église. Cette proclamation effectuée par le pape François, dimanche 12 avril en la basilique Saint-Pierre de Rome, devant les fidèles de rite arménien, à l’occasion de la commémoration du centenaire du génocide des Arméniens, témoigne de la communion de l’Église catholique avec une civilisation chrétienne orientale décimée dans son berceau géographique. « Des 36 docteurs de l’Église, Grégoire de Narek est le deuxième Oriental (ne parlant ni grec ni latin et vivant hors des limites de l’Empire byzantin), après saint Éphrem de Nisibe. Il était très important, dans l’état actuel de cette prise de conscience hélas tardive pour les chrétiens d’Orient, que cette année-ci au moins, un autre Oriental devienne docteur de l’Église », souligne Jean-Pierre Mahé, membre de l’Institut et traducteur de l’œuvre de saint Grégoire.

Grégoire est né entre 940 et 950 et mourut entre 1003 et 1010.Figure volcanique de la mystique chrétienne de langue arménienne, il est l’auteur du mémorable Livre des Lamentations, appelé aussi Livre des Prières, devenu pour les Arméniens une sorte de texte sacré. « Livre le plus répandu après la Bible, poésie mêlant au repentir la consolation et l’espérance, cette suite de Paroles à Dieu des profondeurs du cœur (…), devenu au long des siècles le compagnon de tout Arménien lettré, a rejoint légitimement les chefs-d’œuvre de la littérature universelle. Quant au monastère de Narek, il est resté jusqu’au XXe siècle le lieu de rassemblement d’innombrables pèlerins » (Keram Kevonian, Union internationale des organisations Terre et Culture).

Le verbe de Grégoire est une inlassable quête du Verbe : « Rayon béni, soleil de justice, Désir ardent, figure de lumière, Insondable et très-haut, ineffable et puissant, / Allégresse du bien, vision de l’espérance, Dieu loué dans les cieux, glorieuse royauté, Christ qui nous créas, vie partout célébrée, / Daigne emplir à présent, de ta souveraine éloquence, Le défaut de ma voix, les multiples erreurs de ma misère : Présente mes prières en agréable offrande à la majesté de ton Père, (...) » (Prière 95, Trésor des fêtes, hymnes et odes de ­Grégoire de Narek, traduction et notes de Annie et Jean-Pierre Mahé, Peeters, 2014). Outre les 95 prières du Livre des lamentations, Grégoire est également l’auteur d’odes, d’hymnes, de panégyriques, de litanies et de méditations. C’est dans l’enceinte du monastère de Narek et dans une grotte toute proche où il pratiquait la « méditation solitaire » que Grégoire composa ses œuvres, « rassemblées, mises en forme, calligraphiées et copiées dans trois recueils sous l’autorité de son frère Jean, devenu abbé du monastère », précise Jean-Pierre Mahé.

Grégoire mourut à Narek et y fut inhumé peu de temps après l’achèvement du Livre des Lamentations. De ce grand monastère et scriptorium où l’on enseigna également les sciences, la philosophie et la musique, il ne reste rien. Le monastère a été pillé en 1895 pendant la période dite des massacres hamidiens ordonnés par le sultan Abdülhamid II. Lors du génocide en 1915, les 123 familles arméniennes du village ont été liquidées. Enfin, le monastère de Narek a été totalement rasé en 1951 sur ordre des autorités préfectorales. En lieu et place a été construite une mosquée.

Tout étranger qui passe aujourd’hui par Narek/Yemişlik est immédiatement suivi d’une nuée d’enfants qui n’ont que ces mots à la bouche : « Photo, photo ? » Ils savent bien ce qui attire les visiteurs : les ultimes pierres à croix encore visibles. Ici, une stèle funéraire au pied de l’escalier de la mosquée, là quelques pierres gravées dans l’entrepôt. C’est tout ce qu’il reste du vaste monastère de l’immense saint Grégoire. Les enfants rient mais ne savent rien, les anciens marmonnent parce qu’ils savent tout.



Grégoire de Narek : moine, poète et docteur de l'Eglise/Prière de St Grégoire de Narek à la Mère de Dieu

Prière de St Grégoire de Narek à la Mère de Dieu :

Que s’élève par moi ton honneur

Et mon salut éclatera par toi,

Si tu viens à me retrouver, Mère de Seigneur !

Si tu me prends en pitié, Vierge sainte,

Si tu changes en profit ma perte, Vierge immaculée,

Si tu guéris ma ruine, Vierge bienheureuse,

Si tu laisses avancer ma honte, Vierge pleine de grâces,

Si tu plaides mon désespoir, Vierge toujours pure,

Si tu me reçois sous le toit dont je fus chassé, Vierge honorée par Dieu,

Si tu m’entoures de ta piété, Vierge qui détruit la malédiction,

Si tu apaises ma tempête, Vierge du repos,

Si tu mets fin aux violentes tourmentes, Vierge pacifique,

Si tu répares mes erreurs, Vierge de louanges,

Si tu entres pour moi dans l’arène, Vierge qui repousses la mort,

Si tu changes en douceur mon âpreté, Vierge suave,

Si tu brises le mur qui me sépare, ô Vierge du pardon,

Si tu dissipes mes souillures, Vierge dont le pied écrase la corruption ;

Si tu m’ôtes au trépas, à quoi je suis livré, lumière vivante,

Si tu coupes le bruit de mes sanglots, Vierge d’allégresse,

Si tu me fortifies, lorsque je suis brisé, remède du salut,

Si tu considères ma ruine, temple de l’esprit,

Si tu viens vers moi avec compassion, Mère qui fus léguée

Et qui seule est bénie sur les lèvres sans tache dans la bouche des bienheureux.

Une goutte de lait de ta virginité

Rend vigueur à ma vie en pleuvant sur mon âme,

Ô Mère du Très-Haut, du Seigneur Jésus,

Créateur du ciel et de la terre entière,

Que tu as mis au monde, inexprimablement, avec une vraie chair, une divinité sans faille,

Gloire à lui, comme au Père, et avec l’Esprit Saint,

Dans son essence et dans notre nature, qu’il réunit indescriptiblement,

Tout dans le tout, Un de la Trinité,

Loué soit-il dans les siècles des siècles,

Amen.

Saint Grégoire de Narek (XI° siècle)

(Source/ Marie de Nazareth. Traduction par Annie et Jean-Pierre Mahé, Ed. Peeters, 2007; p. 372 §3)

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 07:44
Homélie attribuée à saint Macaire d'Égypte (?-390), moine  Homélies spirituelles (trad. Deseille, S0 40, Bellefontaine 1984, p.114)

Homélie attribuée à saint Macaire d'Égypte (?-390), moine Homélies spirituelles (trad. Deseille, S0 40, Bellefontaine 1984, p.114)


Nous livrer à lui totalement


Comment est-il possible que, malgré de tels encouragements et de telles promesses de la part du Seigneur, nous refusions de nous livrer à lui totalement et sans réserve, de renoncer à toutes choses et même à notre propre vie, conformément à l'Evangile (Lc 14,26), pour n'aimer que lui seul, et rien d'autre avec lui ?

Considère tout ce qui a été fait pour nous : quelle gloire nous a été donnée, que de dispositions en vue de l'histoire du salut faites par le Seigneur depuis les pères et les prophètes, que de promesses, que d'exhortations, quelle compassion de la part du Maître dès les origines !

A la fin, il a manifesté son indicible bienveillance envers nous en venant demeurer lui-même avec nous et en mourant sur la croix pour nous convertir et nous ramener à la vie.

Et nous, nous ne laissons pas de côté nos volontés propres, notre amour du monde, nos prédispositions et nos habitudes mauvaises, apparaissant en cela comme des hommes de peu de foi, ou même sans foi aucune.

Et cependant, vois comment, malgré tout cela, Dieu se montre plein d'une douce bonté.

Il nous protège et nous soigne invisiblement ; malgré nos fautes, il ne nous livre pas définitivement à la méchanceté et aux illusions du monde ; dans sa grande patience, il nous empêche de périr et guette de loin le moment où nous nous tournerons vers lui.

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 14:48
« Recevez l'Esprit Saint » La chrismation (Saint Cyrille de Jérusalem)

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem et docteur de l'Église . Catéchèse 21, 1-3

« Recevez l'Esprit Saint »

Frères, baptisés dans le Christ, revêtus du Christ (Ga 3,27), vous avez été configurés au Fils de Dieu.

Car Dieu, qui nous a prédestinés à l'adoption (Rm 8,29), nous a modelés (Gn 2,7) sur le corps glorieux du Christ...

Vous êtes devenus des « christs » puisque vous avez reçu la marque du Saint Esprit.

Tout ce qui vous est arrivé, c'est l'image de ce qui est arrivé au Christ, dont vous êtes l'image (Gn 1,27).

Lorsque, baigné dans les eaux du Jourdain..., le Christ en est remonté, le Saint Esprit en personne a fait irruption sur lui.

De même, remontés de la fontaine baptismale, vous avez reçu la chrismation ; vous avez été oints du saint chrême.

Cette marque dont le Christ lui-même a été oint, c'est l'Esprit Saint...

Le Christ, en effet, n'a pas été « chrismé », n'a pas été oint, par les hommes.

C'est le Père qui l'a établi Sauveur de tout l'univers et l'a oint du Saint Esprit, comme l'a proclamé le prophète David :

« Dieu, ton Dieu, t'a oint de l'huile d'allégresse, de préférence à tous tes compagnons. » (Ps 44,8)

De même que le Christ a été réellement crucifié, enseveli et ressuscité, vous aussi, par votre baptême, vous avez été admis à participer symboliquement à sa croix, à son tombeau et à sa résurrection.

Ainsi est-il pour la chrismation :

Christ était oint d'une huile joyeuse et spirituelle, par l'Esprit Saint..., car il est source de joie spirituelle.

Et vous, vous avez été oints d'une huile sainte qui vous a rendus participants et compagnons du Christ lui-même.

C'est d'abord sur le front que vous avez été oints, pour être affranchis de la honte du premier Adam et pouvoir contempler à visage découvert, comme dans un miroir (2Co 3,16), la gloire du Christ.

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 14:43
"Que la lumière soit" /  " Voici le Jour que fit le Seigneur" (St Augustin)

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église . Sermon 258 (trad. SC 116, p. 347s)

« Et Dieu dit : ' Que la lumière soit ' » (Gn 1,2)

« Voici le jour que fit le Seigneur » (Ps 117,24).

Rappelez-vous l'état du monde à l'origine :

« Les ténèbres étaient sur l'abîme et l'Esprit de Dieu planait sur les eaux.

Et Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut.

Et Dieu sépara la lumière des ténèbres et il appela la lumière Jour et il appela les ténèbres Nuit » (Gn 1,2s).

« Voici le Jour que fit le Seigneur ».

C'est le jour dont parle l'apôtre Paul :

« Autrefois vous étiez ténèbres, maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur » (Ep 5,8)


Thomas n'était-il pas un homme, un des disciples, un homme de la foule pour ainsi dire ?

Ses frères lui disaient :

« Nous avons vu le Seigneur ».

Et lui :

« Si je ne touche pas, si je ne mets pas mon doigt dans son côté, je ne croirai pas ».

Les évangélistes t'apportent la nouvelle, et toi tu ne crois pas ?

Le monde a cru et un disciple n'a pas cru ?

Il n'était pas encore devenu ce jour qu'a fait le Seigneur ; les ténèbres étaient encore sur l'abîme, dans les profondeurs du cœur humain, qui était ténèbres.

Que vienne donc celui qui est le point du jour, qu'il vienne et qu'il dise avec patience, avec douceur, sans colère, lui qui guérit :

-« Viens. Viens, touche ceci et crois. Tu as déclaré : ' Si je ne touche pas, si je ne mets pas mon doigt, je ne croirai pas '.

Viens, touche, mets ton doigt et ne sois plus incrédule, mais fidèle.

Je connaissais tes blessures, j'ai gardé pour toi ma cicatrice ».


En approchant sa main, le disciple peut pleinement compléter sa foi.

Quelle est, en effet, la plénitude de la foi ?

De ne pas croire que le Christ est seulement homme, de ne pas croire non plus que le Christ est seulement Dieu, mais de croire qu'il est homme et Dieu.

Ainsi le disciple auquel son Sauveur donnait à toucher les membres de son corps et ses cicatrices s'écrie :

« Mon Seigneur et mon Dieu ».

Il a touché l'homme, il a reconnu Dieu.

Il a touché la chair, il s'est tourné vers la Parole, car « la Parole s'est faite chair et elle a habité parmi nous » (Jn 1,14).

La Parole a souffert que sa chair soit suspendue au bois ; la Parole a souffert que sa chair soit mise au tombeau.

La Parole a ressuscité sa chair, l'a montrée aux yeux de ses disciples, s'est prêtée à être touchée de leurs mains. Ils touchent, ils crient :

« Mon Seigneur et mon Dieu ! »

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 19:31
Il t'appelle par ton nom ( Saint Grégoire le Grand)

Par Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l'Église
Homélie 25 sur l'Evangile ; PL 76, 1188-1196 (trad. coll. Icthus 10, p. 296s)

Il t'appelle par ton nom


« Si c'est toi qui l'as emporté... »

Comme si Marie lui avait déjà dit ce qui faisait couler ses pleurs ! Elle parle de « lui », sans avoir prononcé son nom.

Tel est le trait de l'amour : toujours plein de ce qu'on aime, on croit que tous les autres en sont également occupés...

Marie imagine peu qu'on puisse ignorer le sujet de son immense détresse.

Jésus lui dit :

-« Marie ! »

Il l'appelait tout à l'heure d'un nom commun à tout son sexe, « Femme », et ne se laissait pas encore reconnaître.

Il l'appelle à présent par son nom propre, comme s'il lui disait sans plus de détours :

-« Reconnais celui qui te reconnaît. »

Dieu disait de même à Moïse, l'homme parfait :

-« Je te connais par ton nom » (Ex 33,12).

-« Homme » est le nom commun à tous, mais « Moïse » est son nom personnel, et le Seigneur lui dit fort bien qu'il le connaît par son nom et semble lui déclarer :

-« Je ne te connais pas comme l'ensemble des hommes, je te connais personnellement. »

Ainsi, appelée par son nom, Marie reconnaît son créateur, et aussitôt elle lui répond :

-« Rabbouni », c'est-à-dire, Maître.

Car c'était lui qu'elle cherchait au-dehors, mais c'était lui qui lui demandait de le chercher au-dedans...

« Marie de Magdala s'en va donc annoncer aux disciples : j'ai vu le Seigneur et voilà ce qu'il m'a dit. »

Le péché des hommes quitte ici le cœur d'où il était issu.

Car c'est une femme qui, au paradis, tendit à l'homme le fruit de la mort ; c'est une femme qui, au tombeau, annonce la vie aux hommes et rapporte les paroles de celui qui vivifie.

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 19:28
'' La paix soit avec vous '' (Saint Pierre Chrysologue )

Par Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l'Église .Sermon 81 ; PL 52, 427 (trad. Quéré, coll. Icthus, vol. 10, p. 271 rev.)

« Lui-même était là au milieu d'eux, et il leur dit : '' La paix soit avec vous '' »


La Judée en rébellion avait chassé la paix de la terre et jeté l'univers dans son chaos primordial.

Chez les disciples aussi, la guerre sévissait ; la foi et le doute se donnaient des assauts furieux.

Leurs cœurs, où la tempête faisait rage, ne pouvaient trouver nul havre de paix, nul port calme.


A ce spectacle, le Christ qui sonde les cœurs, qui commande aux vents, qui maîtrise les tempêtes et d'un simple signe change l'orage en un ciel serein, les a raffermis de sa paix en disant :

-« La paix soit avec vous ! C'est moi ; ne craignez rien. C'est moi, le crucifié, le mort, l'enseveli.

C'est moi, votre Dieu devenu pour vous homme.

C'est moi. Non pas un esprit revêtu d'un corps, mais la vérité même faite homme.

C'est moi, vivant entre les morts, venu du ciel au cœur des enfers.

C'est moi que la mort a fui, que les enfers ont redouté.

Dans son effroi, l'enfer m'a proclamé Dieu.

N'aie pas peur, Pierre, toi qui m'as renié, ni toi Jean, toi qui as pris la fuite, ni vous tous qui m'avez abandonné, qui n'avez songé qu'à me trahir, qui ne croyez pas encore en moi, alors même que vous me voyez

. N'ayez pas peur, c'est bien moi.

Je vous ai appelés par la grâce, je vous ai choisis par le pardon, je vous ai soutenus de ma compassion, je vous ai portés en mon amour, et je vous prends aujourd'hui, par ma seule bonté. »

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 08:04
Il est ressuscité et il vous précède en Galilée (Saint Grégoire le Grand)

Par Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape de rome et docteur de l'Église .Homélies sur les évangiles, 21, 5-6; PL 76, 1172 (trad. Véricel, Les Pères commentent, p. 341)

« Allez dire à ses disciples : ' Il est ressuscité et il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez' » (Mt 28,7)


C'est volontairement qu'il est dit :

-« Il vous précède en Galilée : là vous le verrez, comme il vous l'a dit. »

Galilée veut dire « fin de la captivité ».

Le Rédempteur, lui, était déjà passé de la passion à la résurrection, de la mort à la vie, du châtiment à la gloire, de la corruption à l'incorruptibilité.

Mais si les disciples, après la résurrection, le voient d'abord en Galilée, c'est que, plus tard, nous ne contemplerons, dans la joie, la gloire de sa résurrection que si nous quittons nos vices pour les sommets de la vertu.

Il y a un déplacement à faire : si la nouvelle est connue au sépulcre, c'est ailleurs que le Christ se montre...


Il y avait deux vies ; nous en connaissions une, mais pas l'autre.

Il y avait une vie mortelle et une immortelle, une corruptible et l'autre incorruptible, une de mort et l'autre de résurrection.

Alors vint le Médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme Jésus Christ (1Tm 2,5), qui se chargea de la première vie et nous révéla l'autre, qui perdit l'une en mourant et nous révéla l'autre en ressuscitant.

S'il nous avait promis, à nous qui connaissions la vie mortelle, une résurrection de la chair sans nous en donner une preuve palpable, qui aurait pu ajouter foi en ses promesses ?

Qui sont « Les femmes Myrrhophores »

Myrrhophore (grec : Μυροφόροι ; latin : Myrophorae; slavon d'Église : Жены́-мѷроно́сицы ; roumain : Mironosiţe) sont, dans les Églises d'Orient – Églises orthodoxes et Églises catholiques de rite byzantin –, les personnes mentionnées dans le Nouveau Testament qui participèrent à l'ensevelissement de Jésus et qui découvrirent le sépulcre vide après sa Résurrection.

Ce terme renvoie usuellement aux Saintes Femmes porteuses de myrrhe qui, se rendant au petit matin à la tombe de Jésus, trouvèrent celle-ci vide.

Dans le christianisme occidental, on parle généralement des « femmes au tombeau » ou des Trois Marie.

(Matth., 27:55-61 ; Matth., 28:1-10 ; Marc, 15:40-16:11 ; Luc, 23:50-24:10 ; Jean, 19:38-20:18).

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 18:13
Voici le jour que le Seigneur a fait (Saint Maxime de Turin)

Par Saint Maxime de Turin (?-v. 420),

évêque . Sermon 36 ; PL 57, 605 (trad. coll. Icthus t. 10, p. 262)

« Voici le jour que le Seigneur a fait » (Ps 117,24)


Laissons éclater notre joie, mes frères, aujourd'hui comme hier.

Si les ombres de la nuit ont interrompu nos réjouissances, le jour saint n'est pas achevé :

-la clarté que répand la joie du Seigneur est éternelle. Le Christ nous illuminait hier ; aujourd'hui encore resplendit sa lumière.

« Jésus Christ est le même hier et aujourd'hui » dit le bienheureux apôtre Paul (He 13,8).

Oui, pour nous le Christ s'est fait le jour. Pour nous, il est né aujourd'hui, comme l'annonce Dieu son Père par la voix de David :

-« Tu es mon fils ; aujourd'hui je t'ai engendré » (Ps 2,7).

Qu'est-ce à dire ?

Qu'il n'a pas engendré son fils un jour, mais qu'il l'a engendré jour et lumière lui-même.


Oui, le Christ est notre aujourd'hui : splendeur vivante et sans déclin, il ne cesse d'embraser le monde qu'il porte (He 1,3) et ce flamboiement éternel semble n'être qu'un jour.

« Mille ans sont à tes yeux comme un seul jour » s'écrie le prophète (Ps 89,4).

Oui, le Christ est ce jour unique, parce que unique est l'éternité de Dieu.

Il est notre aujourd'hui : le passé, enfui, ne lui échappe pas ; l'avenir, inconnu, n'a pas de secrets pour lui. Lumière souveraine, il étreint tout, il connaît tout, à tous les temps il est présent et il les possède tous.

Devant lui, le passé ne peut pas s'effondrer, ni l'avenir se dérober.

Cet aujourd'hui n'est pas le temps où selon la chair il est né de la Vierge Marie, ni celui où selon la divinité, il sort de la bouche de Dieu son Père, mais le temps où il est ressuscité d'entre les morts :

-« Il a ressuscité Jésus, dit l'apôtre Paul ; ainsi est-il écrit au psaume deuxième : ' Tu es mon fils ; aujourd'hui je t'ai engendré ' » (Ac 13,33).


Vraiment, il est notre aujourd'hui, quand, jailli de la nuit épaisse des enfers, il embrase les hommes.

Vraiment, il est notre jour, celui que les noirs complots de ses ennemis n'ont pas pu obscurcir.

Nul jour mieux que ce jour n'a su accueillir la lumière : à tous les morts, il a rendu et le jour et la vie.

La vieillesse avait étendu les hommes dans la mort ; il les a relevés dans la vigueur de son aujourd'hui.

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 16:46
« Voici la nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s'est relevé, victorieux » (Saint Hésychius)

Par Saint Hésychius (? - vers 451),

moine et prêtre . 1ère homélie pour Pâques (trad. cf SC 189, p. 63)

« Voici la nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s'est relevé, victorieux » (Exultet)


Le ciel brille quand il est éclairé par le chœur des étoiles, et l'univers brille plus encore quand se lève l'étoile du matin.

Mais cette nuit resplendit maintenant moins de l'éclat des astres que de sa joie devant la victoire de notre Dieu et Sauveur.

« Gardez courage , dit-il en effet, moi, je suis vainqueur du monde » (Jn 16,33).

Après cette victoire de Dieu sur l'ennemi invisible, nous aussi nous remporterons certainement la victoire sur les démons.

Demeurons donc près de la croix de notre salut, afin de cueillir les premiers fruits des dons de Jésus.

Célébrons cette nuit sainte avec des flambeaux sacrés ; faisons monter une musique divine, chantons une hymne céleste.

Le « Soleil de justice » (Ml 3,20), notre Seigneur Jésus Christ, a illuminé ce jour pour le monde entier, il s'est levé au moyen de la croix, il a sauvé les croyants.


Notre assemblée, mes frères, est une fête de victoire, la victoire du Roi de l'univers, fils de Dieu.

Aujourd'hui le diable a été défait par le Crucifié et toute l'humanité est remplie de joie par le Ressuscité.

Ce jour crie : « Aujourd'hui, j'ai vu le Roi du ciel, ceint de lumière, monter au-dessus de l'éclair et toute clarté, au-dessus du soleil et des eaux, au-dessus des nuées ».

Il a été caché d'abord dans le sein d'une femme, puis au sein de la terre, sanctifiant d'abord ceux qui sont engendrés, ensuite rendant la vie par sa résurrection à ceux qui sont morts, car « voilà que souffrance, douleur d'enfantement et gémissement se sont enfuis » (Is 35,10).


Aujourd'hui, par ce Ressuscité, le paradis est ouvert, Adam est rendu à la vie, Ève est consolée, l'appel est entendu, le Royaume est préparé, l'homme est sauvé, le Christ est adoré. Il a foulé aux pieds la mort, a fait prisonnier ce tyran, a dépouillé le séjour des morts. Il monte aux cieux, victorieux comme un roi, glorieux comme un chef, et il dit à son Père : « Me voici, ô Dieu, avec les enfants que tu m'as donnés » (He 2,13). Gloire à lui, maintenant et dans les siècles des siècles.

« Voici la nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s'est relevé, victorieux » (Saint Hésychius)
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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 07:10
Elevé de terre, j'attirerai tout à moi (St Ephrem)

Homélie attribuée à saint Ephrem (vers 306-373),

diacre en Syrie, docteur de l'Église
(trad. Bouchet, Lectionnaire romain, p. 179)

« Elevé de terre, j'attirerai tout à moi » (Jn 12,32)

Aujourd'hui s'avance la croix, la création exulte ; la croix, chemin des égarés, espoir des chrétiens, prédication des apôtres, sécurité de l'univers, fondement de l'Église, fontaine pour ceux qui ont soif...

Dans une grande douceur, Jésus est conduit à la Passion : il est conduit au jugement de Pilate ; à la sixième heure, on le raille ; jusqu'à la neuvième heure, il supporte la douleur des clous, puis sa mort met fin à sa Passion. À la douzième heure, il est déposé de la croix : on dirait un lion qui dort...


Pendant le jugement, la Sagesse se tait et la Parole ne dit rien. Ses ennemis le méprisent et le crucifient...

Ceux à qui, hier, il avait donné son corps en nourriture, le regardent mourir de loin.

Pierre, le premier des apôtres, a fui le premier. André aussi a pris la fuite, et Jean, qui reposait sur son côté, n'a pas empêché un soldat de percer ce côté de sa lance.

Les Douze se sont enfuis ; ils n'ont pas dit un mot pour lui, eux pour qui il donne sa vie.

Lazare n'est pas là, lui qu'il a rappelé à la vie. L'aveugle n'a pas pleuré celui qui a ouvert ses yeux à la lumière, et le boiteux, qui grâce à lui pouvait marcher, n'a pas couru auprès de lui.


Seul un bandit, crucifié à son côté, le confesse et l'appelle son roi.

Ô larron, fleur précoce de l'arbre de la croix, premier fruit du bois du Golgotha...!

Le Seigneur règne : la création est dans la joie. La croix triomphe, et toutes les nations, tribus, langues et peuples (Ap 7,9) viennent pour l'adorer...

La croix rend la lumière à l'univers entier, elle chasse les ténèbres et rassemble les nations...en une seule Église, une seule foi, un seul baptême dans la charité.

Elle se dresse au centre du monde, fixée sur le Calvaire.

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