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30 avril 2018 1 30 /04 /avril /2018 08:16

 

 Invoquez l'Esprit-Saint ! 


« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car en dehors de moi vous ne pouvez rien faire »


Cette phrase que nous entendons dans l’Évangile devrait être marquée au fer rouge dans notre cœur !

Mais comment rester proches de Jésus tout au long d'une la journée alors que nous avons tant à faire, du matin au soir, avec des obligations d’ordre professionnelles ou familiales qui souvent nous accaparent au point de nous faire oublier qu’Il est toujours là à nos côtés ? Et puis, nous Le retrouverons bien dimanche à la messe, cela ne suffit-il pas ?

Invoquons Joseph, le contemplatifs, qui pris dans les préoccupations contingentes, faisait de tous les actes de sa vie une prière, une tension amoureuse vers Dieu ! 

Jésus est clair, et même exigeant quand Il nous parle de la nécessité pour nous d’être toujours « branchés » à Lui, seule condition de la vraie fécondité de toutes nos actions quotidiennes.

Il y a mille petites façons de retourner à Lui au cœur même de nos occupations : invoquer l’Esprit-Saint de façon fugace, à travers une "oraison jaculatoire", au moment de prendre telle ou telle décision, au moment de poser tel ou tel acte: que tout notre agir soit sous le regard du Père, dans la lumière et le feu du Saint Esprit que que le Christ vive en nous !

N'oublions jamais non plus de le remercier d’une réussite, d’un évènement qui nous a apporté de la joie ou un accomplissement, de Lui demander sa lumière et Sa force pour persévérer lorsque nous traversons un moment difficile…
 

  Aujourd'hui donc, je fais un pas                                                       

Aujourd’hui, Avec Saint Jacques "Le Majeur" (Voir biographie ci-dessous), je fais le pas de reconnaître que Jésus m’invite à ne pas construire ma vie à côté de Lui, mais EN Lui.

J’essaie, à l'école de Saint Joseph, de Saint Jacques et de ces frères aînés que l'Eglise invoque aujourd'hui,  de tourner mon cœur vers Lui dans des petites choses de la journée, par des actes de foid’espérance,d’action de grâce.

Je prie l’Esprit-Saint de passer cette journée d’une façon plus attentive en sa présence. Quelle joie d’être avec Lui, même dans les petites choses !

 

"C'est de notre prochain que dépendent notre vie et notre mort:
si nous gagnons notre frère,
nous gagnons Dieu,
si nous scandalisons notre frère,
nous péchons contre le Christ."

(Abba Antoine)

_________________________________

L'Arbre de Vie 
 
L'Arbre de Vie est l'Amour de Dieu dont Adam fut déchu.
Après cela, il ne connut plus la joie, mais il dut se mettre au labeur et s'épuiser dans une terre chargée d'épines.
 
Jusques au temps où nous trouvons l'Amour, notre labeur se fait dans une terre chargée d'épines: parmi les épines nous semons et récoltons à la fois, même si notre semence est semence de droiture. 
 
Nous sommes tout le temps piqués [par ces épines], et quelque justes que nous parvenions à nous rendre, nous vivons à la sueur de notre front. Mais une fois que nous avons trouvé l'Amour, nous avons part au Pain céleste, étant nourris sans labeur ni peine.
 
La personne qui a trouvé l'Amour, mange le Christ en tout temps, et dès cet instant, elle devient immortel.
 
Quiconque mange ce pain, dit-Il, ne goûtera pas à la mort.
 
Bienheureux celui qui a mangé le pain de l'Amour, Qui est Jésus.
 
Qui est sustenté par l'Amour, est nourri par le Christ Qui est Dieu par-dessus tout.
 
Jésus a témoigné de cela en disant: "Dieu est Amour!." 
 
Voilà l'air dans lequel le juste trouve ses délices à la résurrection.
 
L'Amour est le Royaume dans lequel mystiquement, le Seigneur promit à Ses disciples qu'ils mangeraient et boiraient.
 
 
Saint Isaac le Syrien
 
 
Version française Claude Lopez-Ginisty d'après Saint Isaac le Syrien cité par
A Journey through Great Lenthttp://orthodoxologie.blogspot.com/
Light and Life Publishing 1998
« Saluez tous les saints », écrivait St Paul. 

À son époque ils étaient tous des saints les uns pour les autres, car ils croyaient être unis par l’amour de Dieu (qui) a été répandu dans leurs cœurs par l’Esprit Saint (cf Rom 5, 5).
L’amour de Dieu n’était pas toujours symbolique ou virtuel, il s’incarnait dans une communauté.
Il rassemblait ceux qui se réunissent au nom du Christ, qui invoquent le nom de Christ, car ainsi s’appelaient les premiers chrétiens.
Que-ce que est le nom du Christ ?
C’était le signe de la Promesse, du Salut, de la Vie même.
C’était le sceau d’une Rencontre éblouissante, d’un Dialogue secret, de la Lumière sans déclin.
Le nom du Roi crucifié, l’appel au repentir, le seuil du Règne et la chaleur de son attente. Et le nom du martyre aussi.
« Les saints », même sans se connaître, avaient en commun le secret du Nom et les Actes des Apôtres témoignent qu’ils avaient une âme commune.
Cette âme n’était pas encore coupée jusqu’aux racines par l’histoire trop lourde à porter.
Et le nom du Christ n’était pas une « propriété privée » de la religiosité intime ou ecclésiale et traditionnelle, car les confins entre ces choses vénérables ne se construisaient pas encore en murs qui arrivaient jusqu’au ciel.

 

Certainement, c’était plutôt un idéal que la norme. 
Mais la norme du christianisme était et reste la sainteté, non pas la routine de la vie quotidienne avec ses lois.
La norme a été introduite et instaurée par l’Esprit qui parle dans la Bonne Nouvelle, mais aussi à travers la nuée de ses témoins en qui ses fruits mûrissent.
Un de ces fruits est la conscience d’être un corps mystique et unique. Quand St Jean Chrysostome commente la parole de St Jean Evangéliste
-« pour rassembler ceux qui sont proches et ceux qui sont loin », il se demande : « Que signifie cela ?
Cela signifie que, des uns et des autres, le Christ fait un seul corps.
Ainsi, celui qui réside à Rome regarde les Indiens comme ses propres membres. Y a-t-il union comparable à celle-là ?
Le Christ est la tête de tous ». 
Or, cette union existe-elle encore ?
Aujourd’hui c’est de l’Inde, de l’Asie, de l’Afrique qu'arrivent les voix du martyre, souvent silencieuses, qui appellent non seulement à la compassion devant l’écran TV, mais d’abord à la conscience des chrétiens - vivante ou endormie ? - des membres d’un seul corps, des confesseurs du même Nom. D’un corps qui souffre, d’un Non blasphémé par l’indifférence. 

Hier encore quand de cris semblables arrivaient de l’Europe de l’Est, ils étaient souvent étouffés par les opinions bien-pensantes qui voulaient pardonner au communisme sa sévérité à l’égard de la religion en vertu de ses « bonnes intentions ».
« Les bonnes intentions » avec leur excès du zèle ont aussi les adeptes dans d'autres religions.
Ils se sentent parfois trop serrés dans leurs pays à coté des chrétiens.
Or, « les bonnes intentions » ne nous regardent pas.
Mais chaque mort au nom du Christ oublié ou noyé dans le vacarme des médias reste comme un scellé de notre oubli de ce nom ou du Corps dont nous sommes devenus comme les membres pétrifiés. 
 
Prêtre Vladimir Zielinsky 
 

« Quand il viendra, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière »

La « clé de la connaissance » (Lc 11,52) n'est pas autre chose que la grâce du Saint-Esprit. Elle est donnée par la foi. 

Par l'illumination, elle produit très réellement la connaissance et même la connaissance plénière. 

Elle ouvre notre esprit enfermé et obscurci, souvent avec des paraboles et des symboles, mais aussi avec des affirmations plus claires... 
Faites donc bien attention au sens spirituel de la parole. Si la clé n'est pas bonne, la porte ne s'ouvre pas. 

Car, dit le Bon Pasteur, « c'est à lui que le portier ouvre » (Jn 10,3). 
Mais si la porte ne s'ouvre pas, personne n'entre dans la maison du Père, car le Christ a dit : 
« Personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14,6).

Or, c'est l'Esprit Saint qui, le premier, ouvre notre esprit et nous enseigne ce qui concerne le Père et le Fils. 

Le Christ nous dit cela aussi : « Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur, et il vous guidera vers la vérité tout entière » (Jn 15,26; 16,13). 

Vous voyez comment, par l'Esprit ou plutôt dans l'Esprit, le Père et le Fils se font connaître, inséparablement...

Si on appelle le Saint-Esprit une clé, c'est parce que, par lui et en lui d'abord, nous avons l'esprit éclairé. 

Une fois purifiés, nous sommes illuminés par la lumière de la connaissance. 

Nous sommes baptisés d'en haut, nous recevons une nouvelle naissance et devenons enfants de Dieu, comme dit saint Paul : 
« L'Esprit Saint intervient pour nous par des cris inexprimables » (Rm 8,26). 

Et encore : « Dieu a donné son Esprit en nos cœurs qui crie : ‘Abba, Père’ » (Ga 4,6). 

C'est donc lui qui nous montre la porte, porte qui est lumière, et la porte nous apprend que celui qui habite dans la maison est lui aussi lumière inaccessible.

(Saint Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022),moine grec orthodoxe
Catéchèses, 33 ; SC 113 (trad. SC p. 255s rev. Delhougne, p. 225)

___________________

"When he comes, the Spirit of truth, he will guide you to the whole truth"

The "key to knowledge" (Lk 11,52) is nothing but the grace of the Holy Spirit. It is given by faith.

Through enlightenment, it very truly produces knowledge and even full knowledge.

It opens our minds locked and obscured, often with parables and symbols, but also with clearer statements ...
Pay attention to the spiritual meaning of the word. If the key is not good, the door will not open.

For, says the Good Shepherd, "it is to him that the porter opens" (Jn 10,3).
But if the door does not open, no one enters the house of the Father, because Christ said:
"Nobody goes to the Father without going through me" (Jn 14,6).

Now it is the Holy Spirit who first opens our minds and teaches us about the Father and the Son.

Christ also says to us: "When he comes, he, the Spirit of truth who proceeds from the Father, he will bear witness in my favor, and he will guide you to the whole truth" (Jn 15,26; 16,13 ).

You see how, by the Spirit or rather in the Spirit, the Father and the Son make themselves known, inseparably ...

If the Holy Spirit is called a key, it is because, through him and in him first, we have the enlightened mind.

Once purified, we are illuminated by the light of knowledge.

We are baptized from above, we receive a new birth and become children of God, as St. Paul says:
"The Holy Spirit intervenes for us by inexpressible cries" (Rom 8,26).

And again: "God has given his Spirit in our hearts, crying out, 'Abba, Father'" (Ga 4,6).

So it is he who shows us the door, which is light, and the door teaches us that the one who lives in the house is also inaccessible light.

(Saint Symeon the New Theologian (v. 949-1022), Greek Orthodox monk
Catechesis, 33; SC 113 (SC version 255s rev Delhougne, 225)

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"Quando ele vier, o Espírito da verdade, ele te guiará para toda a verdade"

A "chave do conhecimento" (Lc 11,52) não é outra coisa senão a graça do Espírito Santo. É dado pela fé.

Através da iluminação, produz muito verdadeiramente conhecimento e até mesmo conhecimento completo.

Ele abre a nossa mente fechada e escura, muitas vezes com parábolas e símbolos, mas com declarações mais claras ...
Preste atenção ao significado espiritual da palavra. Se a chave não estiver boa, a porta não será aberta.

Pois, diz o Bom Pastor, "é este o porteiro abre" (Jo 10,3).
Mas se a porta não se abre, ninguém entra na casa do Pai, porque Cristo disse:
"Ninguém vai ao Pai sem passar por mim" (Jo 14,6).

Agora é o Espírito Santo que primeiro abre nossa mente e nos ensina sobre o Pai e o Filho.

Cristo nos diz isso também: "Quando ele vier, o Espírito da verdade, que procede do Pai, ele dará testemunho a meu favor, e ele vos guiará a toda a verdade" (Jo 15,26; 16,13 ).

Você ver como, através do Espírito, ou melhor, no Espírito, o Pai eo Filho são revelados inseparavelmente ...

Se o Espírito Santo é chamado de chave, é porque, através dele e nele primeiro, temos a mente iluminada.

Uma vez purificados, somos iluminados pela luz do conhecimento.

Somos batizados de cima, temos um novo nascimento e se tornarem filhos de Deus, como diz São Paulo:
"O Espírito Santo intervém por nós através de gritos inexprimíveis" (Rm 8,26).

E novamente: "Deus deu o seu Espírito em nossos corações, clamando 'Abba, Pai'" (Ga 4,6).

Shlom lekh bthoolto MariamHail, O Virgin  Mary/ 

  maliath taiboothofull of grace
  
moran a'amekh  - the Lord is with thee
  
mbarakhto at bneshey/ blessed art thou among women
 
 wambarakhoo feero dabkharsekh Yeshue/  and blessed is the fruit of thy womb, Jesus
  
O qadeeshto Mariam/ Holy Mary
  
yoldath aloho Mother of God
  
saloy hlofain hatoyehpray for us sinners
  
nosho wabsho'ath mawtan.now and at the hour of our death.
 
 Amîn 

 

Je vous salue, Marie pleine de grâces ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amîn.

 

 

 

jesus_pecheurs Isaac Fanous.jpg:

PRIERE POUR LES VOCATIONS:

Père, faites se lever parmi les chrétiens 
de nombreuses et saintes vocations au sacerdoce, 
qui maintiennent la foi vivante 
et gardent une mémoire pleine de gratitude de Votre Fils Jésus, 
par la prédication de sa parole 
et l'administration des sacrements, 
par lesquels Vous renouvelez continuellement vos fidèles dans la Grâce du Saint Esprit. 

Donnez-nous de saints ministres de Votre autel, 
qui soient des célébrants attentifs et fervents de l'eucharistie, 
sacrement du don suprême du Christ pour la rédemption du monde, sacrement de la pérennité de Sa présence comme "l'Emmanuel", Dieu présent au milieu et pour le salut de Son Peuple. 

Appelez des ministres de Votre miséricorde, 
qui dispensent la joie de Votre pardon 
par le sacrement de la réconciliation. 

Père, puisse notre Église Syro-Orthodoxe francophone accueillir avec joie 
les nombreuses inspirations de l'Esprit de Votre Fils 
et, qu'en étant docile à ses enseignements, 
elle prenne soin des vocations au ministère sacerdotal 
et à la vie consacrée. 

Soutenez nos Pères dans la Foi, nos Métropolites,les évêques, les prêtres, les diacres, 
les personnes consacrées et tous les baptisés dans le Christ, à l'intérieur et à l'extérieur de notre Tradition Syro-Orthodoxe 
afin qu'ils accomplissent fidèlement leur mission 
au service de l'Évangile. 

Nous Vous le demandons par le Christ notre Seigneur, Votre Fils bien-aimé qui vit et règne avec Vous et le Saint Esprit pour les siècles sans fin.

Amîn. 

Ô Marie, Mère de Miséricorde et Reine des apôtres, priez pour nous ! 

__________

 

ORAÇÃO PELAS VOCAÇÕES:

Tree of Life #Jesus #Disciples #Coptic Icon:
Pai, deixe repousar entre os cristãos
numerosas e santas vocações ao sacerdócio,
que mantenham viva a fé
e manter uma memória cheia de gratidão Seu Filho Jesus,
pela pregação de sua palavra
e administrar os sacramentos,
pelo qual você renovar continuamente os vossos fiéis na graça do Espírito Santo.

Dê-nos santos ministros do vosso altar,
que estão celebrantes atentos e entusiastas da Eucaristia,
sacramento do dom supremo de Cristo para a redenção do mundo, o sacramento da sustentabilidade da sua presença como "Emmanuel", Deus presente entre e para a salvação de Seu povo.

Chamar ministros de sua mercê,
que fornecem a alegria de Seu perdão
através do Sacramento de reconciliação.

Pai, que nossa Igreja siro-ortodoxo falando alegremente boas-vindas
as numerosas inspirações do Espírito de Seu Filho
e, que sendo obedientes a seus ensinamentos,
ela cuida das vocações ao ministério sacerdotal
e à vida consagrada.

Apoiar nossos pais na fé, nossos metropolitanas, bispos, sacerdotes, diáconos,
pessoas consagradas e todos os baptizados em Cristo, dentro e fora da nossa tradição siro-ortodoxo
de modo que eles fielmente cumprir a sua missão
o serviço do Evangelho.

Você Nós vos pedimos por Cristo, nosso Senhor, Seu amado Filho, que vive e reina contigo eo Espírito Santo para todo o sempre.
Amin.

Modern Coptic Madonna:

Ó Maria, Mãe de Misericórdia e Rainha dos Apóstolos, rogai por nós!


« Priez sans cesse, » insiste saint Paul,

car la prière est la source et la forme la plus intime de notre vie spirituelle.

La vie de prière, sa densité, sa profondeur, son rythme, mesurent notre santé spirituelle et nous révèlent à nous-mêmes.

C’est au niveau d’un esprit recueilli et silencieux que se place la vraie prière et que l’être est mystérieusement visité.

« L’ami de l’Époux se tient là et l’entend » ; l’essentiel de l’état de prière est justement de « se tenir là », d’entendre la présence du Christ.

À ses débuts, la prière est agitée ; l’homme déverse tout le contenu psychique de son être ; mais dans la prière, le bavardage dissipe.

Or, il « suffit de tenir ses mains élevées », dit saint Marc [le Moine]. La prière dominicale est brève.

Un ermite la commençait au coucher du soleil, et la terminait en disant « amen « aux premiers rayons du soleil levant.

Il ne s’agit pas de discours ; les spirituels se contentaient de prononcer le nom de Jésus mais, dans ce nom, ils contemplaient le Royaume.

Une grave déformation fait de la prière la répétition mécanique des formules.

Or, selon les maîtres, il ne suffit pas d’avoir la prière, les règles, l’habitude ; il faut devenir prière, être la prière incarnée : faire de sa vie une liturgie, prier avec les choses les plus quotidiennes, vivre la communion incessante.

Les spirituels citent l’histoire d’un ouvrier tanneur qui parle des trois formes de la prière : la demande, l’offrande et la louange, et montre comment elles deviennent l’état de prière et peuvent sanctifier tous les instants du temps, même pour celui qui n’en dispose pas. Le matin, pressé, cet homme très simple présentait tous les habitants d’Alexandrie devant la face de Dieu en disant :

-« Aie pitié de nous pécheurs «. Dans la journée, pendant son travail, son âme ne cessait de ressentir que toute son œuvre était comme une offrande : « À toi, Seigneur » ; et le soir, tout à la joie de se retrouver encore gardé en vie, son âme ne pouvait que dire : « Gloire à toi ».

C’est la conception orante de la vie elle-même où le travail le plus modeste d’un ouvrier ou d’une ménagère et la création d’un génie sont accomplis au même titre d’offrande devant la face de Dieu, comme une tâche confiée par le Père.

Selon la Bible, le nom de Dieu est une forme et un lieu de sa présence. La « prière de Jésus » ou la « prière du cœur » libère ses espaces et y attire Jésus par l’invocation incessante :

-« Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. » Cette prière du publicain évangélique contient tout le message biblique : la Seigneurie de Jésus, sa filiation divine, donc confession de la Trinité, l’abîme de la chute qui invoque l’abîme de la miséricorde divine.

Cet prière résonne sans cesse au fond de l’âme, prend le rythme de la respiration, collée au souffle, même pendant le sommeil :

-« Je dors, mais mon esprit veille » (Cn 5, 2).

Jésus attiré dans cœur, c’est la liturgie intériorisée et le Royaume dans l’âme apaisée. Le nom remplit l’homme comme son temple, le transmue en lieu de la présence divine.

L’invocation du nom de Jésus est à la portée de tout homme et dans toutes les circonstances de sa vie. Elle pose le nom comme un sceau divin sur toute chose.

Saint Jean Chrysostome dit : « Que ta maison soit une église ; admire ton Maître ; que les enfants s’unissent à toi dans une prière commune. » Cette prière portera devant le Père 1es soucis et les souffrances de tous les hommes, leurs tristesses et leurs joies.

Tout instant notre temps se rafraîchit à ce contact de feu des esprits en prière.

Dans les maisons des fidèles, on voit toujours l’icône placée haut, et au point dominant de la prière, elle guide le regard vers le Très-Haut et l’unique nécessaire.

La contemplation orante traverse pour ainsi dire l’icône et ne s’arrête qu’au contenu vivant et présent qu’elle traduit.

D’une habitation neutre, elle fait une « église domestique », de la vie d’un fidèle, une liturgie intériorisée et continuée. Le visiteur, en entrant, s’incline devant l’icône, recueille le regard de Dieu et ensuite salue le maître de maison.

On commence par rendre honneur à Dieu et les honneurs rendus aux hommes viennent après. Point de mire, n’étant jamais une décoration, l’icône centre tout l’intérieur sur le rayonnement de l’au-delà qui règne sans partage.

La petite veilleuse devant l’icône traduit le mouvement de l’esprit ; être un feu toujours en prière et en présence de l’invisible.

C’est la dimension liturgique de la vie spirituelle.

La prière liturgique

La prière liturgique introduit d’emblée dans la conscience collégiale, selon le sens du mot liturgia, qui signifie l’œuvre commune.

Elle enseigne le vrai rapport entre le moi et les autres, aide à nous déprendre de nous-mêmes et à faire nôtre la prière de l’humanité.

Par elle, le destin de chacun nous devient présent. Le pronom liturgique n’est jamais au singulier.

La liturgie filtre toute tendance trop subjective, émotionnelle et passagère ; pleine d’une émotion saine et d’une vie affective puissante, elle offre sa forme achevée, rendue parfaite par de longs siècles et des générations qui ont prié de la même manière.

J’entends la voix de Jean Chrysostome, de Basile, de Syméon et de tant d’autres ; ils ont laissé la trace de leur esprit adorant et m’associent à leur prière.

Celle-ci pose la mesure et la règle, mais sollicite aussi la prière spontanée, personnelle, où l’âme chante et parle librement à son Seigneur.

Faut-il attendre le moment d’inspiration, au risque de ne le trouver jamais ?

La prière comporte toujours un aspect d’effort.

« Quand l’homme se met à prier, les obstacles cherchent à l’en empêcher... ; l’oraison exige une lutte, un combat «, disent les maîtres. Origène note au sujet de la prière que l’ascension d’une montagne élevée est fatigante. Les maîtres conseillent de faire « comme si » l’inspiration ne faisait pas défaut, et le miracle de la grâce s’opère.

Mais encore, « pourquoi prier ?

Dieu ne sait-il pas ce qu’il nous faut ? »

Dieu écoute notre prière ; il la rectifie et en fait un élément qui s’ajoute à sa décision. L’insistance de la veuve de l’Évangile arrache une réponse et exprime la puissance de la foi [cf. Lc 18, 1-8].

Peut-être que l’enfer dépend aussi de la violence des saints, de la flamme de leur prière et que le salut de tous, Dieu l’attend aussi de notre prière...

Avons-nous un temps suffisant pour prier ? Beaucoup plus que nous ne le pensons.

Combien de moments de paresse et de distraction peuvent devenir instants de prière ?

On peut offrir même le souci, s’il ouvre un dialogue avec Dieu.

On peut offrir même l’épuisement qui empêche de prier et même l’impossibilité de prier.

« La mémoire de Dieu, un soupir, sans même avoir formulé une seule parole, est déjà prière », dit saint Barsanuphe.

Le starets Ambroise conseille : « Tous les jours, lisez un chapitre des Évangiles, et quand l’angoisse vous prend, lisez de nouveau jusqu’à ce qu’elle passe ; si elle revient, lisez de nouveau l’Évangile. » C’est le passage de « la parole écrite à la parole substantielle » (Nicodème l’Hagiorite) et ce passage est décisif pour la vie spirituelle. On consomme eucharistiquement la parole mystérieusement rompue, disent les Pères.

Extrait de : Paul Evdokimov, 

Paul Evdokimov

La nouveauté de l’Esprit, 
Études de spiritualité
, Bellefontaine (SO 20), 1977.

Sur le même sujet, un article à lire sur "Sagesse Orthodoxe":

 

J'ai perdu le goût pour la prière...

Je suis de mauvaise humeur, impatient.

Que faire ?

Déprime… – Il semble que ce que vous expérimentez corresponde à ce que nos saints ascètes appellent l’ “acédie”. Le prophète David (Ps. 142) et saint Jean Climaque (Échelle 13) parlent de cette passion: dégoût de la prière et de la lecture; dégoût même de bien faire et d’accomplir les commandements du Seigneur; lassitude; sentiment de l’ “à quoi bon?”. La cause ? Peut-être la négligence, la paresse, le fait de dire les prières trop vite et sans y penser suffisamment, une lecture superficielle de la parole de Dieu et, particulièrement, le fait de ne pas invoquer l’Esprit saint avant la lecture. Cet état est à prendre avec beaucoup de sérieux. Il ne passera pas de lui-même et, le diable s’en mêlant, il peut nous conduire à abandonner toute prière et à souhaiter vivre comme les gens du monde qui ne se soucient pas de Dieu et qui cherchent la consolation dans les plaisirs passagers (cf. Ps 36, 1) ...  >poursuivre la lecture

Je prie aussi bien chez moi...

La célébration – Les baptisés sont des célébrants ; ils appartiennent au peuple sacerdotal de Dieu ; ils sont consacrés par le saint baptême, l’onction chrismale, et principalement par la vraie foi, à invoquer le saint Nom du Seigneur, pour leur propre salut et pour celui du monde entier. Bien entendu, la prière solitaire, à la maison, ou dans le secret de sa chambre (Mat 6, 6), est indispensable : comme l’action caritative, elle prépare la célébration et en découle. Elle est elle-même de caractère sacerdotal, car celui qui prie dans la solitude offre le meilleur de lui-même en sacrifice agréable à Dieu (saint Cyrille d’Alexandrie). Toutefois.... >poursuivre la lecture

 

Dimanche soir 29 et lundi midi 30 Avril,

quelques images de l'avancement des travaux à l'église du Monastère.


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Sunday evening 29 and Monday noon 30 April, some pictures of the progress of work at the Monastery Church.


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Na noite de domingo, 29 e segunda-feira, 30 de abril, algumas fotos do progresso do trabalho na Igreja do Monastério.

Depuis midi, les travaux se sont encore bien avancés .

Voici que la moitié des anciens s'empressent déjà autour du Trône de l'Agneau.

Demain jusqu'au 28 commencera le stage d'iconographie. De ce fait le chantier des travaux se ralentira.

Je ne manquerai pas de vous tenir au courant.

Soyez aimables d'avoir une petite prière pour ma santé. La nuit dernière fut difficile avec plusieurs crises d'angine de poitrine (problème cardiaques mineurs ). Merci.
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Desde o meio-dia, o trabalho progrediu bem.

Metade dos anciãos já estão correndo ao redor do trono do Cordeiro.

Amanhã até o dia 28 começará o curso da iconografia. Como resultado, o canteiro de obras irá desacelerar.

Não deixarei de mantê-lo informado.

Seja gentil em ter uma pequena oração pela minha saúde. Ontem à noite foi difícil com vários ataques de angina (pequenos problemas cardíacos). Obrigado.
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Since midday, work has progressed well.

Half of the elders are already rushing around the throne of the Lamb.

Tomorrow until the 28th will begin the course of iconography. As a result, the construction site will slow down.

I will not fail to keep you informed.

Be kind to have a little prayer for my health. Last night was difficult with several angina pectoris (minor heart problems). Thank you.

Ça y est, en ce 1er Mai au matin, les 24 vieillards entourent le Trône de l'Agneau !

Ceci vous donne une idée de ce que, une fois achevées, les fresques du Chœur de l'église du Monastère Syro-Orthodoxe donneront.

Ce sera magnifique !

À la gloire de Dieu et pour l'élévation des âmes.

Merci à notre cher Armia Elkatcha et merci au Seigneur qui lui a donné ces talents qu'il sait si bien, par sa disponibilité à l'action du Saint Esprit, faire fructifier !

Heureux 1er Mai à tous et chacun. En ce jour,il y a pléthore de frères aînés (De Saints) , avec Saint Jacques le Majeur (Fils de Zebedée), dont nous puissions invoquer l'intercession pour qu'ils nous entraînent vers Dieu.

Vous les retrouverez dans la "newsletter" de lundi et mardi.

Ce soir à 18h, vous serez dans nos prières lors de la MESSE qui sera célébrée en l'honneur de SAINT JOSEPH POUR VOS SOUCIS FAMILIAUX ET LA SÉCURITÉ DE L'EMPLOI.L'Icône de St Joseph (Dernière des photos) sera bénite lors de cette Messe avant d'être laissée à la vénération des fidèles.

N'oubliez-pas notre Rendez-vous incontournable du DIMANCHE 6 MAI, GRAND PÈLERINAGE DU MOIS DE MARIE A NOTRE-DAME DE MISÉRICORDE, et aux Saints du Kerala.

SOYEZ TOUS PRÉSENTS !

*10h30, Messe, suivie d'un repas fraternel.
*15h , Conférence du Professeur Sadek sur l'iconographie Copte et ses origines, réception des fidèles
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É isso aí, no dia 1º de maio, os 24 anciões cercam o Trono do Cordeiro!

Isso lhe dá uma idéia do que, uma vez concluído, os afrescos do Coro da Igreja do Mosteiro Siro-Ortodoxo darão.

Vai ser lindo!

Para a glória de Deus e para a elevação das almas.

Obrigado a nossa querida Armia Elkatcha e obrigado ao Senhor que lhe deu estes talentos que ele conhece tão bem, por sua disponibilidade para a ação do Espírito Santo, para tornar frutífera!

Feliz 1º de Maio a todos. Neste dia, há uma infinidade de irmãos mais velhos (De Santos), com São Tiago o Maior (Filho de Zebedeu), cuja intercessão podemos invocar para nos levar a Deus.

Você os encontrará na "newsletter" de segunda e terça-feira.

Hoje à noite, às 18h, você estará em nossas orações durante MESSE a ser comemorado em honra de São José para seus interesses FAMILIARES E SEGURANÇA EMPLOI.L'Icône St. Joseph (Últimos fotos) será abençoado quando desta missa antes de ser deixado para a veneração dos fiéis.
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That's it, on the 1st of May in the morning, the 24 old men surround the Throne of the Lamb!

This gives you an idea of ​​what, once completed, the frescoes of the Choir of the Syro-Orthodox Monastery Church will give.

It will be beautiful!

To the glory of God and for the elevation of souls.

Thank you to our dear Armia Elkatcha and thank you to the Lord who gave him these talents that he knows so well, by his availability to the action of the Holy Spirit, to make fruit!

Happy 1st May to everyone. On this day, there is a plethora of elder brothers (De Saints), with Saint James the Greater (Son of Zebedee), whose intercession we can invoke to lead us to God.

You will find them in the "newsletter" of Monday and Tuesday.

Tonight at 6 pm, you will be in our prayers during the MASS which will be celebrated in honor of SAINT JOSEPH FOR YOUR FAMILY CONCERNS AND THE SECURITY OF EMPLOYMENT. The St Joseph Icecchia (Last photos) will be blessed during of this Mass before being left to the veneration of the faithful.

 

 

Saints célébrés le 1er mai en France:

 

Saint Jacques le Majeur (Fils de Zebedée).

 A la fin du 7ème siècle, une tradition fit de Jacques l'évangélisateur de l'Espagne, avant sa mort ou par ses reliques.
« Saint Jacques était fils de Zébédée et frère aîné de saint Jean le Théologien, et il exerçait avec eux la profession de pêcheur en Galilée.

Après l’appel de Pierre et André, il fut invité par le Seigneur, avec Jean son frère, à tout abandonner pour le suivre. Laissant sur-le-champ leur père et leur barque avec ses filets, ils suivirent le Christ et montrèrent un tel zèle que le Seigneur les appela Fils de tonnerre, car ils avaient proposé de faire descendre le feu du ciel sur un village samaritain qui avait refusé de les recevoir (Lc 9, 54).

Saint Jacques accompagna le Seigneur dans ses prédications et fut jugé digne d’une faveur spéciale, avec Jean et Pierre.

Le Christ les prenait en effet avec lui quand Il priait et quand Il manifestait de manière particulièrement éclatante sa divinité, comme le jour de sa Transfiguration sur le mont Thabor (Mt 17, 1-8).


Tandis qu’ils montaient vers Jérusalem, Jacques et Jean firent demander au Maître, par l’intermédiaire de leur mère Salomé, deux places d’honneur dans son royaume. Jésus leur répondit :

-« Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire le calice que je vais boire ? » — « Nous le pouvons », répondirent-ils. — « Mon calice, vous le boirez, quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas d’accorder cela, mais c’est pour ceux à qui mon Père l’a réservé » (Mt 20, 20-28).


Cette prophétie se réalisa après la descente du Saint-Esprit et la naissance de l’Église (entre 41 et 44). Se rendant à Jérusalem pour la Pâque juive, saint Jacques fut arrêté sur l’ordre du roi Hérode Agrippa (Act 12, 2).

On rapporte que son geôlier, gagné par la fermeté de son témoignage et l’ardeur de sa confiance dans le Christ Sauveur, demanda pardon à l’Apôtre qui l’embrassa en disant : « La paix soit avec toi ! »

Ils eurent ensuite tous les deux la tête tranchée. Saint Jacques fut ainsi le premier des Douze Apôtres à boire le calice du Seigneur pour aller s’asseoir à ses côtés dans son Royaume. »

Saint Sigismond Roi des Burgondes et Patrice des Gaules ( † 524)


Rien n’est plus admirable que ce choix de moyens dont se sert la Providence pour opérer la sanctification des élus. Nous allons le voir dans la vie de Saint Sigismond.



Saint Sigismond était fils de Gondebaud, roi des burgondes qui était arien. Converti de l’arianisme à la foi orthodoxe grâce à l’influence de Saint Avit de Vienne ( Fêté le 5 Février), Saint Sigismond montra dès son élévation au trône de Bourgogne ( 516) un grand souci pour la vie de l’Eglise Orthodoxe.
Dès 513, le roi Gondebaud son père l’avait associé au trône et l’avait fait couronner à Genève. Il fut alors nommé Patrice de l’Empire dans les Gaules, dignité que conféraient aux princes burgondes les empereurs d’Orient dont ils se glorifiaient d’être les mandataires.
Il réunit des conciles contre les ariens et restaura le monastère de Saint Maurice d’Agaune. En fait, il y fonda véritablement l’abbaye actuelle qui n’était jusqu’alors ( 516) qu’un lieu où vivaient de saints ermites dans des cellules séparées.
En 517, il fit convoquer par son zèle le Concile d’Epaone présidé par Saint Avit. Il tenta de purger son royaume des poisons du vice et de l’hérésie.
Malgré sa piété, Saint Sigismond gardait néanmoins la grossièreté et l’impulsivité des mœurs barbares. Après le mort de sa première épouse, il s’était remarié. L’inimitié était grande entre son fils Sigeric et sa nouvelle épouse. Un jour de fête, le fils reprocha à sa marâtre de porter les vêtements de sa mère défunte. Celle-ci fut transportée de fureur et se mit à exciter Sigismond par des paroles insidieuses. Elle prétendit que Sigeric voulait tuer son père et s’emparer du royaume.
A cause de cette accusation calomnieuse de complot, le roi fit étrangler son fils en sa présence. Il tomba dans le piège de son épouse manœuvrée par le Malin. Mais à peine le crime fut-il commis, qu’il se précipita en pleurs sur le cadavre et alla se retirer à Agaune ( actuellement Monastère de Saint Maurice) pour tenter d’expier son péché par une sévère pénitence. La tradition rapporte qu’un vieillard lui dit alors: “C’est sur toi que tu dois pleurer maintenant, toi qui par suite d’un perfide conseil, es devenu un cruel parricide; celui que tu as fait périr innocent n’a pas besoin qu’on le pleure. “

Le roi passa de longs jours dans les larmes et les jeûnes pour implorer de Dieu son pardon. Il demanda au Seigneur que Celui-ci lui envoie son châtiment dans cette vie terrestre. C’est pendant ce séjour au monastère d’Agaune qu’il y fit instituer la Laus perennis, louange perpétuelle inspirée de la tradition des Acémètes de Saint Marcel de Constantinople. Profitant de l’affaiblissement du royaume burgonde, les princes francs du nord lui déclarèrent la guerre. Vaincu, le roi Sigismond s’enfuit et resta en un lieu alors appelé Verrosa ( actuel Verrosaz) où il vêcut en ermite dans une grotte.
Il s’était fait couper les cheveux et portait l’habit de moine. Quelques burgondes vinrent le trouver et lui conseillèrent de se retirer au monastère d’Agaune, mais c’était un piège par lequel on le livrait à ses ennemis. Il fut capturé alors qu’il cherchait à atteindre Saint-Maurice et il fut conduit en Gaule et jeté dans un puits près d’Orléans ( France), avec sa femme et ses enfants qui étaient déjà prisonniers de Clodomir, un de ses plus farouches ennemis ( 1er Mai 524).
Dieu, à la demande suppliante du saint, punit son crime par la révolte de ses sujets, mais il glorifia son repentir en illustrant son tombeau par des miracles et il reçut le titre de saint comme le saint roi et prophète David pénitent.
Le corps du saint séjourna trois ans dans ce puits. Souventes fois, on y vit une lampe miraculeusement allumée. Le peuple accourut à ce lieu pour vénérer le saint roi. On y bâtit peu à peu une chapelle, et des maisons s’élevèrent autour de ce sanctuaire, formant un village que l’on appela le Puits de Saint Sigismond ou simplement Saint Sigismond. Ce village existe encore dans l'Orléanais. Le puits du saint s'y trouve et l'on vient encore y puiser de l'eau pour la guérison du corps et de l'âme. Une relique du saint est aussi présente dans ce lieu, chose rare à notre époque...
Mais c’est à Saint Maurice en Valais que le saint devint célèbre. Son corps ayant été transféré à Agaune ( actuel Saint-Maurice en Valais), puis en partie à Prague ( son chef), il fut vénéré comme un martyr et des miracles nombreux s’accomplirent auprès de son tombeau. Saint Grégoire de Tours qui est mort en 595, donc 71 ans après Saint Sigismond, rapporte déjà dans son livre des martyrs et des confesseurs que les fidèles étaient guéris de la fièvre par l’intercession de Saint Sigismond. Il faut noter qu'en ces temps reculés, on appelait fièvres toutes sortes de maladies. Il guérissait également les hernies par son intercession.



Une antique prière éditée avec les œuvres de Saint Grégoire de Tours témoigne de la puissance de son intercession pour les pieux fidèles atteints de fièvres : 

“ C’est par un pur don Seigneur,
qu’au nom de Ton élu Sigismond,
par la communion au corps et au sang
de Jésus-Christ Ton fils,
Tu chasseras de Ton serviteur N... que voici,
les frissons et l’ardeur des fièvres
et que Tu daigneras
lui rendre sa santé première.
Amen!”

(Version Française C.L.-G. d'après d'anciennes vitae du saint.)

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Saint Brieuc, évêque en Bretagne ( † 502)


D'origine irlandaise, Saint Brieuc fut converti par Saint Germain d'Auxerre, lors d'une de ses missions en Angleterre (cf. 31 juillet). Il suivit son père spirituel sur le continent et fut ordonné Prêtre ; puis il retourna dans son pays pour y convertir ses parents et y fonder un Monastère. Chassé par une invasion des Pictes et des Saxons, il passa en Bretagne Armorique avec une centaine de Chrétiens et, grâce au don d'un riche seigneur, il érigea un Monastère puis, un peu plus à l'est, une église sur l'emplacement de laquelle se constitua la ville qui porte actuellement son nom. Il mourut en paix vers 502.

Tropaire

Bâtisseur de l’Eglise, colonne de l’Orthodoxie, nous te magnifions, saint père Brieg, toi que l’Esprit-Saint vint couronner d’une flamme à l’instar des apôtres. Illuminateur du Penthièvre, des moines le modèle, des pasteurs l’ornement, tu fis germer la foi et la piété parmi les infidèles. Par tes prières, fais germer dans nos cœurs une foi sans crainte, une piété sans détours, un amour sans faille pour le salut de nos âmes.
http://orthodoxievco.net/ecrits/vies/synaxair/mai/brieuc.pdf

 

Saint Orens évêque d'Auch et métropolite de Gascogne.

(† vers 440)

Vie de saint Orens par Jean Béziat

Introduction

Auch, métropole de Vasconie

Vers le milieu du IVe s. la province de Gascogne dans son ensemble s'appelait Novempopulanie (''Pays des neuf peuples''). Comme toute province, celle-ci avait une métropole administrative, qui devint très vite métropole religieuse, siège d'un archevêché. C'est la cité d'Auch (1) qui semble avoir rempli cette fonction dès le IIIe s. et jusqu'au concile d'Agde de 506 (dernier concile gallo-romain, après un siècle d'oppression arienne).
Avant le IIIe s., les Romains utilisaient le nom originel d'Ausci, ou parfois Vasconia, comme le prouve le géographe espagnol Pomponius Mela (Ier s.), qui faisait des Ausci (chef-lieu Elimberrum, nom ibère originel de la métropole d'Auch), les plus brillants des Aquitains, et de la ville l'une des plus opulentes de Gaule.
La première allusion à un archevêque de Novempopulanie se trouve dans le préambule du De Synodis de saint Hilaire de Poitiers, en 358. Le premier à avoir laissé un nom est Orientius, notre saint Orens.

Notes.
1. L'écrivain Ammien Marcellin ("Histoire"; XV, XI, 14) indique que la cité d'Auch joue alors un rôle important et qu' elle dirige la Novempopulanie. Le nombre et la qualité des pavements mosaïqués mis au jour témoignent de l'embellissement des demeures urbaines et suburbaines de la ville basse aux IVe et Ve s. et de la présence des élites dans la ville.

I. Saint Orens sur la route du siège épiscopal auscitain

1. Des origines obscures

Des trois ''Vies'' citée par les Bollandistes (Acta Sanctorum, t. 1 du mois de mai), seule la ''2me'', tardive (Albi, XIIe s. ; Toulouse, XVe s.), donne des détails sur les origines de saint Orens. Selon ce récit, Orientius aurait vu le jour au sein d'une illustre famille d'Urgel, en Catalogne; son père aurait été proconsul. Orientius aurait succédé au gouvernement de cette cité à la mort de son frère aîné (lequel avait lui-même pris la place de leur défunt père). Eduqué dans les arts libéraux, Orientius se préparait donc à une brillante carrière, lorsqu'il préféra se dépouiller des richesses et des honneurs, toutes choses vaines, futiles et décevantes. Les deux autres ''Vies'' (Böddeken en Westphalie, XIIe ou XIIIe s. ; Moissac, XIIIe s.), puisant visiblement dans un original perdu du début du VIIe, laissent simplement entendre qu'après une jeunesse insouciante et légère dans un milieu occidental aisé mais peu porté à croire, Orientius se détourna des fastes mondains et ne désira désormais plaire à nul autre qu'au Seigneur. En conséquence de quoi, ce furent les fastes spirituels - et non plus mondains - qui le menèrent jusqu'au siège épiscopal de la métropole gasconne. Les ''Vies'' occitanes ajoutent avant cette consécration un épisode érémitique en Bigorre.

2. La ''fuite au désert'' de saint Orens, et sa rencontre avec saint Savin

La consécration épiscopale de saint Orens d'Auch fut donc précédée d'une retraite au désert. D'après le manuscrit de Moissac, (B. N., Mss. Lat. 2627 ; f° 162r), déçu par le peuple trop porté à se laisser prendre aux filets du Malin, ne pouvant plus, malgré tous ses efforts, supporter la corruption morale, les affabulations et les calomnies, Orientius par ses prières incessantes s'attira la bienveillance de l'Esprit saint, qui combla ses vœux en lui trouvant un lieu approprié, d'autant plus agréable qu'il était plus secret et inaccessible aux mortels.
Les ''Vies'' occitanes sont unanimes sur le lieu de cette ''retraite'', qui nous montre Orientius découragé par le peuple comme saint Amand de Bordeaux :
Dans cette province proprement appelée la Bigorre, où se trouve assurément un lieu lui-même nommé Vallée de Caprasia - ou Vallée des Chèvres (1) - et qui, quelque peu retiré, s'entoure d'un cirque de montagnes hissant leur crête jusqu'au ciel - lieu que personne ne parcourait jamais - , le saint confesseur du Christ se construisit un oratoire, sur le flanc d'une montagne pentue. (Moissac ; f° 162v) C'est là, sur les bords d'un torrent nommé Isaurius, qu'Orientius travailla à la construction d'un moulin d'une conception en tous points originale - le premier de la vallée, dit-on (2). Harcelé par les visiteurs, l'ermite, grâce à un tremblement de terre, trouva un passage secret dans la montagne, qui le conduisit à travers d'épaisses forêts jusqu'à un abri sous roche fort exigu (que désignent encore aujourd'hui les habitants du village d'Ortiac, dominé par ce piton). Là, il priait sans cesse et recevait l'enseignement du Saint Esprit.
Mais comment saint Orens, ayant reçu du Fleuve de Vie le charisme de l'éducation spirituelle, pouvait-il ne pas arracher fermement des griffes de la bête sauvage le troupeau rassemblé dans son enclos ? En 402 en effet, les premières vagues Barbares se profilaient à l'horizon. Les Goths venaient d'envahir l'Italie du Nord ; la chrétienté gallo-romaine y voyait comme l'annonce de la fin des temps. Mais la Novempopulanie se trouvait également menacée par l'hérésie priscillianiste, qui sévissait à Bordeaux (Vies de saint Amand et saint Séverin). Le manuscrit de Moissac, quant à lui, fait simplement allusion au paganisme, particulièrement enraciné dans l'âme des montagnards vascons.

Appelé sur le siège épiscopal d'Auch par le peuple de ce diocèse, Orientius confia à un autre père spirituel la charge de parfaire l'édification spirituelle de la vallée bigourdane : Divinement inspiré, il laissa donc à un héritier, à savoir l'abba Savin, le séjour auquel il venait de goûter, et s'attacha à la direction pastorale de la métropole d'Auch (Moissac, f° 163v).

Orientius retourna en Bigorre après son ordination épiscopale, probablement au lendemain du trépas de saint Savin (415 ou 416) et avant les dramatiques événements toulousains de 439. Tandis qu'une foi zélée bouillonnait dans son cœur et accomplissait des choses rendant sa vertu manifeste aux yeux du peuple, il se dirigea vers le mont Narveia (3), qui élève sa cime remarquable à une prodigieuse hauteur, qui a reçu ce nom d'un fanum jadis consacré aux démons par les païens, et où il était même impossible de trouver un chemin praticable tant les démons l'infestaient ; les Vascons (4) ne pouvaient cultiver la terre très fertile au pied de cette montagne. C'est là que le bienheureux Orientius dirige ses pas; précédé de l'étendard de la croix, il entre dans le fanum, et devant son animosité envers les hôtes des lieux, les démons s'enfuient précipitamment, et ce séjour naguère rempli d'esprits immondes se retrouve pacifié par les saintes prières adressées à Dieu.
C'est dans ce lieu que, récitant les psaumes, passant toutes les nuits en veilles, et dans la prière ininterrompue, il participa par de larges aumônes à la bienveillante grâce céleste.

Notes.

1. Le Mss. de Moissac écrit Capasia ; cependant deux autres écrits très anciens, datés de 1040 et de 1105, appellent ce lieu Caprasia. La Vie d'Albi-Toulouse situe ce vallon en Lavedan. Caprasia pourrait désigner la vallée du Gave de Gavarnie (Gabar), ou le haut Val d'Azun (appelé jadis Batcrabère, ''Vallée des Chèvres'', dans sa partie supérieure) où subsistent de nombreux moulins inspirés, dit-on, de celui de saint Orens. Les savants des siècles derniers préféraient penser que Caprasia désigne la petite vallée suspendue d'Isaby, à l'entrée de laquelle, à mille mètres d'altitude, se dressent encore les ruines de l'abbaye de St Orens, édifiée avant 839 à l'emplacement d'un des deux oratoires d'Orientius. Mais contrairement au Mss. de Böddeken, ceux d'Albi et de Moissac distinguent le second oratoire (Narveia), ancien fanum, du premier oratoire (Caprasia), ermitage rustique aménagé par Orientius. L'abbaye ruinée d'Ortiac semble se rapporter au mont Narveia ou Nerbiou, plutôt qu'à Caprasia. Une charte du IXe s. appelle la vallée d'Isaby Prades de saint Orens, ou Lisast ; le nom du ruisseau sous la forme Isaby apparaît dès 1037. Pourquoi les manuscrits occitans des XIIe et XIIIe s. ont-ils à la place Isaurio ?

2. Les ruines du moulin à farine construit par l'ermite auraient été repérées par un lavedanais du Val d'Azun; mais il est bien peu probable que ce moulin soit celui du début du Ve s. !...

3. Narveia : cette montagne est sans l'ombre d'un doute l'actuel mont Nerbiou, sur les flancs duquel se dressent les ruines de l'ancienne abbaye de St.Orens en Lavedan, à l'entrée de la vallée de l'Isaby. Un historien des Pyrénées, R. Aymard, affiche lui aussi cette certitude. La pente très raide du Nerbiou se développe sur une dénivelée de mille trois cent mètres (l'oratoire d'Orientius se trouvait à peu près au milieu de cette déclivité, sur un replat) Comme beaucoup de cimes pyrénéennes, le Nerbiou était divinisé par les païens vascons.

4. Le peuple aquitain des Ausci (incolae Auscii) étendait son territoire jusqu'au pied des Pyrénées ; la position métropolitaine de la cité d'Auch à cette époque rapproche les Ausci des Uascei (Basques) - la racine étymologique de ces deux noms étant identique : ainsi, au Ier s., le géographe espagnol Pomponius Mela situait Eauze (diocèse voisin) chez les Ausques. L'emploi de ce terme d'Ausci trahit la méconnaissance de l'hagiographe originel - et celle de ses copistes ultérieurs - quant à la toponymie lavedanaise. Du voisinage du diocèse d'Auch (Moissac), le mont Narveia est ensuite situé chez les Ausques (Böddeken) puis tout proche d'Auch (Albi-Toulouse). Jusqu'aux historiens modernes qui, du XVIIe au XXe s., ont placé le fanum du mont Narveia aux abords immédiats de la ville d'Auch, sur une colline St.Cricq où l'archéologie n'a absolument rien découvert malgré de nombreuses recherches (le site du mont Nerbiou en Lavedan, par contre, s'est montré autrement plus prolifique...)

II. Orientius métropolite de Novempopulanie

1. Les débuts de l'épiscopat d'Orientius

C'est en 403 que saint Orens fut consacré évêque d'Auch (1). Le manuscrit de Moissac nous livre quelques détails sur les débuts de son ministère. Il présente un évêque tellement rempli de divine clémence, que divers signes miraculeux se manifestaient en lui ; il réalisait par le Seigneur les vœux les plus chers de chacun. C'est pourquoi, comme la renommée de sa vertu se répandait rapidement ici et là, d'innombrables foules désireuses de recueillir de lui des conseils pour leur salut affluaient de différentes régions, désireuses aussi de le voir remédier à diverses infirmités, tant corporelles que spirituelles .
Sur le plan doctrinal, outre l'hérésie de Vigilance, le métropolite gascon eut probablement à faire face à l'hérésie patripassienne (2), à laquelle font allusion deux des derniers vers des ''Prières'' d'Orientius, parlant des prophètes de la mort de Dieu. Les ''Vies'' manuscrites semblent évoquer un motif de lutte doctrinale ayant convaincu Orientius de quitter le Lavedan pour accepter, en 403, l'élection au siège métropolitain. On ne peut éviter de songer au priscillianisme, lequel à cette même époque sévissait particulièrement à Bordeaux - au point de décourager l'évêque saint Amand (3). Le contexte du manuscrit de Moissac semble cependant plutôt faire allusion au paganisme. Mais quelques années plus tard - dès l'arrivée des envahisseurs germaniques -, c'est la lutte contre l'arianisme qui constituera l'essentiel de l'activité pastorale du saint évêque.

2. L'invasion Vandale

Le 31 décembre 406, un peuple venu des plaines de l'actuelle Pologne, les Wandales (Vandales), passa le Rhin gelé et se jeta sur la Gaule. Il n'était pas seul dans cette ruée inexorable : il traînait dans son sillage d'autres Barbares, que les chroniqueurs ne craignirent pas d'assimiler aux antiques Assyriens ou aux hordes apocalyptiques de Gog et de Magog. Pendant trois ans, les Vandales et leurs semblables allaient mettre la Gaule à feu et à sang, pillant, incendiant, affamant, massacrant... Dans une de ses lettres, saint Jérôme, informé par ses correspondants occidentaux, dressait un bref tableau de la catastrophe :
D'innombrables et féroces nations ont occupé toutes les Gaules. Des Alpes aux Pyrénées, de l'Océan jusqu'au Rhin, Quades, Vandales, Sarmates, Alains, Gépides, Hérules, Saxons, Burgondes, Alamans et Pannoniens les ont dévastées.
Au nombre des provinces ravagées et dépeuplées, Jérôme citait l'Aquitaine, la Novempopulanie, la Lyonnaise et la Narbonnaise. Il parlait aussi de l'Espagne effrayée, et du rôle méritoire de saint Exupère dans sa cité de Toulouse, assiégée depuis plusieurs mois. Dans une autre lettre, en effet, le moine de Bethléem rendait hommage à l'action de son bienfaiteur toulousain, dont la renommée avait franchi les mers et les déserts pour parvenir jusque dans le village où naquit le Christ :
Au milieu des misères de ce temps, et parmi les épées tirées de toutes parts, c'est être riche que de ne pas manquer de pain. C'est être puissant que de ne pas être réduit en servitude. Le saint évêque de Toulouse, Exupère, imite la veuve de Sarepta et endure la faim pour nourrir autrui ; le visage pâle de jeûne, il est torturé par la faim d'autrui et a distribué tout son bien aux pauvres qui sont les entrailles du Christ. Nul n'est plus riche que lui...
Enfermé dans ses solides murailles, exhorté à endurer la faim par Exupère, qui alla jusqu'à vendre tous ses biens d'église pour le nourrir, le peuple de Toulouse résista héroïquement aux envahisseurs, qui se vengèrent sur la campagne environnante.
Les cités de Novempopulanie connurent un sort bien pire...

3. La première vague Barbare en Gascogne

Après avoir traversé toute la Gaule, trois peuples se précipitèrent ensemble sur la Novempopulanie : les pires de tous, les Vandales ; puis les Alains venus des rives orientales de la Mer Noire, et les Suèves de la Baltique. Ces trois peuples représentaient une masse de près de trois cent mille personnes. Les Alains étaient majoritairement païens. A l'inverse, les Vandales étaient chrétiens, mais contaminés par l'hérésie arienne. Arrivés près des Pyrénées, ces peuples se trouvèrent refoulés dans leur progression par l'imposante barrière montagneuse. Poursuivis par une armée gallo-romaine peu déterminée, les envahisseurs se virent concentrés dans une région riche et verdoyante, et en profitèrent pour la piller et la ruiner de fond en comble, tournoyant ainsi deux années durant, le glaive à la main, véritable ouragan de barbarie déchaînée. De toute la Gaule, aucune province ne fut plus dévastée que la Novempopulanie; la tradition orale a conservé le souvenir de la destruction des cités d'Aire, Comminges (aujourd'hui St. Bertrand) et surtout Eauze (martyre de saint Luperce, fêté le 28 juin). Pour les autres cités, on ne sait rien. Martres-Tolosane, en Comminges, tirerait son nom des innombrables martyrs des Vandales ou des Wisigoths. Seule Auch, selon la tradition orale, fut épargnée grâce à l'intervention de son évêque saint Orens. La levée du siège de la ville par les Vandales y fut longtemps fêtée le 6 mai.

4. Le témoignage de saint Orens

Le meilleur compte-rendu du désastre émane du métropolite qui avait la charge spirituelle de la province-martyre dans son ensemble : Orientius. Dans son grand poème ou Commonitorium, écrit en 410 au lendemain du déluge barbare, l'évêque d'Auch déroule sa mélopée funèbre :

Oh vois comme soudain la mort broya ce monde, 
Et comme la guerre a renversé les nations.
Ni l'épaisseur des bois, ni le relief des monts,
Ni les fleuves puissants aux rapides remous, 
Ni les lieux fortifiés, ni les murs des cités,
Ni les mers déchaînées, ni les rudes déserts,
Ni ravin, ni caverne au toit de roc affreux,
N'a eu loisir d'avoir échappé aux Barbares ;
Et pour beaucoup la foi simulée, le parjure
Et la dénonciation, furent cause de mort.
Trahison et émeute y furent pour beaucoup ;
Ce que ne vainc la force a péri affamé ;
La malheureuse mère avec les siens tomba ;
L'esclavage enchaîna le maître avec ses serfs.
Et leur corps a nourri les chiens ; les toits brûlants
Qui ôtèrent la vie, ont servi de bûcher.
Les bourgs et les villas, les champs, les carrefours,
Les cantons, çà et là, toute route qui va,
Ne sont que mort, pleurs, ruine, incendies, sang et deuil ;
En un bûcher la Gaule entière se consume.
(Livre 2, vers 165 à 184)

 

 

5. Fin provisoire de l'épreuve

Octobre 409 : après avoir totalement extirpé la moelle de la Gaule (expression du hiéromoine Salvien de Marseille), les Barbares passent massivement en Espagne. Un usurpateur romain, Constantin, a osé seul repousser l'envahisseur. Ses troupes, levées en Bretagne, ont été postées autour de la Novempopulanie, notamment sur les grands cols pyrénéens ; les Barbares réussissent à en corrompre une partie, et se ruent sur l'Espagne en emportant trésors et otages. Le Pseudo-Isidore de Beja (VIIIe s.) affirme que les Vandales ont utilisé, entre autre, le col frontalier du haut Val d'Azun, en Lavedan. En plus grand nombre et plus à l'ouest, ils ont franchi la chaîne au niveau des cols de Cize, à Roncevaux et vers l'Urkulu, et, probablement, au niveau du Somport. A l'Est, le village pyrénéen de Campdevanol (Catalogne) doit son nom à leur passage.
Après les meurtres et les persécutions, le chaos laissé par la première vague d'invasions aura très vite pour conséquence la recrudescence du paganisme, qui souvent, tel le champignon, prolifère sur le bois abattu. Les famines sont telles qu'à Rome ou en Espagne, on en vient à manger de la chair humaine. Toutes les conditions sont réunies pour alimenter les plus profondes inquiétudes, ce qui pour les chrétiens se traduit par le sentiment de l'imminence de la fin des temps. Le passage des Barbares aura malgré tout un effet bénéfique : il sortira le monde gallo-romain de sa décadence et le réveillera de sa torpeur spirituelle.

6. La deuxième vague d'invasions

En 411, Jovin, aidé par les Alains et les Burgondes, se fait proclamer empereur par ses troupes en Germanie Seconde, à Mayence. Pour renforcer son incertaine position d'usurpateur, il recherche l'alliance en 412 des dix mille Wisigoths dirigés par le roi Athaulf en leur permettant de franchir au printemps le col du mont Genèvre, libérant ainsi l'Italie, mais autorisant en échange l'invasion de la Gaule par ces Barbares.(4)
Le roi goth assiège d'abord Valence et s'en empare. Il fait mettre à mort Jovin, puis se retourne contre Honorius avec son armée de cavaliers archers Taïfales, et s'attaque à Marseille. Le comte Boniface résiste, et Athaulf se venge sur Narbonne, qu'il prend au moment des vendanges, en 413. En quelques mois, il fait occuper les deux Aquitaines et la Novempopulanie. Toulouse est prise avec la plus grande brutalité; son évêque saint Exupère meurt à cette même date, hors les murs, à Blagnac.
Mais Honorius ne l'entend pas de cette oreille. L'empereur fait empêcher l'arrivée du blé africain en Aquitaine. La famine s'y installe. Les Wisigoths commencent dès lors à dilapider les réserves et à voler le bétail. Bordeaux est évacuée non sans avoir été pillée et incendiée. Les Goths s'abattent ensuite sur Toulouse, qu'ils n'épargnent pas, puis sur Narbonne, qu'ils occupent jusqu'au début de 415. Athaulf, installé à Barcelone, voit tristement mourir son fils nouveau-né. Le roi, dès lors, se désintéresse des destinées de son peuple, qui se révolte et lui suscite un farouche opposant, Vernulf. En août 415, celui-ci assassine Athaulf ; son remplaçant, Sigeric, est très vite éliminé par les partisans du frère d'Athaulf, Wallia, lequel entreprend des négociations avec Honorius et, lui rappelant la fidélité des Wisigoths envers Rome, le supplie de lever sa sanction.

7. L'Aquitaine panse ses plaies

Pendant qu'en Espagne Wallia tergiverse avec Honorius, l'Aquitaine, la Novempopulanie et la Narbonnaise se remettent lentement du raz-de-marée dévastateur. De cette époque douloureuse date le Carmen de Providentia Dei, composé par un auteur anonyme vers 415 ou 420 :
Plus de bétail, plus de semences ; plus un coin de terre pour les vignes ou les oliviers. La violence du feu s'est abattue sur les demeures des domaines et les a consumées... Ni les citadelles élevées sur les rochers, ni les villes fortes bâties sur les hautes montagnes, ni les villes assises au bord des fleuves n'ont pu échapper aux ruses et aux armes des Barbares furieux. L'honneur d'une chasteté consacrée n'a pas pu protéger les vierges, ou l'amour de la dévotion les veuves... Aucun respect pour le Nom sacré n'a soustrait les prêtres aux supplices de malheureux peuples.
Avec la paix retrouvée, commence à s'ébaucher une certaine réflexion sur le sens profond de ces événements dramatiques. Ainsi saint Orens, dans son Commonitorium, engage ses disciples à méditer sur le temps et sur la mort :

Sûr de lui, nul pourtant n'a foi en ce qu'il voit,
Ne voit qu'il peut subir même l'imprévisible.
Et cela vient de ce que par nos faits impies,
Nous voyons en la mort comme un mal éternel...
(Livre II, vers 249 à 252)

8. Sédentarisation des Wisigoths : l'Aquitaine refuse de sacrifier l'Orthodoxie à la paix civile

En dépit de négociations actives, Wallia n'a pas réussi à convaincre Honorius de son désir de conciliation. Après une vaine tentative vers l'Afrique, les Wisigoths refluent vers les Pyrénées, où le patrice Constance, veillant sur les cols, les arrête. Acculé par la famine, Wallia accepte de se soumettre à Honorius : en échange, il reçoit six cent mille mesures de froment. Afin d'éviter un retour trop précoce des Barbares en Aquitaine, Honorius les charge de chasser les Vandales, les Alains et les Suèves de la péninsule ibérique. Wallia réussira dans cette entreprise, sauf pour ce qui concerne les Suèves de Galice et les Vandales Siling de l'extrême Sud. Satisfait, Honorius prend alors une décision lourde de conséquences : par un pacte, en 418, il octroie le régime de l'hospitalité à quelque cent mille Wisigoths en Aquitaine. Par ce traité les Wisigoths ont le droit de s'installer en Aquitaine Seconde, dans les villes de Poitiers, Saintes, Angoulême, Périgueux, Bordeaux, Agen, et à Toulouse en Narbonnaise première - certaines de ces villes ayant déjà été pillées par eux quatre années auparavant. Non content de leur octroyer ce droit sur ces deux provinces, Honorius l'étend, par l'intermédiaire de son ambassadeur et négociateur habituel le patrice Constance, à la Novempopulanie. Constance accorde aux Wisigoths un tiers des terres arables. Wallia s'établit à Bordeaux. Une grande partie de la population aquitaine adopte une attitude conciliante envers les nouveaux occupants, dont l'armée puissante constitue une garantie de sécurité, et ceci malgré les confiscations de terres et de richesses, malgré le souvenir des exactions de 414 et 415. Une telle attitude pacifique n'empêche pas les Aquitains de rester fermes sur le plan de la foi. Comme les Vandales, les Wisigoths ont été convertis au christianisme par le moine Wulfila, mais ont adopté son hérésie arienne : ils ne croient pas à la divinité du Fils et blasphèment en ne mettant pas sur le même rang les trois personnes de la Trinité. Aussi ne peuvent-ils se mêler à la population indigène attachée au symbole de Nicée. Les mariages mixtes sont rares, et les évêques veillent à ce que l'arianisme soit tenu à l'écart. Au nombre de ces évêques - et en première ligne - se trouve notre saint Orens...

9. Écrits contre l'arianisme

Composés entre 410 et 420, les poèmes d'Orientius témoignent de son attachement à la foi nicéenne ; ainsi lit-on en épilogue du Livre II du Commonitorium (vers 403 à 406) :

Reste ce sans quoi tout le reste est sans secours :
Que tu croies le Christ né du Père, avec le Père
Et, sans séparation, l'Esprit uni à eux ;
Et crois que ces trois Noms font un unique Dieu.
Le De Nativitate (vers 3 - 4) parle de la divine kénose, de la Naissance élue de Dieu, où vient au monde Celui qui règne avec le Père éternellement parmi les assemblées célestes.

L'Explanatio nominum Domini , où l'on sent partout l'influence de saint Grégoire d'Elvire, farouche adversaire espagnol de l'arianisme, cite des noms du Seigneur parfois inhabituels, dans le but manifeste de contrer l'arianisme en montrant la divinité du Christ.
La Laudatio (vers 14 à 16) proclame la divinité du Christ, qui est aussi le Messie annoncé dans l'Ancien Testament :

O Nazaréen ! O Dieu, en qui nous croyons, ô Galiléen ,
O Dieu du saint père Abraham et Dieu d'Isaac,
O Dieu vivifiant de Jacob, de qui vient notre espérance et notre foi !

Le De Trinitate, bref traité anti-arien, martèle la même vérité orthodoxe :
Christ est le Commencement des choses, Il est l'Honneur de la terre, le Tremblement de l'univers, la Gloire du ciel. Corps provenant du Dieu souverain et Souverain dans les cieux, Unique engendré avant tout homme, et né de ce Père même que nul n'engendra, par Lequel tout parvient à l'engendrement... Dissemblables et absolument identiques, unis et ressemblants, Égaux et coéternels, ainsi le Fils et le Père sont un : distincts par le nom, un par la substance... En Christ est l'honneur et la gloire du Père en qui Il réside; Il est la Pensée même du Père, Son Verbe, Son Témoin et Son Héritier... Il est notre Tête, la Sagesse, la Beauté, la Vie... Il est la Voie du Salut, la Lumière immuable. Il est en vérité la vraie Splendeur, Lumière de Lumière, Bonté de Bonté, Plénitude de plénitude et de richesse... Non soumis au temps, Il est le terme des lois temporelles, le Principe et la Fin... Il s'est montré Dieu tant par Sa mort que par Son immortalité... Considère l'énigme parfaite du Signe précieux : tu vois un P grec, c'est-à-dire la Tête; et puis les bras du Transpercé ; ce Iota qui se dresse, c'est Son corps suspendu. Les lettres décrivent la souffrance, la souffrance apporte le Salut. Puis l'Alpha vient à côté, et l'autre juxtaposée est l'Oméga ; la première car Il est le Premier, la dernière car Il est le Dernier.

Enfin, venant clore l'oeuvre poétique de saint Orens, l'Oratio XXIV s'achève par trois vers des plus explicites :
Saint Dieu, nous Te prions, Père du Monogène !
Christ Dieu, nous T'implorons, Vivant Fils de Dieu !
Saint Christ, nous Te supplions, Vrai Juge et Vrai Dieu.

10. Le tournant de 439

 

Dépravation de l'Aquitaine gallo-romaine.

Le début des années 440 voit le hiéromoine Salvien de Marseille prononcer des paroles sévères - visiblement empruntées au Poème d'Orientius, sur la décadence de l'Aquitaine romaine. Les Aquitains en effet, tout en se disant chrétiens, se livrent à une débauche frénétique :
Aucun doute que l'Aquitaine et la Novempopulanie ne soient comme la moelle de presque toutes les Gaules, et ne possèdent un terroir d'une merveilleuse fertilité, un terroir plein non seulement de fécondité, mais encore, ce qui est parfois préférable, d'agrément, de plaisir, de charme. Là, tout le pays est chargé de vignes, orné de riantes prairies, parsemé de champs cultivés, planté d'arbres fruitiers, ombragé de bosquets gracieux, arrosé de fontaines, entrecoupé de fleuves, couvert de moissons ondoyantes, en sorte que les possesseurs et les maîtres de cette terre semblent habiter moins une portion d'un sol terrestre qu'une image du paradis. Quoi donc après tout cela ? Ils devaient sans doute se montrer plus religieux, ces peuples que le ciel avait particulièrement enrichis de si larges bienfaits. Quoi de plus juste, quoi de plus digne que de voir ces hommes auxquels le Seigneur semblait avoir voulu plaire d'une manière spéciale par ses présents, s'efforcer eux aussi de se rendre plus agréables au Seigneur par une piété, par un culte spécial, d'autant que Dieu n'exige de nous rien d'onéreux, rien de pénible ?... Qu'exige-t-Il en effet de nous ? Quels devoirs nous impose-t-Il, sinon la foi, la chasteté, l'humilité, la tempérance, la miséricorde, la sainteté, vertus qui ne sont point pour nous une charge, mais un ornement ? Non seulement cela, mais elles n'embellissent la vie présente qu'afin d'orner davantage encore la vie future... Voilà sans doute ce que Dieu demandait des peuples de l'Aquitaine... Qu'est-il enfin arrivé ? Ce qu'il est arrivé ! Tout le contraire de ce qu'on avait lieu d'attendre. Comme ils étaient dans toutes les Gaules les premiers en richesses, ils furent aussi les premiers en débordements. Nulle part des voluptés plus raffinées, nulle part une vie plus dissolue, nulle part des mœurs plus déréglées. Voyez la reconnaissance qu'ils ont témoignée au Seigneur en retour de ses dons sacrés !... On doit néanmoins excepter quelques hommes d'une sainteté, d'une vertu éminentes, qui, suivant le langage de l'un d'entre eux, ont racheté leurs péchés en répandant des aumônes ; l'on doit excepter, dis-je, ces personnes ; car, nous en sommes persuadés avec raison, dans ce débordement général de vices, elles ne se rendirent pas coupables de la moindre faute et reçurent de Dieu la grâce de convertir... Mais les autres en grand nombre, et la plupart d'un rang distingué, présentent les mêmes excès... Voilà que même aujourd'hui la plupart de ces hommes corrompus, bien qu'ils soient exilés de leur patrie et qu'ils vivent pauvres en comparaison de leurs richesses d'autrefois, sont presque devenus pires qu'ils n'étaient avant... En effet, si leurs excès ne sont pas de leur nature plus criminels, néanmoins ils sont plus nombreux, et dès lors, si la nouveauté ne les aggrave point, la pluralité y met le comble. Ajoutez, comme je l'ai déjà dit, qu'ils s'y livrent dans la vieillesse ; ajoutez qu'ils s'y livrent dans l'indigence... Or, quel espoir, quel remède peut-il rester à des hommes qui se sont détournés de leurs impuretés accoutumées ni par une extrême indigence, ni par une mort imminente ?... N'est-ce pas encore quelque chose de monstrueux de voir des personnes vicieuses jusque dans la mort ?... Il faut bien plus travailler à plaire à Dieu par la vertu, qu'aux hommes par l'impureté ; conséquemment, lors même qu'on vivrait parmi des barbares impudiques, il faudrait néanmoins s'attacher à la chasteté qui nous est avantageuse, plutôt qu'à l'impudicité qui plairait à des ennemis corrompus.
Voici qui vient encore ajouter à nos crimes ; nous sommes impudiques parmi des barbares chastes. Je dirai plus, ces barbares eux-mêmes se scandalisent de nos impuretés. Les Goths ne tolèrent pas le libertinage parmi eux... Nous fuyons la pureté, ils l'ont en affection. Chez eux la fornication est un crime, un danger, chez nous c'est un honneur. Et nous croyons pouvoir subsister devant Dieu, nous croyons pouvoir être à l'abri des malheurs, quand les Romains se livrent à tous les excès de l'impureté, à toutes les turpitudes de l'impudicité, tandis que les barbares punissent chez eux ces mêmes excès !... Et nous sommes étonnés que Dieu ait livré aux barbares les terres des Aquitains ou celles de l'Empire, quand les barbares purifient aujourd'hui par la chasteté ces provinces que les Romains avaient souillées par la fornication ?

Les ''Vies'' manuscrites de saint Orens nous montrent les chefs goths, pourtant hérétiques, sous un jour plutôt sympathique. Mais elles ne sont pas uniques en cela. Sans doute en effet se font-elles l'écho des tirades de Salvien, à commencer par celle sur l'attitude de Théodoric à la veille de la bataille de Toulouse, en 439 :
Enfin, le bruit en a couru et le fait est prouvé : le roi des ennemis lui-même, prosterné sur un cilice, a répandu des prières jusqu'au jour de la bataille; avant le combat, il s'est agenouillé sous les yeux du Seigneur, il s'est levé de son oratoire pour voler à la guerre. Près d'en venir aux mains, il a combattu par ses supplications, et voilà pourquoi, confiant, il s'est avancé contre l'ennemi .

Ainsi nous comprenons mieux pourquoi saint Orens d'Auch va venir en aide à Toulouse malgré son roi arien...

Toulouse assiégée ; rôle prépondérant du métropolite Orientius.

La situation de l'Empire romain est périlleuse et les Wisigoths s'en réjouissent qui en toute impunité s'affichent comme les maîtres incontestés de l'Aquitaine et de la Novempopulanie. Devant la menace que représente à nouveau le royaume goth de Toulouse, le jeune empereur Valentinien III dépêche en Occident le général Littorius, opposé à tout compromis.
En 436 les Goths viennent assiéger Narbonne. Après un long siège, Littorius délivre la ville. Aetius, commandant en chef des armées romaines, est occupé contre les Burgondes (5). En 437 et 438 la guerre continue contre les Goths. Aetius en tue huit mille au mont Colubrarius, quelque part dans les Pyrénées Narbonnaises (6). En 439 Littorius, à la tête des Huns auxiliaires, arrive devant Toulouse (7), alors capitale du royaume wisigoth. Selon Salvien de Marseille, le roi des Goths envoie en ambassadeurs des évêques, que le général romain refuse de recevoir. Les ''Vies'' de Böddeken et Moissac se chargent de désigner le pontife qui se porte à la tête de la délégation ; il s'agit de l'archevêque d'Auch, saint Orens :
Comme, par la puissance du Seigneur, Orientius montrait une grande longévité dans le siècle, arriva le temps où Littorius et le patrice Aetius furent envoyés par l'Empereur, avec une armée, dans le but de soumettre le Roi des Goths. Celui-ci était d'un esprit malsain, puisque porté au culte d'une perversité hérétique ; voyant une copieuse multitude d'ennemis fondre sur lui, tout-à-fait épouvanté, il se trouva très fortement abattu par un sentiment d'abandon... Afin de le secourir dans ses tourments, le serviteur de Dieu prit la route sur-le-champ, et se porta au devant de Littorius et d'Aetius.
Le manuscrit de Moissac, commentant cet événement, en fait une illustration des plus éclatantes de la parabole du Seigneur (Luc 14,31-32) : Quel roi, s'il va faire la guerre à un autre roi, ne s'assied d'abord pour examiner s'il peut, avec dix-mille hommes, marcher à la rencontre de celui qui vient l'attaquer avec vingt-mille ? S'il ne le peut, tandis que cet autre roi est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix.
Par la suite, la Vita Orientii fait intervenir Aetius aux côtés de Littorius. Cet élément est inexact. Aetius en effet n'interviendra sous les murs de Toulouse qu'après la défaite de Littorius. On finira à la longue par confondre les deux batailles pour n'en faire qu'une seule (8). Littorius, persévérant dans la méchanceté, rangea son armée en bataille contre la cité : mais, par les prières du saint évêque Orientius, le ciel dissipe le fléau, et Littorius est enveloppé d'un nuage si épais que, s'abusant sur l'opportunité d'un utile conseil, il s'approcha des portes de la ville pour y périr déplorablement, et, venant à être pris par les Toulousains qui avaient réclamé le patronage du bienheureux Orientius, il fut puni par la perte de la vie. (Mss. de Böddeken)
D'après la ''Chronique'' d'Hydace, l'armée romaine est taillée en pièces, et Littorius, blessé, est emprisonné puis exécuté quelques jours plus tard.
L'attitude d'Aetius dans cette affaire, selon les manuscrits de Böddeken et Moissac, est tout autre : Apercevant Orientius, Aétius avec humilité, sautant à bas de son cheval, s'avança vers lui, prudent et respectueux, et le supplia de daigner prier tout particulièrement pour lui...(9) Sur ces différences de comportement, Prosper fournit un témoignage similaire (10) : commandant en second sous Aetius et ambitionnant d'outrepasser sa gloire, se fiant aux Haruspices et aux promesses des démons, Littorius n'écoute que sa propre témérité, comme le montre aussi le récit de Salvien de Marseille :
On a vu, sur nous et sur eux, l'accomplissement manifeste de ces paroles du Seigneur : Quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé. A eux, l'humilité leur a valu d'être élevés ; à nous, l'orgueil nous a valu d'être abaissés. Il a dû reconnaître cette vérité, lui aussi, ce général de nos armées, qui est entré en captif dans cette ville ennemie, le même jour où il se promettait d'y entrer en vainqueur... Le général romain éprouva, lui, tout ce qu'il s'était promis de faire subir aux autres... Les fers qu'il avait préparés pour les autres, il les porta lui-même... Il est investi, capturé et lié ; il porte les bras ignominieusement attachés derrière le dos ; ... il est exposé en spectacle aux enfants et aux femmes, ... et cet homme qui avait toute la fierté d'un héros, est destiné à subir la mort d'un lâche.

Édifie par l'attitude de saint Orens lors de ce siège dramatique, le gouverneur arien d'Elimberium (nom antique d'Auch et ses habitants) reniera l'arianisme avec tous ses sujets.

11. Charité de saint Orens

Devant la faveur dont jouissait Orientius auprès de Théodoric, qui régnait sur l'Aquitaine, la Narbonnaise et l'Espagne, on venait parfois de très loin trouver l'évêque pour régler des différends; c'est ainsi qu'au lendemain du siège de Toulouse un Espagnol de très noble naissance, possédant d'immenses richesses, encourut la jalousie d'un très cruel accusateur, ce qui lui porta un si grand tort aux yeux du Roi et de ses lois qu'il risquait une condamnation à mort. On envoya donc des fidèles demander le secours de saint Orens, et le supplier d'intervenir afin que cet Espagnol bénéficiât d'un délai de vie. Comme l'enseigne en effet le Proverbe de Salomon, la fureur du roi est un messager de mort, et un homme sage doit l'apaiser (Prov 16,14). Alors le saint s'en vint auprès du Roi, qu'il se proposa de congratuler, et celui-ci l'invita à un repas. Et comme au début du déjeuner royal, selon la coutume habituelle chez les Barbares, on avait chargé la table de grands plateaux de viandes, ce fameux Roi pria humblement saint Orens de faire par charité ce que par privation il ne faisait jamais, et de se restaurer en mangeant de la viande. Alors, afin de satisfaire les âmes royales, il sanctifia les aliments en les touchant, et les bénit.(13)
Ce que voyant, les puissants qui étaient là se mirent à menacer Orientius, craignant qu'il obtînt du roi ce qu'il venait demander. Mais le bienheureux demanda au roi une récompense qui ne consistait ni en talents d'or et d'argent, ni en superbes maisons de campagne, ni en terres d'une vaste étendue ; il demanda qu'on lui accordât la vie de cet Espagnol aux yeux duquel déjà le glaive tiré apportait la menace d'une terrible mort. Le roi, ne pouvant aller contre cette prière, accorda ce que le pontife demandait. (14)
Le vénérable évêque était alors très avancé en âge. Lorsqu'il était plus alerte, il n'hésitait pas à se déplacer personnellement, aussi peu avare en efforts qu'il ne l'était en aumônes : au dire des manuscrits d'Albi et Toulouse, peu après son retour du mont Narveia (deuxième retraite érémitique) Orientius sortit des limites du royaume wisigoth à la demande d'un prince gaulois, dont la fille Cornelia était agitée d'un démon. Rentré de Gaule après avoir libéré l'énergumène, l'évêque se vit assailli par des foules nombreuses, à tel point qu'une troisième fois il se retira, à l'exemple de saint Grégoire de Nazianze, dans un lieu désert où il pouvait se consacrer à Dieu sans obstacle.

 

 

Notes.

1. La plus grande confusion régnait, jusqu'au XIXe s., au sujet de l'époque même de saint Orens. Les sources médiévales tardives lui attribuaient majoritairement le IVe siècle : la Vita Orientii faisait jouer au métropolite un rôle déterminant dans un événement historique qui, situé par erreur au temps du tyran Maxime (vers 385), s'est en réalité produit en 439. A partir de ce constat, il est relativement aisé de retrouver la date exacte de la consécration épiscopale d'Orientius... Edité en 1899 par un certain Lacave-Laplagne-Barris, le ''Cartulaire Noir'' du chapitre de la cathédrale Ste Marie d'Auch (déb.-XIIIe s.) reproduit une charte de 1108 contenant ce précieux renseignement : (f° 14v) ... A transitu ergo beati Orientii usque ad transitum beati Martini XLVII anni computantur (Du trépas du bienheureux Orientius au trépas du bienheureux Martin, on compte 47 années). On aurait pu s'attendre à ce que le texte dise : du trépas du bienheureux Martin au trépas du bienheureux Orientius... En fait, persuadés que saint Orens vivait au IVes., les savants médiévaux reportaient la mort de l'évêque auscitain avant celle de saint Martin et non après (les gloses qui précèdent la phrase citée le prouvent). Sachant que Martin est mort en 397, la dormition d'Orientius eut donc probablement lieu en 444. Compte-tenu de ce qu'on sait aujourd'hui, cela paraît tout à fait plausible. D'autre part, notre charte semble être à l'origine de la tradition orale concernant les 41 ans d'épiscopat d'Orientius ; on y lit en effet que l'évêque d'Auch mourut 364 ans après la Passion, et que son ordination prit place 323 ans après ladite Passion. Orientius aurait bien occupé le siège métropolitain durant 41 ans. Seule cette datation cadre avec l'épisode du siège de Toulouse par Littorius et Aetius (439), où Orientius joua un rôle éminent. Mongaillard, au XVIIes., avait déjà souligné l'aberration du ''Cartulaire Noir''. Ce Cartulaire contient bien d'autres bévues. Concernant la charte de 1108 du ''Cartulaire Noir'' d'Auch, celle-ci paraît visiblement copiée, comme la célèbre ''Chronique de Saint Maixent'' (XIIe s.), sur la ''Chronique'' d'Adhémar de Chabannes (Livre II, 1 ; déb.-XIe s.). Le comput cité ici s'inspire de celui de Grégoire de Tours (Hist. Franc. ; X, 33). Enfin, venant confirmer indirectement la date de 403, il y a cette ''Lettre 34'' de saint Paulin de Nole adressée, cette année-là, à plusieurs nouveaux évêques aquitains, dont Alethius de Cahors et probablement Orientius (on trouve une trace manifeste de cette lettre dans les vers 74 - 78 du Livre I du Commonitorium : même citation d'Isaïe et du Psaume 49/50).
2. Le patripassianisme, comme son nom l'indique, prétendait qu'à travers le Christ, c'était toute la Trinité, et notamment le Père, qui avait souffert la Passion. Cela revenait à dire que Dieu, par le Christ divino-humain, avait souffert dans sa divinité.
3. La Vita Orientii ressemble grandement aux Vies de saint Amand (Grégoire de Tours) et saint Séverin de Bordeaux (Venance Fortunat).
4. Joël Schmidt, Le Royaume Wisigoth de Toulouse ; 1992 ; p. 16.
5. Prosper, ''Chronique'' (Isidoro et Senatore conss. ) ; Hydace, ''Chronique'', 13 : Narbona obsidione liberatur. Aetio duce et magistro militum Burgundiorum caesa viginti millia). Aetius était patrice (équivalent du ''premier-ministre'' et chef des armées), et ses nombreuses victoires (dont celle du Campus Mauriacus sur Attila en 451) l'auréoleront de gloire ; inquiet de cette rivalité, l'empereur Valentinien-III l'assassinera de ses propres mains.
6. Hydace ; ''Chr.'', 14. Seul un autre autre chroniqueur, Merobaudes, nomme le lieu de cette bataille.
7. Aetius n'est pas auprès de Littorius : unanimité de Prosper d'Aquitaine, Salvien de Marseille, Hydace et Isidore de Séville sur ce point. Les trois premiers chroniqueurs sont contemporains des faits.
8. Griffe, ''La Gaule chrétienne à l'époque romaine'' (t. 2 ; p. 21). Loyen (''Rech. Hist. sur les panégyriques de Sidoine Apollinaire'', p. 49), a bien mis en relief l'existence de cette bataille indécise.
9. Nous tenons là un élément de datation extrêmement sûr, car ce passage est le reflet d'un des canons du concile de Mâcon de 585, qui ordonne aux séculiers d'être condescendants envers les clercs honorables, en les saluant humblement si tous deux sont à cheval, en descendant de cheval si le clerc est à pied (Marca ; Histoire de Béarn, 1640 ; p. 80). La Vita Orientii originelle est par conséquent de peu postérieure à 585.
10. ''Chronique'' (Theodosio XVII et Festo conss.), que copiera Isidore (''Hist. des Rois Goths'', 24). 
11. ''De la Providence'' (ou ''Du Gouvernement de Dieu'', VII ; trad. 1833 ; pp. 37-41). La seule divergence entre Salvien et les autres auteurs concerne la durée de l'emprisonnement de Littorius : Consumé de langueur pendant une longue durée (longo tempore) dans les cachots des barbares, il a été réduit à un tel excès de misère qu'il s'est attiré la pitié de ses propres ennemis ...
12. Les copistes médiévaux et leurs abréviations ont contribué à déformer considérablement le sens de ce passage : Elimberium est ainsi devenu Olimbrium, puis Olybrius, qu'on crut être le nom du roi de Toulouse lui-même !...
13. Encore une allusion au livre des Proverbes (23, 1-3).
14. Manuscrit de Böddeken.

III. La naissance au ciel d'Orientius

Ayant bénéficié d'une grande longévité, gratifié pour finir, dit-on, d'une vision céleste, saint Orens s'endormit en 444, et bénéficia d'un culte aussi important à Toulouse qu'en la métropole auscitaine, qui abritait son tombeau (1). Les miracles ne tardèrent pas à se manifester :
Quelque étranger, qui présentait une infirmité causée par un dessèchement des nerfs, et qu'affaiblissait l'interminable souffrance de ses genoux repliés et de ses mains contractées, s'en vint à la fête solennelle du bienheureux évêque Orientius, pour y chercher la vertu miraculeuse du céleste médecin ; et en ce lieu, il ne cesse de se prosterner avec force prières. La vertu sort du tombeau, et l'homme desséché recouvre la santé, tant et si bien que, régénéré par le flux sanguin, ses membres s'emplissent à nouveau de chaleur vitale par la grâce de la santé retrouvée. Ainsi donc sont rappelées à leur usage premier ces mains déjà mortes, dont les doigts étaient auparavant si contractés que leurs vestiges, fixés à des paumes inertes, paraissaient même flétris. (2)
Et c'est là en effet que les possédés sont libérés des démons, et que ceux qui souffrent d'épilepsie sont définitivement guéris...

La fameuse chaîne de fer dont ce ceignait l'ermite lors d'un de ses séjours en Bigorre, conservée en l'église du village de Villelongue, fut l'occasion de plusieurs guérisons miraculeuses, tant dans ce village qu'à Toulouse, où elle séjourna en partie : frayeurs nocturnes et infantiles, maladies nerveuses, démence, folie, épileptie,... disparaissaient par son intercession. Un homme de Cauterets et une femme de Sanich près de Barèges, furent guéris d'une démence furieuse lorsqu'on les lia de cette chaîne dans l'église de Villelongue, comme en témoigne un document auscitain de 1857.

La Gascogne reconnaissante consacre aujourd'hui encore 30 autels, églises et villages à son premier grand métropolite.

Notes.
1. Ce tombeau n'existe plus aujourd'hui.
2. Le récit de ce miracle est très proche d'un passage du poème de Venance Fortunat sur saint Médard.

 

CONCLUSION

Autres temps ...

Saint Orens avait fait sien le précepte : Aime ton ennemi. Par ses écrits, saint Orens a détesté l'erreur ; par ses actes, il a aimé l'homme qui erre, et pas n'importe quel homme : un roi arien, et avec lui tout le peuple de sa royale cité. Orientius a vu avant tout en ce roi un homme, qui, en tant que créature sortie parfaite de Dieu ne doit pas être confondu avec ses propres choix, si imparfaits soient-ils, et qui jusqu'à l'instant de sa mort peut susciter la miséricorde de son Créateur en tournant vers Lui tout son amour.
On peut mesurer combien l'attitude de saint Orens, protégeant en ethnarque le peuple de Toulouse malgré son hérésie, diffère de celle des autorités ecclésiastiques du XIIIe s., lorsqu'aucun évêque ne se leva pour intercéder auprès des habitants de Béziers, passés majoritairement à l'hérésie Cathare et barricadés dans l'enceinte de la cité ; à l'inverse de saint Orens, l'''évêque'' Renaud se contenta de porter au peuple le message de l'inquisiteur Arnaud-Amaury, abbé de Cîteaux, incitant à la délation. Essuyant un refus catégorique, Renaud, sans broncher, laissa faire l'inéluctable : le 22 juillet 1212, la cité fut mise à sac et vingt mille personnes furent massacrées.
L'Eglise du temps de saint Orens ne condamnait que les erreurs théologiques, non les hommes ; elle maniait l'anathème, non l'épée, et clamait haut et fort, avec saint Martin, qu'il fallait se contenter de cela. Saint Orens d'Auch nous montre, non la voie du retour à une unité de compromis, nouvelle tour de Babel, mais la voie de l'unité par l'entrée au sein de l'éternité, que saint Hilaire de Poitiers, après l'apôtre Paul, appelait justement unité de nature : non un ''bricolage dogmatique'' qui, tenant du simulacre, ne ressemblerait que trop au trône de l'Antichrist, mais le retour humble et repentant à cette unité orthodoxe dont l'Occident s'est écarté - pour sa mortification spirituelle - à partir d'Isidore de Séville puis de Charlemagne, pour suivre l'égarement de la ''théologie spéculative'' et de la sécularisation. Sous le chemin de Compostelle, celui de saint Martin (de la Galice vers Tours) nous montre la direction : celle du refus de tout occidentalisme chrétien et, au-delà, de tout nationalisme religieux. Saint Phébade d'Agen, seul contre tous, ne refusa pas le dialogue, mais n'adhéra jamais à l'arianisme ; saint Sévère repoussa de même les idées d'Augustin, pourtant son ami. Saint Orens d'Auch protégea les ariens de Toulouse d'un massacre, tout en luttant courageusement, par ses écrits, contre leur hérésie...
Les saints orthodoxes gascons nous montrent la voie à suivre, celle de l'amour chrétien, qui ne fait jamais passer le Second Commandement avant le Premier : aimer Dieu de toute son âme et de tout son esprit. Et Jean l'apôtre bien-aimé n'a cessé de le proclamer : L'amour de Dieu consiste à garder ses commandements (1 Jn 5,3). Aimer le prochain sans aimer Dieu n'est pas l'amour accompli. Aimer le prochain n'exclut jamais la garde des commandements. C'en est fait de la foi chrétienne si aimer le prochain signifie aimer son erreur ; ceux qui croient cela sont les fossoyeurs de l'Orthodoxie et les fossoyeurs du christianisme.

Vita beati Orientii : sources hagiographiques

a) Venance Fortunat, Vita sancti Martini, Livre I (2e moitié du VIe s.) : quelques vers vantant les poèmes d'Orientius ;
b) Grégoire de Tours, De Gloria Confessorum (594/595), ch. 106 : seul un titre, de Orientio episcopo
c) Martyrologe dit ''de saint Jérôme'' (fin-VIe s.) : Codex Corbeiensis (v. 700) ; mention d'une fête, à Toulouse et Auch, le 1er mai ;
d) Martyrologe de Bède (déb.-VIIIe s.) : Codex Barberini ; même chose, à Toulouse ;
e) Martyrologe de Gellone (déb.-IXe s.) ; même chose (Toulouse) ;
f) Martyrologe d'Usuard (fin-IXe s.) : Codex Pratensis ; même chose, à Auch.

Les manuscrits de la Vita Orientii, quant à eux, dérivent (pour deux d'entre eux au moins) d'un original perdu très ancien, probablement de peu postérieur au concile de Mâcon (585) ; la copie la plus ancienne qui nous soit parvenue est le Codex Bodecensis (Mss. de Böddeken, en Westphalie), du XIIe ou XIIIe s., conservé en la Bibliothèque Royale de Bruxelles sous les n° 207 et 208. C'est la ''première'' Vita des Bollandistes. Une autre copie, qui contient des détails inédits concernant notamment saint Savin, émane de Moissac et peut être datée du XIIIes. Elle se trouvait encore récemment dans les f° 162 à 170 de ce manuscrit, à la Bibliothèque Nationale de Paris, sous le n° 2627. Nous avons pu en obtenir une photocopie intégrale. C'est la ''troisième'' Vita citée mais non reproduite par les Bollandistes, et dont l'origine peut être reportée au VIIe s. également. Il existe une autre Vita, à la Bibliothèque Municipale de Toulouse, sous le n° 718. Elle parle de l'origine catalane d'Orientius, et d'une guérison par le saint de la fille d'un prince gaulois, mais fait l'impasse sur les événements de Toulouse. Ce manuscrit toulousain est une copie, par le jésuite Montgaillard (début-XVIIe s.), d'un manuscrit du XVes. aujourd'hui disparu, lui-même issu d'un original perdu datable du début du XIe siècle. On retrouve cette Vita dans un Bréviaire d'Albi très ancien (XIIes. ?), qui contient d'autres Vies fort douteuses.
https://pelerinage-orthodoxe-france.blogspot.fr/…/vie-de-sa…

 

 

LES RELIQUES DE LA SAINTE CROIX...
Histoire de la relique de la Sainte Croix

Depuis 1492, à Rome, la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem abrite le Titulus Crucis. Cette petite pièce de bois serait un morceau de l'écriteau placé au-dessus de la tête de Jésus-Christ lors de sa crucifixion. 

Hélène, la mère de l'empereur romain Constantin, l'aurait découvert en 325 à Jérusalem, lors d'une expédition menée pour s'emparer des reliques de la Passion du Christ. Elle aurait également retrouvé, sur le site du Saint-Sépulcre, la croix de Jésus et les clous ayant servi à le crucifier. 

A la fin des années 1990, sept experts en paléographie comparative datent la relique du Ier siècle de l'ère chrétienne. Un résultat contesté par des analyses au carbone 14 plus récentes, faisant remonter l'existence du Titulus Crucis au Moyen Age. 

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Ces réfugiés Juifs que le monde préfère ignorer...
 

Ces réfugiés Juifs que le monde préfère ignorer. Dissimulée derrière les gros titres du conflit au Moyen-Orient, on trouve l’histoire oubliée des communautés juives de la région.

En 1945, un million de juifs vivaient au Moyen-Orient en dehors des frontières de la Palestine mandataire et en Afrique du nord.

Quelques années plus tard, ils n’étaient plus que quelques milliers.

 

 

Une histoire volontairement oubliée

Voici l’histoire de ces milliers d’individus qui ont fui leur maison. Ceux qui ont connu les camps de réfugiés. Ceux qui gardent aujourd’hui, en silence, la mémoire d’une civilisation détruite.

“Les réfugiés oubliés” raconte l’histoire et la destruction de ces communautés juives orientales. Certaines d’entre elles existaient depuis plus de 2500 ans.

Ecoutez les témoignages de ces Juifs qui ont fui l’Egypte, la Libye, l’Irak et le Yémen. Les histoires personnelles de réfugiés sont entrecoupées par des images d’archives exclusives. Elles montrent notamment les missions de secours des Juifs yéménites et irakiens.

“Les réfugiés oubliés” a été diffusé sur PBS en Californie, PBS in Virginia, WHRO-TV, RTVi, Arutz1,…

Le film a également été projeté au Congres américain et deux fois à l’ONU.

“Les réfugiés oubliés” a remporté le prix du meilleur film documentaire au Festival du film de Marbella en 2007.

Published: December 3, 2017

source

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LA DÉTRESSE SOCIALE EN TUNISIE SUSCITE UNE NOUVELLE VAGUE D'IMMIGRATION

 

En 2017, plus de 6 000 Tunisiens ont débarqué illégalement en Italie. Parmi eux, 700 jeunes du village minier de Redeyef, dans l’intérieur du pays.

Hedi Labet rêvait du grand large, de l’Italie, de la France, de l’Europe. Partir loin de cette steppe caillouteuse de la Tunisie intérieure, son pays à lui, qui, dit-il, « tue l’ambition ». S’évader de son bourg de Redeyef, tout près de la frontière algérienne, où l’industrie vieillissante du phosphate ne suffit plus à nourrir son monde, attisant la détresse sociale dans toute la région minière de Gafsa. « Rien ne m’encourage à rester ici », grince le jeune homme qui, comme tant d’autres, a songé à partir – avant d’abandonner.

Il est gringalet, Hedi, si frêle dans son jean, si gauche en apparence avec ses grosses lunettes sur le nez, mais la traversée de la Méditerranée ne l’effrayait pas. Pourquoi pas lui ? Tant de ses amis, ces jeunes désœuvrés de Redeyef, ont déjà tenté l’aventure et l’ont parfois réussie. Le phénomène est troublant : l’émigration clandestine des jeunes vers l’Italie, porte d’entrée de l’Europe, a littéralement explosé en 2017. Le nombre de Tunisiens arrivés illégalement sur la péninsule a atteint 6 150 personnes, soit 7,5 fois plus qu’en 2016. Si les routes maritimes peuvent varier – certains Tunisiens partent de Libye –, ces migrants sont arrivés pour l’essentiel de Tunisie même, d’où ont embarqué 5 900 illégaux ayant accosté en Italie. Parmi eux s’est glissée une petite minorité (moins de 10 %) d’Africains subsahariens.[…]

La courbe avait ensuite chuté, mais voilà qu’elle s’envole à nouveau. Depuis le début de 2018, les Tunisiens sont même la deuxième nationalité, après les Erythréens, à débarquer en Italie, alors qu’ils se situaient au huitième rang en 2017. Une telle poussée migratoire en dit long sur la désespérance sociale qui frappe la jeunesse de la Tunisie intérieure, celle-là même qui avait déclenché la révolution de 2011 à l’origine d’une transition démocratique unique dans le monde arabo-musulman. […]

A chaque période de vacances d’été, c’est la même tentation : les retours des émigrés de France ou d’ailleurs, le temps des retrouvailles avec la famille et les amis restés au « bled », suscitent de nouvelles vocations au départ. « Quand on voit leur niveau de vie, comparé à notre précarité ici, cela nous encourage à tenter notre chance », glisse un jeune de Redeyef. Hamza Taleb, lui, avait une motivation supplémentaire pour partir : il était tombé amoureux d’une Tunisienne de Nantes croisée à Redeyef l’été 2017. « J’étais prêt à prendre tous les risques pour la retrouver », avouet-il.

Au large de Sfax, le chalutier sur lequel il avait embarqué aux côtés d’une soixantaine de candidats à la traversée n’a pas eu de difficultés à s’éloigner du littoral tunisien. « Un bâtiment de la garde nationale nous a aperçus de loin, se souvient Hamza, mais il n’a pas cherché à nous bloquer. »[…]

La corruption joue certes son rôle. De nombreux candidats au départ racontent avoir glissé des billets à des fonctionnaires. Mais, au-delà des pots-de-vin, la volonté de l’Etat de faire barrage est-elle aussi nette que les discours officiels le prétendent ?

La rumeur court, insistante chez les observateurs de ce rebond migratoire : certaines autorités fermeraient les yeux, car la vague de départs permet objectivement de désamorcer la bombe sociale que représente la jeunesse au chômage dans la Tunisie intérieure.

 

Le Monde

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LE COMBAT DE L'EI
SE DÉPLACE T-IL VERS LA RUSSIE ?
Il semblerait que le combat de l'Etat islamique ne se déplace, suite aux échecs cuisants qu'il a subi en Irak et en Syrie. Selon le pouvoir russe, des nouvelles structures terroristes se mettent en place dans le sud de la Russie et en Asie centrale. 
 
 
Et le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, et le Président Vladimir Poutine ont chacun déclaré la réorientation de l'Etat islamique après les campagnes irakienne et syrienne.
 
Selon les paroles de Choïgou prononcées à Pékin lors de la réunion des pays de l'Organisation de coopération de Shanghai, Daesh met en place des groupuscules en Asie du Sud-Est et en Asie centrale. Toutefois, les technologies employées laissent supposer qu'elles possèdent de sérieux soutiens dans les pays développés. L'utilisation dans ses opérations d'attaque en Syrie par exemple de drones possédant une technologie de pointe l'illustre aisément.
 
Pour sa part le Président Poutine, lors de la réunion des Chefs d'Etats de l'OCS à Astana, a insisté sur les risques existant de l'utilisation de structures terroristes découlant de Daesh pour déstabiliser le sud de la Russie et l'Asie centrale. Ces informations ont été obtenues lors de l'enquête de l'attentat du métro de Saint-Pétersbourg du 3 avril, où une dizaine de personnes ont péri.
 
Si l'on se rappelle l'Afghanistan avec l'instrumentalisation des groupes terroristes contre l'Union soviétique, si l'on s'interroge sur la facilité avec laquelle aujourd'hui les "opposants" soutenus, formés et armés par l'Occident en Syrie collaborent et fusionnent avec les structures terroristes "dures", l'on voit se dessiner une nouvelle forme de combat. Ou plutôt le retour à la guerre sale.
 
Dans le conflit qui oppose l'Occident à la Russie, ce premier a une peur extrême de l'affrontement direct. En revanche, utiliser des intermédiaires pour faire le sale travail est une technique déjà éprouvée. Va-t-on retomber aussi bas??
 
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