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7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 16:48

SOMMAIRE:

 

-Nos prochains Rendez-vous Liturgiques

-Lectionnaire pour la Liturgie du 2ème Dimanche après la Pentecôte.

-La vie vaut-elle la peine d'être vécue?

-L'instant présent ne sait être compris qu'à la lumière de la Providence

-Le Saint Esprit et les plates-formes

-Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement (Audio de Mgr Samuel)

-De la mythologie chrétienne à la Foi modeste...

-Travaille t-on le dimanche?

-La Religion se persuade et ne s'oblige pas (Audio Mgr Samuel)

-Pentecôte 2020

-Dieu Unique mais non point solitaire.(Zundel)

-La vraie sagesse des Nations est l'expérience(Audio Mgr Samuel)

-L'Eucharistie, le cuillère pour la communion et les peurs irrationnelles.

-La Vraie Tradition de l'Eglise n'est pas un musée de coutumes figées (Père Steven)

-Quiconque rejette le bouclier de la Foi se trouve sans défence au moment du combat (Audio de Mgr Samuel)

-Le Sénat vote l'interdiction des mineurs aux sites pornographiques

-Science sans conscience n'est que ruine de l'âme (Audio Mgr Samuel)

-Une prière du mation (Mgr K Ware) suivie de la prière pour les vocations.

-Ce que nous savons, c'est une goutte d'eau, ce que nous ignorons, c'est un océan.(Audio Mgr Samuel)

-Six rencontres avec Saint Jean de Shangaï

-L'Eglise ne peut vivre le présent que dans la fidélité au passé.(Audio de Mgr Samuel)

-Quand  je crie réponds-moi, Dieu de ma justice ! (Ps 4)

-Audio: prière contre le mal

-Annonces générales.

 

Maintenues en confinement au Monastère en Normandie, toutes les célébrations Liturgiques avaient été annulées  en Charente (16), Dordogne (24), Lourdes (65) et l'Est (90,68,67) jusqu'à la fin de la Pandémie.

Nous  pouvons désormais  les reprendre progressivement.

Suivez bien ce Blog pour connaitre les prochains Rendez-Vous Liturgiques pastoraux et fraternels près de chez vous.

 Nos prochains Rendez-vous Liturgiques au Monastère

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et en dehors pour Mai- Juin 2020:

¤Au Monastère:

 

 

¤ Dimanche 21 JUIN  * 

 

¤ Dimanche 5 JUILLET, Pèlerinage du premier Dimanche du Mois à Notre-Dame de Miséricorde

 

et aux Saints du Kérala,

 

Messe à 10h 30 Suivie du programme habituel

 

¤LA CHAPELLE FAUCHER (Périgueux):- Samedi  27 JUIN *

¤ANGOULÊME (Jauldes):

-Dimanche 14 et 28 JUIN*

 

¤LOURDES (65):

-Pas de Messe ni de permanence pastorale en JUIN

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 ¤ Relais paroissial Mar Thoma Ste Geneviève: REGION PARISIENNE

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A PROPOS DE LA REPRISE DES PERMANENCES PASTORALES SUR PARIS:

En ce qui concerne les présents mois du Juin, Juillet et Aout 2020 en période de pandémie, je suis malheureusement aujourd'hui en mesure de vous annoncer:

SAUF SI NOUS TROUVIONS UN LOCAL!

-PAS DE REPRISE DES PERMANENCES PASTORALES SUR PARIS (au Monastère habituel) AVANT SEPTEMBRE :

NOTE: En cas de nécessité je visiterai les malades, les familles, etc...Il vous suffit de me laisser un SMS au 0648899489 ou un courriel: asstradsyrfr@laposte.net.

 

✥ Relais paroissial Mar Thoma Ste Geneviève: RÉGION PARISIENNE

La Permanence pastorale mensuelle reprendra les:

*Jeudi 3 SEPTEMBRE, visites aux malades et bénédictions des maisons

*Vendredi 4 SEPTEMBRE toute la journée jusqu'à 18h

*Samedi 5 SEPTEMBRE en matinée pour accompagnements spirituels, Sacrements (Confessions, Onction des malades...), Prières de délivrances ou d'exorcismes, prières de guérison... .(Inscriptions:06 48 89 94 89)

Samedi 6 à 15h , départ des fidèles de Région Parisienne qui veulent participer au Pèlerinage du dimanche à Notre-Dame de Miséricorde . (Inscriptions:06 48 89 94 89)

https://img.over-blog-kiwi.com/1/49/89/80/20191012/ob_2edb42_genevieve-ste.jpg#width=238&height=300

ANNONCE: Nous recherchons toujours un local pour y installer Chapelle et permanence pastorale continue sur Paris...L'année 2020 Célébrera les 1600 ans de Sainte Geneviève, lui aurons-nous trouvé son Sanctuaire des Chrétiens Syro-Orthodoxes de Mar Thoma sur Paris ?

 Merci de rechercher pour nous et de nous avertir de toute opportunité.

 

* P rogramme habituel: Messe à 10h30 et disponibilité d'un ou de plusieurs prêtres  pour CATECHISMES, Sacrements et sacramentaux (bénédictions, prières de délivrance, pour les malades ou exorcismes) .

Dimanche 7 Juin 2015.  Lectionnaire pour la Liturgie :  Deuxième dimanche après la Pentecôte

Dimanche 14 Juin 2020.

Lectionnaire pour la Liturgie :

Deuxième dimanche après la Pentecôte

(Calendrier Orthodoxe Malankare)

· Saint Qurbana

·

o Actes 4: 23 à 31 :

  • 23 Lorsque Pierre et Jean eurent été relâchés, ils se rendirent auprès des leurs et rapportèrent tout ce que les grands prêtres et les anciens leur avaient dit.
  • 24 Après avoir écouté, tous, d’un même cœur, élevèrent leur voix vers Dieu en disant : « Maître, toi, tu as fait le ciel et la terre et la mer et tout ce qu’ils renferment.
  • 25 Par l’Esprit Saint, tu as mis dans la bouche de notre père David, ton serviteur, les paroles que voici : Pourquoi ce tumulte des nations, ce vain murmure des peuples ?
  • 26 Les rois de la terre se sont dressés, les chefs se sont ligués entre eux contre le Seigneur et contre son Christ ?
  • 27 Et c’est vrai : dans cette ville, Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et le peuple d’Israël, se sont ligués contre Jésus, ton Saint, ton Serviteur, le Christ à qui tu as donné l’onction ;
  • 28 ils ont fait tout ce que tu avais décidé d’avance dans ta puissance et selon ton dessein.
  • 29 Et maintenant, Seigneur, sois attentif à leurs menaces : donne à ceux qui te servent de dire ta parole avec une totale assurance.
  • 30 Étends donc ta main pour que se produisent guérisons, signes et prodiges, par le nom de Jésus, ton Saint, ton Serviteur. »
  • 31 Quand ils eurent fini de prier, le lieu où ils étaient réunis se mit à trembler, ils furent tous remplis du Saint-Esprit et ils disaient la parole de Dieu avec assurance.

o

o Ephésiens 2: 11-22 :

  • 11 Vous qui autrefois étiez païens, traités de « non-circoncis » par ceux qui se disent circoncis à cause d’une opération pratiquée dans la chair, souvenez-vous donc
  • 12 qu’en ce temps-là vous n’aviez pas le Christ, vous n’aviez pas droit de cité avec Israël, vous étiez étrangers aux alliances et à la promesse, vous n’aviez pas d’espérance et, dans le monde, vous étiez sans Dieu.
  • 13 Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui autrefois étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du Christ.
  • 14 C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine ;
  • 15 il a supprimé les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. Ainsi, à partir des deux, le Juif et le païen, il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix,
  • 16 et réconcilier avec Dieu les uns et les autres en un seul corps par le moyen de la croix ; en sa personne, il a tué la haine.
  • 17 Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix, la paix pour vous qui étiez loin, la paix pour ceux qui étaient proches.
  • 18 Par lui, en effet, les uns et les autres, nous avons, dans un seul Esprit, accès auprès du Père.
  • 19 Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes concitoyens des saints, vous êtes membres de la famille de Dieu,
  • 20 car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même.
  • 21 En lui, toute la construction s’élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur.
  • 22 En lui, vous êtes, vous aussi, les éléments d’une même construction pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit Saint.

o

o Saint Matthieu 10: 5 – 16 :

  • 05 Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains.
  • 06 Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël.
  • 07 Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche.
  • 08 Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement.
  • 09 Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures,
  • 10 ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture.
  • 11 Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ.
  • 12 En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent.
  • 13 Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous.
  • 14 Si l’on ne vous accueille pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds.
  • 15 Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville.
  • 16 « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes.

La vie vaut-elle la peine

 

d'être vécue ?

 

Cette question a été posée par l'un des philosophes modernes.

Or, ni un kangourou ni un papillon ne se poserait jamais une telle question. Aucun être vivant n'essaierait de comprendre son existence par son seul instinct.

Pourtant, l'homme a en lui quelque chose qui le distingue des choses et des êtres ordinaires, quelque chose qui l'oblige à comprendre sa vie.

Pourtant, la plupart des gens sont faibles, c'est pourquoi ils traversent la vie sans en connaître le sens.

Dans l'Antiquité, de  nombreux  philosophes,  arrivés  à  l'idée  que  leur  vie n'était  pas  enracinée  dans  l'éternité,  ont  délibérément choisi d'y mettre fin.

Heureusement, ils furent toujours en minorité. La plupart des gens sont nés et vivent jusqu'à un âge avancé, se détournant instinctivement des questions éternelles pressantes. Cependant, tout le drame de la vie chrétienne consiste à nous réveiller du sommeil. Non pas pour nous mener à une impasse et au suicide, mais pour une percée dans la vie éternelle. C'est une question très grave.

Saint Jean de Cronstadt a comparé l'homme à une poule.

Une  poule  naît  deux  fois.  Au  début,  la  poule  subit  les douleurs de l'accouchement  et pond un œuf.

Mais ce qui naît n'est pas encore une poule. Maintenant, l'œuf doit être couvé et éclos.

Ce n'est qu'après une longue période d'incubation qu'un être vivant poilu, humide et drôlement jaune éclora de l'intérieur d'une coquille morte. L'homme aussi doit naître deux fois.

D'abord, comme une jeune grenouille, comme Mowgli, comme un petit humain ; puis comme une personne, comme un être humain intelligent, comme un enfant de Dieu par Grâce.

Celui qui ne naît pas deux fois restera un œuf. Il est destiné à être mangé, à la coque ou dur ; à être mangé cru par un humain ou un animal. Les détails n'ont pas d'importance. Il y a beaucoup de gens dans cette situation.

À  la  lumière  de  ce  qui  a  été  dit,  il  y  a  une  beauté particulière dans le rituel de la bénédiction d'un œuf décoré et dans tout ce qui est lié aux œufs de Pâques.

Comme nous le savons, c'est un œuf qui a été offert en cadeau à l'empereur Tibère par Marie-Madeleine. Tout cela parce que nous sommes comme les œufs.

L'éveil  à  une  vie  consciente  et  intelligente  peut  être comparé à une résurrection d'entre les morts.

Le Christ ressuscité manifeste Sa présence constante dans notre monde par le fait qu'un grand nombre de personnes, ayant entendu Son Nom, ayant lu Sa Parole et ayant goûté à Ses Mystères,  jettent  leur  linceul  funéraire  et,  comme  un papillon sorti d'un cocon, volent vers le haut pour s'envoler, vivant une nouvelle vie.

Telle est la signification de la célébration de la Résurrection du Christ. Si nous ne nous relevons pas d'une mort vivante et malodorante, si nous ne
 
nous levons pas et ne commençons  pas à nous déplacer après avoir été longtemps couchés dans un cercueil - que ce soit par négligence, par découragement ou par haine - alors notre foi est vaine (1 Cor. 15:14).

La  Résurrection  du  Christ  justifie  la  vie  humaine  et  lui donne en même temps un sens.

La croyance en la résurrection  se  situe  à  mi-chemin  entre  l'enseignement selon lequel il n'y a pas de vie après la mort et la doctrine de  la  réincarnation.  Celles-ci  nous  attaquent  des  deux côtés.

Certains comparent les êtres humains à de l'herbe ; dès que quelqu'un est fauché par la mort, ils s'empressent de le livrer à un feu anéantissant comme s'il n'avait jamais existé.

D'autres, ayant le sentiment de l'éternité dans leur cœur mais ne croyant pas au Christ, fantasmeront sur leur vie passée ou future comme un poisson, un moustique, un buffle, etc.

Le Christ miséricordieux nous sauve de l'un de ces dangers et ne nous laisse pas tomber dans l'autre.

Par Son Incarnation unique et Sa mort et Sa résurrection rédemptrices tout aussi uniques, il nous permet de comprendre que nous sommes à la fois éternels et uniques.

Dans Son hypostase, le Christ a assumé la totalité de la nature humaine. Cela signifie que tous seront ressuscités, ceux qui le veulent et ceux qui ne le veulent pas, ceux qui le savent et ceux qui n'y ont jamais pensé.

Le Christ a vécu une seule vie sur terre. Il ne s'incarnera pas une deuxième fois, il ne sera pas crucifié à nouveau, il ne sera plus ressuscité.  

Cela signifie que nous aussi, nous vivons une seule vie. Nous l'écrivons comme une copie unique ; il n'y a pas de brouillons.

S'étant incarné et ayant souffert, le Christ a gagné le droit de juger les gens. En tant que Dieu, Il avait le pouvoir de le faire, mais les gens ne considéraient pas qu'Il en avait le droit.

Dieu est en haut et au loin, pensaient les gens. Il est saint  et  pur.  Nous  vivons  ici-bas  dans  la  saleté  et  les péchés, et il n'y a rien de commun entre nous et Lui.

"Es-tu capable de nous juger", pourrait-on dire au Grand Dieu du Ciel, "nous qui rampons comme des vers dans les péchés?

Parce que Dieu est bon, cet argument est monstrueux. Mais pour  l'arracher comme  une  piqûre  des  lèvres  humaines rusées et flatteuses, Dieu personnellement, dans Son Fils, s'est uni à la nature humaine, est descendu vers nous et est devenu l'un des nôtres.

Avant sa résurrection, Il fut un bébé,  il fut allaité  et pleura  de faim.  Il avait  besoin  de chaleur et de protection.

Quand Il grandit, Il travailla dur, se fatigua, et froid et    faim. Il se déplaça à pied. Il fut insulté par Ses compatriotes et injurié par les scribes; Il fut trahi par un disciple et renié par un autre.

Il vécut et ressentit, dans notre peau, tout ce qui pouvait être vécu sur terre. Il a le droit de nous juger - non pas parce qu'Il est Dieu, mais parce qu'Il est l'Homme.

A cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards; Par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d'hommes,   (Isaïe 53:11). Là où deux ou trois sont réunis en Son nom, Il a promis de rester mystiquement parmi eux.

Et Il habite parmi nous maintenant, car c'est en Son Nom que nous  célébrons.  En tant que précurseur  pionnier  de notre salut (cf. Hébreux  2:10), Il nous conduit vers une terre de paix.

C'est là que se trouvent la justification, la compréhension et la sanctification de notre existence temporaire.

L'Église tout entière est la continuation à travers l'histoire du  fait  de  la  vérité de  la  Résurrection  de  Jésus-Christ d'entre les morts, un fait éternel et qui, comme un rayon de lumière, traverse les siècles.

C'est  de  cette  source  que  proviennent  le  courage  des martyrs, la sagesse des saints, la patience des vénérables et la miséricorde des désintéressés. Tout acte d'ascèse et tout ce qui est sacré se nourrit de cette source.

Même si nous ne sommes pas nous-mêmes vénérables, ni martyrs ou saints, nous vivons et respirons encore par ce seul fait nouveau dans la vie de l'homme - même si nous ne nous en rendons pas compte.

Pourtant, il serait certainement bénéfique pour nous d'en être conscients. Car, en fait, il y a une bonne raison pour laquelle l'esprit aussi bien que le cœur sont nécessaires.

Archiprêtre André Tkatchev
Version française Claude Lopez-Ginisty d'après
ORTHOCHRISTIAN

L'instant présent ne sait être
 
réellement compris qu'à la Lumière
 
de la Providence
(Père Stephen)

 


C'est Dieu qui S'occupe de la conclusion de l'Histoire.

Cette simple déclaration est une façon d'exprimer la doctrine chrétienne de la Providence divine. Une manière encore plus profonde serait peut-être une déclaration affirmant que "toutes choses travaillent ensemble pour le bien". Cependant, quelle que soit la façon dont on le dit, c'est souvent la moins évidente de toutes les doctrines chrétiennes. Elle est aussi, je pense, l'une des plus nécessaires des doctrines chrétiennes lorsqu'il s'agit de vivre correctement la vie de la Grâce. Ceux qui ne comprennent pas cela, sont confrontés à la tentation constante d'assumer eux-mêmes la position de Dieu. Et ça, c'est de l'idolâtrie.

J'ai appris à chacun de mes quatre enfants comment conduire une voiture. Avant de commencer avec le premier, je me suis calmement promis que je ne crierais que pour éviter un accident immédiat. La raison en était très simple : l'expérience d'être passager d'un conducteur non-qualifié provoque une anxiété extrême, généralement accompagnée de cris fréquents. Il est également vrai qu'aucun conducteur n'aime conduire avec des passagers qui crient, et encore moins avec quelqu'un qui n'est pas sûr de ses compétences. L'une des choses les plus essentielles à apprendre en matière de conduite, c'est ce qu'il faut faire avec les yeux. Il est bien sûr nécessaire de surveiller les rétroviseurs, tant le rétroviseur central que les rétroviseurs latéraux, afin d'être conscient ce qui vous environne là où vous conduisez. Il faut également être conscient du trafic dans les 2 sens de circulation. Et puis, il y a la route qui s'étend dans le lointain. Alors, sur quoi devons-nous concentrer notre attention ?

La réponse, me semble-t-il, est que notre centre d'intérêt se trouve quelque part au loin. Si notre attention est trop proche, les actions nécessaires pour y répondre se produiront à un rythme beaucoup trop rapide pour une réponse en temps opportun. Il en résultera une conduite très "saccadée". La posture visuelle essentielle consiste à se concentrer sur un point plus éloigné de la route, tandis que nous dirigeons et réagissons en grande partie grâce à notre vision périphérique.

Apprendre que l'on a une vision périphérique est quelque chose qui demande une attention particulière. Il est assez facile de supposer que nous ne voyons que ce sur quoi nous sommes concentrés. Une telle forme de vision serait dangereuse à l'extrême. Au contraire, la concentration n'est qu'une petite fraction de ce que nous voyons. La plus grande partie de notre vision se situe dans la "périphérie", cette zone qui entoure le point de focalisation. Si vous vous concentrez et restez concentré sur un seul point, par exemple un seul mot dans un paragraphe, et que vous commencez ensuite à déplacer votre main (tout en gardant la même mise au point), vous découvrirez rapidement que vous pouvez voir à une distance de près de 180 degrés. La mise au point est une chose étroite, un seul point. La périphérie est large, toute la portée passant par environ une demi-sphère.  Conduire une voiture est un exercice de coordination œil-main dans un monde qui est principalement vu en périphérie.

J'ai dû réapprendre cela la première fois que j'ai loué une voiture et que j'ai commencé à conduire en Angleterre. J'ai su qu'il y aurait des problèmes quand on m'a dit que la voiture disponible avait une boîte de vitesses manuelle. Comme tout homme qui se respecte, j'avais répondu : "Pas de problème !" Alors, assis à droite, avec le changement de vitesse à ma gauche, et les pédales dans le même ordre qu'en Amérique (de gauche à droite : embrayage, frein, accélérateur), j'ai commencé mes premiers efforts de conduite en Angleterre. La vision périphérique n'est en fait qu'une fraction de ce que votre corps "voit". Il existe une autre grande quantité d'espace volumique que le reste de votre corps ressent et "voit" par extension. Nous "sentons" l'automobile elle-même.

Rien ne rend cela plus clair que de s'asseoir du "mauvais" côté et d'essayer de conduire. Tout le côté gauche de la voiture me donnait l'impression de sortir d'un cabinet dentaire : engourdi. J'ai frotté avec les pneus du côté gauche de la voiture trois fois pour réussir à quitter le stationnement. Le fait que le voyage n'ait pas entraîné d'accident majeur témoigne de la fidélité de Dieu et de quelques interventions risquées de la part de mon ange gardien.

Quel est donc le rapport avec la Providence divine ? C'est, en bref, un exemple de la façon de voir et de penser dans le contexte de la Providence. L'issue de l'Histoire est entre les mains de Dieu. Dans la Résurrection de Jésus-Christ, nous voyons la fin de l'histoire. Tout cela fonctionne ensemble pour le bien. La question qui se pose dans notre vie quotidienne est cependant de savoir où nous concentrons notre attention. Dans l'ensemble, nous avons tendance à vivre comme de jeunes nouveaux conducteurs. Nous nous concentrons sur ce qui nous entoure. Lorsque nous nous préoccupons de l'avenir, il ne s'agit en fait que d'une voiture qui nous précède. Ainsi, notre vie se déroule par à-coups, nous nous précipitons vers les problèmes perçus et en revenons, nous nous agitons sur la route, nous sommes surpris par un brouhaha et, parfois, nous nous retrouvons dans le fossé.

C'est ce que les Hébreux nous rappellent :

"Voilà donc pourquoi nous aussi, enveloppés que nous sommes d'une si grande nuée de témoins, nous devons rejeter tout fardeau et le péché qui nous assiège, et courir avec constance l'épreuve qui nous est proposée, fixant nos yeux sur le Chef de notre Foi, qui la mène à la perfection, Jésus, qui au lieu de la joie qui Lui était proposée, endura une Croix, dont Il méprisa l'infamie, et qui est assis désormais à la droite du Trône de Dieu." (Hébreux 12,1-2)

Le Christ lui-même a "fixement regardé" la joie qui Lui était destinée, la cause pour laquelle Il est venu dans le monde. Nous voyons rarement la Providence en nous concentrant sur toutes les distractions immédiates du moment. Elle se voit mieux dans la distance divine. La majeure partie de notre vie immédiate est mieux vécue et vue dans la "vision périphérique" de la Providence. Il s'agit d'une habitude spirituelle qui nécessite de la pratique pour l'atteindre (comme apprendre à conduire une voiture).

J'anticipe une objection à tout cela sous la forme de "mais qu'en est-il de vivre le moment présent ?" - Le véritable "moment" dans lequel nous vivons ne peut être perçu à juste titre en dehors de la Lumière de la Providence. Le détail et ce qui est immédiatement à portée de main, lorsqu'il est isolé de sa place au sein de la Providence dans son ensemble, peut sembler être quelque chose qu'il n'est pas. Une telle focalisation erronée peut être l'une des nombreuses formules d'une existence angoissée. La "vérité" de notre existence n'est révélée que dans la plénitude de la Vérité qui nous est révélée dans la Pâque du Christ.

La vision de la vie dans laquelle nos yeux sont "fixés" sur la Fin annoncée dans le Christ, tout en englobant toute la périphérie de notre vie en cours, est un lieu de paix et d'assurance. Lorsque nous vivons des temps "étranges", il est important de noter qu'une mauvaise focalisation tend à exacerber l'étrangeté. Nous ne voyons clairement que lorsque notre vision est rendue entière.

22 Mai 2020
P. Stephen Freeman
Saint Anna's Orthodox Church
LE SAINT ESPRIT ET LES « PLATEFORMES »
En ligne –

Le saint Esprit n’est pas prisonnier des rites, des formes, de l’espace ou du temps.

Il répond exclusivement, sans en être pour autant prisonnier, à la foi.

Là où une personne confesse explicitement Jésus comme Seigneur, là est l’Esprit.

Mais si, dans l’église, pendant l’épiclèse, je pense à autre chose ou si on me laisse jouer aux petites autos ou dessiner, je n’aurai pas de part à l’Esprit de Dieu.

Un non encore baptisé qui confesse Jésus Seigneur reçoit la grâce du saint Esprit.

Un baptisé qui laisse se dégrader sa foi et sa pratique évangélique se rend incapable de communier au saint Esprit, quand bien même Celui-ci descend comme la foudre.

Il n’y a ni magie ni automatisme dans la religion « en Esprit et en Vérité ».

Pas de relativisme

Nous ne relativisons pas pour autant les sacrements et les rites liturgiques de l’Église, institués par le Christ, ses apôtres et les saints Pères avec la puissance de l’Esprit.

Mais le contenu des rites et des sacrements est dans la foi, dans la confession authentique de Jésus comme Seigneur.

Il est donc naturel que vous ressentiez la présence du saint Esprit, même à distance, même « en ligne », quand nous le demandons ensemble au Père céleste.

Les saints qui vivaient dans le désert savaient souvent à quelle heure on célébrait dans l’église dont ils étaient éloignés par des kilomètres.

Ils s’associaient à cette prière et l’Esprit descendait sur eux et sur tous ceux qui confessaient au même moment Jésus comme Seigneur.

Mais Il ne descendait pas dans les belles églises des hérétiques pour qui Jésus n’était qu’un homme supérieur.

La question est de communier au saint Esprit quand Il descend.

En étant uni au Christ par la vraie foi, on peut s’ouvrir à l’Eau vive et vivifiante.

La liberté de l’Esprit

L’Esprit effectivement souffle où Il veut. Mais Il choisit de s’investir là où le Verbe est reconnu comme tel.

Il souffle où Il veut, mais Il ne souffle pas n’importe où. Dieu n’est ni capricieux, ni arbitraire, ni anarchique. Il est libre: c’est différent!

Ajoutons que l’Esprit souffle, non seulement là où la vraie foi est confessée, mais là où l’on fait la volonté du Père, c’est-à-dire là où l’on applique ses commandements.

Même un Orthodoxe, s’il trompe ses frères, s’il cède à la tentation du pouvoir par exemple, a beau être un confesseur de la vraie foi, il ne sera pas un réceptacle de la grâce du saint Esprit.

Ses actes, d’ailleurs, démontreront que l’Esprit n’habite pas en lui puisqu’il sera en contradiction avec la volonté du Père exprimée par le Fils.

Les Orthodoxes ne se prévalent pas trop de la rectitude de leur foi: au Jugement dernier ils auront à rendre compte de leur orthopraxie comme le dit l’Évangile selon saint Matthieu, au chapitre 25.

Source :"Sagesse Orthodoxe"

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donnez gratuitement.

(Discours de Mgr Boniface, 5 juin 2020) 01

Discours de Mgr Charles-Clément Boniface, dit Père Samuel, Chorévêque Syriaque orthodoxe, à ses fidèles et à toute personne croyante ou non.

Sujet :
Les disciples du Christ (partie 1).
Dans l’Évangile selon saint Mathieu (10, 8), Jésus dit à ses disciples, les prêtres :
« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. »

Illustration :
Le Christ et ses douze Apôtres.

Extrait du discours :

Selon le Dictionnaire de l’Académie française,
Disciple = Celui qui apprend d’un maître quelques sciences.

C’est comme nous, par exemple, notre devoir est
- d’éduquer,
- de former,
- d’instruire, toute personne qui vient chez nous,
- résolument,
- bénévolement
- et gratuitement.
Chez nous, le gratuit est divin. Tout le monde est témoin.
- Mariage,
- Baptême,
- Funérailles,
- Visite des malades,
- Bénédiction des maisons…
Tout est GRATUIT dans notre église !

Le disciple est aussi celui
- qui suit la doctrine d’un autre,
- qui s’attache à ses principes et à ses sentiments.

Les disciples de Jésus-Christ.
Dis-moi avec qui tu parles, je te dirai qui tu es.

Dans l’Évangile selon saint Mathieu (10, 1-8) :
« Puis, ayant appelé ses douze disciples, il leur donna le pouvoir de chasser les esprits mauvais, et de guérir toute maladie et toute infirmité.

Voici les noms des douze apôtres.
1. Le premier, Simon appelé Pierre,
2. et André, son frère ;
3. Jacques, fils de Zébédée,
4. et Jean, son frère;
5. Philippe,
6. et Barthélemy;
7. Thomas,
8. et Mathieu, le publicain;
9. Jacques, fils d'Alphée,
10. et Thaddée;
11. Simon le Cananéen,
12. et Judas l’Iscariote, celui qui trahit Jésus.

Jésus dit à ses douze Apôtres, les prêtres :
- Guérissez les malades,
- ressuscitez les morts,
- purifiez les lépreux,
- chassez les démons.
- Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. »

Comme disait l’écrivain français Louis-Ferdinand Céline († 1961) :
« Le gratuit seul est divin. »

Charles Baudelaire dit :
« La plus grande malice du démon, c’est de faire croire qu’il n’existe pas. »

Jésus a été tenté trois fois par le Satan.
À la fin Jésus est vainqueur. Il dit : “Arrière, Satan !”
C’est un exemple pour chacun d’entre nous.

Le philosophe grec Aristote dit :
« L’habitude est une seconde nature dans l’être humain. »

Si nous perdons nos bonnes mœurs, nous devenons incrédules.
C’est le cas, aujourd’hui, de l’Europe, de l’Occident.

La vertu est une habitude dans l’âme qui rend l’homme bon, gentil, charitable.

Sénèque dit :
« Le plus grand ennemi de l’homme, c’est l’homme lui-même. »

La fidélité doit être l’âme du couple.

Jésus dit (Saint Mathieu 23, 11) :
« Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. »

Chateaubriand dit :
« Les femmes valent infiniment mieux que les hommes. »

Jésus dit (Saint Mathieu 10, 24-25) :
« Le disciple n’est point au-dessus du maître. Il suffit au disciple d'être comme son maître. »
Dis-moi avec qui tu parles, je te dirai qui tu es.

Plusieurs, en négligeant d’être les humbles disciples de la vérité, deviennent les maîtres de l’erreur et du mensonge.

Saint Augustin dit :
« À mesure que nous détournons nos regards de Dieu, les erreurs les plus grossières s’emparent de nous. »

Celui-là, seul, est libre qui a vaincu l’erreur. La vérité doit chasser l’erreur.

Tout homme peut tomber dans l’erreur, mais il n’y a que les insensés qui y persévèrent.

L’erreur est humaine.
Pardonner est divin.
Rester dans l’erreur est diabolique !

Le Roi David (Psaume, chapitre 14, verset 1-2) :
« L’insensé dit en son cœur Dieu n’existe pas.
Les hommes sont corrompus, leur conduite est abominable.
Le Seigneur, du haut des cieux, regarde les fils de l’homme, pour voir s’il y a quelqu'un qui soit intelligent, qui cherche Dieu… »

Donc, Dieu n’est pas la cause de la perversion des hommes. C’est leur aveuglement et leur endurcissement.
Ils deviennent aveugles et incrédules en perdant leurs bonnes mœurs.

Dans l’Évangile Saint Luc (14, 27), Jésus dit :
« Celui qui ne porte pas sa croix et ne me suit pas, ne pe
ut pas être mon disciple. »

De la mythologie chrétienne à la
 
foi modeste ou l’aveu de la
 
bienheureuse Nuit

Sur le fragile support d’un réseau social, que d’aucuns pourraient estimer exorbitant au regard de ma condition, mais dont je suis persuadé au contraire qu’il peut se révéler d’une extraordinaire fécondité calmement subversive, j’ai tenté, durant ces temps d’exception, une aventure qui éprouve désormais le besoin d’un sage répit, mais qui ne va pas moins se poursuivre et qui aperçoit déjà l’ampleur de ses conséquences.

À travers l’immense nébuleuse des partages sans lendemain ni substance, et pariant sur l’efficacité de mon jeu sérieusement enfantin, j’ai permis que se réalisât la coagulation d’une galaxie, et de ce qui pourrait n’être qu’un exutoire de balivernes, qu’un universel amusement sans lieu capital ni finalité, j’ai fait et continuerai de faire le vecteur d’un questionnement audacieux et fondamental, le lieu de rendez-vous d’un peuple de baptisés – et de non baptisés – bien plus théologiens qu’on ne le pense.

Le billet que j’entreprends aujourd’hui – le huitième depuis que s’est déclarée la Peste – parachèvera l’octave et marquera une espèce de point d’orgue. Il s’y mêlera une note de gravité, plus sensible encore que dans les précédents, et qui lui vient tout à la fois de la charge confidentielle, voire confessionnelle, qui l’anime et de l’importance extrême des matières qu’il aborde.

À Rome, la Ville où je suis né, il est une rue qui porte le nom mystérieux de Via delle Botteghe oscure, « la rue des Boutiques obscures », sans doute à cause des activités artisanales qui s’y déployaient, dans des échoppes visitées très parcimonieusement par les rayons du soleil.

Eh bien, c’est cette rue-là que j’habite depuis quelques années, au sens figuré, c’est dans cette rue-là que je m’enfonce. Dieu merci, j’ai découvert que j’y avais beaucoup de voisins et que d’autres boutiques obscures jouxtaient la mienne. J’en découvre même chaque jour de nouvelles.

Alors le cœur m’en a dit de sortir sur le seuil de ma boutique et d’inviter ceux qui habitent le même quartier. Pour leur partager ma nuit. Pour que nous fassions commerce de notre nuit commune. Pour que nos nuits – nos nuits spirituelles, nos « nuits de la foi » – se disent bonjour.

Serait-ce succomber à l’impudeur que d’exhiber des ténèbres si intimes qui risquent d’effarer certains ? Je ne le crois pas, car en se reconnaissant fraternelles, nos nuits qui se côtoient s’allument mystérieusement les unes aux autres et font une espèce de clarté.

Notre grande nuit commune de la foi, toile de fond de ces propos, est un lieu de retrouvailles, et peut-être le plus pressé, le plus honnête, le plus chaleureux de tous. Car c’est notre foi, oui, c’est tout bonnement notre foi qui se voit soumise aujourd’hui à une épreuve d’une radicalité sans seconde.

C’est jusqu’aux assises de la foi, avec ses affirmations traditionnelles et son contenu paresseusement répété, que vient retentir en nous le séisme actuel, séisme dont les « abus », si odieux soient-ils, ne sont pas, et loin de là, me semble-t-il, le véritable épicentre.

Oui, l’état des lieux qu’il nous incombe de faire n’est pas seulement d’ordre institutionnel, éthique, politique : il est – et j’y tiens, bien que peu aillent fouiller jusqu’à ces profondeurs – d’ordre métaphysique.

Décidément, l’épisode historique de la pandémie aura ses prophètes et ses martyrs. Ses martyrs, c’est-à-dire ses témoins qui osent une parole, et peut-être, qui sait, ses victimes, si la parole qu’ils ont osée n’est pas reçue.

Nous autres, qui sommes parvenus à la sixième décade de notre âge – je parlerai ici, qu’on m’en excuse, à ma génération, mais sans oublier les plus jeunes –, nous autres, dis-je, qui sommes parvenus en quelques années à l’âge d’homme, comme si le « Phénomène humain » avait accéléré en nous son irrésistible poussée, nous sommes les enfants d’un double désenchantement. Je ne dirai pas grand-chose de celui du monde.

Comme les années soixante étaient douces encore dans leur ingénuité, dans leur aisance raisonnable, dans leur enthousiasme presque médiéval ! Depuis ces temps-là, nous avons connu la révolution numérique, il est vrai, mais surtout la désillusion croissante d’un progrès global et irréversible de l’humanité.

Si la menace atomique s’est quelque peu estompée du champ de nos obsessions, nous avons assisté, en revanche, à l’explosion du terrorisme international (le sinistre 11 septembre 2001 nous a fait basculer brutalement dans un siècle nouveau dont la science-fiction semblait inspirer le premier acte) et la catastrophe écologique, parvenue au stade d’évidence, s’impose désormais à nous comme une eschatologie séculière dont notre planète usée porte en elle-même l’effrayante promesse.

La culture humaniste qui appelait autrefois tout l’élan de notre ferveur et qui faisait le fond de nos études universitaires a cessé d’être une patrie commune pour devenir un isoloir, à tel point qu’écrire une phrase complexe (comme celles dont on faisait jadis à l’école l’analyse logique) passe désormais pour une bizarrerie, sinon pour une insulte.

Mais il faut parler aussitôt d’un autre désenchantement, plus sensible encore, parce qu’il touche au continent bien-aimé dont nous espérions qu’il nous consolât des horreurs du monde : je veux parler du désenchantement qui nous vient de l’Église, oui, de l’Église elle-même. Car nous étions nés – quelle heureuse étoile ! – sous le signe d’un concile sans anathèmes ni prétexte défensif, un concile de pure générosité, animé par un souffle sans exemple dans l’histoire de l’Église.

Ce concile, nous l’avons accueilli, nous avons travaillé sur lui, avec lui, pour lui, à tel point qu’il a pu décider des orientations majeures de notre vie, avec les coûteuses ruptures qu’elles exigeaient parfois de nous. Et depuis, qu’avons-nous vu ?

Que voyons-nous désormais sur les vestiges d’un édifice dont un nombre toujours croissant de clercs ignorent l’architecture et qu’ils n’honorent même pas de leur visite, parce qu’il n’existe plus à leur yeux ?

Après un épisode de vandalisme soixante-huitard qui a saccagé la liturgie, et tandis que se poursuivait, malgré tout, l’inexorable reflux du catholicisme dans le paysage sociétal, nous avons vu les vieux démons de l’institution reprendre insensiblement leurs droits.

Nous avons vu l’infléchissement passablement conservateur des mouvements charismatiques, l’assoupissement progressif de l’aventure œcuménique, la substitution de la culture du merveilleux (apparitions et guérisons à tout-va) à l’approfondissement des Écritures (aliment substantiel de la foi), la Guerre des Missels et la remontée des vieux sédiments maurassiens, les pulsions récurrentes d’une frange protestataire sur les questions d’éducation et d’éthique sexuelle, le travestissement du catholicisme le plus classique sous les trémoussements jeunistes de la pop-louange, la démystification de fondateurs proposés à une admiration sans discernement, un bipapisme larvé qui se trouve des complaisances jusque dans les plus hautes sphères de la hiérarchie et, pour finir, non pas l’ostension de reliques resplendissantes, mais l’ouverture de cloaques masqués par de longues et incompréhensibles compromissions.

Avec ceux-là mêmes qui avancent les droits de la Tradition, le malentendu est complet, car, indifférents à ses sources vives qu’inventoriaient les grands ténors de la théologie du siècle dernier, ils n’en cultivent que le fantôme et n’en étreignent que la garde-robe.

Mais toute cette écorce décevante de l’histoire n’est pas grand-chose encore au regard des profondeurs auxquelles le désenchantement plonge en nous désormais ses racines.

Car il s’est produit un événement bien plus considérable, bien plus tragique, quelque chose de si énorme et de si douloureux que l’on en parle à voix basse et que bien peu, à vrai dire, se risquent à l’avouer, craignant non seulement de passer pour des transfuges, mais de s’aliéner les relations, les amitiés que leur mutisme (sinon leur mensonge) leur assure.

Sous l’effet d’une pression impossible à contenir, venue tout à la fois du dedans et du dehors, implacable comme une réaction chimique, des pans entiers de notre édifice intérieur, de nos représentations familières et de nos certitudes tranquilles se sont effondrés, et nous les voyons, navrés, s’éloigner de nous comme ces morceaux de banquise que mine l’irréversible réchauffement des eaux.

Le ciel, « si bleu, si calme, par-dessus le toit », le toit, sur nos têtes, soudain s’effrite comme un stuc. Confronté à la maturation qui s’opère en nous, à la majesté toujours plus évidente de l’Univers et de l’Histoire, à la pluralité légitime et respectable des voies que l’humanité a empruntées pour approcher le mystère qui l’enveloppe et la dépasse, le système solaire, si harmonieux, si ingénu, si rassurant, de nos « célestes vérités » n’apparaît plus que comme la banlieue momentanée d’une incommensurable galaxie.

Et nous voilà nus, démunis, grelottant de froid, sous un firmament dont nous ne voyons ni arcs-boutants, ni abside, ni clef de voûte, au beau milieu d’une marche forcée dont le Maximus Poeta (encore lui) a magnifiquement stylisé le paysage et l’allure : Ibant obscuri sola sub nocte per umbram[1] : nous « avançons, obscurs, sous la nuit solitaire. »  

Comment n’entendrais-je pas toujours, à plus de quarante ans de distance, et avec le même saisissement, la clameur léonine de Nietzche, telle que je l’entendis, adolescent, au Théâtre du Quai d’Orsay, lors d’une représentation de Ainsi parlait Zarathoustra mis en scène par Jean-Louis Barrault ? « Dieu est mort ! »

Et comment ne retiendrais-je pas, dans le sens de la modestie qu’impose cet indiscutable décès, l’Humilité de Dieu du Père François Varillon (1975) et l’Effacement de Dieu de Gabriel Ringlet (2013)?

Mais alors, je le demande, l’institution à laquelle j’entends toujours appartenir de tout cœur au titre de ma vocation baptismale et monastique, peut-elle entendre un tel désarroi, un tel désemparement partagé aujourd’hui par tant de chrétiens, par tant d’hommes et de femmes de bonne volonté, sans me rejeter de son sein, et peut-être m’écraser, au titre de cette possession intégrale, immuable et exclusive de la vérité, dont il n’est pas tout à fait sûr qu’elle ait perdu l’instinct, dont il n’est pas tout à fait sûr que, dans son sein, certains ne caressent pas encore le rêve ?

Aujourd’hui, l’institution est-elle en mesure de comprendre, d’accompagner, davantage, de bénir le désarroi – non dépourvu d’un gai savoir – de tous ceux qui, en l’espace d’une vie, de quelques années parfois seulement, se découvrent sans rien où reposer leur tête ? Est-elle capable de se convertir en institution de la Nuit ?

Comme ce titre inédit serait beau, pourtant, sur son portail ! Mais se peut-il qu’il existe jamais une institution de la Nuit ?...

Beaucoup de chrétiens (en fait, la proportion doit être énorme, terrifiante) se satisfont d’une mythologie chrétienne, non pas ignorance, mais par peur, par paresse, je n’ose dire par intérêt.

Beaucoup de chrétiens en restent au stade mythologique, touchant aux origines du monde et de l’homme, touchant aux origines de Jésus, touchant à la résurrection, touchant à ce que l’on appelait jadis les « fins dernières ».

Ce disant, je ne voudrais pas que l’on me soupçonnât du moindre mépris pour les simples ni les tout-petits auxquels l’Évangile accorde sa préférence (Mt 11, 25) : j’en connais trop, j’en fréquente trop d’admirables dans les murs et hors les murs, et je me défendrai moi-même toujours farouchement d’être un savant ou un « intellectuel », au sens mondain que l’on donne à ces termes.

Mais cette simplicité, cette petitesse évangélique, la vraie, avide d’intelligence de la foi, ne s’entretient ni de la peur, ni de la rigidité, ni de je sais quelle inertie spirituelle.

Beaucoup de chrétiens, prenant leurs imaginations pour la chair de Dieu, ont confondu et confondent encore le Dieu incarné avec un Dieu anthropomorphique, projection géante des puissants qu’ils ont portés ou désirent porter sur les trônes de ce monde.

L’on a fait jadis un Dieu sur le patron de l’empereur romain qui garantissait au christianisme son statut de religion d’état, plus tard on a fait un Dieu sur le modèle du monarque absolu qui se nommait, non sans quelque aplomb, le « Très-Chrétien » : l’on fait aujourd’hui un Dieu qui n’est, somme toute, que le garant suprême d’une vaste sécurité sociale aux prolongements posthumes.

Des voix très autorisées ont fait observer que le monde avait cessé d’être chrétien : je ne suis pas certain (et je ne suis pas le seul) qu’il ait seulement commencé de l’être.

La foi a ses charbonniers, du moins ceux qui se proclament comme tels, par peur inavouée de cesser de l’être, ou de ne l’être déjà plus tout à fait. Nous n’entendons pas manquer de respect ni de considération fraternelle à leur égard, mais nous leur demandons de bien vouloir se représenter qu’on puisse ne pas être, ne plus être aujourd’hui charbonnier, et de considérer à leur tour fraternellement la légitimité d’une posture croyante différente de la leur.

Abstraction faite de toute catégorisation d’ordre intellectuel ou social (bien trop mondaines pour entrer en ligne de compte en ces matières si délicates), les « vases » qui reçoivent la parole de la foi ne sont pas tous, qu’on le veuille ou non, de la même fabrique : chacun la reçoit selon sa culture humaine et spirituelle, selon sa capacité[2] , de sorte que les pots qui s’estiment fièrement de fer ne sauraient bousculer inconsidérément ceux qui, plus inquiets, plus accessibles à la grande énigme de l’existence, se sentent plutôt d’argile.

Nous demandons simplement, face à nos frères, la permission, la grâce d’être des hommes qui doutent (il peut se rencontrer tellement d’intolérance chez les installés, les peureux, les faux simples !).

Beaucoup vivent dans la somnolence des certitudes sommaires et confortablement soustraites à toute mise en question : nous, qui sommes entrés dans une agonie où passent notre noblesse d’homme et notre secrète joie, nous leur disons, sur le point de nous lever pour aller à notre destin :

Désormais vous pouvez dormir et vous reposer : voici toute proche l’heure… (Mt 26, 45). Nous composons gentiment, poliment, cordialement, avec l’usage et le paysage officiels : comme Pierre et Jésus nous nous acquittons du didrachme (Mt 17, 24-27), comme Paul nous satisfaisons aux rituels de purification (Ac 21, 23-26), mais, en notre for interne, nous sommes rendus plus loin, de plus en plus loin, presque à l’étranger.

Nos paroles, notre lucidité, notre énergie dérangent les forces d’inerties (les plus totalitaires qui soient au monde) : mais quoi ! faut-il nous excuser d’être des vivants ?

Car il nous incombe à nous, les vivants, de préserver aujourd’hui la foi – la foi nocturne et nue – non des hérésies, mais d’une triple réduction : de sa réduction à un discours mythologique, si rassurant soit-il ; de sa réduction à un discours moralisateur, si édifiant soit-il ; de sa réduction à un discours humanitaire, si généreux soit-il.

Les trois péchés-mignons, en somme, du discours ecclésiastique.

À la phraséologie intempérante de « l’amour », ressassée partout ad nauseam sur les lèvres ecclésiastiques et servant de cache-misère à une lamentable jachère intellectuelle, nous préférerons des arêtes plus vives, des inquiétudes plus fécondes et des aridités plus ardentes.

Attendu que la foi véritable met à vif et à vide, le service ecclésial de la parole devrait consister à désigner, à attiser notre béance existentielle plutôt qu’à la combler avec un décor, voire des bibelots, qui humilient son inaliénable grandeur.

L’épreuve du désenchantement, donc, nous a ôté un premier ciel où se mêlait trop de notre artifice. Elle a aussi dérobé le sol sous nos pas, de sorte que, avec ce qui nous reste, il va nous falloir retrouver un nouvel équilibre.

Non pas reconstituer un système de fortune, mais embrasser, enfin, une complète précarité. Paradoxe : il va nous falloir, hors sol, sans sol sous nos pas, devenir et demeurer solides.

Nous n’avons pas de propriété foncière : comme se l’était entendu dire le premier homme – le premier marcheur – de l’histoire, la Terre est foncièrement Promesse : Va vers le pays que Je te montrerai (Gn 12, 1).

Notre condition métaphysique se découvre donc comme une fondamentale pauvreté. Et comme le désenchantement nous a dépaysés d’un ciel et d’une terre trop faciles, il nous a aussi, par définition, soustrait un chant trop étourdi.

Et comme il va nous falloir trouver un autre équilibre dans le vertige, il va nous falloir, non pas retrouver un chant identique, mais trouver pour de bon le chant nouveau.

Car le chant nouveau ne monte peut-être que sur les ruines laissées par le désenchantement : j’ai toujours été frappé par le fait que, dans l’ordre canonique de notre Bible, le Cantique des cantiques succédait immédiatement à l’Ecclésiaste, le livre du chant printanier à la litanie du désenchantement qui devait trouver lui aussi sa place (comme l’Écriture est bien faite !) parmi les Livres inspirés, parmi les âges inspirés de notre vie.

Dépouillés de toute possession, de toute position mondaine, il ne nous reste plus qu’à vivre, pour parler comme Patrice de La Tour du Pin, « reclus en Poésie ».

Il ne nous reste plus qu’à vivre poétiquement au monde, ce qui n’a rien à voir avec la mièvrerie, ni l’utopie, ni la désertion. Vivre poétiquement au monde, c’est-à-dire consentir à des épousailles avec le réel, dans l’attention, la gratitude, la frugalité, la véhémence, la liberté, en posant des mots et des actes qui laissent transpirer l’indicible, en venant constamment dans l’Ouvert, selon le conseil amical de Hölderlin[3].

La Poésie nous demeure comme la souveraine exactitude (la seule, sans doute, dont nous soyons capables), l’être poétiquement au monde comme l’être au monde le plus exact, le plus modeste et le plus empreint de gravité.

La célébration poétique du monde et du mystère qui le sature[4] est inaccessible à l’erreur, à l’outrecuidance et à la caducité : loin d’incarcérer le mystère, comme le fait trop souvent le langage à prétention explicative, elle l’instaure et l’émancipe.

 

Mais qu’allons-nous faire, dans ces conditions, du grand Récit chrétien (Ancien et Nouveau Testament) qui a bercé notre enfance, qui a façonné notre civilisation la plus intime, et que ne cesse de nous raconter en basse continue, de saison en saison, de jour en jour, cette « sainte liturgie » que nous devrions envisager et travailler désormais, non comme un supermarché cultuel (avec toutes les vulgarités concomitantes), mais comme une extraordinaire poétique de la foi, sous diverses formes symphoniques de langage ?

Ce grand Récit, donc, il nous faut le détacher, non de la tradition spirituelle authentique qui lui fait un inestimable écrin, mais des discours ecclésiastiques qui nous le rendent inaudible, inaccessible, comme ferait un brouillage, car ce qui se prétend médiation n’est trop souvent qu’obstacle et repoussoir.

Oui, il faut laver le Livre à la potasse, ou plutôt nous laver nous-mêmes de tout ce bavardage impertinent, nous défaire de tous les plis, de tous les prismes ecclésiastiques qui faussent dès le principe notre lecture, afin de rencontrer, pour la première fois peut-être, l’inouï de la Parole.

Et puis que va-t-il advenir de l’édifice dogmatique dont nous avons pressenti, non sans effroi, la vétusté, et dont les décombres nous embarrassent ?

Si nous ne voulons pas qu’on les visite, à l’avenir, comme de simples ruines, il va falloir que nous considérions les « dogmes » (ce nom nous fait trembler encore lorsque nous y touchons) non comme des boîtes contraignantes de la vérité catholique, mais plutôt, eu égard à l’obsolescence de bien des concepts qu’ils ont mis à contribution, comme des porches ouvrant sur des puits profonds (Jn 4, 11), des pâturages plantureux (Jn 10, 9), des espaces théologiques à inventorier sans cesse à nouveaux frais.

Les articles du Credo ne sont pas, si j’ose dire, des morceaux de Dieu intouchables sous peine de mort, mais des propositions[5] spacieuses, désignant vaille que vaille, à travers des termes humains nécessairement provisoires, des réalités d’ordre eschatologique : non pas derrière nous comme acquises, définies, possédées, mais devant nous comme motrices, attractives et infinies[6].

« Je crois en Dieu », en somme, mais le Credo n’est pas Dieu.

De tout cela, nous pouvons tirer les conséquences relatives à la structure, non pas hiérarchique, mais ministérielle de l’Église, puisque aussi bien, si elle se réclame de l’Évangile (Lc 22, 24-27 ; Jn 13, 4-15), l’Église ne peut avoir de structure que ministérielle.

Cette structure authentiquement ministérielle, dont on aspire à ce qu’elle se substitue enfin au modèle suscité par la « fabrique du sacré » dont j’ai parlé dans ma dernière lettre, émanera presque naturellement d’une prise en considération réaliste de la configuration actuelle du peuple chrétien, d’une écoute « virginale » de la Parole et de la nécessité d’une retraduction intégrale de ce qui arrive au monde avec Jésus-Christ, de ce qui est donné, proposé au monde, en Jésus-Christ.

Aussi, plutôt que d’un Magistère de l’Église (rendu tellement problématique par la révélation, non de Dieu, mais des égouts et des mauvais lieux de l’institution), on parlera d’un ministère de l’Église, c’est-à-dire d’un service de la proposition chrétienne faite au monde.

Autant de choses que le pape François a profondément comprises et qu’il met courageusement en œuvre.

Il leur dit : « Quels sont donc ces propos que vous échangiez en marchant ? » Et ils s’arrêtèrent, le visage sombre (…) « Nous espérions, nous, que c’était lui qui allait délivrer Israël… » (Lc 24, 17-21). N’est-ce pas un désenchantement qui s’exprime sur les lèvres des deux pèlerins d’Emmaüs ? Eh bien, ce qui survit – Celui qui survit au désenchantement, à notre désenchantement, c’est le Ressuscité[7] , chef de notre foi, qui la mène à la perfection (He 12, 2).

Non pas le « dogme » de la résurrection dont on revendiquerait la propriété, mais le Ressuscité, le Vivant lui-même. Car seul le Vivant peut survivre à ce qui est mort. Et non seulement à ce qui est mort, mais aux vivants eux-mêmes, parce qu’il est le Sur-vivant. Le Vivant vit dans son Église comme Mystère, il survit à son Église comme institution.

Le Ressuscité ne se rencontre pas de manière abstraite ni idéologique, mais sous le régime de l’amitié, à travers une amitié qu’il instaure lui-même – Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis (Jn 15, 15) – et qui nous fait mystérieusement rejoindre son humanité concrète, individuelle, historique, assumée dans la gloire (1 Tm 3, 16) du Père.

D’autant plus ombrageuses qu’elles sont plus persuadées de leur inaltérabilité, pourtant démentie par les intempéries de l’histoire et la marche de l’esprit humain, les forteresses dogmatiques sont pour les esclaves qui ont peur (Rm 8, 15), peur d’eux-mêmes comme de ceux du dehors. Le Vivant, lui, imprévisible et insaisissable, ne se manifeste qu’aux amis.

Le « Compagnon blanc », pour revenir à lui, n’est accessible qu’aux amis, le « blanc » pouvant d’ailleurs être rempli de façon passagère et discrète par tel ou tel compagnon humain qui, sans prendre sa place, devient, le temps d’une étape partagée, « sacrement » de sa Présence.

Car s’il se révèle dans l’amitié, le Ressuscité se révèle aussi dans la marche : de tout ce qui s’installe il s’absente, et comme le chant accompagnait la marche, il cesse sitôt que l’on s’arrête de marcher.

Avec la marche et l’amitié la conversation fait bon ménage, et c’est au milieu d’elle, aussi, que le Ressuscité se produit. Une conversation dont il est lui-même la matière avant que d’en être l’interlocuteur et le protagoniste : Quels sont donc ces propos que vous échangiez en marchant ?...Revenons un instant sur nos pas : Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous ?... (Lc 24, 32)

N’est-ce pas la présence du Ressuscité dont nous avons fait l’expérience au milieu de la conversation presque infinie à laquelle ces « Lettres », exactement contemporaines du Temps pascal, ont donné et vont continuer de donner matière ?

Ces « Lettres » dont la trouvaille poétique, c’est-à-dire active, m’a été tout simplement donnée, sans que je l’eusse prévu le moins du monde.

Mais, remarquons-le bien – et il faut nous le redire, et il faut nous y faire, contre les tentations de la mythologie –, le Ressuscité ne supprime pas la Nuit.

Le souper d’Emmaüs, dans la pénombre, sera suivi d’une nuit complète, et de bien d’autres nuits encore. La Nuit a seulement changé de signe : O vere beata Nox, « Ô Nuit vraiment bienheureuse ! », comme il se chante à l’orée de la Vigile pascale.

Non, heureusement, le Ressuscité n’annule pas la Nuit, pas plus qu’il ne nous en dispense : il l’habite, il la partage avec nous, alors même qu’elle se charge des plus épaisses ténèbres.

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? (Mt 27, 46). Cette Nuit, notre grande nuit commune, contemporaine, l’Ami l’ajoure de sa Présence et de son Absence, celle-ci et celle-là demeurant mystérieusement simultanées. Leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent, mais il avait disparu à leurs regards (Lc 24, 31).

Il se fait tard et déjà le jour baisse, avait-il été dit un peu auparavant : le crépuscule a aujourd’hui ses chantres et ses pleureurs mélancoliques, je le sais, mais pleurer sur le crépuscule ne suffit pas, surtout lorsqu’il se mêle beaucoup d’idoles et de dieux désuets à ce que l’on regrette : il faut affronter, il faut passer la Nuit.

Il faut y travailler aussi – per totam noctem laborantes (Lc 5, 5) – même sans rien prendre.

Je dédie particulièrement ce texte, quasi testamentaire (dans le sens de la vie), non à des « gnostiques », non à une élite, mais à tous mes frères et sœurs en Église, en marge de l’Église ou en dehors d’elle ; à tous mes « coreligionnaires » : ceux qui se sont déjà manifestés, et ceux qui vont se déclarer encore à l’avenir.

La Sagesse aurait-elle été reconnue par ses enfants (Lc 7, 35) ? En lançant ce texte et ceux qui l’ont précédé, comme de fragiles et audacieux esquifs, sur un océan d’humanité que je devine, je ne quête ni admiration, ni célébrité, ni cet engouement qui s’attache aux pas des prédicateurs complaisants : les régions du cœur que j’espère atteindre ont trop de délicatesse, celles de la foi trop de gravité.

Seule une nécessité intérieure m’a poussé à écrire en ces temps décisifs, et je ne désire faire œuvre de rien sinon d’honnêteté, habité que je suis par la certitude qu’il n’est de possibilité, désormais, que pour une foi modeste.

D’aucuns, entendant parler d’une « compagnie » du « Compagnon blanc », et peu coutumiers, sans doute, des espaces où se meut le langage poétique, se sont inquiétés de ce j’eusse le dessein de fonder quelque phalanstère ou quelque secte.

Qu’ils se rassurent : pressé de m’effacer, mais non pas indifférent aux suites de mes semailles, je les renvoie au seul « Compagnon blanc » et à sa seule Compagnie qui est l’Église comme Mystère ; Mystère dans lequel nous tâchons de rentrer avec notre humanité, notre bonhommie, notre hommerie aussi parfois, en un mot, comme institution.

La liberté de parole dont j’ai usée (parole non magistrale, mais latérale, comme il en est parfois besoin)[8] , ne s’alarme pas des inévitables délations que la peur suscite : je n’ai nulle place à gagner, et je n’en ai pas davantage à perdre.

En écoutant, les larmes aux yeux comme toujours, le Credo de l’immense Messe en Si mineur de Jean-Sébastien Bach, je balbutie : Et in Spiritum Sanctum. « Je crois au Saint-Esprit ».

Non pas à un troisième « marmouset » assis sur un trône, comme notre Calvin se plaisait à moquer les représentations rudimentaires de la Sainte Trinité, non pas à un « Invertébré gazeux », comme parlait le regretté Père André Manaranche, victime du Covid, mais à la respiration filiale de l’homme Jésus vers le Père, mise à la disposition de nos propres poitrines (Rm 8, 15-17 ; Ga  4, 6), mais à son dernier souffle à nous laissé (Mt 27, 50 ; Jn 20, 22) comme semence dans ce monde. Reple cordis intima …[9]

Oh, comme j’aimerais pour moi-même, pour nous tous, une Pentecôte qui ne fût ni d’excitation charismatique (qu’on me pardonne…), ni de triomphalisme ringard (qu’on me pardonne encore…) ! Une Pentecôte intime, recueillie, modeste, à l’aune d’une foi modeste.

Aussi est-ce dans le recueillement d’un clair-obscur avoué et partagé que, perpétuel novice de la foi, j’articule cette prière : Emitte lucis tuae radium. « Envoie un rayon » dans ma boutique obscure pour que, de l’étoffe même de mes nuits, je confectionne de la clarté, pour qu’en prenant sur mes nuits je fasse à l’usage de mes frères un peu du jour à venir.

frère François Cassingena-Trévedy
Pentecôte 2020

moine bénédictin - maître de choeur - émailleur sur cuivre, à Abbaye Saint-Martin de Ligugé

[1]
 Virgile, Énéide, VI, 268.
[2]
 C’est ici qu’il y a lieu de se souvenir de l’adage scolastique : Omne quod recipitur ad modum recipientis recipitur, autrement dit : « Tout ce qui est reçu est reçu selon les capacités de celui qui reçoit. »
[3]
 Hölderlin, Élégies, La Promenade à la campagne, à Landauer.
[4]
 Je dis bien le mystère qui sature ce monde-ci. Car, à proprement parler, il n’y a pas d’arrière-monde (explicatif de ce monde-ci). Ce monde-ci est bien assez grand. Il est bien assez grand pour être un monde, à lui tout seul. Ce monde-ci suffit à cette espèce de dévotion humble et silencieuse qu’est déjà notre simple être-au-monde : car n’est-ce pas déjà une « religion », et une religion suffisante, que de recevoir ce monde, de l’habiter et de le construire ? Qui me voit, voit le Père, dit Jésus (Jn 14, 9). Mais le Père n’est pas un arrière-monde. Il est le Père, et cela nous suffit (Jn 14, 8). Il est un Autre. Il est temps d’en finir avec le Dieu des causes, de liquider la compromission du Dieu de Jésus-Christ avec le Dieu des causes. Dieu n’est pas en cause et, Dieu merci, par conséquent, l’on ne peut l’accuser de rien, surtout pas du mal qui est au monde. Le Dieu des causes est bel et bien mort : le seul Dieu véritable est le Dieu de la Vie, car la Vie seule, comme Phénomène, est irréfutable et digne d’ « adoration ».
[5]
 « propositions » au double sens d’énoncés et d’éléments de sens et de vie mis à la disponibilité de tous, de tout le monde.
[6]
 Simone Weil écrivait au Père Couturier, en 1942 (Lettre à un religieux) : « Si on demande à plusieurs prêtres si telle chose est de foi stricte, on obtient des réponses différentes et souvent dubitatives. Cela fait une situation impossible, alors que l’édifice est tellement rigide (…) La croyance qu’un homme peut être sauvé hors de l’Église visible exige que l’on pense à nouveau tous les éléments de la foi, sous peine d’incohérence complète. Car tout l’édifice est construit autour de l’affirmation contraire, que presque personne aujourd’hui n’oserait soutenir. On n’a pas encore voulu reconnaître la nécessité de cette révision. On s’en tire par des artifices misérables. On masque les dislocations avec des ersatz de soudures, des fautes de logique criantes. Si l’Église ne reconnaît pas bientôt cette nécessité, il est à craindre qu’elle ne puisse pas accomplir sa mission (…) Les dogmes de la foi ne sont pas des choses à affirmer. Ce sont des choses à regarder à une certaine distance, avec attention, respect et amour. »
[7]
 Le Ressuscité, c’est-à-dire non le sujet d’une réanimation corporelle, évidemment inadmissible, mais Jésus, fait Seigneur et Christ (Ac 2, 36) dans l’Événement pascal ; Jésus, qui, comme grain tombé en terre, n’est plus seul (Jn 12, 24), mais dont nous sommes les « relevailles » ; Jésus, dont la vitalité de la proposition chrétienne faite au monde garantit la présence ; Jésus, l’Avoué d’une Tendresse infinie, première, qu’il appelle le « Père » et notre « Père » (Jn 20, 17).
[8]
 Il ne s’agit pas d’exiger quoi que ce soit de l’Église, mais plutôt, du dedans même de l’Église, de travailler à sa beauté, à sa vie, à sa jeunesse : l’on ne transforme bien que ce que l’on aime.
[9]
 « Remplis l’intime du cœur de tes fidèles… » (Séquence Veni Sancte Spiritus de la messe de la Pentecôte).

https://www.facebook.com/francois.cassingenatrevedy

TRAVAILLE-T-ON LE DIMANCHE ?
Sans rapport avec le shabbat –

Nous essayons sincèrement de ne pas travailler le dimanche.

Cela n’a aucun rapport avec le shabbat, jour de la grande Pause divine.

Le dimanche, huitième et premier jour, est consacré au Seigneur, non pas pour ne rien faire – à la différence du shabbat – mais pour nous réjouir de la joie de la Résurrection et du banquet nuptial que nous offre le Seigneur.

Ce primat de la réjouissance communautaire est le critère à retenir. Il est un des signes de la civilisation biblique que le Christ accomplit par sa Pâque et sa Résurrection le troisième jour.

Le dimanche est le jour de Pâques.

Il est le Jour du Seigneur et le Seigneur nous invite à sa table pour nous réjouir avec ceux de sa maison.

Nous l’apprenons à nos enfants. Nous enrichissons la vie sociale en gardant vivante cette tradition.

Des exceptions ?

Les personnes qui ont un travail civil s’arrangent pour ne pas être d’astreinte ce jour-là.

Les pompiers, les médecins et les infirmières peuvent participer au planning de leur institution en ayant le courage de dire: je ne travaille pas le dimanche.

Ils s’arrangent avec leurs collègues autant que possible.

Maintenant, il peut y avoir des impossibilités ponctuelles qui font qu’on ne refusera pas de rendre service ce jour-là, vraiment de façon exceptionnelle.

« Ce jour, le Seigneur l’a fait, soyons dans l’allégresse ! », car Il nous a faits et nous sommes à lui. La Création et la Société ont besoin de ce rythme et de cette bénédiction divine.

La joie du Maître

Le dimanche a été créé pour que l’homme “entre dans la joie de son maître !”.

Certaines activités domestiques peuvent être accomplies le samedi (repassage, cuisine, lessive, et même jardinage).

Mais essayez de vous consacrer à la joie eucharistique le Jour du Seigneur.

Arrosez tout de même les fleurs pour qu’elles soient elles aussi dans la joie!

Que les poules et autres animaux se réjouissent et soient à la fête! Mais ce n’est pas un travail, c’est comme de servir le repas, celui des créatures.

Les fidèles, s’ils se croient obligés de travailler, demandent la bénédiction, parce que c’est une économie exceptionnelle.

Nous rendons service au monde en respectant le rythme de la Création.

Ensuite, ce sont des questions d’urgence, bien sûr: si votre enfant tombe par la fenêtre, vous irez à l’hôpital.

Notre vie n’est pas gouvernée par des règles. Elle suit l’amour de Dieu et l’amour du prochain, notamment le dimanche.

Source: "Sagesse Orthodoxe"

La religion se persuade, et ne s’oblige pas.

(Discours de Mgr Boniface, 6 juin 2020) 01

Discours de Mgr Charles-Clément Boniface, dit Père Samuel, Chorévêque Syriaque orthodoxe, à ses fidèles et à toute personne croyante ou non.

Sujet :
La religion chrétienne (partie 1).
Origène, Père de l’Église grecque († 253), dit :
« La religion se persuade, et ne s’oblige pas. »

Illustration :
La Sainte Trinité.

Extrait du discours :

Aujourd’hui, c’est la fête de la Sainte Trinité.
Sainte Trinité, priez pour nous.

Origène, Père de l’Église grecque († 253), dit :
« La religion se persuade, et ne s’oblige pas. Son triomphe est de consoler l’homme dans le malheur. »

Plutarque dit :
« Il faut avoir des amis et des ennemis :
- des amis, pour nous apprendre notre devoir,
- et des ennemis, pour nous obliger à le faire.

Nous avons des ennemis qui mentent tout le temps, mais nous les aimons et les estimons.
Que voulez-vous, s’ils sont des ignorants !
Mais l’ignorance est une maladie.

Plutarque dit aussi :
« Une ville se passerait plutôt du soleil que d’une religion. »

Dans l’Évangile selon saint Luc (8, 1-2) :
« Jésus allait de ville en ville et de village en village, prêchant et annonçant l’Évangile.
Les douze Apôtres étaient avec lui et quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais et de maladies, dont Marie Madeleine de laquelle étaient sortis sept démons,… »

Il y a beaucoup d’hommes et de femmes démoniaques.

Aujourd’hui malheureusement, l’Église a complètement démissionné.

Dans l’Évangile selon saint Mathieu (5, 13), Jésus dit à ses Apôtres, les prêtres :
« Vous êtes le sel de la terre. […]
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. »

Dans l’Évangile selon saint Mathieu (10, 22-23), Jésus :
« Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom ; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé.
Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. »

Nous sommes aussi souvent persécutés. L’église a toujours été persécutée. Jésus avait prédit cela.

Saint Augustin († 430) dit :
« Vous êtes homicides, vous êtes dangereux, quand vous persuadez à votre frère de faire le mal. »

La religion est vaine, si la miséricorde en est absente.
Jésus dit :
« Soyez miséricordieux, comme votre Père céleste est miséricordieux. »

Celui qui est sans miséricorde n’est pas chrétien.
La miséricorde, et le pardon, c’est notre drapeau.
Pardonnez aux autres, supportez-vous, soyez miséricordieux.

La religion chrétienne consiste en deux choses :
- dans la sainteté de la foi
- et dans la pureté des mœurs.

Le cardinal Spellman dit :
« La religion sans moralité est un arbre sans fruit.
La moralité sans religion est un arbre sans racine. »

Et un arbre sans racine, tôt ou tard, va tomber.

Napoléon Bonaparte dit :
« En amour, la victoire de l’homme c’est la fuite. »
Et là, vous êtes sauvé. Il faut regretter avant et pas après.
De toute façon, après l’amour, il y a la haine.

Il dit aussi :
« Il n’y a pas de morale sans religion. »
Les meilleures institutions deviennent vicieuses et diaboliques, quand la morale cesse d’être la base de la société. »

Saint Bernard († 1153) dit :
« Dans la religion, l’homme :
- vit plus purement,
- tombe plus rarement,
- se relève plus promptement,
- marche plus sûrement,
- reçoit plus souvent les rosées de la grâce divine,
- se repose avec plus de sécurité,
- meurt avec plus de confiance,
- gagne une plus grande récompense dans le ciel et sur la terre. »

Dans l’Évangile selon saint Mathieu (5, 11-12), Jésus dit :
« Heureux serez-vous,
- lorsqu’on vous insultera,
- qu’on vous persécutera
- et qu’on dira faussement (mensongèrement) de vous toute sorte de mal, à cause de moi.

Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux.
Car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. »

Saint Curé d’Ars dit :
« Le seul bonheur que nous ayons est
- d’aimer Dieu
- et de savoir qu’il nous aime. »

Voulez-vous posséder le chemin du bonheur ?
Vivez à l’écart des hommes mauvais.

Saint Antoine de Padoue dit :
« Le bonheur ne consiste à satisfaire ses passions, mais à les vaincre. »

PENTECÔTE 2020 :
(JEAN 7, 37-52 0 À 8, 12)
Plusieurs évènements –

En ce jour, plusieurs évènements sont associés.

La Pentecôte est une ancienne fête juive de la moisson, appelée dans le livre de l’Exode (34, 22) fête des Semaines.

Elle est située sept semaines après la Pâque et l’offrande de la première gerbe selon le Lévitique (23, 15).

Elle est également la fête de l’Alliance, conclue une cinquantaine de jours après la sortie d’Égypte (Exode 19, 1-16).

Mais l’évangile que nous venons d’entendre parle de la fête des Tentes (Deutéronome 16, 1-17) qui est une fête de la Récolte.

Ce que le Seigneur a semé dans nos cœurs

La parole du Sauveur résonne ainsi dans un contexte très riche où, pour la conscience juive de nos pères, s’associe la générosité cosmique montrée dans les récoltes et les moissons, et le renouvellement de l’Alliance.

Le message du Messie est clair : Il est Lui-même la première gerbe pascale à laquelle viennent s’ajouter toutes les gerbes de la moisson apostolique.

Il est celui en qui se renouvelle l’Alliance dans son sang versé depuis la Croix.

Il est la généreuse source de la grâce, cette eau vive de l’Esprit à laquelle peut s’abreuver tout homme qui met sa foi en lui.

Simultanément, cinquante jours après la sortie pascale de l’Égypte du péché, le peuple de Dieu fait la moisson de toute son activité de foi.

Nous récoltons les dons divins qui germent de ce que le Semeur a semé dans nos cœurs et que nous avons bien voulu cultiver jusqu’à ce jour.

Le fruit de Pentecôte

Nous récoltons également ce que nous avons-nous-mêmes semé par la prière, par la foi et par l’amour du prochain.

La Pentecôte, la glorieuse Descente de l’Esprit, s’interprète d’abord comme un fruit, le fruit magnifique, la moisson hyper cosmique, non seulement des efforts humains que font les croyants pour suivre la volonté du Père, mais le fruit que l’on cueille sur l’Arbre de vie renouvelé qu’est le Verbe incarné et ressuscité.

Du Verbe, Source seconde, s’écoule la vie en abondance, sous forme de sang et d’eau, sous les espèces du pain eucharistique où la gerbe pascale et la grappe ont muri, dans l’expérience de l’amour divino humain que vit la communauté des croyants et qu’elle répand dans le monde.

Le Trésor des dons

Fête de saison à l’orée de l’été, joie de toute la Création, la Pentecôte est le jour où, de façon plus fulgurante encore que le Soleil de justice exalté dans les hauteurs, l’Esprit descend, non pas en personne, mais dans la plénitude de ses dons, sur les croyants et, par eux, sur le monde entier.

Le Verbe, non l’Esprit, est la Personne et l’Hypostase de l’Église.

L’Esprit est le Trésor des dons, de tous les dons : en en jouissant, les disciples de Jésus Christ accompliront les œuvres de leur Maître.

Ils porteront la puissance thaumaturgique du Ressuscité dans le monde entier.

Ils toucheront les cœurs les plus froids et transformeront les pierres en chair. Ils baptiseront dans l’Esprit du Christ, l’Esprit du Père que donne le Christ.

Ils récolteront pour le monde, pour la société civile, pour l’actualité, tous les fruits de la Résurrection.

(Radio Notre-Dame, « Lumière de la Orthodoxie », dimanche 7 juin 2020)

DIEU UNIQUE MAIS NON POINT

SOLITAIRE

Vous connaissez cette admirable légende proposée par la mythologie gréco-romaine : le mythe de Narcisse. Ce beau jeune homme épris de sa beauté, qui en cherche partout l'image sur les bronzes qui le peuvent refléter, ou sur les nappes d'eau où il peut retrouver sa beauté. Or un jour, en effet, il passe près d'un étang, et il voit ce visage adoré qui est le sien propre et, pour le joindre, il se précipite dans l'étang où il périt. Et sur son corps poussent les narcisses.

Cette légende nous montre que déjà l'antiquité gréco-romaine avait compris la stérilité d'un amour qui revient à soi, la stérilité d'un égoïsme qui s'idolâtre.

Et justement, pour faire surgir en nous une liberté totale à l'égard de cet égoïsme mortel, le Christ nous a révélé la Trinité Divine. La Trinité Divine, c'est le grand joyau de l'Évangile, c'est le grand secret d'amour, c'est la découverte la plus merveilleuse.

En effet, comme Dieu est unique, nous étions tentés de penser qu'Il était solitaire, qu'Il passait son éternité, si l'on peut dire, à se regarder Lui-même, à se louer, à s'admirer et à exiger de Ses créatures qu'elles Le louent et L'admirent. Dieu devenait, dans cette perspective, un cauchemar, Il devenait le Narcisse à l'échelle infinie, Il devenait un égoïsme qui s'idolâtre Lui-même ; et voilà que la Révélation de la Trinité dissipe à jamais ce cauchemar en nous apprenant que la Vie de Dieu, c'est une communion d'amour, que Dieu n'a de prise sur son être qu'en le communiquant, que Dieu ne se regarde jamais, parce que Son regard, c'est une Personne, c'est le Père qui regarde le Fils, c'est le Fils qui regarde le Père; et comme son Amour ne se replie jamais sur soi, c'est cette aspiration du Père et du Fils vers le Saint-Esprit qui respire que à son tour de tout Son Être vers le Père et le Fils, en sorte que notre Dieu, le vrai, vivant et éternel, est un Dieu qui se désapproprie de Lui-même, un Dieu qui ne se possède pas, un Dieu qui ne se contemple pas, un Dieu pauvre comme saint François l'a si profondément deviné et exprimé.

C'est ce Dieu-là qui est notre Dieu, non pas un Dieu qui nous surplombe, qui nous domine, qui nous écrase, et qui nous punit mais un Dieu qui se donne, qui est Dieu parce qu'Il se donne éternellement et dont le mystère créateur réside précisément dans ce don. C'est parce que l'Amour déborde en Dieu qu'Il suscite les créateurs, qu'Il nous fait naître à l'existence pour nous communiquer ce qu'Il est, pour que nous devenions comme Lui transparents à Sa Lumière, pour que nous devenions comme Lui une pure respiration d'amour.

C'est là le sens de la Création : non pas de créer des sujets assujettis à une loi, mais de créer des fils, de créer des êtres libres qui devant Dieu ont la possibilité du et du qui devant Dieu peuvent disposer d'eux-mêmes et qui deviennent en quelque sorte, dieux à leur tour. C'est ce que dit un texte du Moyen-Âge, ce texte incomparable du Beatitudine» où l'auteur inconnu dit : « Et ce qui nous enflamme à l'amour de Dieu, c'est cette humilité de Dieu qui s'est soumis aux anges et aux âmes saintes, comme un esclave que l'on achète sur le marché, comme si chacune de ses créatures était son Dieu. »

C'est bien cela, en effet, le mystère adorable de la Création : Dieu a fait de nous ses dieux. Il a voulu nous atteindre par notre liberté. Il a voulu nous saisir dans cette relation nuptiale avec Lui, qui fait de la vie authentique un mariage d'amour avec Dieu. C'est pour nous atteindre, pour demeurer en nous, pour que Sa Vie devienne la nôtre et la nôtre la Sienne, qu'Il s'est incarné. Il a communiqué à l'Humanité Sainte conçue dans le sein de la Vierge Marie, Il a communiqué à cette Humanité cette liberté infinie qui est le fond de Son Être, car Il est libre de Lui-même puisqu'Il ne se regarde jamais, puisqu'Il n'est qu'un élan d'amour, puisqu'Il est une circulation éternelle de charité du Père au Fils, du Fils au Père, dans l'embrassement du Saint-Esprit.

Dans le Christ, tout l'univers visible a été fiancé à Dieu• Dans le Christ a été déposé au sein de l'humanité ce ferment de libération qui est le Christ Lui-même, ce ferment de libération qui demeure à jamais et qui nous est communiqué sous l'espèce du pain et du vin dans le Mystère Eucharistique. C'est là l'aboutissement de cet élan créateur qui jaillit du coeur de Dieu et qui atteint le fond même de l'univers. C'est là l'aboutissement de trajectoire : cette miette de pain, cette goutte de vin où le Seigneur en personne se communique.

Songez que toutes les cathédrales du monde, toutes les basiliques, toutes les églises n'ont jailli du sol que pour enclore cette miette de pain, cette goutte de vin où le Seigneur dans son vêtement de suprême humilité se communique à nous, demeure en nous pour nous transformer en Lui. Même ce Mystère adorable qui fait vivre les murs des cathédrales, qui fait que la lumière de la petite lampe adore à notre place, qui fait que toute la pierre devient vivante, et que du sommet jaillit un hymne infini à l'Amour créateur, ce Mystère a son départ, bien sûr, dans la Trinité Divine.

De la Trinité à l'Eucharistie, et de l'Eucharistie à la Trinité, il y a une relation essentielle, parce que, justement, comme la Trinité est l'Amour où il n'y a que l'Amour, l'Eucharistie est la manifestation et comme l'enracinement de cet Amour au coeur de notre vie.

Et nous voulons joindre ensemble l'Eucharistie et la Trinité, et nous voulons nous émerveiller, et nous voulons regarder le visage de l'éternelle beauté, et nous voulons nous réjouir de ce que Dieu se soit révélé comme unique et non pas solitaire, unique et non pas solitaire précisément parce qu'Il n'a prise sur son être qu'en le communiquant.

Et c'est là que le mystère de notre vie se noue à son tour, car nous aussi nous n'avons prise sur notre être qu'en le communiquant. Dès que nous voulons nous enfermer en nous-mêmes, nous sommes prisonniers de nos préfabrications, de nos ténèbres et de nos convoitises. C'est en desserrant les mains, c'est en les ouvrant pour donner, c'est en regardant vers l'autre, et d'abord vers l'Autre Divin que nous entrerons dans les chemins de la véritable liberté.

Le Dieu-Trinité se communique dans le Dieu-Eucharistie: oui, c'est cela ! Il est, par le silence, le modèle et la source de notre liberté.

Nous voulons donc nous cacher ce soir dans Son Coeur... du fond de notre abîme Lui demander au milieu de nos ténèbres de surgir en nous comme la lumière, comme l'espace infini où notre liberté respire. La voie est ouverte. Nous savons maintenant dans quelle direction marcher. Nous allons mettre nos mains dans les mains du Sauveur, en implorant l'Esprit de Vérité, en Le suppliant d'allumer en nous le feu de Son Amour afin que notre VIe devienne transparente à ce Visage Adorable après Lequel toute la terre soupire.

Zundel

La vraie sagesse des nations est l’expérience.

(Discours de Mgr Boniface, 8 juin 2020) 02

Discours de Mgr Charles-Clément Boniface, dit Père Samuel, Chorévêque Syriaque orthodoxe, à ses fidèles et à toute personne croyante ou non.

Sujet :
La religion chrétienne (partie 2).
Napoléon Bonaparte dit :
« La vraie sagesse des nations est l’expérience. »

Illustration :
Le Jugement dernier.
« Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges ; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. » (Saint Mathieu 16, 27)

Extrait du discours :

Benoît XV († 1922), pape de la Première Guerre dit :
« Le modernisme est le rendez-vous de toutes les hérésies. »

On peut moderniser tout, mais Dieu pas.

Napoléon Bonaparte dit :
« Il faut une religion au peuple. Je ne croirai jamais qu’on puisse mener un peuple sans la religion. »

Il dit aussi :
« L’athéisme est destructeur de toute morale. »

Et encore :
« La vraie sagesse des nations est l’expérience. »

L’écrivain Oscar Wilde dit :
« L’expérience est le nom de nos erreurs. »
Celui-là seul est libre qui a vaincu l’erreur.

L’erreur est humaine.
Pardonner est divin.
Rester dans l’erreur est diabolique.

Gustave Flaubert, l’écrivain français († 1880), dit :
« Se hâter c'est pour moi, en littérature, se tuer. »

Donc, hâte-toi lentement. Pas de précipitations !

La religion ne nous fait pas trop bon, mais elle nous empêche de devenir trop mauvais.

Jamais il n’y eut parmi les païens d’autrefois autant de corruptions que dans les chrétiens de nos jours.
Il n’y a plus de morale, plus de spiritualité, c’est la dégradation universelle.

Dans l’Évangile selon saint Mathieu (5, 16), Jésus dit :
« Que votre lumière brille ainsi devant les hommes afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les Cieux. »

« Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges ; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. » (Saint Mathieu 16, 27)

Jean-Jacques Rousseau dit :
« Jamais État ne fut fondé sans que la religion ne lui servît de base. »

Celui qui renverse la religion porte atteinte au fondement de toute la société humaine.

Que de services le Christianisme a rendu à l’humanité :
- les collèges,
- les universités,
- les hôpitaux…

Mais malheureusement aujourd’hui, la société a trahi le Christianisme.

L’homme a besoin de la religion pour se défendre contre lui-même.

Voltaire dit :
« Il n’y a pas de maux qui ne puisse se soulager par la religion. »

D’après l’Évangile selon saint Mathieu (7, 12), voilà le sublime en religion :
Ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse.

Montesquieu dit :
« L’Évangile est le plus beau cadeau que Dieu ait fait aux hommes. »

L'Eucharistie, la Cuillère pour la Communion, et les peurs irrationnelles (p. John, EORHF)
 

Je suis récemment tombé sur une remarque très perspicace d'un écrivain conservateur (Denise McAllister) qui était engagée dans un débat en ligne avec quelqu'un sur ce que le gouvernement devrait ou ne devrait pas être en mesure d'ordonner. Elle écrivait : "Ma liberté ne s'arrête pas là où commence votre peur irrationnelle". Mais bien sûr, la question de savoir si les craintes d'une personne sont rationnelles ou irrationnelles est la question que nous devons examiner.

Il n'existe malheureusement pas de moyen de vivre sans risque dans ce monde. Si nous devions éviter tous les risques, aucun d'entre nous ne monterait jamais dans une voiture, mais la plupart d'entre nous le font, car nous considérons que c'est un risque gérable. Si vous conduisez en écoutant la radio ou en buvant une tasse de café, vous augmentez vos risques... mais ces risques supplémentaires sont généralement considérés comme assez minimes.

Il est curieux que, alors que de nombreuses collectivités locales ont fermé des églises, ou ont sévèrement limité la fréquentation, elles ont autorisé les magasins de marijuana et les débits de boissons à rester ouverts. Comme l'a récemment souligné un juge de l'Illinois, il y a seulement 5 mois, les magasins de marijuana n'étaient même pas légaux, mais ils sont maintenant considérés comme essentiels, alors que les églises, qui sont protégées par le 1er amendement de la Constitution américaine ne le sont pas (du moins dans de nombreux États). Mais, apparemment, certains risques valent la peine d'être pris - il s'agit juste de savoir ce que vous pensez être important. Même le Dr Anthony Fauci, qui a déclaré qu'il n'est pas encore sûr pour les églises de donner la communion à leur peuple, a dit, lorsqu'on lui a demandé si les gens devraient s'abstenir d'avoir des relations sexuelles avec une personne inconnue :

"Si vous êtes prêt à prendre un risque - et vous savez, chacun a sa propre tolérance pour les risques - vous pourriez vous demander si vous voulez rencontrer quelqu'un. Et cela dépend du niveau d'interaction que vous voulez avoir... Si vous cherchez un ami, asseyez-vous dans une pièce et mettez un masque, et vous savez discuter un peu. Si vous voulez être un peu plus intimes, eh bien, c'est votre choix concernant un risque" (Newsweek : Le Dr Fauci dit que vous pouvez avoir un Plan Q via Tinder "si vous êtes prêt à prendre un risque"" 16.04.20).
Il s'agit donc de savoir quelles sont vos priorités.


La question de savoir comment les différents niveaux de gouvernement aux États-Unis ont géré le Coronavirus est un sujet dont nous allons probablement débattre pendant des années, mais au sein de l'Église Orthodoxe, il y a aussi un débat en cours sur la manière dont les différents évêques ont géré cette crise. Les évêques ont réagi à cette crise de différentes manières. Certains ont seulement imposé des restrictions sur les Offices dans les endroits où cela était mandaté par les autorités locales, tandis que d'autres ont soit limité la participation, soit l'ont complètement interdite, indépendamment des décrets gouvernementaux imposés ou non. J'ai vu de nombreuses personnes affirmer que les évêques qui ont imposé de telles restrictions sont carrément des hérétiques et des apostats. Mais je n'ai jamais entendu de tels arguments lorsqu'une paroisse a annulé des Offices en raison de conditions météorologiques défavorables. Il se peut qu'en réfléchissant à cette crise, de nombreux évêques regrettent d'avoir réagi de manière excessive. Il se pourrait aussi que si ce virus s'était avéré aussi mortel que beaucoup le disent, certains évêques auraient regretté d'avoir sous-réagi. Ce n'est donc pas une question d'hérésie, mais une question de sagesse - c'est-à-dire, quelle était la chose raisonnable à faire dans ces circonstances. On peut être en désaccord avec les décisions d'un évêque, mais même s'il a mal jugé, on doit supposer que ses motivations étaient bonnes, et que le désir de subvertir la Foi ne faisait pas partie de ces motivations. Mais ce qui me préoccupe le plus actuellement, c'est la direction que prennent certains évêques avec leurs réponses sur la manière dont nous devrions avancer liturgiquement, dans le sillage de ce virus.

Nous avons actuellement des évêques qui imposent l'utilisation d'une cuillère différente pour chaque communiant, et certains qui ont institué la pratique de donner la communion aux gens dans la main (avec une portion de l'Eucharistie par intinction), tous animés par la crainte que donner la communion aux gens avec une cuillère à communion, comme le fait l'Église depuis près de mille ans maintenant, ne provoque l'infection de quelqu'un par le virus. La question que nous devons nous poser, cependant, est de savoir si cette crainte est rationnelle ou non.

Il a été souligné que la pratique de l'Église au cours du premier millénaire consistait à ce que les gens reçoivent la communion à peu près de la même manière que le clergé orthodoxe le fait encore : d'abord avec le Corps du Christ dans la main, puis en recevant le Sang directement du calice. 

Pourquoi l'Église a-t-elle mis fin à cette pratique et commencé à communier les gens avec une cuillère ? Parce que les gens laissaient tomber des portions de l'Eucharistie avec insouciance, et parce que certaines personnes rapportaient l'Eucharistie à la maison à des fins superstitieuses. Il y a peu de raisons de croire que les gens de notre temps seront plus pieux et plus prudents que ceux du premier millénaire, et il y a de nombreuses preuves qui laissent supposer le contraire.

Si beaucoup font appel à l'ancienne pratique pour justifier ce qu'ils proposent comme solution aux inquiétudes suscitées par ce virus, aucun ne suggère en fait de revenir à cette pratique, car il est évident que si les laïcs partageaient tous un calice commun, ce ne serait pas une amélioration par rapport à l'utilisation d'une seule cuillère. En fait, si la cuillère est plongée dans le calice et lavée dans le sang du Christ après la communion de chaque personne, cela ne sort pas du Calice.

Ceux qui préconisent l'utilisation de plusieurs cuillères, voire de cuillères jetables, font appel aux précédents du passé pour savoir comment les personnes connues pour être malades de maladies infectieuses ont été communiées. Mais le facteur-clé est que c'est ainsi que les personnes dont on savait qu'elles étaient atteintes d'une maladie infectieuse ont été communiées -- de telles méthodes n'ont jamais été utilisées comme mesure préventive. De plus, lorsqu'un prêtre communie avec les malades, il le fait normalement avec l'Eucharistie préservée [dans le tabernacle], et donc le vin qui se trouve dans le calice est du vin non consacré.

La question que j'ai posée à de nombreuses personnes qui ont défendu la nécessité de tels changements est très simple : Y a-t-il des preuves que quelqu'un ait déjà été malade en recevant la communion avec une cuillère ?  La réponse à cette question est "non". Mais certaines personnes rétorquent ensuite que c'est simplement parce que personne n'a jamais fait d'étude scientifique de la question, mais ce n'est pas vrai. Il est vrai que, à ma connaissance du moins, aucune étude n'a été faite sur l'utilisation des cuillères de Communion, mais il y a eu en fait plusieurs études sur des personnes utilisant un calice commun - qui serait plus susceptible d'être un moyen de transmission de maladie qu'une cuillère de communion, pour la raison susmentionnée - et ces études sont donc un bon moyen de répondre à la question de savoir si nous avons affaire à des craintes rationnelles ou irrationnelles.

John Sanidopoulos, dans son article "Études scientifiques sur la transmission des maladies infectieuses par la Sainte-Communion", a cité six études pertinentes réalisées entre 1943 et 1998. L'une d'entre elles a révélé que même dans des circonstances idéales, l'utilisation d'un Calice commun ne laisserait se transférer 0,001 % des organismes, mais que l'étude des conditions qui correspondaient à la pratique réelle ne permettait pas de détecter la transmission. Dans une autre étude, trois groupes de personnes ont été étudiés : ceux qui vont à l'église et reçoivent la communion, ceux qui vont à l'église mais ne reçoivent pas la communion, et ceux qui ne vont pas à l'église du tout. Ils ont constaté que même parmi ceux qui recevaient la communion aussi souvent que quotidiennement, il n'y avait pas d'augmentation du risque d'infection. Ainsi, même si vous ne croyez pas en Dieu, la crainte de tomber malade à cause d'un virus provenant d'une cuillère à communion est irrationnelle - et si vous croyez en Dieu, et croyez réellement ce que nous confessons avant de recevoir l'Eucharistie (à savoir que l'Eucharistie est vraiment le Corps et le Sang du Christ), alors vous ne devriez pas avoir à vous inquiéter.

Le père Alkiviadis C. Calivas, dans son article "A Note on the Common Communion Spoon", dit qu'il n'a pas lui-même de telles craintes, mais il exprime son inquiétude pour ceux qui en ont :
"Au cours de mes 64 ans de sacerdoce, j'ai consommé le Calice des milliers de fois après d'innombrables Divines Liturgies, sans crainte ni hésitation, comme le fait tout prêtre. Je ne suis pas certain, cependant, que tous les fidèles paroissiens feraient de même, si on le leur demandait. Voici ce que je veux dire. La Sainte Communion devrait être une source de joie, d'espoir et de force pour tous et non un test ou une mesure de la foi de chacun dans la providence de Dieu (Matt. 4,5-7). Saint Paul nous rappelle que l'amour du Christ exige que nous prenions soin de toutes les personnes, quelle que soit leur situation, et que nous soyons sensibles et réceptifs à leurs justes besoins et préoccupations pour l'amour de l'Évangile (1 Cor. 9, 19-23)".

Je ne suis pas prêtre depuis la moitié de ce temps, mais mon expérience soutient la conclusion du père Alkiviadis selon laquelle il n'y a rien à craindre. Lorsque je communie avec les fidèles, la dernière bouche dans laquelle je place la cuillère avant de la remettre au diacre est la mienne (pour m'assurer qu'il ne reste rien de l'Eucharistie sur la cuillère), et je n'ai pas eu de fièvre depuis plusieurs années avant d'avoir été ordonné prêtre. Si un virus pouvait être transmis par une cuillère de Communion, il devrait y avoir de nombreux cas de prêtres souffrant d'herpès buccal (qui peut être transmis par l'utilisation d'ustensiles de cuisine ayant servi à une personne atteinte de ce virus), mais en fait, rien ne prouve que quelqu'un ait contracté un tel virus de cette manière.

Je peux comprendre la préoccupation du père Alkiviadis pour les personnes qui ont des craintes irrationnelles, mais pourquoi devrions-nous encourager ces craintes irrationnelles à persister en agissant d'une manière qui communique à ceux qui en souffrent que nous pensons que ces craintes sont fondées ?

Je crains qu'en tant que société, nous n'élevions une génération de personnes ayant la phobie des germes, qui passeront leur vie paralysée par des craintes si irrationnelles, et si préoccupée de mourir des nombreux germes et virus qui abondent dans notre monde, qu'elle sera incapable de vivre réellement. Mais il est bien plus préoccupant de contempler le message que l'Église enverrait aux fidèles, si nous agissons comme si recevoir la Communion était un acte physiquement dangereux. Il est en effet spirituellement dangereux de recevoir la Communion d'une manière indigne (1 Corinthiens 11:27-29), mais lequel des saints a jamais enseigné ou suggéré que l'Eucharistie pouvait être un moyen de transmettre une maladie ? Aucun ne l'a fait. En fait, il existe un épisode bien connu de la vie de Saint Jean de Shanghai :
"L'attention constante de Vladyka à l'auto-mortification avait sa racine dans la crainte de Dieu, qu'il possédait selon la tradition de l'ancienne Église et de la Sainte Russie. L'incident suivant, raconté par O. Skopichenko et confirmé par de nombreux habitants de Shanghai, illustre bien sa Foi audacieuse et inébranlable dans le Christ. "Mme Menshikova avait été mordue par un chien enragé. Les injections contre la rage, soit elle les refusait, soit elle ne se soignait qu'avec insouciance... Et puis elle a été frappée de cette terrible maladie. L'évêque Jean l'a découvert et est venu voir la femme mourante. Il lui a donné la Sainte Communion, mais juste à ce moment-là, elle a commencé à avoir une des crises de cette maladie ; elle s'est mise baver de la mousse blanche, et en même temps elle a recraché les Saints Dons qu'elle venait de recevoir. Le Saint Sacrement ne peut pas être jeté. Alors, Vladyka a ramassé et mis dans sa bouche les Saints Dons vomis par la femme malade. Ceux qui étaient avec lui s'exclamèrent : "Vladyka, qu'est-ce que vous faites ! La rage est terriblement contagieuse ! Mais Vladyka répondit paisiblement : "Il ne se passera rien, ce sont les Saints Dons". Et en effet, il ne s'est rien passé".

Si quelqu'un ne croit pas vraiment que l'Eucharistie est ce que nous disons qu'elle est, alors il ne devrait pas recevoir la Communion, parce que "... celui qui mange et boit indûment, mange et boit sa propre condamnation, ne discernant pas le corps du Seigneur" (1 Corinthiens 11,29).

Au-delà de tout ce qui a été dit, lorsque nous parlons de "risque" ou de "possibilité" en tant que Chrétiens, nous devons comprendre qu'il s'agit simplement de moyens de faire référence à de nombreux facteurs variables que nous ne connaissons pas. Mais nous ne croyons pas en un Dieu observateur impuissant, qui ne fait qu'espérer que les choses se passent bien pour nous. Nous croyons que si nous faisons ce que Dieu veut que nous fassions, nous n'avons pas besoin de nous inquiéter plus que nécessaire. Le pire qui puisse arriver, c'est que nous mourrions et que nous irons vivre avec le Christ pour l'éternité. Nous croyons que pas un moineau ne meurt sans la volonté du Père (Matthieu 10:29), et comme l'a dit Saint Antoine d'Optina lors d'une épidémie de choléra (qui a tué bien plus de gens que le coronavirus ne le fera probablement) :
"Vous ne devez pas avoir peur du choléra, mais des péchés graves, car la faux de la mort fauche une personne comme l'herbe, même sans choléra. Placez donc toute votre espérance dans le Seigneur Dieu, sans qui même les oiseaux ne meurent pas, et encore moins une personne".

Pour en savoir plus sur cette question, je vous recommande vivement l'article : "Une réponse à "Sur l'administration de la Sainte Communion en temps de peste""

29 Mai 2020
P. John Whiteford,

Saint Jonah Orthodox church, Spring, Texas
Russian Orthodox Church Abroad, USA
La vraie Tradition de l'Église
n'est pas un musée de
coutumes figées
(Père Stephen)
 
 
Se souvenir des Fins dernières
 
Le Christianisme Orthodoxe semble souvent être intrinsèquement conservateur. La place indéfectible qu'occupe la tradition dans sa vie semble prête à devenir un rempart conservateur contre un monde trop prêt à oublier tout ce qui est bon ou beau. Il existe des distinctions subtiles mais importantes qui rendent cette considération à propos de l'Orthodoxie trompeuse, et peuvent conduire à la déformation de la Foi et à une image presque inversée de notre véritable Salut. Le Christianisme Orthodoxe ne cherche pas à préserver quelque chose qui est maintenant passé - ce n'est pas une Foi liée à l'Histoire. Elle professe plutôt que ce qui a été donné à un moment de l'Histoire n'est rien d'autre que ce qui sera à la fin de toutes choses. La Foi n'est donc correctement vécue que lorsqu'elle est radicalement orientée vers ce qui est à venir. Le Royaume de Dieu n'est jamais autre chose que la fin et l'accomplissement de toutes choses, ce pour quoi la création elle-même est venue à l'existence.
 
"Je suis l'Alpha et l'Omega, le commencement et la fin", dit le Seigneur, "qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant". (Ap 1, 8)
 
Comprendre la véritable nature de la "fin des choses" ou, en termes théologiques, de "l'eschatologie", est une tâche difficile au début. Elle enfreint de nombreuses règles de l'espace et du temps (oui, Dr. Who adore, c'est vrai), et nécessite un certain changement de perspective. On trouve un exemple de ce changement dans la prière eucharistique de Saint Jean Chrysostome où le prêtre prie :
 
"Faites cela en mémoire de Moi ! En vous souvenant de ce commandement salvateur et de toutes ces choses qui se sont passées pour nous : la Croix, la Tombe, la Résurrection au troisième jour, l'Ascension au Ciel, le siège à la Droite, et la Seconde et glorieuse Venue."
 
Le prêtre fait référence à la Parousie / Seconde Venue au passé. Il ne s'agit pas d'une doctrine étrange selon laquelle ce retour aurait déjà eu lieu dans l'Histoire. Il s'agit plutôt de la reconnaissance du fait que la Divine Liturgie se déroule dans un lieu mystique à partir duquel il est correct de décrire la Seconde Venue de cette manière. Car la Divine Liturgie est vraiment la "dernière" Cène, le repas à la fin de toutes choses.
 
Les Pères ont affirmé que la vérité doit être identifiée avec la fin. Saint Maxime le Confesseur en Orient, et Saint Ambroise en Occident, ont tous deux écrit un schéma en trois parties dans lequel l'Ancien Testament est "l'ombre", le Nouveau Testament est "l'icône", tandis que la "vérité" est l'âge à venir. Cette conception comporte plusieurs aspects.
 
Premièrement, la vérité de toute chose ne se trouve pas dans le présent, mais dans son "telos", sa fin. Une graine n'est pas reconnue tant qu'elle n'est pas devenue un arbre. Mais, surtout, cette réalisation de la vérité n'est pas considérée comme une progression graduelle, une construction vers la vérité. Un tel schéma suggérerait que la vérité n'est "pas encore". La vérité, cependant, est / existe déjà et maintenant. Nous pouvons dire que la vérité, qui existe déjà dans l'âge à venir, attire tout vers elle. Ou bien, nous pouvons dire que la vérité, qui existe déjà dans l'âge à venir, se manifeste dans le temps, même maintenant, pour ceux qui ont les yeux pour voir.
 
Notre façon la plus courante de voir le monde est de privilégier l'Histoire, de présumer que le passé est immuable et est la cause de toutes les choses dans le présent. Cela fait de nous les auteurs de la Création, les créateurs de l'Histoire de l'Univers. C'est très séduisant, même si cela porte en germe l'anxiété et la guerre. Mais Dieu n'a pas constitué la créature de manière à en faire le créateur de son propre destin, le maître de son propre destin.
 
Lors de la Création, Dieu observe son travail et dit : "C'est très bon". Ce n'est pas simplement une observation du travail qu'Il a accompli, mais une proclamation de la nature même de la Création. Sa nature est révélée en sa finalité. Elle appelle la création, toujours vers ce pour quoi elle a été créée. C'est ce que décrit saint Paul :
 
"Il nous a fait connaître le mystère de Sa volonté, ce dessein bienveillant qu'Il avait formé en Lui par avance, pour le réaliser quand les temps seraient accomplis : ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ, les êtres célestes comme les terrestres." (Éph 1, 9-10)

Ce verset doit également être lu en même temps que la déclaration de Saint Paul dans Romains 8 :
 
"Et nous savons qu'avec ceux qui L'aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien, avec ceux qu'Il a appelés selon Son dessein". (Rom 8,28)
 
C'est le "bon" ou le "très bon" selon lequel toutes les choses ont été créées. Ce même bien, cependant, est caché. Il n'est en aucune façon évident pour nous, sauf lorsque nous voyons le Christ Lui-même.
 
Considérez le monde, vers 1000 avant J.-C. Un peuple totalement obscur, à peine plus qu'un ramassis de tribus, est engagé dans une lutte pour un morceau de terre presque inutile côté fertilité et insignifiant dans sa situation et sa taille. Dans la même région, cependant, de puissants royaumes et civilisations s'élèvent et prospèrent, produisant richesse, puissance et innovation. Leurs monuments resteront debout pendant des milliers d'années. Mais dans cet endroit obscur, un jeune homme affrontera un géant au cours d'un seul combat et gagnera. À l'échelle de l'Univers, c'est presque rien, sans signification. Mais c'est l'histoire de David et de Goliath, et ce David deviendra l'ancêtre du Dieu incarné, qui est Lui-même le "bien" du monde.
 
En ce moment même, nous ne pouvons pas juger ou mesurer le "bien" dans le monde, ni l'ensemble du mal. Rien n'a de sens tant qu'il n'est pas interprété à la lumière de la fin de toutes choses. David n'a de sens que rétrospectivement. C'est sa progéniture qui le "fait" avoir un sens et une signification. Plus que cela, nous devons comprendre que la "cause" de la renommée de David attirait déjà toutes choses vers elle. Le Christ enfant provoquait la résurrection de David et établissait son royaume.
 
De la même manière, nos propres vies sont "causées" par la fin pour laquelle elles ont été créées. C'est ce que dit encore Saint Paul :
 
"Non, frères, je ne me flatte point d'avoir déjà saisi ; je dis seulement ceci : oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l'avant, tendu de tout mon être, et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir Là-haut, dans le Christ Jésus." (Phi 3,13-14)
 
Nous ne nous appuyons pas sur le passé ni ne cherchons à le préserver. Les fondements du Royaume de Dieu ne sont pas dans ce monde, ni de ce monde. Ils sont "inébranlables", selon les mots de l'Écriture. Ce que l'Église appelle "tradition" n'est pas une vague mémoire historique ; c'est la vie toujours renouvelée de l'Esprit qui est "une fois pour toutes délivrée aux saints". La continuité de la Tradition ne dépend pas de la mémoire. Elle est toujours et partout la même, car c'est la réalité donnée une fois pour toutes qui existe depuis toujours et vers laquelle nous sommes attirés.
 
C'est une perspective étrange pour la plupart des gens et qui va à l'encontre du sens purement humain du conservatisme. Cela peut sembler conservateur à un observateur extérieur, mais si ce qui est maintenu n'est préservé que de manière historique, ce n'est pas la vie ni la vérité de la Tradition. Il faut se vider à chaque instant et de toutes les manières et recevoir constamment la vie qui est donnée. Jésus-Christ est le même "hier, aujourd'hui et toujours". Et c'est le contenu de la Tradition. Je ne Le connais pas aujourd'hui parce que je L'ai connu hier. Je ne Le connais peut-être que maintenant.

27 Mai 2020
P. Stephen Freeman
Saint Anna's Orthodox Church

Quiconque rejette le bouclier de la

religion, se trouve sans défense au

moment du combat.

(Discours de Mgr Boniface, 9 juin 2020) 03

Discours de Mgr Charles-Clément Boniface, dit Père Samuel, Chorévêque Syriaque orthodoxe, à ses fidèles et à toute personne croyante ou non.

Sujet :
La religion chrétienne (partie 3 et fin).
Bossuet, prédicateur français († 1704) dit :
« Quiconque rejette le bouclier de la religion, se trouve sans défense au moment du combat. »

Illustration :
Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat.
Soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon.

Extrait du discours :

Montesquieu dit :
« La religion est le bien du peuple et de l’État. »

L’écrivain français Julien Green dit :
« Le plaisir tue en nous quelque chose. »

Il dit aussi :
« Nous vivons sur une planète dangereuse, la religion est là pour l’aider à supporter sa condition. »

Et il ajoute :
« Si on supprime la religion, on jette l’humanité dans le désespoir. »

Benjamin Franklin, philosophe et homme politique américain † 1790, dit :
« Si l’homme réalisait la moitié de ses désirs, il doublerait ses douleurs. »

Il dit aussi :
« Si les hommes sont si mauvais avec le secours de la religion, que seraient-ils sans la religion. »

Bossuet, prédicateur français († 1704) dit :
« Nos vrais ennemis sont en nous-mêmes. »
« Quiconque rejette le bouclier de la religion, se trouve sans défense au moment du combat. »

Saint Antoine de Padoue dit :
« Le titre de chrétien est un nom de piété, de justice, de charité, de chasteté, de sainteté, de pureté, d’humilité, de patience,… »

Dans la religion de nos amis juifs (Exode 21, 24), Dieu dit :
« Œil pour œil, dent pour dent. »

Dans la religion musulmane (Coran, sourate 47, verset 4), Allah dit :
« Lorsque vous rencontrerez des infidèles [non-musulmans], des incroyants, eh bien, tuez-les au point d’en faire un grand carnage. »

Dans la religion chrétienne (Saint Mathieu 5, 38), Jésus dit :
« Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre. »

Quelle nuance ! Quelle différence entre ces trois religions !

Georges Bernanos, écrivain français, et le Pape Pie XI disent :
« Spirituellement, nous sommes des Sémites [c’est-à-dire des Orientaux]. »

Cicéron dit :
« Qui n’empêche pas le mal, le favorise. »

Saint Martin de Tours († 397) dit :
« Un chrétien n’a jamais peur, car la religion lui sert de bouclier. »

Saint Paul dit :
« Si je voulais encore plaire aux hommes, je ne serais pas le serviteur du Christ. »

Le Sénat vote l'interdiction de

l'accès des mineurs aux sites

pornographiques

 

« Aucune barrière ne sera parfaitement étanche. Mais il est temps d’agir. En 20 ans rien n’a bougé sur le contrôle d’accès des sites pornographiques. »

Mardi soir, lors d’un examen de la proposition de loi sur la protection des victimes de violences conjugales, le Sénat a voté à l’unanimité un amendement présenté par la sénatrice Marie Mercier, qui impose aux sites pornographiques la mise en place d’un contrôle de l’âge des clients, en interdisant ainsi l’accès aux mineurs.

Marie Mercier, rapporteure du projet de loi, rappelle que « 50% des enfants de moins de 12 ans, ont déjà vu un film pornographique en entier ».

L’amendement déplore le fait que « l’article 227-24 du code pénal permet de sanctionner les sites qui diffusent des images pornographiques susceptibles d’être vues par un mineur » n’est pas appliqué dans l’univers numérique.

Une « nouvelle procédure » doit donc être mise en place afin de contrôler l’âge des clients.

« Cet amendement propose donc d’instituer une nouvelle procédure destinée à obliger les éditeurs de ces sites pornographiques à mettre en place un contrôle de l’âge de leurs clients : d’abord, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) leur adresserait une injonction de se mettre en conformité avec la loi, puis il pourrait saisir le président du tribunal judiciaire de Paris afin qu’il ordonne aux opérateurs de rendre impossible l’accès à ces sites, qui ne pourraient donc plus être consultés depuis la France. »

Ce vote fait suite à une décision prise par le président Macron en novembre 2019. Devant l’UNESCO il avait alors affirmé :

« Aujourd’hui, la pornographie a franchi la porte des établissements scolaires comme naguère l’alcool ou la drogue. Nous ne pouvons pas d’un côté déplorer les violences faites aux femmes et de l’autre, fermer les yeux sur l’influence que peut exercer sur de jeunes esprits, un genre qui fait de la sexualité un théâtre d’humiliation et de violences faites à des femmes qui passent pour consentantes. […] Je veux que soit mis en place un contrôle parental par défaut qui permettra de garantir simplement son application. Aujourd’hui c’est une démarche volontaire. Dans la plupart des cas ce n’est pas suffisant. Ça doit être un contrôle par défaut. »

Plusieurs dispositifs sont envisagés pour interdire l’accès aux mineurs, parmi lesquels le dispositif FranceConnect ou encore des modules Visa/Mastercard, y compris pour les sites gratuits.

Pour Marie Mercier, « aucune barrière ne sera parfaitement étanche. Mais il est temps d’agir. En 20 ans rien n’a bougé sur le contrôle d’accès des sites pornographiques ».

M.C.

Crédit Image : DANIEL CONSTANTE / Shutterstock.com

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Source: Info Chrétienne 

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

(Discours de Mgr Boniface, 10 juin 2020) 01

Discours de Mgr Charles-Clément Boniface, dit Père Samuel, Chorévêque Syriaque orthodoxe, à ses fidèles et à toute personne croyante ou non.

Sujet :
La science (partie 1).
L’écrivain français François Rabelais († 1553) dit :
« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

Illustration :
Bar Hebraeus, grand savant syriaque orthodoxe († 1286)

Extrait du discours :

La science religieuse et la science profane.

Quelques savants syriaques orthodoxes :
- Saint Éphrem († 373), reconnu par toutes les Églises,
- Saint Jacques de Saroug († 521),
- Philoxène de Mabboug († 523),
- Jean d’Éphèse († 586),
- Jacques d’Édesse († 708),
- Moïse Bar Képha († 903),
- Dionysius Bar Salibi († 1171),
- Michel le Syrien († 1199),
- Bar Hebraeus († 1286),
- Jacques Baradée († 578),
- …

L’écrivain français François Rabelais († 1553) dit :
« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

Saint Bonaventure dit :
« L’âme doit être nourrie par des lectures pieuses. »

Saint Augustin dit :
« Quand vous lisez, Dieu vous parle. »

Saint Jean Chrysostome dit :
« C’est un puissant rempart contre le péché que la lecture des Saintes Écritures. »

Saint Jérôme († 420) dit :
« Aimez la science des Écritures Saintes, et vous n’aimerez pas les vices de la chair. »
« Ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ même. »

Jean Jacques Rousseau († 1778) dit au sujet de la science :
« L’objet de la science est de connaître la vérité.
Son occupation est de la rechercher,
Son caractère est de l’aimer.
Les moyens de l’acquérir sont de renoncer aux passions déréglées et de fuir la dissipation et l’oisiveté. »

Méfions-nous de l’oisiveté. Étudions bien. Ne perdons pas notre temps.

Le plaisir est l’ennemi du bonheur.
Méfions-nous des passions déréglées, des convoitises passagères et diaboliques.

Bossuet dit :
« Le bonheur humain est composé de tant de pièces qu’il en manque toujours. »

Saint Augustin dit :
« Dieu est l’origine et la source de toute science. »
« Notre science comparée à celle de Dieu n’est qu’ignorance. »

L’écrivain français François Rabelais († 1553) dit :
« L’ignorance est la mère de tous les maux. »
« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

Hugo Cardinal dit :
« Quatre choses sont nécessaires pour acquérir la science :
- l’intelligence,
- la mémoire,
- la prière,
- le désir d’apprendre. »

Socrate dit :
« Connais-toi toi-même. »

Les principales compagnes de l’humilité sont :
- la prudence,
- la justice,
- la force,
- la tempérance,
- la foi,
- l’espérance
- et la charité.

Saint Bonaventure dit :
« Heureux l’homme qui connaît le Christ.
Malheureux celui qui sait tout le reste et qui ne connaît pas Jésus-Christ. »

UNE PRIERE DU MATIN

 

Accorde-moi, Seigneur, d’accueillir dans la paix le jour qui se lève ;

Aide-moi en toute choses à m’appuyer sur Ta sainte volonté ;

A chaque heure du jour, révèle-moi quelle est Ta volonté.

Bénis tout ce que je ferai avec mon entourage ;

Apprends-moi à accepter d’une âme sereine, tout ce qui adviendra au cours de la journée et donne moi la conviction profonde que Ta volonté gouverne tout.

Guide mes pensées et mes sentiments dans toutes mes paroles et toutes mes actions, et que je me souvienne que tout évènement imprévu est envoyé par Toi.

Apprends-moi à agir avec fermeté et sagesse, sans provoquer d’amertume ou de gêne chez les autres.

Donne-moi la force de supporter toutes les fatigues de cette journée et tout ce qu’elle apportera ; dirige ma volonté.

Apprends-moi à prier, prie Toi-même en moi.

Amen

Mgr Kallistos Ware

prière proposée par Jean Michael

Shlom lekh bthoolto MariamHail, O Virgin  Mary/ 

  maliath taiboothofull of grace
  
moran a'amekh  - the Lord is with thee
  
mbarakhto at bneshey/ blessed art thou among women
 
 wambarakhoo feero dabkharsekh Yeshue/  and blessed is the fruit of thy womb, Jesus
  
O qadeeshto Mariam/ Holy Mary
  
yoldath aloho Mother of God
  
saloy hlofain hatoyehpray for us sinners
  
nosho wabsho'ath mawtan.now and at the hour of our death.
 
 Amîn 

 

Je vous salue, Marie pleine de grâces ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amîn.

 

 

 

jesus_pecheurs Isaac Fanous.jpg:

PRIERE POUR LES VOCATIONS:

Père, faites se lever parmi les chrétiens 
de nombreuses et saintes vocations au sacerdoce, 
qui maintiennent la foi vivante 
et gardent une mémoire pleine de gratitude de Votre Fils Jésus, 
par la prédication de sa parole 
et l'administration des sacrements, 
par lesquels Vous renouvelez continuellement vos fidèles dans la Grâce du Saint Esprit. 

Donnez-nous de saints ministres de Votre autel, 
qui soient des célébrants attentifs et fervents de l'eucharistie, 
sacrement du don suprême du Christ pour la rédemption du monde, sacrement de la pérennité de Sa présence comme "l'Emmanuel", Dieu présent au milieu et pour le salut de Son Peuple. 

Appelez des ministres de Votre miséricorde, 
qui dispensent la joie de Votre pardon 
par le sacrement de la réconciliation. 

Père, puisse notre Église Syro-Orthodoxe francophone accueillir avec joie 
les nombreuses inspirations de l'Esprit de Votre Fils 
et, qu'en étant docile à ses enseignements, 
elle prenne soin des vocations au ministère sacerdotal 
et à la vie consacrée. 

Soutenez nos Pères dans la Foi, nos Métropolites,les évêques, les prêtres, les diacres, 
les personnes consacrées et tous les baptisés dans le Christ, à l'intérieur et à l'extérieur de notre Tradition Syro-Orthodoxe 
afin qu'ils accomplissent fidèlement leur mission 
au service de l'Évangile. 

Nous Vous le demandons par le Christ notre Seigneur, Votre Fils bien-aimé qui vit et règne avec Vous et le Saint Esprit pour les siècles sans fin.

Amîn. 

Ô Marie, Mère de Miséricorde et Reine des apôtres, priez pour nous ! 

__________

 

 

 

ORAÇÃO PELAS VOCAÇÕES:

Tree of Life #Jesus #Disciples #Coptic Icon:
Pai, deixe repousar entre os cristãos
numerosas e santas vocações ao sacerdócio,
que mantenham viva a fé
e manter uma memória cheia de gratidão Seu Filho Jesus,
pela pregação de sua palavra
e administrar os sacramentos,
pelo qual você renovar continuamente os vossos fiéis na graça do Espírito Santo.

Dê-nos santos ministros do vosso altar,
que estão celebrantes atentos e entusiastas da Eucaristia,
sacramento do dom supremo de Cristo para a redenção do mundo, o sacramento da sustentabilidade da sua presença como "Emmanuel", Deus presente entre e para a salvação de Seu povo.

Chamar ministros de sua mercê,
que fornecem a alegria de Seu perdão
através do Sacramento de reconciliação.

Pai, que nossa Igreja siro-ortodoxo falando alegremente boas-vindas
as numerosas inspirações do Espírito de Seu Filho
e, que sendo obedientes a seus ensinamentos,
ela cuida das vocações ao ministério sacerdotal
e à vida consagrada.

Apoiar nossos pais na fé, nossos metropolitanas, bispos, sacerdotes, diáconos,
pessoas consagradas e todos os baptizados em Cristo, dentro e fora da nossa tradição siro-ortodoxo
de modo que eles fielmente cumprir a sua missão
o serviço do Evangelho.

Você Nós vos pedimos por Cristo, nosso Senhor, Seu amado Filho, que vive e reina contigo eo Espírito Santo para todo o sempre.
Amin.

Modern Coptic Madonna:

Ó Maria, Mãe de Misericórdia e Rainha dos Apóstolos, rogai por nós!

Ce que nous savons, c’est une goutte d’eau.

Ce que nous ignorons, c’est l’Océan.

(Discours de Mgr Boniface, 11 juin 2020) 02

Discours de Mgr Charles-Clément Boniface, dit Père Samuel, Chorévêque Syriaque orthodoxe, à ses fidèles et à toute personne croyante ou non.

Sujet :
La science (partie 2 et fin).
Newton, théologien anglais († 1727), dit :
« Ce que nous savons, c’est une goutte d’eau. Ce que nous ignorons, c’est l’Océan. »

Illustration :
Michael Rabo, Patriarche syriaque orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient, et grand savant († 1199).

Extrait du discours :

Lorsque nous perdons nos bonnes mœurs, nous devenons incrédules, nous perdons la foi.

Si vous niez l’existence du démon, vous niez 30 % de la Bible, de l’Évangile.
Jésus a été tenté trois fois par le démon. Et à la fin, Jésus était vainqueur.
Arrière, Satan ! Vade retro Satana !

Lorsque nous sommes tentés, nous ne devons pas marchander avec la tentation.
Nous devons dire comme le Christ : Allez, Satan, je ne vous connais pas !
Là, vous êtes tranquilles, vous êtes heureux.
Il faut toujours regretter avant et pas après.

Thalès (6ème siècle avant J-C) disait :
« La vraie beauté ne consiste pas à s’orner le visage mais à enrichir son âme de science. »

Aristote dit :
« Le savoir diffère de l’ignorance comme la vie de la mort. »

Philon d’Alexandrie, le philosophe, dit :
« L’amour de la science ne connaît pas la paresse. »

Sénèque dit :
« Tous mes biens sont avec moi quand je suis instruit, quand j’ai la science. »

Peu importe l’âge qu’on a, il ne faut jamais dire :
“Il est trop tard pour apprendre”.

Napoléon dit :
« L’athéisme est destructeur de toute morale. »
« Nulle société ne peut exister sans morale. »
« Il n’y a pas de bonne morale sans religion. »

Le modernisme est entré dans l’Église.
Les prêtres sont méconnus, avec leur pantalon jeans.
Les églises sont démolies.

Sous le nom de religion, ils démolissent la religion.
Quand ça leur convient, ils croient. Mais quand ça ne leur convient pas, ils disent “ce n’est pas pour nous”.

Tout ou rien ! On ne peut pas moderniser Dieu.

Aristote dit :
« Il y a la même différence entre les savants et les ignorants qu’entre les vivants et les morts. »
« Être conscient que l’on est ignorant est un grand pas vers le savoir. »

Dans le Talmud :
« Il n’est pauvreté que d’ignorance. »

Le savoir est une richesse énorme.

Lorsque nous avons des fautes, des manquements, des péchés, il faut les avouer une fois pour toute.
Il faut dire : Je suis fragile, misérable ; je dois m’améliorer absolument, quoi qu’il arrive.
Et là, vous êtes quelqu’un.

Mais, si vous dites : Moi, je n’ai rien à me reprocher. Vous m’entez !
Corrigez-vous ! Faites pénitence !
Et là, votre cœur est tranquille.

Hugo Cardinal dit :
« Il y a cinq choses qu’il est utile de savoir :
1. Ce que l’on doit croire, c’est-à-dire les articles de foi,
2. Ce que l’on doit observer, c’est-à-dire les Commandements de Dieu,
3. Ce que l’on doit éviter, c’est-à-dire le péché,
4. Ce que l’on doit craindre, c’est-à-dire les châtiments éternels,
5. Ce que l’on doit désirer, c’est-à-dire la Vie éternelle. »

Newton, théologien anglais († 1727), dit :
« Ce que nous savons, c’est une goutte d’eau. Ce que nous ignorons, c’est l’Océan. »

Dans l’Imitation de Jésus-Christ :
« La science n’a pas d’autre ennemi que l’homme ignorant.
La science des sciences est de savoir que l’on ne sait rien. »

Saint Pierre, premier Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, dit dans sa Seconde Lettre (1, 5-8) :
« Joignez à votre foi, la droiture d’âme,
à la droiture d’âme, la science,
à la science, la tempérance,
à la tempérance, la patience,
à la patience, la piété,… l’amour de Dieu et du prochain. »

Saint Paul (1ère Épître aux Corinthiens, 13, 2) dit :
« Quand je possèderais toutes les sciences, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien. »

Le pape Innocent VIII († 1492) dit :
« Tous les chemins mènent à Rome. »

Six Rencontres avec Saint Jean de Shangaï

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Vladika Jean

 

SIX RENCONTRES AVEC SAINT JEAN

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Par l’archiprêtre Serge Poukh

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Le Père Serge avec l'icône de Kourdk

 

En 1928, mes parents ont déménagé de Bulgarie au Luxembourg. J'avais alors deux ans. Mon père a passé toute sa vie comme chef de chœur et Lecteur, ne portant pas en vain le nom de Romain le Mélode. Je me souviens comment je venais à l'église avec ma mère et comment je me tenais droit «comme un cierge" jusques à la fin du service. Je me souviens comment j'ai commencé à servir à l'autel pour le Père Evgenii: je lui ai donné l'encensoir, je suis sorti avec le cierge. Je me souviens de ma lecture et de mon chant au kliros. Et je me souviens de 1956.

Je décidais de devenir un bon Lecteur. À cette époque, le recteur de l'église Mémorial à Bruxelles était l'archevêque Jean de Changhai. Je lui ai révélé mon désir avant les vigiles. Vladyka fut rayonnant et il me dit: "C’est une bonne intention que tu as eue. Viens à la Liturgie de demain et je te tonsurerai Lecteur."

Après les vigiles, je m'allongeai pour dormir, mais je ne pouvais pas m'endormir.Je me tournai d'un côté à l'autre, mais je ne pus trouver aucun repos. Quelqu'un m'empêchait de dormir. À l’époque je ne pouvais pas savoir qui ce pouvait être; je ne l’ai découvert que le lendemain. Une voix intérieure me chuchotait : "Pourquoi devrais-tu devenir Lecteur? Pourquoi devrais-tu être attaché à l'Eglise?Tu ne pourras plus dormir le dimanche! Tu devras aller à l'église plus tôt! Tu devras trouver et lire l'épître! Tu devras lire sur le kliros, et tu ferais mieux de passer ton samedi soir au cinéma ou au théâtre! " Toutes ces pensées ne me quittèrent pas de toute la nuit.

Le lendemain, je suis allé à l'église le matin avec l'intention de renoncer à la tonsure. Je venais à peine d’entrer dans l'église quand j'ai entendu des pas frappés du côté gauche de l'autel. Je me suis tranquillement dirigé vers les portes, les ai ouvertes, et je vis Vladyka qui me tournait le dos. Il frappa du pied droit d'abord ici, puis là, et, se tournant légèrement vers moi, s'écria: "Le vois-tu "? Il est là, il est! Il y a "sa" queue! " Et, en continuant à taper du pied: "Tu as, quoi ?, changé d'avis? Tu ne veux pas être Lecteur? Je reculai. Comment Vladyka pouvait-il avoir connu ma décision? Et là, je compris soudain" qui" m'avait empêché de dormir. "Qui" avait mis en moi avec ces pensées sinistres. "Je veux, je veux!" - M'écriai-je en d'une voix qui n’était en quelque sorte pas la mienne.

Les yeux de Vladyka s'éclairèrent, comme ils l'avaient fait plus tôt et, se tournant vers moi, avec une voix affectueuse et approbatrice, il a déclaré: "Regarde! Il a disparu et ne reviendra pas à nouveau! Rappelle-toi une fois pour toutes: il ne faut jamais se détourner d'une bonne intention!

 

Par l’higoumène Goury (1999)

 

Ma première rencontre avec Vladyka Jean fut un jour à l'automne 1959. Vladyka Averky vint du Synode et demanda d'envoyer deux diacres au Synode, les évêques étant affectés dans les paroisses avant le Concile et il n'y aurait pas assez de diacres. Je suis allé avec le père Pimène; j'ai été affecté à Paterson avec Vladyka Savva d'Australie. Arrivé dans le Bronx, Vladyka Nikon m'a appelé et m'a dit: «Nous vous enverrons avec Vladyka Jean à Washington, un moine, c’est mieux pour lui." Vladyka Nikon m'a prévenu que, dès notre retour, Vladyka Jean devait servir un moleben [service de supplication] avant la réunion du Synode et que je devrais rappeler ceci Vladyka, de sorte qu'il ne serait pas en retard, et car il a toujours l’habitude, chaque fois qu’il va quelque part, de se mettre à écrire des "discours".

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Nous ne nous sommes assis à table pour manger qu’à 12h30, le taxi est venu, et à 1:00 le train devait partir, je courus vers Vladyka dans sa cellule. La porte était un peu ouverte. Vladyka était assis sur une chaise, une jambe à découvert, et j'ai remarqué que la jambe était couverte de sang jusqu'au genou, sans doute à cause de sa longue station debout. Un peu plus tard, je frappai à la porte afin de ne pas le déranger. Allant à la voiture, je me suis assis, mais Vladyka est allé au bureau de poste. Une aide, Sofia N., accourut vers lui: «Vladyka, pour l'amour de Dieu, je vous emmène. Allez, vous allez être en retard." Nous allons à la gare. Vladyka demanda quelque chose à un homme, qui ne comprenait pas, tourna les talons et partit, puis il a demandé à un autre, qui haussa les épaules et partit. Vladyka se tourna vers moi et me dit: "Ils ne comprennent même pas l'anglais!" Mais Vladyka ne se pressait pas, il marchait comme s'il était sorti pour se promener. Une jeune fille nous a aidés, a poinçonné notre ticket, et nous avons pris à temps celui d’une heure. Vladyka s'assit et posa son klobouk sur l’étagère à bagages. Le voile pendait, alors j'ai pris le klobouk et j’ai mis le voile dans le klobouk, mais la croix sur le klobouk est sortie de sa place. Vladyka s’est levé, sans rien dire, a mis le doigt à son front et m’a regardé. J'ai compris: Tu vois que la Croix n’est pas à sa place? Vladyka se mit à lire un livre, puis ferma les yeux. L'Américain, assis à côté de moi me pousse - il dort ...

 

Au cours des Vigiles, le Lecteur lut un cathisme et s'arrêta, et Vladyka se tenait silencieusement sur le kliros. L’archimandrite Nicolas est venu vers moi.Que se passe-t-il, dis-je, lisez le second cathisme. C'est alors seulement que Vladyka entra dans le maître-autel, vénéra la Sainte Table, et fut habillé sur le kliros de gauche, temps pendant lequel il a lu l’exapsalme sans livre. À la liturgie, le choeur a chanté l'Hymne des chérubins lentement trois fois, tandis que Vladyka tirait des morceaux de papier de sa poche pour les vivants et pour les défunts.

Après la liturgie, nous sommes restés assis dans l'avion près d'une heure en raison d'un problème avec l'avion, puis nous avons été transférés dans un autre avion, et nous sommes arrivés tard au Synode. En sortant de la voiture, j'ai demandé à Vladyka: «Devrais-je apporter vos vêtements dans votre cellule? Vladyka dit à haute voix: "Apporte mes vêtements au sanctuaire."

 

Nous entrons dans l'église. L'église est pleine, toutes les lumières électriques sont allumées, les Portes Royale sont ouvertes, et Vladyka Savva d'Australie est debout revêtu des ornements à la Sainte Table. À ma grande surprise, Vladyka, plutôt que d'aller directement dans l'autel, alla à l'ambon pour mettre son bâton épiscopal dans le coin. Je suis tout de suite entré et j’ai dit en deux mots: "Vladyka Jean est arrivé." Le Métropolite Anastase, debout à la porte, tressaillit et échangea des regards avec Vladyka Savva. Vladyka Savva s'éloigna de la Sainte Table. Il me dit: «Donne-moi les vêtements de Vladyka Jean." Maintenant, me souvenant de tout cela, je pense avec quel calme Vladyka Jean lui-même se comportait. Non seulement les Américains, mais beaucoup de Russes ne le comprenaient pas...

 

Par Père Peter Perekrestov

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Une paroissienne de la cathédrale, Vera Ignatevna Romanov, relata l'incident ci-dessous pour moi. Dans les années 1960, elle s'approcha de la croix à la fin de la Liturgie, qui avait été célébrée par l'archevêque Jean (Maximovitch). Vladyka Jean, d’une manière inattendue lui a demandé (elle n'avait pas vu qu'il avait demandé ceci à qui que ce soit d’autre): "Avez-vous mangé aujourd'hui avant la Liturgie? Vera Ignatevna a répondu: "Oui." Puis Vladyka John éloigna d'elle sa main avec la Croix et ne lui permit pas de la baiser. Vera Ignatevna fut d'abord dans un état de choc du fait que Vladyka ne lui permettait pas d'embrasser la croix. Cependant, à partir de ce moment-là, elle n'a jamais mangé quoi que ce soit avant la Divine Liturgie, y venant toujours à jeun.

 

Par l’archimandrite Ambroise (Pogodine) (2004)

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Saint Jean

 

Vladyka Jean avait l'habitude de visiter les églises hétérodoxes, où quelque grâce de l'orthodoxie pouvait toujours être présente, c’est-à-dire sous la forme de reliques de saints qui avaient été glorifiés avant la division des Églises. Vladyka Jean exprima le souhait de visiter l'abbaye de Westminster. L'abbaye de Westminster peut un jour avoir été un lieu très saint. Il a été miraculeusement sauvé comme église paroissiale de la destruction générale, sous Henri VIII, et maintenant ces objets sacrés que l'on aurait pu s'attendre à trouver dans une ancienne église ne sont plus là. Nous sommes allés tout simplement jeter un œil comme pour l'une des attractions touristiques de Londres. Vladyka vint avec nous. Après un certain temps, le plus court possible, il est parti. "Ici, dit-il," il n'y a pas de grâce." En effet, on y trouve les reliques de nombreux grands personnages de l'Angleterre, des grands constructeurs politiques du pays, des écrivains, des savants, mais pas de saints.

 

Par l’évêque Danilo (Krstic) de Buda (2002)

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Evêque Danilo

 

Un jeune Serbe était étudiant en théologie à l'Institut de théologie orthodoxe de Paris. Il était partagé dans son cœur: devait-il se marier ou devenir moine? Il se rendit à Bruxelles, où l'archevêque Jean vivait alors, et demanda à Vladyka: dois-je devenir moine? Vladyka Jean avait vécu pendant longtemps en Serbie et avait bien compris les manières et le caractère des jeunes Serbes. Il savait qu'ils ont tendance à être tenace et irascible, et il a répondu à l'étudiant: non !

Ce Serbe devint moine, malgré tout. Lorsque ce même Serbe, déjà moine, eut le plaisir de rencontrer l'archevêque Jean en Amérique, Vladyka le bénit avec le visage rayonnant d'un connaisseur clairvoyant des Serbes... Vladyka savait que s'il avait dit à ce Serbe: "Oui, deviens moine, ce Serbe ne l'aurait jamais fait..."

 

Par le Métropolite Laure d'Amérique de l'Est et de New York (2008)

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Synode des évêques en 1953 à Jordanville

 

En 1953, le Synode des Évêques visita le monastère de la Sainte Trinité de Jordanville. J'étais alors hiérodiacre. Après la Liturgie de fête, je suis entré dans l'autel et je suis allé vers Saint Jean, qui était à la recherche de quelque chose. Je suis allé jusqu'à Vladyka Jean et lui ai demandé: "Puis-je vous aider à trouver quelque chose?" Saint Jean n'a pas répondu à ma question, et en silence il a continué sa recherche. Alors moi, pensant que Vladyka Jean n'avait pas entendu ma question, je lui ai à nouveau demandé. Saint Jean me prit par la main, me fit sortir du sanctuaire, et dit: "Dans le sanctuaire, je ne converse pas".

 

Version française Claude Lopez-Ginisty d'après http://ishmaelite.blogspot.com/2009/04/six-encounters-with-st-john-of-shanghai.html

 
Saint Jean de Changaï et de San Francisco

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Saint Jean avec sainte Marie et sainte Paraskevie (Pacha),
Folles-en-Christ de Diviyevo

http://stinnocentchurch.com/icons.html

 

www.orthodoxologie.blogspot.com

L’Église ne peut vivre le présent que dans la fidélité au passé.

(Discours de Mgr Boniface, 12 juin 2020)

Discours de Mgr Charles-Clément Boniface, dit Père Samuel, Chorévêque Syriaque orthodoxe, à ses fidèles et à toute personne croyante ou non.

Sujet :
Persécutions des chrétiens, de Jésus-Christ à nos jours.

Napoléon Bonaparte († 1821) dit :
« L’Église ne peut vivre le présent que dans la fidélité au passé. »

Illustration :
Saint Paul Apôtre, de persécuteur, il devient un grand défenseur de l’Église.

Extrait du discours :

Saint Paul a été influencé par la persécution et le martyre de saint Étienne.
Il n’a pas accepté cette injustice.
Il se convertit au christianisme et devient un grand Apôtre du Christ. Il donnera sa vie pour Lui et sera aussi persécuté et martyr (décapité) à Rome.

La persécution des chrétiens continue après la conversion de saint Paul.

Saint Paul et saint Pierre, priez pour nous.

La première persécution des chrétiens a commencé à partir de Jésus-Christ et a continué jusqu’en l’an 313.

Une femme, sainte Hélène, va convertir son fils, Constantin le Grand.
En 313, Constantin le Grand promulgue (proclame) l’Édit de Milan, qui accorde la liberté de culte aux chrétiens. Les chrétiens sont libres.

Nous allons parler de la Persécution des chrétiens, de Jésus-Christ à nos jours.
Mais la chrétienté a supporté même l’insupportable.
La chrétienté c’est la patience.
Et la patience c’est la mère de la perfection.

Saint Augustin dit :
« De la force naissent :
- la grandeur d’âme,
- la confiance,
- la tranquillité,
- la patience,
- la persévérance,
- l’humilité
- et la douceur.

La patience et le temps arrangent tout !

Dans l’Imitation de Jésus-Christ :
« La persévérance est la victoire du bien. »

Supprimez les persécutions, il n’y a plus de martyrs.
La sainte Église a donné des milliers de Martyrs.

Saint Jérôme dit :
« Mourir par le glaive, pour le nom du Christ, était le vœu des chrétiens pendant le temps de la persécution. »

Saint Paul aux Romains (8, 35-37) dit :
« Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ?
Sera-ce
- l’affliction,
- ou l’angoisse,
- ou la persécution,
- ou la faim,
- ou la nudité,
- ou le péril,
- ou l’épée ?
En effet, il est écrit : “C’est pour vous, Seigneur, qu’on nous massacre sans arrêt, qu’on nous traite en brebis d’abattoir.”
Mais, en tout cela nous remportons la victoire par Celui qui nous a aimés. »

Saint Paul aux Romains (8, 38-39) continue :
« J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. »

N’est pas pauvre qui a peu de choses, mais qui en désire beaucoup.

Saint Antonin dit :
« L’Église a souffert, des Empereurs romains, dix persécutions figurées par les dix plaies d’Égypte. »

Napoléon dit :
« Les peuples passent, les trônes s’écroulent, mais l’Église demeure éternellement. »
L’Église ne peut vivre le présent que dans la fidélité au passé.

Saint Augustin dit :
« Jusqu’à la fin du monde, l’Église ne manquera jamais de persécuteurs. »

C’est une vraie persécution contre l’Église que les ruses de ses ennemis.

Bernanos dit :
« Certes, l’homme est partout l’ennemi de lui-même. »

Stendhal, écrivain français († 1842), dit :
« Le plus grand bonheur qui puisse arriver à un grand homme c’est d’avoir des ennemis. »

Saint Augustin dit aussi :
« Les rois de la terre, qui autrefois persécutaient, sont chrétiens à présent.
L’Église a pour défenseurs ses persécuteurs d’autrefois. »

Saint Augustin ajoute :
« Quiconque persécute un chrétien est l’ennemi de Jésus-Christ. »

Avant sa mort, saint Ignace de Loyola souhaitait la persécution à ses disciples afin de mieux travailler.

Saint Jean Chrysostome dit :
« La persécution est un grand bien, c’est la richesse d’une âme grande et généreuse. »

Saint Augustin dit encore :
« Si vous menez une vie sainte, vous n’aurez jamais d’autres persécuteurs que les méchants. »

Publilius Syrus dit :
« La méchanceté s’apprend souvent sans maître. »
« Pardonne souvent aux autres, mais jamais à toi. »
« Domine tes passions pour qu’elles ne te dominent pas. »

Quand je crie, réponds-moi,

Dieu de ma justice !

Seigneur, sauve nous  .

 

1 Quand je crie, réponds-moi, Dieu de ma justice ! Quand je suis dans la détresse, sauve-moi ! Aie pitié de moi, écoute ma prière !

2 Fils des hommes, jusques à quand ma gloire sera-t-elle outragée ? Jusques à quand aimerez-vous la vanité, Chercherez-vous le mensonge ?

3 Sachez que l'Éternel s'est choisi un homme pieux ; L'Éternel entend, quand je crie à lui.

4 Tremblez, et ne péchez point ; Parlez en vos coeurs sur votre couche, puis taisez-vous. 

5 Offrez des sacrifices de justice, Et confiez-vous à l'Éternel.

6 Plusieurs disent : Qui nous fera voir le bonheur ? Fais lever sur nous la lumière de ta face, ô Éternel !

7 Tu mets dans mon coeur plus de joie qu'ils n'en ont Quand abondent leur froment et leur moût.

8 Je me couche et je m'endors en paix, Car toi seul, ô Éternel ! tu me donnes la sécurité dans ma demeure.

 

Psaume 4

SIGNEZ LA PETITION POUR LA LIBERATION DES DEUX EVÊQUES QUIDNAPES EN SYRIE /PETITION ON THE ABDUCTION OF THE TWO HIERARCHS OF ALEPPO SYRIAToujours aucune nouvelle d'eux....Nous espérons... 

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*Rappel des faits:

Le 22 avril 2013, Mgr Yohanna (Jean) Ibrahim, archevêque syriaque orthodoxe d’Alep, et Mgr Boulos (Paul) Yazigi, archevêque grec orthodoxe de la même ville, étaient enlevés à l’ouest d’Alep en Syrie. Les deux évêques s’étaient rendus en voiture,fraternellement, avec un chauffeur, dans cette région pour tenter de négocier la libération de deux prêtres enlevés en février précédent : le Père Michel Kayyal (catholique arménien) le le Père Maher Mahfouz (grec-orthodoxe). C’est l’un des enlèvements les plus étranges en période de guerre puisqu’il n’y a eu aucune revendication. Même les médias ne s’intéressent pas beaucoup à cette affaire, jugée peu sulfureuse et surtout incompréhensible. Pour cette raison, le site Internet grec Pemptousia met en ligne une pétition (en anglais) pour la libération de deux hiérarques. Pour la signer,pétition relayée en France par Orthodoxie.com et nous-même  cliquez ICI !

Merci.

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N'oublions-pas de prier pour les évêques, prêtres et

 

fidèles chrétiens détenus par les "islamistes"

 

ou terroristesen tous genres !

 

Prions sans relâche pour que le

 

Seigneur les soutienne. Prions pour leur libération ...

 

  

Let us not forget the bishops, priests and faithful

 

Christians held by "Islamists" or terrorists of all

 

kinds! Pray tirelessly for the Lord to sustain them.

 

Pray for their release ...

Image of the Saviour Not Made by Hand: a traditional Orthodox iconography in the interpretation of Simon Ushakov (1658).:

 

Où nous trouver ?

Grande Paroisse NORD-OUEST et NORD-EST (Paroisse Cathédrale N-D de Miséricorde):

 NORMANDIE :

CHANDAI (61) et CHAISE-DIEU DU THEIL (27):

 * Le Sanctuaire Marial de la

Bse Vierge Marie, Mère de Miséricorde 

Monastère Syriaque N-D de Miséricorde
Brévilly
61300 CHANDAI

Tel: 02.33.24.79.58 

 Courriel:asstradsyrfr@laposte.net 

Messe journalières en semaine à 10h30 (Teléphoner en cas d'absence)

Tous les dimanches, Messe à 10h30 et permanence constante de prêtres  pour CATÉCHISME, Sacrements et sacramentaux (bénédictions, prières de délivrance, pour les malades ou exorcismes) .

(Liturgie de St Jacques dite "d'Antioche-Jérusalem") 

Tel: 02.33.24.79.58 Courriel:asstradsyrfr@laposte.net

 

Maison Ste Barbe 
(Siège de l'Ass Caritative CARITAS E S O F)

15 Rue des 3 Communes
27580 CHAISE-DIEU DU THEIL

Tel: 02.33.24.79.58 

 Courriel:asstradsyrfr@laposte.net

 

* Relais Paroissial St Michel

S/ Mme H MARIE, 43 Rue de la Marne

14000 CAEN.Tel: 02.33.24.79.58

 Courriel:asstradsyrfr@laposte.net

 Le 30 de chaque mois, Permanence pastorale de 8h30 à 19h (Sur R.D.V) chez Mme Henriette Marie, 43, Rue de la Marne à CAEN. Tel 06.33.98.52.54 . (Possibilité de rencontrer un prêtre pour Catéchisme, Sacrements et sacramentaux (bénédictions, prières de délivrance, pour les malades ou exorcismes) . 

PARIS ET REGION PARISIENNE:

* Relais Paroissial Sainte Geneviève Mar Thoma

Permanence pastorale tous les Vendredis et Samedi précédents les 1ers Dimanches de chaque mois.(Possibilité de rencontrer un prêtre pour Catéchisme, Sacrements et sacramentaux (bénédictions, prières de délivrance, pour les malades ou exorcismes) .

ALSACE-LORAINE (Grand Est):

* Relais Paroissial Sainte Sainte Clotilde Permanence pastorale épisodique à organiser  sur asstradsyrfr@laposte.net ou  par SMS au 06 48 89 94 89 ,Possibilité de rencontrer un prêtre pour Catéchisme, Sacrements et sacramentaux (bénédictions, prières de délivrance, pour les malades ou exorcismes) . Sainte 

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Grande Paroisse "NOUVELLE AQUITAINE" , OCCITANIE

(N-D de la Très Sainte Trinité) : 

NANTES:

 *"relais paroissial" St Charbel

18h, Messe le 2ème jeudi de chaque mois et permanence régulière d'un prêtre Sacrements et sacramentaux (bénédictions, prières de délivrance, pour les malades ou exorcismes) de 9h à 17h (06.48.84.94.89 ).

NOUS RECHERCHONS UN LOCAL SUR NANTES POUR DONNER AUX FIDÈLES AU MOINS UN DIMANCHE PAR MOIS LA SAINTE MESSE AINSI QU'UN MEILLEUR SERVICE PASTORAL

 

ANGOULÊME (Jauldes):

*Paroisse N-D de Toutes Grâces et St Ubald

MAISON NOTRE-DAME
66,Place Schoeneck, LE BOURG
16560 JAULDES. 

Tel: 05.45.37.35.13
Messe les 2èmes et  4èmes Dimanches de Chaque mois à 10h30 suivies d'un repas fraternel et de la réception des fidèles.

* Possibilité de prendre Rendez-vous avec le prêtre la semaine suivant le 2éme dimanche du mois ainsi que pour les visites aux malades et à domicile.

Permanence régulière d'un prêtre pour CATÉCHISME, Sacrements et sacramentaux (bénédictions, prières de délivrance, pour les malades ou exorcismes) .

 

PERIGUEUX (La Chapelle Faucher):

*Paroisse Notre-Dame de la Ste Trinité et St Front
ERMITAGE ST COLOMBAN*
Puyroudier (Rte d'Agonac)
24530 LA CHAPELLE FAUCHER.

Tel:05.45.37.35.13

 Messe le 4ème samedi de Chaque mois à 10h30 et permanence régulière d'un prêtre pour CATECHISMES, Sacrements et sacramentaux (bénédictions, prières de délivrance, pour les malades ou exorcismes) .

 

LOURDES:

*Relais paroissial St Gregorios de Parumala

 Messes épisodiques ( en fonction des besoins des fidèles) à 10h30

Rte de Pau

 

-+-

CAMEROUN, PAKISTAN ET BRÉSIL et PEROU :

Pour obtenir les adresses du Monastère de YAOUNDÉ,

des paroisses et "relais paroissiaux de Doula, Yaoundé, Elig Nkouma, Mimboman, Bertoua, Monabo, veuillez les demander au Monastère Métropolitain. De même pour les Paroisses du Brésil et du Pakistan: 

 Monastère Syriaque N-D de Miséricorde
Brévilly
61300 CHANDAI.

Tel: 02.33.24.79.58 

 Courriel:asstradsyrfr@laposte.net

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Ou trouver en France un Prêtre exorciste Orthodoxe Oriental ?

 

_____________________________________________________

 

S.O.S

 

Chers amis. Shlomo ikoulkoun (Paix à vous)!

 

L'heure est grave pour le monde, nos pays, notre Eglise

Pourtant, ne cédons pas à la peur et croyons que le Seigneur est aux commandes et tirera de ce mal un bien!...

 

Si vous observez le cours des choses, vous entrevoyez déjà que cette crise met chacun devant ses responsabilités et tend à opérer un tri entre ceux qui sont ou non véritablement mu par la Foi fervente qui les habite ou non.

 

Je viens d'écouter avec la plus grande attention l'allocution du Président de la République Française, notre Président.

Intervention brillante.

Je n'ai pas à me prononcer sur ceci ou cela.

D'autres s'en chargeront et les polémiques me paraissent stériles et malsaines alors que nous vivons des heures très sombres qui ne manqueront pas d'orienter l'avenir de l'humanité dans une direction pour laquelle nous prions afin qu'elle soit heureuse....

 

En tant que Père en Dieu des membres de notre Eglise Syro-Orthodoxe de Mar Thoma (Eglise métropolitaine de Tradition Syro Orthodoxe Malankare fondée initialement par l'Eglise Malankare-Orthodoxe /Eglise Orthodoxe des Indes, pour l'Europe et ses Missions), je vous dois la vérité et vous dire très simplement que:

 

-En raison de la précarité financière de notre Monastère et de notre Eglise Métropolitaine, sans la solidarité des fidèles qui, si ils sont confinés hors de notre Monastère et loin des Paroisses, recourent habituellement ou occasionnellement à nos services pastoraux, avec l'annonce (Juste) du gèle des loyer (Or la Métropolie toute entière survit grâce à un loyer parisien qui m'est, en principe patrimonial), nous ne pouvons pas imaginer comment nous en sortir matériellement.

 

Lors de mes très nombreux périples missionnaires à l'intérieur et à l'extérieur du Pays, jusqu'à présent déjà, les offrandes des fidèles étaient largement insuffisantes pour pourvoir aux frais de ces déplacements pastoraux, sans parler des charges en tous genre qui pèsent sur la vie d'une Institution Religieuse .

 

Toutes activités de Métropolie étaient possibles grâce à mon acharnement missionnaire,la mise en commun de tout ce que je reçois, ce loyer parisien patrimonial et un emploi que j'avais initialement pris auprès d'une entreprise comme Conseiller en déontologie et spiritualité afin d'être assuré et d'assurer deux prêtres...

 

Dans l'actuel contexte de vie, nous ne pouvons pas imaginer comment nous en sortir matériellement.

 

Je confie notre avenir à vos prières fraternelles et à votre solidarité si vous souhaitez que nous survivions ensemble à cette crise pour témoigner du Christ notre Sauveur et collaborer à étendre Son Règne d'Amour, de Vérité, de Justice et de Paix.

 

Nous sommes vraiment entre les mains du Seigneur !

 

En vous remerciant pour l'attention que vous aurez cru devoir apporter à cette note d'information sur notre situation dans les circonstances présentes, je reste votre respectueusement et fraternellement dans le Christ, notre Seigneur. Aloho m'barekh (Dieu vous bénisse)!

 

+Métropolite Mor Philipose. Brévilly ce 16.III.2020

 

"A person who, knowing what faults he has committed, willingly and with due thankfulness endures the trials painfully inflicted on him as a consequence of these faults, is not exiled from grace or from his state of virtue; for he submits willingly and pays off his debts by accepting the trials. In this way, while remaining in a state of grace and virtue, he pays tribute not only with his enforced sufferings, which have arisen out of the impassioned side of his nature, but also with his mental assent to these sufferings, accepting them as his due on account of his former offenses. Through true worship, by which I mean a humble disposition, he offers to God the correction of his offenses." (St. Maximos the Confessor (The Philokalia Vol. 2; Faber and Faber pg. 285))

   

"L'avenir est dans la paix, il n'y a pas d'avenir sans paix"

 

 

"The future is in peace, there is no future without peace"

 

"O futuro está em paz, não há futuro sem paz"  

 

(SS Ignatius Aprem II)

Shlom lekh bthoolto Mariam/ Hail, O Virgin  Mary/    maliath taibootho/ full of grace/    moran a'amekh  - the Lord is with thee/    mbarakhto at bneshey/ blessed art thou among women/    wambarakhoo feero dabkharsekh Yeshue/  and blessed is the fruit of thy womb, Jesus/    O qadeeshto Mariam/ Holy Mary/    yoldath aloho/  Mother of God/    saloy hlofain hatoyeh/ pray for us sinners/    nosho wabsho'ath mawtan./ now and at the hour of our death./    Amîn   Je vous salue, Marie pleine de grâces ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amîn.

Note:
Eglise Métropolitaine fondée grâce à l'élan missionnaire de l'Eglise Syrienne Orthodoxe des Indes (Malankare) pour l'Europe et ses missions, notre Eglise Syro-Orthodoxe de Mar Thoma, située en francophonie et ses missions d'Afrique, du Brésil, du Pakistan et en Amérique latine* est une Eglise Orthodoxe-Orientale.

Le Monastère Syriaque est un Centre de Prières pour l'unité des Eglises Apostoliques, l'unanimité du Témoignage Chrétien et la paix du monde.

¤ Permanence pastorale en diverses région de France pour : Accompagnements spirituels, Sacrements, Sacramentaux (Bénédictions, Prières de délivrance ou d’exorcisme, prières de guérison)…

Pour les services pastoraux rendus au Monastère comme l'accueil des fidèles pour de courts séjours ou des retraites spirituelles, nous n'exigeons aucun fixe.

Les offrandes sont libres et non obligatoires.Toute offrande fait cependant l'objet d'une déduction de votre revenu imposable à raison de 66°/° de votre revenu). 
Libeller tous C B à l'ordre suivant " Métropolie E S O F "

Pour l’Aumônerie Syro-Orthodoxe Francophone des Africains vivant en France, contacter les Responsables: Mor Philipose-Mariam (06.48.89.94.89), Métropolite et Sœur Marie-André M'Bezele, moniale (06.17.51.25.73).

-------------------------------------------------------------

Nota:
A Igreja Metropolitana fundada graças ao ímpeto missionário da Igreja Ortodoxa Síria das Índias (Malankare) para a Europa e suas missões, nossa Igreja Siro-Ortodoxa de Mar Thoma, localizada em Francofonia e suas missões da África, Brasil, do Paquistão e da América Latina * é uma Igreja Ortodoxa Oriental.

O mosteiro siríaco é um centro de oração pela unidade das igrejas apostólicas, a unanimidade do testemunho cristão e a paz do mundo.

¤ Pastoral em várias regiões da França para: acompanhamento espiritual, sacramentos, sacramentais (bênçãos, orações de libertação ou exorcismo, orações para cura) ...

Para os serviços pastorais prestados ao mosteiro como a recepção dos fiéis para estadias curtas ou retiros espirituais, não exigimos nenhum pagamento fixo.

As ofertas são gratuitas e não são obrigatórias, no entanto, qualquer oferta é deduzida da sua renda tributável em 66% da sua renda.
Rotule todos os C B com a seguinte ordem "Metropolitan E S O F"

Para a capelania francófona siro-ortodoxa de africanos que vivem na França, entre em contato com os chefes: Mor Philipose-Mariam (06.48.89.94.89), Metropolitan e irmã Marie-André M'Bezele, freira (06.17.51.25.73).

-----------------------------------------------------------------

Note:
Metropolitan Church founded thanks to the missionary impetus of the Syrian Orthodox Church of the Indies (Malankare) for Europe and its missions, our Syro-Orthodox Church of Mar Thoma, located in Francophonie and its missions from Africa, Brazil, of Pakistan and Latin America * is an Eastern Orthodox Church.

The Syriac Monastery is a Prayer Center for the unity of the Apostolic Churches, the unanimity of the Christian Testimony and the peace of the world.

¤ Pastoral office in various regions of France for: spiritual accompaniment, sacraments, sacramentals (Blessings, Prayers of deliverance or exorcism, prayers for healing) ...

For the pastoral services rendered to the monastery as the reception of the faithful for short stays or spiritual retreats, we do not require any fixed.

Offerings are free and not obligatory. However, any offer is deducted from your taxable income at 66% of your income.
Label all C B with the following order "Metropolitan E S O F"

For the Francophone Syro-Orthodox Chaplaincy of Africans living in France, contact the Heads: Mor Philipose-Mariam (06.48.89.94.89), Metropolitan and Sister Marie-André M'Bezele, nun (06.17.51.25.73).

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Nota:
La Iglesia Metropolitana, fundada gracias al ímpetu misionero de la Iglesia Ortodoxa Siria de las Indias (Malankare) para Europa y sus misiones, nuestra Iglesia Siro-Ortodoxa de Mar Thoma, ubicada en la Francofonía y sus misiones desde África, Brasil, de Pakistán y América Latina * es una iglesia ortodoxa oriental.

El monasterio siríaco es un centro de oración por la unidad de las iglesias apostólicas, la unanimidad del testimonio cristiano y la paz del mundo.

¤ Presencia pastoral en varias regiones de Francia para: acompañamiento espiritual, sacramentos, sacramentales (bendiciones, oraciones de liberación o exorcismo, oraciones para sanar) ...

Para los servicios pastorales prestados al monasterio como la recepción de los fieles para estancias cortas o retiros espirituales, no requerimos ninguna reparación.

Las ofertas son gratuitas y no obligatorias, sin embargo, cualquier oferta se deduce de su ingreso imponible al 66% de su ingreso.
Etiquete todos los C B con el siguiente orden "Metropolitan E S O F"

Para la Capellanía franco-ortodoxa francófona de africanos que viven en Francia, comuníquese con los Jefes: Mor Philipose-Mariam (06.48.89.94.89), Metropolitana y la Hermana Marie-André M'Bezele, monja (06.17.51.25.73).

* Pour aller plus loin, cliquez ci-dessous:

 

 

CONFIER DES INTENTIONS DE PRIÈRE AU

 

MONASTÈRE, C'EST SIMPLE...

Le Moine ne rompt pas la solidarité profonde qui doit unir entre eux

les frères humains… Ils se conforment aux sentiments du Christ

Tête de l'Eglise, le "premier né d'une multitude de frères" et à Son

amour pour tous les hommes…

 

A travers les prières monastiques, c’est toute l’Eglise qui prie et

intercède pour l’humanité.

 

Le savez-vous ? Chacun de vous, dans le secret de son existence,

participe à cet immense courant de prière souterraine qui irrigue le

monde…

 

Si vous le souhaitez, vous pouvez nous confier une intention de

prière en l'envoyant à l'adresse suivante:

 

 

Monastère Syro-Orthodoxe de la Bse Vierge Marie, Mère de Miséricorde,

Brévilly, 4

61300 CHANDAI.

Tel: 02.33.24.79.58

ou: 06.48.89.94.89 (Par sms en laissant vos coordonnées)

Courriel:asstradsyrfr@laposte.net

 

Shlom lekh bthoolto Mariam/ Hail, O Virgin Mary/ maliath taibootho/ full of grace/ moran a'amekh - the Lord is with thee/ mbarakhto at bneshey/ blessed art thou among women/wambarakhoo feero dabkharsekh Yeshue/ and blessed is the fruit of thy womb, Jesus/ O qadeeshto Mariam/ Holy Mary/ yoldath aloho/ Mother of God/ saloy hlofain hatoyeh/ pray for us sinners/ nosho wabsho'ath mawtan./ now and at the hour of our death./ Amîn 

 

Je vous salue, Marie pleine de grâces ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amîn

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